‹ 1793-1805 (volume 3)Chapitre 44 sur 81 · RÔLES ASSIGNÉS A L'ESGADRE DE ROCHEFORT · texte numérisé non relu

RÔLES ASSIGNÉS A L'ESGADRE DE ROCHEFORT

mettre à la poursuite d'expéditions lointaines. Peut-être Nelson ira-t-il à Lisbonne, essayer quelques séductions pour obtenir des secours; mais Tinsuccès de ceux qui Tiennent de Ty précéder est de mauTais augure pour lui, et mon collègue Junot aurait seulement la satisfaction de faire échouer ses tentatives.

On parle d'une seconde expédition de troupes attendues à Gibraltar. Cependant, on n'a là-dessus que des renseignements fort douteux et il me parait difUcile de croire que Nelson se serait déterminé à sortir de la Méditerranée, si sa mission doit être d*y rentrer incessamment. Je crois plutôt qu*il épie les secours ou seulement les avisos qu'il suppose qu'on lui aura dépéché d'Angleterre, et qu'il s'est placé hors du détroit de manière à ne pas les perdre et à connaître le p|us tôt possible les intentions de la cour de Londres sur son escadre et sur lui.

L'escadre de Garthagène a appareillé de nouveau sans un but déterminé. Tant que Nelson n'aura pas doublé la pointe de l'Espagne, elle ne peut tenter la sortie du détroit et sa navigation ne peut être qu'une courte croisière ordonnée pour exercer les équipages. Il serait possible, cependant, qu'elle rencontrât quelques Anglais et elle est assez forte pour s'emparer de tout ce qui est à la mer, tant que les circonstances ne changeront pas. Ge qui doit nous donner le plus de sécurité sur les opérations de cette escadre^ c'est le caractère connu de M. de Salcedo, qui passe pour un des officiers les plus expérimentés de la marine espagnole. L'état des trois départements n'a pas sensiblement varié depuis les derniers rapports que j'ai adressés à Votre Excellence. Il est question d'iirmer deux vaisseaux de plus à Garthagène ; et le prince de la Paix va si bien sous le rapport de l'activité navale que cette augmentation de forces va, je n'en fais nul doute, être conduite avec la plus grande célérité. J'aurai l'occasion d'en entretenir encore Votre Excellence dans un sens agréable pour Sa Majesté Impériale et favorable au prince de la Paix, dont l'exemple me parait d'autant plus méritoire qu'il n'envisage aujourd'hui que la guerre et que l'intérêt de nos armes, Siins s'attacher aux tracasseries de cour, ni à l'espèce d'opposition dont l'ingratitude et l'ignorance s'essayent parfois h élever le murmure contre lui.

Je prie Votre Excellence de vouloir bien agréer l'hommage de ma haute considération et de mon sincère attachement.

Le général : Beurnonvuj^.

Au vice-amiral Decrès (t).

Milan, le 10 prairial an xin (30 mai 1805). Monsieur,

Je ne sais pourquoi vous désirez tant mon retour à Paris, Rien n'est plus propre que mon voyage à cacher mes projets et à donner le change aux ennemis, qui, lorsqu'ils sauront que je suis arrêté pour messidor et thermidor, prendront davantage confiance et lâcheront quelques vaisseaux de plus dans

(l) Correspondance de Napoléon^ 8813.

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