‹ 1793-1805 (volume 3)Chapitre 41 sur 81 · IV · texte numérisé non relu

IV

amiral Magon, et de 3 frégates et 2 corvettes qui lui ont été expédiés successivement depuis son passage du détroit.

La somme des forces sous son commandement se compose donc de 20 vaisseaux de ligne, 10 frégates et 6 corvettes.

Cette flotte a ordre de se porter comme un trait sur le Ferrol ; là, elle s'accroîtra de 5 vaisseaux français et 10 espagnols ; elle n'y mouillera point et, sa réunion opérée avec les 14 vaisseaux du Ferrol, elle se portera sur Brest, où elle fera parvenir, si les circonstances le permettent, des frégates qui vous annonceront son arrivée.

Dans le cas où cette frégate n'y parviendrait pas, le bruit du combat y qui sera livré à la hauteur de Brest, et les signaux de la côte vous préviendront de l'approche de l'armée et des parages où vous devrez vous porter pour décider la victoire.

Vous vous joindrez donc î\ elle par le plus prompt appai*eillage ; elle entrera dans la Manche sans hésiter et accomplira la plus grande entreprise dont Sa Majesté elle-même vous a confié les détails et l'objet.

Tel est. Monsieur V Amiral, le nouveau plan arrêté par Sa Majesté et dont elle m'a ordonné de vous donner communication.

Je n'ai pas besoin de vous dire que je vous tiendrai informé de tout ce qui s'y rapportera ; vous devrez vous-même pourvoir à ce que je reçoive, par chaque courrier, le rapport des signaux faits par la côte et la transmission télégraphique de tout ce qu'il peut y avoir d'important. Nous touchons au moment décisif ; je compte sur le concours de toute votre prévoyance pour ce que requièrent les circonstances importantes dans lesquelles nous allons nous trouver.

Le courage et l'habileté de nos armées, le destin de la France, le génie et l'étoile de notre souverain sont, avec la faveur du Tout-Puissant, les garanties du succès de notre glorieuse entreprise.

Recevez l'assurance de mon inviolable attachement.

Pendant ce temps, TEmpereup avait imaginé une nouvelle combinaison.

Il avait reçu, du 23 au 25 mai, les lettres suivantes adressées par Beurnonville à Talleyrand qui accompagnait l'Empereur pendant son voyage (1).

Arai\juei, le 24 floréal an xiii (14 mai 180.5) (2). Monseigneur,

Votre Excellence aura pressenti, dès l'exposé de ma première conversation avec le prince de la Paix, ce que ce Prince m'a depuis annoncé définitivement

(1) Correspondance de Napoléon à Dccrès (W mai), 8778.

Par les renseignements que j'ai, il paraît que Nelson est encore dans la Méditerranée, il attend des ordres.

Napolbon.

(t) Archives des Affaires étrangères, Espagne, an xni.

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