LE PLAN DU 27 FÉYRIER-S MARS
Ptrit, le 8 YêtkiAêê an xm (27 féTrier 1805) (1). Monsieur,
Tai rendu compèe à l'Empereur de la situation de la division que tous commandai, Sa Majesté a reconnu que quatre des vaisseaux sont en rade ou prêts à y être, que les deux frégates et V Observateur sont aussi prêts à appareiller, ainsi que la goélette le Téméraire,
Considérant cette escadre sous le rapport des vivres, il résulte de l'état que TOUS m'aTÎei adressé, le 30 niTÔse, que le Héros a 6 mois de TiTres, ainsi que la Rnanche et la Guerrière, ce qui tous fait un total de 249,480 rations. Comme l'intention de Sa Majesté n'est pas que tous attendiei le Redoutable, TOUS répartirez sans délai 188,^80 rations entre les 4 Taisseaux prêts à mettre à la Toile, qui sont V Argonaute, le Héros, le Fougueux et le Duguay-Trouin, ce qui fera pour chacun 47,070 rations, c'est-à-dire, 66 jours de TiTres chacun, chaque équipage étant de 706 hommes, non compris les approvisionnements,
L'Ordonnateur, dont je n'ai pas parlé, est porté sur votre état comme ayant six mois de vivres ; vous lui en laisserez quatre mois et les deux autres mois seront partagés aux 4 vaisseaux.
Vous vous empresserez de faire quatre mois d'eau pour toute l'escadre ; vos équipages seront répartis sur tous les vaisseaux et frégates, de manière que leur force respective soit à peu près égale.
Le Redoutable sera laissé au Ferrol, sous le commandement de son capitaine ; il achèvera les réparations qu'il seta chargé d'accélérer de tous ses moyens. La goélette le Téméraire saisira la première occasion, après votre départ, pour se rendre dans un port de France ; il s'agit d'imprimer à tous ces remplacements la plus grande activité possible, attendu que l'ordre d'appareiller va vous arriver au moment le plus imprévu.
Et, pour ne pas vous laisser d'incertitude à cet égard, je vous préviens qu'une escadre française est prête à partir pour vous débloquer ; cette escadre ne mouillera point, elle vous expédiera une frégate qui, après s'être présentée avec les signaux de reconnaissance du jour des bâtiments de guerre de Sa Majesté entre eux, et après que tous y aurez répondu, vous fera le signal d'appareiller par le pavillon rouge à croix blanche, appuyé dun ou plusieurs coups de canon; ceci n'est confié qu'à vous et sous la garantie de la fidélité que vous devez à V Empereur,
Je suppose que ce signal ne pourrait être aperçu par vous, qu'autant que tous seriez mouillé, soit à la Corogne, soit dans Vavant-baie du Ferrol, ou dans toute autre partie de la baie, dont l'appareillage est facile ; il serait très avantageux que vous puissiez occuper un de ces mouillages, doù vous seriez mieux en partance, et je vous recommande de le faire, si, comme il parait par la carte, TOUS pouTez y être à l'abri d'une attaque de forces supérieures.
Il me semble que le mouillage entre le cap Priori no et le château Saint- Charles présente peu d'incouTénients, si les deux pointes de l'entrée de la haie sont fortifiées, puisque des Tents forcés de l'ouest et du sud-ouest tous permettront de rentrer dans le port. Votre dernière dépêche m'annonce que le pas-
(1) Archives de la Marine, BB>v, tt9.
362 TROISlàME PARTIE. — CHAPITRE PREMIER.
sage de la Corogne est libre ; si cette rade tous présente des sûretés suffisantes contre l*ennemi et plus de facilités pour l'appareillage, vous prendrez ce mouillage.
L'essentiel est que, sans perdre un instant, vous tous* mettiez en état de suivre, sans retard, Tescadre destinée à vous débloquer ; après votre réunion, vous suivrez Tofficier général que vous aurez rallié et vous serez sous son commandement pour votre destination ultérieure.
Je vous salue avec attachement,
Drcrks.
Le Af/nittra de la, marine et dee ooloniee au oo/itre-am/ra/ Gourdon, commandant la d/Wtion navale de Sa Majesté, au Ferrol (i).
Paris, le 0 ventAse an xra (28 février 1805).
Monsieur le Contre- Amiral,
Si une escadre française parait devant le Ferrol pour vous débloquer, je présume que les vaisseaux de Sa Majesté Cat'holique, qui seront en état d'appareiller, auront reçu Tordre de la rallier. Vous notifierez donc avec toutes les formes convenables, au moment même où cette escadre paraîtra, au commandant des bâtiments de guerre espagnols, que vous mettez à la voile ; et il est probable qu'ils vous suivront. S'ils y sont déterminés, vous remettrez à ce commandant le paquet ci-joint,, lequel indique le rendez-vous de l'escadre; vous lui remettrez aussi autant de paquets de rendez-vous qu'il y aura de bâtiments espagnols qui appareilleront avec lui ; il en remettra un à chacun des capitaines qui mettront sous voiles, lequel ne pourra être décacheté qu'en cas de séparation ; les autres paquets, si le nombre en est supérieur à celui des bâtiments espagnols qui appareilleront, seront gardés et cachetés par vous ; mais, s'il n'appareille qu'un vaisseau espagnol, vous ne lui remettrez que le seul paquet portant pour inscription : au commandant des vaisseaux espagnols, réunis à ceux de Sa Majesté l'Empereur.
S'il ne doit point appareiller, vous ne remettrez aucun paquet; si l'escadre qui doit vous débloquer parait devant le Ferrol, et qu'elle ne puisse vous attendre, vous vous rendrez chez le commandant de la marine espagnole, et vous lui notifierez qu'ayant des paquets à ouvrir en mer qui vous apprendront la destination de cette escadre, vous allez appareiller pour la rallier, et que vous avez à lui remettre, pour chacun des commandants de vaisseaux espagnols qui vous suivront, des paquets indiquant le rendez- vous de l'escadre ; ces paquets lui seront remis par vous en tel nombre qu'il y aura de vaisseaux prêts à appareiller pour se joindre à elle.
Le commandant pourra seul ouvrir les siens dès qu'il aura mis sous voiles; les autres capitaines ne pourront ouvrir le leur qu'en cas de séparation. Si aucun vaisseau espagnol n'appareille avec vous, vous ne remettrez aucun
(1) Archives de la Marine, BB^^, ttO.