‹ 1793-1805 (volume 3)Chapitre 38 sur 81 · DEUXIÈMES INSTRUCTIONS · texte numérisé non relu

DEUXIÈMES INSTRUCTIONS

La direction que vous devet prendre immédiatement aprèt votre jonction au Ferrol dépend de tant de circonstances différentes^ que je ne puis que m'en rapporter à votre expérience de la mer et à votre Zèle pour mon service. En eÉtet, tant d'événements se sont passés depuis votre départ pour la Martinique, la connaissance des forces ennemies que vous avez attirées dans rAmérique, la force de Tescadre du Ferrol et de la croisière ennemie devant ce port, la situation de notre armée, sont autant d'éléments nécessaires pour ordonner impérieusement de votre destination ultérieure.

Le but principal de toute V opération est de nous procurer pendant quelques jours la supériorité devant Boulogne, Maîtres du détroit pendant quatre jours (sic), 450,000 embarqués sur î,000 bâtiments achèveraient entièrement l'expédition. Pour arriver à ce grand but, immédiatement après votre apparition au Ferrol, vous aura quatre partis à prendre.

Le premier^ de vous porter devant Rochefort et de vous réunir aux 5 vaisseaux que j'ai dans cette rade ; J'ai envoyé des instructions au vaisseau le RéguluSj qui est à Lorient, de vous Joindre ; ainsi, au nombre de S5 vaisseaux français et 15 vaisseaux espagnols, de faire votre réunion avec Vescadre de Brest et, au nombre de plus de 60 vaisseaux de ligne^ d'entrer dans la Manche,

Le deuxième parti est de laisser Vescadre de Rochefort^ qui occupe un pareil nombre de vaisseaux ennemis, et de vous diriger le plus promptement possible sur Brest, pour opérer votre jonction avec Vamiral Ganteaume.

Le troisième parti serait, après votre Jonction avec l'escadre du Ferrol, de doubler V Irlande et vous joindre à l'escadre du Texel, forte de 7 vaisseaux, et au convoi, et d'arriver devant Boulogne,

Le quatrième parti parait devoir être celui de se diriger sur le cap Lizard et, à trente lieues au large ^ de profiter du vent d'ouest pour longer la côte d'Angleterre, éviter la rencontre de Vescadre qui bloque Brest et arriver quatre ou cinq jours avant elle devant Boulogne,

Pour chacune de ces opérations, en calculant les vivres que vous trouverez k Rochefort, vous en serez suffisamment pourvu ; et, prévoyant dès longtemps votre expédition, j'en ai fait réunir une grande quantité & Brest, Cherbourg et Boulogne.

Si vous prenez le parti de faire votre réunion avec l'escadre de Brest f vous devez tenter de le faire sans combat et, si cela est trop difficile, calculer de manière à vous battre le plus près de Brest qu'il vous sera possible et, à cet effet, de tromper l'ennemi par de fausses routes, si, sur la nouvelle de votre apparition au Ferrol, il prenait le parti de marcher une vingtaine de lieues à votre rencontre. Si, au contraire, vous prenez le parti de doubler l'Irlande, vous devez passer hors de vue des côtes et rendre votre navigation la plus inconnue que possible à l'ennemi qui» pendant un temps, vous croira retourné

dans la Méditerranée, comme on ne manquera pas de le répandre par tous les moyens.

L^amlral Ganteaume, avec 21 vaisseaux approvisionnés pour six mois, est mouillé en dehors du goulet, entre Bertheaume et Camaret, sous la protection de batteries de plus de 150 bouches à feu. Du moment de votre arriyée au Ferrol, il mettra à la voile ; il se trouve avoir des facilités pour sortir qu*il n'aurait point dans toute autre position, en dedans du goulet.

Dans le cas où vous préféreriez Totre réunion à Brest, vous aurez soin de prévenir par des bricks, que vous ferez aborder sur la côte la plus prè« de Brest, avec un ofQcier qui ne perdrait pas un moyen pour se rendre auprès de Tamiral Ganteaume.

Si vous doublez V Irlande vous irez au Texel ; des instructions positives y ont été envoyées, ainsi que sur la situation de Tennemi dans ces parages.

Si par les événements survenus en Amérique ou dans le cours de votre navigation, vous vous trouviez dans une situation qui ne vous permit pas de remplir ces instructions, et que vous ne dussiez penser à aucune nouvelle opération, tous ferez partir Pescadre de Tamiral Gourdon, avec les 3 ou 4 vaisseaux meilleurs marcheurs espagnols du Ferrol, pour établir une croisière, conformément aux instructions ci-jointes.

Notre intention est que vous leviez le blocus de Rochefort, que vous donniez les instructions ci-jointes au capitaine Allemand, dont vous favoriserez la sortie, et que, cela fait, vous rameniez mon escadre à Cadix avec les 6 vaisseaux du Ferrol, que vous favorisiez Ventrée de V escadre de Carthagène à Cadix, que vous occupiez le détroit, que vous ravagiez la rade de Gibraltar et que vous vous approvisionniez-là de vivres.

Ce serait avec bien du regret que je verrais que ces dernières circonstances, quelques combats ménys avec des forces inférieures que vous auriez soutenus, des circonstances de séparation et d'autres événements, ajourneraient Vépoque de notre opération importante. J'ai voulu toutefois pourvoir aux partis que vous auriez à prendre dans* les événements que je ne puis calculer et dont je ne puis avoir connaissance.

Napoléon.

n est nécessaire de préciser quel était à ce moment Tétat de la rade de Cherbourg qui pouvait, dans certaines éventualités, jouer un rôle important et, d'après TEmpereur, donner à Tescadre de Villeneuve un abri sûr.

La majestueuse digue qui protège aujourd'hui les établissements de Cherbourg, se réduisait, en mai 1805, à une étendue de 100 toises, moins de 200 mètres, et elle s'élevait à 9 pieds seulement au-dessus du niveau des hautes mers de vive eau (1). Encore faut-il noter que la partie supérieure ne consistait

(1) Mémoire sur la digue de Cherbourg, par Cochin (un des ingénieurs qui y furent employés). {Archives de la Marine, à Cherbourg.)

l'immobilité de qantbaume. 557

qu'en un épaulement provisoire qu'une tempête avait détruit le 18 décembre 1803. Réparé en 1804, il avait été armé de 4 pièces de 36 ei 2 mortiers. C'est dire que la protection que pouvait donner ce court tronçon de digue et ces quelques canons était à peu près nulle, aussi bien contre la tempête que contre l'ennemi. Le port n'existait pas, car c'est le 9 mai 1805, en exécution d'un arrêté du 15 avril précédent, qu'on commença à creuser le bassin (1). En mai 1805, on porta l'armement de la digue à 20 pièces de canon, sur un ordre du Ministre prescrivant d'exécuter ce travail en vingt-quatre heures (2). C'est tout ce qui put être fait à cette époque.

La valeur militaire de la digue resta très faible, la protection fournie à une grande escadre contre les temgétes nulle, et même la solidité du massif très précaire, puisque, en 1807, un ouragan devait en percer le centre, emportant 200 personnes logées dans les casemates. Le danger pour une armée navale de s'aventurer dans la Manche subsista donc entièrement.

Quoi qu'il en soit, les instructions de l'Empereur furent rédigées par Decrès le 13 mai, sous la forme suivante :

Paris, 23 floréal an xui (13 mai 1805) (3).

Monsieur le Vice-Amiral,

Le contre-amiral Magon, commandant les vaisseaux V Argonaute eiV Achille ^ est parti de Rochefort le il floréal (I*' mai) et vous aura remis des instructions supplémentaires de Sa Majesté, en date du 24 germinal (14 avril), et des dépèches de moi pour tous et pour Tamiral Gravina, en date du 27 (17 avril).

La frégate la Didon est partie de Lorient le 1 3 floréal (3 mai)» avec xme dépêche de moi, en date du 9 floréal (29 avril), et le duplicata de toutes celles que vous avait portées le contre-amiral Magon.

Cette dépêche du 9 contenait quelques détails que l'Empereur m'avait ordonné de vous transmettre. Aujourd'hui, Sa Majesté m'ordonne de vous expédier de Nantes la frégate la « Topaze », pour vous donner de nouvelles informations sur Vétat présent des affaires et vous faire connaître ses intentions définitives.

(1) Verus mor, histoire de la ville de Cherbourg, 1835. (Bibliothèque de la marine, Cherbourg.)

(t) LiviSt histoire de la ville de Cherbourg, 1871. (Bibliothèque de la mariue, Cher> bourg.)

(3) Archives de la Marine, BB^r, 230.

858 TROiaJUlB PARTIE. ^ OHÀPITBE IX.

L'amiral Ganteaume est toi^ours retenu à Brest par une armée qui est devenue supérieure à la sienne ; cependant, toute espérance de Toir opérer son départ pour vous rallier n'est pas encore entièrement perdue.

Si d'ici au 30 (20 mai) de ce mois, il peut trouver l'occasion d'appareiller, il le fera et, en appareillant, 'il vous expédiera en avant un de ses bâtiments pour vous prévenir de sa prochaine arrivée; si, le 30 floréal, l'amiral Gan«> teanme n'a pu appariller, voui en serez prévenu par la frégate qui partira de Lorient /e !•' prairial (21 inai).

L'objet de la présente dépêche est de vous informer que l'intention de Sa Majesté est que, si le 10 messidor (29 juin) prochain vous n*aveï pas d'avis sur l'appareillage de l'amiral Ganteaume, vous devrez mettre à la voile ce jour, 10 messidor, pour vous rendre comme un trait sur le Ferrol. Là, vont vous réunirez à 5 vaisseaux français et iO vaisseaux espagnols, et vous suivrez votre destination ultérieure, ainsi qu'il est prescrit par les instructions de Sa Majesté en date du 24 germinal.

Si ces instructions devaient subir quelques modifications, vous en seriez prévenu au Ferrol par une dépêche que le contre-amiral Gourdon serait chargé de vous remettre.

Ainsi, Sa Majesté s'est arrêtée à ce système : que l'amiral Ganteaume sortira, s'il le peut, jusqu'au 1^0 floréal ; et que, si vous n'avez pas avis de son arrivée au 10 messidor, vous devez, sans rien attendre, faire votre retour sur le Ferrol. Mais si, le 30 floréal, Tamiral Ganteaume n'est pas parti, une frégate partira le l*** prairial pour vous prévenir qu'il ne doit plus partir, qu'il doit vous attendre à Brest ; et, dans ce cas, à l'arrivée de cette frégate, qui pourra vous parvenir avant le 10 messidor, vous appareillerez sans plus attendre et vous vous porterez sur le Ferrol, ainsi qu'il a été dit.

Il est un objet dans le détail duquel je crois superflu d'entrer, parce qu'il n'aura pu échapper à votre prévoyance : c'est la sollicitude sur votre approvisionnement en vivres.

Les instructions de Sa Majesté ont porté qu'à la Martinique vous vous feriez fournir le journalier par la colonie.

Je ne Siiis jusqu'à quel point cette disposition aura reçu son exécution, mais vous concevrez, à la nature du but que vous avez à atteindre, qu'il est d'une haute importance, qu'à votre arrivée sur le Ferrol, il vous reste une quantité assez considérable de vivres, car ce port ne vous présentera pas de ressources.

Ainsi, c'est à votre sage prévoyance à ordonner dans votre armée et à concerter avec l'amiral Gravina, dans son escadre, les diminutions joumalièrei de distributions qui pourront s'opérer dans la traversée, pour vous laisser plus de ressources à votre arrivée sur le théâtre de la grande et principale opération.

Je n'ai pas besoin d'ajouter que, s'il est des moyens pour vous procurer des vivres dans les colonies, vous ne devrez rien négliger auprès des capitaines généraux pour en obtenir.

Je n'écris qu'à vous, parce que le temps me presse et que je veux dissimuler le but de l'expédition des frégates que je fais partir; mais témoignez aux capitaines généraux mes regrets de ne pas leur exprimer personnellement les témoignages de bienveillance que leur conserve Sa Majesté.

Je n'ai pas encore eu de nouvelles du contre-amiral Missiessy ; mais la

l'immobilité db oantxaumb. 559

goélette la Trimeusêy expédiée par le général Emouf, m'est arrifée après un mois de traversée.

Recelez, Monsieur TA mirai, Tassurance de mon infiolable attachement,

Dbcrès,

Cette lettre partit le 15 mai de Nantes, portée parla Topaze j avec une nouvelle expédition de Tordre du 14-17 avril (1). Mais cette frégate ne rencontra pa^ Villeneuve^ déjà parti pour r Europe.

Ganteaume fut prévenu des nouvelles dispositions sous la forme suivante :

A M. l'&mlrAi Q&nteaume, commandant l'armée navale (i).

Paris, le 23 ûoré&l an xni (13 mai 1805). Monsieur T Amiral,

Je \ou8 informe que TËmpereur, prenant en considération particulière l'état des choses, a ordonné ce qui suit :

i* L'armée nayale dont Sa Majesté tous a confié le commandement doit, jusqu'au 30 floréal (20 mai), saisir toutes les occasions qui pom*ront se présenter de mettre à la Toile pour la destination prescrite par tos instructions ;

2® Si, le 30 floréal à minuit, r année n'a pu appareiller, elle ne doit plus mettre sotu voile, quelque occasion qui se présente pour le faire ;

3* Si Tarmée n'a pu appareiller afant Theure de minuit du 30 floréal, tous expédierex à Tinstant même un courrier à Lorient, lequel portera au Ticeamiral Thétenard l'ordre ci-joint de faire appareiller immédiatement une frégate.

Cependant, si dans la soirée du 30 il vous était démontré que vous ne pourrez partir avant minuit, tous pourriez expédier cette dépêche, parce que je mets un grand intérêt à ce que la frégate puisse appareiller de Lorient dans la journée du {^'prairial.

Il est de la plus grande importance que l'armée, après le 30 floréal, comme et peut-être plus qu'à présent, se tienne continuellement en appareillage, que chacun reste constamment à bord, afin de mettre sous voiles, quelle que soit la situation des choses, au moment où vous en recevriez Tordre ; et il vous arrivera probablement de la manière la plus imprévue.

Vous ne sauriez trop vous attacher à l'exécution littérale de cette disposition, et vous en connaîtrez avant peu l'importance par les détails que je vous communiquerai par un prochain courrier.

(1) Rapport d'ensemble da Ministre de la marine, en date da 21 juillet 1805. (t) Archives de la Marine, BB»^» 211.

Telles sont, Monsieur l'Amiral, les dispositions arrêtées par Sa Majesté et dont TOUS avez h opérer Texécution. Recevez Toffre de mon inviolable attachement.

P, S, — Je vous dirai, Monsieur rAmiral,que si vous mettez à la voile avant le l*' prairial, vous ne devez pas perdre un instant potir expédier la frégate, la meilleure voilière de Varmée, afin de prévenir d^avance le vice-amiral Villeneuve de votre départ et de votre prochaine arrivée, pour qu*il vous attende ; cette disposition en continuation de ce que je vous ai écrit le 4 de ce mois.

D'autre part, le gouvernement espagnol avait été invité à envoyer soit à Cadix, soit à Toulon, les 6 vaisseaux de Carthagène.

A Son Altesse Royale le prince de la. Raix (1).

Paris, le 9 floréal an xni (29 avril 1805). Prince,

La réunion de Cadix est un premier succès dans lequel TEmpereur a reconnu l'heureux effet de l'activité que vous avez su imprimer à la marine de Sa Majesté Catholique.

Sa Majesté Impériale et Royale s'en est exprimée ainsi dans la dépêche

qu'elle m'a fait l'honneur de m'adresserde (2); et elle m'ordonne de faire

connaître h Votre Altesse Royale les opérations qui lui paraissent devoir être adoptées dans les conjonctures présentes.

Le Ferrol sera certainement débloqué au moment le plus inattendu, il est donc indispensable que les vaisseaux armés qui s'y trouvent soient toujours prêts à mettre h la voile; et l'Empereur désire vivement que le nombre en soit accru, et porté jusqu'à dix, autant que le comportera le retard du débloquement.

Les deux puissances ont à recueillir de si grands avantages de leurs efforts, dans cette lutte, qu'elles n'ont de repos à prendre que lorsqu'elles auront achevé tout ce qu'il est possible d'entreprendre.

Il faut que l'ennemi soit dans une incertitude et une alarme continuelles sur les mouvements des forces alliées ; il faut qu'il se trouve en même temps menacé et frappé partout.

Pour atteindre ce but, Votre Altesse sent déjà le besoin de compléter les armements de Cadix par celui des sept vaisseaux qui restent dans ce port ; et l'Empereur juge nécessaire que l'escadre de Carthagène se rende à Toulon ou à Cadix.

Si c'est à Toulon, elle s'accroîtra des forces navales que Sa Majesté Impériale et Royale fait armer dans ce moment; et ses approyisionnements de

(1) Archives de la Marine, campagne 1805. BB^^, 133. (t) Illisible.

l'immobilité de ganteàume. 561

vivres ne présenteront plus de difficultés, les magasins de Sa Majesté devant y pourvoir.

Si c'est à Cadix, cette escadre, réunie aux sept vaisseaux espagnols qui s*y trouvent, fournira une flotte importante qui deviendra pour Tennemi un objet de sollicitude et le forcera à une grande diversion.

Mais, Prince, vous sayez que Farmement des vaisseaux et leur réunion dans une rade ne suffisent pas : on ne saurait trop prescrire à celui qui les commande des appareillages fréquents qui, sans que Ton s'écarte de la rade et sans compromettre la sûreté des vaisseaux, exercent les équipages et obligent Tennemi à tenir en présence au moins des forces égales.

Dans Talternative de la destination de Tescadre de Garthagène, je prie Votre Altesse Royale de vouloir bien m'informer de la détermination que Sa Majesté Catholique aura jugé conyenable de prendre.

La considération particulière manifestée si souvent par Sa Majesté l'Empereur et Roi pour les qualités éminentes qui vous distinguent, pour le zèle que vous développez dans la cause commune, me font regarder comme une faveur spéciale de mon souverain Thonneur qu'il me procure d'entretenir des communications avec Votre Altesse Royale et de lui réitérer Tassurance de mon respect.

Le prince de la Paix choisit Cadix comme but du voyage ordonné à Tescadre de Garthagène. Mais, pour atteindre sa destination, il eût fallu que Tamiral Salcedo se rendit compte qu'il était à ce moment le mattre de la Méditerranée, où les Anglais n'avaient plus que les navires légers confiés à Bickerton, après le départ de Nelson, et qu'il ne se laissât pas bloquer ou ramener au port par des forces hors d'état de lutter contre ses six vaisseaux de ligne (1).

(1) Archives des affaires étrangères. Espagne, 1805.

Le Prince de la Paix à Talleyrand, Bzmo Senor,

10 mai 1805.

En yista de! plan de operaciones que a S. M. el Emperador y Rey le parece debe adoptane en la présente eorpentora, dire à V. E. que, por sèr el Paerto de Cadix, el mas bien sitoado para eomprender desde él qnalqnier expédicion, ha resaelto el Rey mi amô qoe passé alii y no a Tolon la esqoadra de Cartagena. Asi lo prevengo hoy al gênerai Saleedo que la manda, y estoy seguro de que no perderà instante en Teriflcario luego que pueda hurlar hs navios Yngleses ; pues tiene la esquadra tan pronta que yà se Insô a la mar el diâ 27 de abri! por haberse presentado a la vista algunos bugties que pare~ dan enemigos, y volTiè el 28 despuès de haber devisado las fuerzas muy superiores del almirante Nelson.

El Prince de la Paz.

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