ORDRE DU JOUR
Le corps de droite connaît déjà l'heureux résultat des trois combats soutenus par une division de la flottille batave, conduite par M. l'amiral Verhuell en personne, pendant sa navigation de Dunkerque au port de réunion d* Ambleteuse. M. le Maréchal commandant en chef, félicitant les braves officiers, soldats et marins des troupes de terre et de mer, dont les efforts et le courage ont également concouru à ce glorieux succès, s'empresse d'en faire connaître à l'armée les principales circonstances, celles dont il a été lui-même témoin, exprimant ici pour toute l'armée la haute estime, la confiance que lui inspi-
422 TROISlàME PABTIB. — CHAPITRE ni.
rent les qualités éminentes et le talent qu'a déployés de nouteau M* ramiral Verhuell.
L'ennemi, qui depuis deux mois profitait des Tents qui nous étaient contraires pour accroître ses forces et choisir un premier point d'attaque, n'a pu, dans un combat de nuit extrêmement chaud, entre Gravelines et Calais, rompre la ligne bata^e ni arrêter sa marche.
Attaqué de nouveau le lendemain au mouillage de Calais, avec aussi peu de succès de la part des Anglais, M. l'Amiral eut la satisfaction de voir réussir complètement sa belle manœuvre ; une division de bateaux canonniers et de transports appareillait de Dunkerque pendant que l'ennemi était contenu et trompé par ses propres moUToments. Les combats dans la baie de Wissant, à hauteur du cap Gris-Net, où 45 Toiles anglaises avaient le vent et la marée favorables pour coni5erter leurs manœuvres, ont prouvé à l'ennemi qu'ils n'avaient pas la force de nos armements, la confiance de nos braves et l'accord des deux nations à tirer enfin une éclatante vengeance des outrages communs.
La manœuvre audacieuse de deux vaisseaux de ligne et de plusieurs frégates qui, pour couper la ligne, ont serré la terre sous les batteries du cap Gris-Nei Jusqu'à poitée de fusil, n'a servi qu'à rendre le passage plus brillant.
L'inutile et dernière attaque des ennemis contre la flottille déjà embossée sous les nouvelles batteries de la rade d'Ambleteuse, a dû leur coûter cher et leftr faire connaître qu'ils n'avaient plus aucun obstacle à opposer à la réunion des flottilles et au développement du plan de l'Empereur.
Les marins Avançais et bataves ont rivalisé dans ces deux journées de courage et de zèle pour la cause commune; les garnisons ont déployé la même intrépidité qui a tant de fois illustré sur terre les troupes françaises. Tous ont fait voir qu'ils sont les dignes soldats de l'empereur Napoléon.
La canonnière et les auxiliaires qui ont servi les batteries fixes et mobiles de la côte ont montré partout une ardeur et une activité dignes d'éloges, et la première part en doit revenir au général Sorbier, au général Lariboisière et aux officiers sous leurs ordres, qui ont maintenu le bon esprit et la haute réputation de l'artillerie française.
L'armée a pu voir de quelle utilité ont été les travaux exécutés si prompte- «lent et avec tant de rôle pour l'armement de la côte, et de quelle importance est l'habitude du travail et la constance à supporter toutes les fatigues.
Voici ce que dit, de ces différentes affaires, Thistorien anglais W. James :
Le 47 juillet, à 6 heures du matin, une légère brise de nord- est permit à l'amiral hollandais de prendre la mer (si ce mot peut s'appliquer à un passage tout contre la côte), avec les quatre prames Vt/Ze-dTAix, Ville-d' Anvers , VilledC'Genêve et Ville-de-MayencCy et 32 canonnières de 1" classe, les dernières commandées par deux capitaines bataves, les premières par le capitaine de frégate français Bernard-Isidore Lanebour. L'Amiral, avec beaucoup de jugement, forma sa division en deux lignes, de telle sorte que tous les navires pouvaient faire feu sans se gêner. Deux des prames furent placées au centre de la ligne extérieure. .... et les deux autres aux extrémités. ....
LES DERNlàRES OPÉRATlONB DB LA IXOTTILLE. 413
U y Atait à Dunkerque beaucoup d'autres bâtiments de guerre, mais leur faible échantillon les avait obligés à se réftigler dans le port, pour échapper à une tempête du nord-ouest* Us ataient Tordis de suivre en deux détachements dès que le combat serait engagé.
En raison des bancs et des bas-fonds nombreux devant Ostende et Dunkerque, Fescadre anglaise composée de VAriadne dé 20 canons, de 3 ou 4 sloops ou bombardes, et environ autant de bricks canonniers, était à Tancre devant Gravelines. Dans le brouillard^ ces navires semblaient très grands. C'est pour cela, sans doute, que les Français prirent VAriodnêy à peine d'un tiers plus grande qu'une de leurs prames, pour un taisseau rasé et les autres pour 2 tté-^ gâtes, 3 corvettes à trois mâts et 9 bricks (i).
A 6 h. 30 du loir, VAriadne aperçut la flottille qui venait de partir; mais la faiblesse de la brise et la lenteur de la marche des prames ne permit pas de reconnaître la route suivie avant 7 h. 1B. A ce moment les Anglais coupèrent leurs câbles et prirent chasse. A 9 h. 49, VAriadne et 2 autres navires ouvrirent le feu et malgré le peu de profondeur de l'eau, l'obscurité et la canonnade incessante entretenue par les prames et les batteries de côte, VAriadne et ses deux compagnons forcèrent 3 ou 4 canonnières k se jeter h la côte, et coupé-* rent le grand mât et le gréement de la Ville-de Genève, qui était k l'arrièregarde. Néanmoins, grâce à l'appui de la côte et à la forte artillerie de 24 des prames, le gros de la flottille partint â mouiller à li tr. 30 en rade de Calais.
Le seul navire anglais qui parait avoir souffert fut VAriadne, où i sergent de tt marines » fbt tué, 1 lieutenant de «c marines a dangereusement blessé, 2 matelots légèrement atteints, le gréement et les voiles hachés
Le bruit du combat avait attiré Tattentlon des navires mouillés aux Dunes, de sorte que, peu après minuit, le vaisseau de M Trusty, la ft*égate de 28 Vestal et 3 sloops appareillèrent et vinrent devant Calais. Le i8, à 4 heures du matin, la Vestai ayant gagné de vitesse, rejoignit VAriadne et la division, et, un quart d'hetu^ plus tard, les Anglais recommencèrent le combat contre la flottille batave et les batteries de Calais.
Après deux heures de canonnade, pendant laquelle les canons de 9 livres de la Veital eurent le désavantage contre les pièces de 36 et de 24 des forts et des prames, la frégate, ayant un caporal de « marines » mortellement bless^ signala de cesser le combat.
(1) On a va que l6 gaettêor du fort Bisban, nullement engagé dans l'affaire, avait signalé âii débat du 6ombât, 6 corvettes à l'ancre et 2 cutters sous voiles. Bon témoignage, qui devrait passer pour désiniérMséi est à propos du tombât du lendemain, le suirant :
29 eouraat.
Àfl jour, Tenneml était en vue du port à 2 lieues, sous voiles, 2 canonnières hollandaises à la oôte, à Test du port, et 1 transport et 3 autres canonnières sous voile ; à 1 h. 45 du malin l'ennemi a attaqué les 3 canonnières, se trouvant à Test du port de Calais et qui aisaient route pour la rade ; â 4 h. 45, l'ennemi s'est tenu hors de portée du canon et le feu a cessé; à 5 h. 30 le feu a repris de part et d'autre. J*ai signalé 1 frégate, 15 corvettes, ensuite 1 vaisseau; à 6 heures, le feu a cessé. J'ai signalé l'ennemi; il s'éloignait des Mtiments firanç&ls, le vent à l'est-tiord-est, bon frais et marée.
Signé f Tbrnissibr, guetteur.
42i TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE III.
La division porta dans Touest, où un feu violent venait d'éclater entre Tenneroi et le Trusty accompagné des sloops.
Informé de l'approche de la flottille gallo-batave et du combat qu'elle
avait soutenu, Tamiral Lacrosse avait fait partir de Boulogne, à 4 heures du matin, plusieurs divisions de canonnières pour simuler une attaque contre le mouillage de la croisière anglaise et faire une diversion en fayeur de Verhuell. V Immortalité^ toujours commandée par le capitaine Owen, avec la frégate de 32 canons de 12 Hebe^ YArah de 20 canons, et le reste de la division détachée levèrent Tancre et se portèrent à Tattaque de la flottille, dont plusieurs bricks faisaient voile vers Wimereux. Lorsque V Immortalité et les navires de tête arrivèrent à portée de canon, 49 bricks et 64 lougres étaient sous voiles, et, immédiatement, les batteries fixes et Tartillerie à cheval de la côte ouvrirent le feu contre les navires anglais, qui réservèrent le leur. A 4 h. 30 du matin, Vlmmortalitéy ïEehe, VArab et quelques autres navires, se trouvant à un demi-mille au nord-ouest de Wimereux, commencèrent à canonner les bricks français qui, peu après, en grand désordre, reprirent le mouillage sous les batteries. Sans avoir subi aucune perte et sans autre dommage qu'un canon de 9 démonté à bord de VAraby la division anglaise revint jeter l'ancre à 5 milles au nord-ouest de Boulogne, un des bricks canonniers étant envoyé en observation vers le cap Gris-Nez.
Pour faciliter le passage de l'amiral Verhuell, le maréchal Davout, qui l'avait longtemps attendu à Calais, avait renforcé en hommes et en munitions toutes les batteries de la côte entre Calais et Ambleteuse. Celle du promontoire du Gris-Nez avait à elle seule 55 pièces de gros calibre et 6 énormes mortiers, et était commandée par le général Lariboisière en personne. En outre, le général d'artillerie Sorbier, avec de l'artillerie à cheval et des obusiers à longue portée, devait suivre Ift flottille le long de la côte
A 3 heures du soir, Taminil Verhuell, accompagné sur son shooner du maréchal Soult, leva l'ancre avec les trois prames et les 21 canonnières qui lui restaient, 4 prames et \Vi canonnières (preuve des pertes subies), et fit route vers le cap Blanc-Nez, sous lequel se tenaient le Trusty, VAriadne, la Vestal et une douzaine de sloops et autres ntivircs de faible tirant d'eau. A 4 heures, les canons et les mortiers du cap Blanc-Nez ouvrirent un feu terrible contre les Anglais, qui y i-épondirent, mais avec un grand désavantage : le Trusty eut son grand étai coupé, et un gros boulet dans la flottaison qui détermina une Toie d'eau et obligea à carguer et mettre à la bande pour l'aveugler. La flottille en profita pour gagner Wissant; lÂ, la côte étant moins fortement armée, la canonnade recommença du côté des Anglais, renforcés de V Immortalité et d'une partie de la croisière de Boulogne. VArab s'engagea avec tant d'ardeur qu'il se trouva à portée de fusil de terre, par 2 brasses d'eau. Le sloop Calypso, la Flèche et 2 ou 3 bricks canonniers s'eflTorcèrent d'imiter VA rab et réussirent, avant 7 heures du soir, à forcer 6 canonnières ennemies à se jeter à la côte. Le banc du cap Gris-Nez et les boulets et bombes de la face droite de sa puissante batterie forcèrent VAraby la Calypso, la Flèche et les autres navires h s'éloigner de la côte. Le capitaine de la Calypso fut blessé, l'Aral eut une vergue emportée, son gréement coupé et la tête du grand m&t éclatée, plusieurs boulets dans sa coque et un commencement d'incendie, enfin 7 hommes blessés dont 2 dangereusement. La Flèche était si près de terre que les Fran -
LES DBRNlàKBS OPÉRATIONS DB LA FLOTTILLE. 4S5
çais pour Tatteindre durent baisser leurs canons. Un boulet enleva le chapeau d*un homme, bf*isa une embarcation et creva la muraille de Tautre côté sous la flottaison. Elle eût 5 blessés gravement et ses manœuvres courantes très endommagées. . . .
Vlmmortalité^ suivie de VHef)€j était depuis 5 heures du soir à l'extrémité du Banc-à-Laine près du cap Gris-Nez, et même, lorsque la seconde se trouTa par 4 brasses, à peine une demi-brasse de plus que son tirant d'eau, elle était encore trop loin de la flottille pour agir. Les 2 frégates carguèrent puis brassèrent toutes toiles à culer pour attendre les prames qui précédaient les canonnières alors fortement engagées atec VArab, la Calypso et les bricks canonmers, ainsi qu'il Tient d'être dit. Peu après 6 heures, ï Immortalité et ïHebe^ se trouvant à un demi-mille de la côte et un quart de mille des prames» ouvrirent un feu riolent qui fut retourné avec autant de yigueur et naturellement plus d'effet par ces dernières et les batteries de côtes. Cependant 2 shoon^rs durent se jeter à la côte et, vers 7 heures, les prames et le reste des canonnières jetèrent l'ancre entre Andresselles et Ambleteuse. A 7 h. 30, la canonnade, à laquelle avait pris part la frégate de 36 canons de 12 la Renommée^ cessa complètement.
V Immortalité avait son mât de misaine, son grand perroquet et sa corne de brigantine coupés, trois embarcations crevées, le gréement et les voiles très endommagés, plusieurs boulets dans sa * coque et les bouches de 2 caronades emportées. 4 hommes étaient tués et 12 blessés, dont plusieurs grièvement. Uffebe avait son grand perroquet et sa grande vergue coupés, le gréement et les voiles endommagés, une caronade démontée, 3 boulets dans la coque, 3 blessés dont 1 mortellement. La Renommée souffrit relativement peu.
De ce témoignage peu suspect, on peut conclure à la violence du combat. Mais ce que W. James ne dit pas, c'est que réloignement des Anglais, dans les jours qui suivirent, permit à une partie considérable de la flottille batave de parvenir à Ambleteuse sans que Fennemi s'y opposât.
C'est ainsi qu'on arrive, au 3 août, à avoir dans ce port 3 prames, 25 canonnières, 116 bateaux, 6 péniches et 30 transports. Mais il s'en faut de beaucoup que la concentration de la flottille batave puisse être considérée comme terminée.
A Sa Majesté l'Empereur des Français et Roi d'Italie (I).
Calais, le 3 août 1805.
Sire,
l*ai l'honneur de rendre compte à Votre Majesté Impériale et Royale, que le
(1) Archives nationales, carton APi^, 1203. — Marine, colonios et flottillefl, an xii et an XIV.
426 TROISIÈME PARTIS. ^ CHAPITRE in*
41 thermidor (30 juillet), à 0 heures du soir, la 4* division de bateaux eanon-» niers et 9 chaloupes canonnières ^ aux ordres du capitaine de vaisseau Yalkenburg, ainsi que 8 canonnières et i6 péniches impérialeB, aux ordres du capitaine de frégate Dutaillis, sont partis de la rade de Dunkerque, avec un petit frais de la partie du sud-est. Mais bientôt ils eurent calme plat, de sorte qu*ils furent obligés de faire la route à la rame ; portés par le jusant, ils mouillèrent à È heures du matin devant Gratelines et appareillèrent de nouteau le iî thermidor (31 juillet), à 5 heures; à midi ils airiTèrent devant Calais, en présence d'une division ennemie de 9 bâtiments, composée de î fi'égates, 3 corvettes et À bricks ; elle vint attaquer notre division à la très grande portée du canon, et de part et d'autre, quelques boulets furent échangés. Trois desdites corvettes, armées en bombardes, avancèrent asseï près pour lancer quelques bombes, qui dépassèrent nos b&timents ; ce qui M, vivement répondu par les batteries de côte et par nos pièces de gros calibre, de sorte qu'ils furent bientôt obligés de prendre le large. Notre division resta en rade, et le lendemain matin, h 6 heures, une plus forte division ennemie, composée de i vaisseau de ligne, S ft^gates, 3 bombardes, 0 bricks, 1 lougre et i cutter, vint de nouveau atta» quer notre ligne, et lancer plusieurs bombes, dont une tomba à bord d'un bateau canonnier, traversa l'arrière du pont, passa par la soute à poudre, à travers des bordages à côté du gouvernail, et éclata à une très petite distance du bâtiment, sans blesser personne. L'ennemi fut ainsi que la veille contraint de prendre le large ; le vent de l'ouest obligea notre division d'entrer dans le port. On a observé que, cette fois^ci, l'escadre anglaise resta ft une bien plus grande distance que dans les attaques précédentes.
J'ai en même temps l'honneur de faire rapport à Votre Majesté Impériale et Royale, qu'il y a maintenant 3 prames, 25 canonnières, H6 bateaux^ fi péniches et 30 transports de rendus à Ambleteuse; à Calais ^ 4 prame^ 20 canonnières, 29 bateaux, 1 péniches et 8 transports^ et il reste à Dunkerque iO canonnières^ 62 bateaux, 5 péniches et 49 transports; la plus grande partie de ces bâtiments est en rade, pour profiter du premier souffle de vent favorable, afin de se rendre au port de réunion d' Ambleteuse.
J'ai rhonneur d'être, etc.
Yerhuell.
Au 20 août, il y a encore un voyage entre Dunkerque et Ambleteuse.
A Sa Majesté fEmpereur des Français et Roi d'Italie (1).
Ambleteuse, le t fructidor an xm (20 août 1805). Sire,
J'ai l'honneur de rendre compte à Votre Majesté Impériale et Royale qu'aujourd'hui, à midi, il est parti de Dunkerque 7 chaloupes canonnières et 27 bateaux canonniers, commandés par le capitaine de vaisseau Hofmeyer.
(l) Archives nationaleSt carton AK^, lt03. — Marine, colonies et flottilles, an xii et an XIV.
La croisière ennemie était à quelque distance de la c^te, mais notre diTision poursuivit son chemin, sans être attaquée, jusqu'à hauteur de- Sangate, alors une division ennemie, forte de 7 bâtiments, se rallia et se forma en ligne de bataille et commença à les attaquer à portée de canon ; le feu des batteries de la côte et de nos bâtiments fut très tif et si bien nourri, que Tennemi fut forcé, par le travers du cap Gris^Nes, à prendre le large, ayant probablement reçu d'assez fortes avaries ; nous vtmes une bombe tomber à bord d'une frégate, qui enleva son perroquet d'artimon.
Notre division poursuivit tranquillement sa route, sans être inquiétée davantage. A 8 heures du soir, elle mouilla devant Ambleteuse ; une canonnière qui avait reçu trois voies d'eau, fut forcée de faire côte, ayant 6 pieds d'eau dans la cale ; les rapports qui me sont parvenus jusqu'ici, ne m'ont pas fait connaître qu'il y eût d'autres avaries.
La mer étant très agitée, je fais rentrer la division, avec laquelle il se trouve à présent de réunis au port (T Ambleteuse, 4 prames, 54 chaloupes canonnières, 192 bateaux canonniers et 35 transports, et il ne reste plus à Dunkerque que 25 bateaux canonniers et 62 transports.
J'ai l'honneur, etc. Verhuell.
A Son Excellence M. le maréchal Berthier, ministre de la guerre (i).
Ambleteuse, le t fructidor an xm (20 tout 1805.)
Monsieur le Maréchal,
J'ai l'honneur d'informer Votre Excellence qu'une partie de la 3* escadrille de guerre de la flottille impériale batave, composée de 7 chaloupes canonnières et 27 bateaux de 2* espèce, appareillés de la rade de Dunkerque vers 2 heures par un vent de nord-est, joli frais, a mouillé à 7 heures du soir en rade d'Ambleteuse.
Cette division, sous les ordres du capitaine Besemaerd, a mis à la voile en vue de la croisière anglaise, qui restait dans l'ouest à une grande distance ; elle a doublé Calais sans être jointe par l'ennemi, qui ne s'est rallié au vent au nombre de iO voiles et n'a été en mesure d'attaquer que sur le cap Blanc-Nez. La canonnade a été vive par le travers de Wissant ; les bateaux canonniers ont fait un feu très soutenu.
La flottille ayant passé en dedans du Banc-à-Laine, les ennemis ont d'abord serré le cap Gris-Nez dont les batteries les ont forcés de prendre le large; une corvette anglaise a été démâtée de son mât d'artimon; les ennemis ont laissé arriver, et la flottille a gagné le mouillage sans être inquiétée.
Une canonnière batave ayant reçu deux boulets à la flottaison a été forcée de s'échouer à l'ouest du port.
Jl restait encore à Dunkerque 27 bateaux de 2* espèce, et 91 transports; nous espérons que les vents d'est-nord-est, à moins qu'ils n'aient trop fraîchi, auront favorisé un second appareillage.
Votre Excellence apprendra sans doute avec satisfaction la réunion de la presque totalité de la flottille de guerre destinée au corps de droite.
Salut et respect.
Math. D.
Ainsi qu'on le voit, jamais la concentration de la flottille ne fut complète ; jamais le corps de Davout, dont une division resta près de Dunkerque, ne put s'embarquer à Ambleteuse.
La situation finale de la flottille et de Tarmée ressortira d'une façon plus précise encore au chapitre suivant.