RÔLES AB8I0NÉ8 A L'BSOADRE DE ROCHEFORT. B
que vous supposerez avoir quitté les Antilles après vous, et, si V armée combinée excède de 6 vaisseaux le nombre total de ces bâtiments, portei^ous encors sur Brest.
Mais sij dans Vune ou Vautre hypothèse, vous n*avei pas 6 vaisseaux de plus que Vennemi ne doit, d'après ces calculs, en avoir devant Brest, vous vous rendrez à (en blanc sur la minute).
Votre Majesté observera que tout ceci repose sur Phypothèse où lord Nelson aurait été aux Antilles et sur Topinion que ]*ai, comme. Votre Majesté, que Tennemi ne prend pas le change et craint pour Londres même, ainsi que Texpriment outertement tes journaux.
Votre Majesté sait que, si Nelson a des inquiétudes sur la Jamaïque, sa route naturelle Taura fait passer aux lies du Vent.
Elle sait aussi que, quittât-il les Antilles 4 ou 5 jours après V amiral Villeneuve, il est certain qu'il accédera à la hauteur de Brest avant la flotte de Votre Majesté parce que celle-ci est obligée de prendre un détour pour passer ûu Ferrol, qu'elle y perdra nécessairement du temps à attendre V appareillage des forces combinées, lequel ne peut avoir lieu qu'avec des vents d'est et, dans la supposition la plus favorable, en moins de 24 heures, à cause du peu de largeur de la passe .
Ceci me parait devoir être prévu d'une manière particulière dans les instructions que Tamiral Villeneuve trouvera au Ferrol.
Dès qu'il y paraîtra, nul doute que les 8 vaisseaux ennemis qui croisent à hauteur de ce port ne se replient sur Brest.
Supposons que Tennemi n'ait que 24 vaisseaux sur et points il s'en trouvera 32 par cette jonctioné
Mais si Nelson était aux Antilles lorsque Villeneuve en sera parti, Votre Majesté doit calculer que la flotte devant Brest se sera encore accrue des 12 ou 18 vaisseaux de cet amiral.
La flotte ennemie devant Brest se trouvera donc, par ces deux jonctions ^probablement composée de 44 ou 50 vaisseaux (1).
L'amiral Villeneuve, réuni aux vaisseaux du Ferrol (je suppose que les Espagnols y aient porté les leurs sûrement à 9 vaisseaux), se trouvera avoir 34 vaisseaux ; qu'il rallie Rochefort, sur quelque point que Missiessy ait été envoyé, il en aura 39.
Admettons encore que Votre Majesté obtienne les 10 de Cadix, le total des forces de l'amiral Villeneuve sera de 49.
Ainsi, on peut raisonnablement calculer que si les Espagnols peuvent faire tout ce que Votre Majesté en attend, et que si encore toutes ces jonctions peuvent s'opérer, l'amiral Villeneuve n'aura à opposer que 49 vaisseaux aux 44 ou 50 de Vennemi.
Mais ici, il est chose pénible à exprimer : c'est que j'ai bien une opinion sur la force réelle des vaisseaux de Votre Majesté, que cette opinion je V aurai au tnéme degré sur celle des vaisseaux de Vamiral Gravina qui auront déjà vu la mer, mais il y a i9 vaisseaux espagnols sortant du port pour la première fois.
(ï) C'est^presqae juste ce qui arriva.
commandés par des capitaines peu exercés^ médiocretncnt armés. Et f avoue que je ne sais ce qu'on peut oser le lendemain de leur appareillage avec cette partie si nombreuse de la flotte combinée
(La fin de cette pièce manque.)
Sauf en ce qui concerne la grossière erreur d'appréciation du caractère de Nelson, on ne saurait trop admirer cette lettre dont les prévisions se réalisèrent avec une précision presque absolue. La nécessité d'une grande bataille, que Villeneuve serait seul à livrer, était établie avec évidence.
En même temps, arrivaient des nouvelles obscures ou mauvaises : Nelson aurait été vu de nouveau dans la Méditerranée, Salcedo était rentré à Carthagène, Missiessy malade et découragé ne pouvait se charger d'une nouvelle mission.
Anmjaex, le 6 prairial an xiii (26 mai 1805). Monseigneur (I),
L*escadre de Carthagène est de nouveau rentrée après une croisière de 48 heures seulement.
La sortie de cette escadre parait donc n'avoir eu d'autre effet que d'instruire les équipages, et ils avaient à la vérité le plus grand besoin de la pratique de la mer. Les deux fois qu'ils sont sortis, ils ont avarié un Taisseau faute d'expérience de la manœuvre. Néanmoins ces accidents n*ont rien eu de grave et M. de Salcedo est prêt à remettre à la voile au premier ordre ; celui de passer à Cadix, dès que l'instant lui paraîtra favorable à cette navigation, lui est toujours provisoirement maintenu.
Le prince de la Paix a reçu des dépêches extraordinaires de Cadix, par lesquelles M. le lieutenant-général Alhava l'informe que l'amiral Orde a rejoint l'amiral Nelson à Lagos, que pendant leur entrevue qui a duré une demi-journée, chaque escadre est restée sous les ordres de son commandant respectif, et qu'elles se sont ensuite séparées, Nelson ayant pris le large et disparu de la côte, h la vue de laquelle est au contraire resté l'amiral Orde.
On m'écrit de Carthagène à la date du i*' prairial {20 mai)^ jour de la rentrée de V escadre, que les tours de la côte signalaient le retour de Nelson et la présence de son escadre à quatre lieues seulement de distance du port. Le fait est mathématiquement possible, mais il est de nature à exiger confirmation.
Uu navire impérial autrichien est arrivé de l'Ile-de-France à Cadix en 69 jours. M. le chevalier de Pelgrom, consul d'Autriche, et passager à bord de ce bâtiment, a remis à M, le commissaire général Leroi, les dépêches cijointes pour Votre Excellence.
La capitaine de ce bâtiment a signé au commissariat français sa déclaration ainsi conçue :
(1) Archives de la Marine , Espagne, an xiii.