TOUS
n serait conTenable qu'en arrivant sur le Ferrol tous expédiiez un bâtiment léger à l'Ile d'Aix pour donner au capitaine Allemand tels ordres que vous jugerez nécessaires ; vous en profiteriez pour m'adresser en duplicata vos
dépêches ; ce bâtiment de?ra avoir Tordre de chercher à pénétrer par la Perthuis de Maumusson ou par le port aux Bretons, si Tennemi Tempéchait d'arriter par le Perthuis d'Antioche; enfin, s'il pouvait accéder dans un de ces points, il devrait se jeter partout où il pourrait et donner Tordre à plusieurs navires pour expédier un excellent courrier à Paris avec vos dépêches, et un tutre tu capitaine Allemand avec vos ordres. Si vous avies asses de bâtiments légers, vous en expédieriez aussi un sur Lorient au commandant du Régulu$,
Aussitôt votre arrivée au Ferrol, des courriers multipliés m'en apporteraient la nouvelle par Bayonne, ainsi qu'à Tamiral Ganteaume et au capitaine Allemand, et c'est Tobjet d'une lettre ci-jointe.
Il est bon, toutefois, de vous prévenir qu'il s'écoulera probablement 8 jours entre l'expédition de vos dépêches du Ferrol et leur arrivée soit à Paris, loit à Brest, et six pour Rochefort.
Si vous entreprenei votre jonction avec Tamiral Ganteaume, Tavis peut lui arriver promptement par le b&timent que vous expédieres à Lorient, et dont Tamiral Thévenard enverrait les dépêches par un courrier expéditif, et mieux encore par Brest si ce bâtiment pouvait y pénétrer par un port difficile.
Sa Majesté, considérant, dans sa grande sollicitude, toutes les manœuvres que vous pouvez entreprendre pour être maître quelques jours du Pas-de- Calais, a aussi compté pour une chance de doubler le cap Lisant de très près et d'entrer dans la Manche pour que Tennemi ne soit prévenu, et sans réunion avec l'armée de Brest.
Elle a reconnu qu'il était telle circonstance où cela ne parait pas impossible, et ce sera à vous à l'apprécier.
Une troisième chance enfin, précieuse pour vos instructions, serait de doubler TIrlande par le nord.
Elle présente l'avantage de vous faire rallier par 5 vaisseaux qui sont au Texei et 4 qui sont à Helvoet Sluys et un convoi portant 30,000 hommes qtii se trouve dans ces parties.
Pour opérer ce ralliement vous expédieres un bâtiment au Texel lorsque vous serez à sa hauteur.
Vos dépêches devraient être adressées au général Marmont, commandant en chef l'armée et à Tamiral Dcwinter, commandant l'escadre ; ils sont pourvus de signaux.
Il vous appartient, Monsieur l'Amiral, d'apprécier ce que Tétat de Tarmôa que vous commandez vous permettra d'entreprendre pour une pareille navigation, eu égard à la durée et à ce que vous pensez avoir de confiance pour c«s mers(l).
U Empereur a prévu le cas où, par des événements que Von m peut calculer la situation de Vannée ne vous permettrait pas d'entreprendre V exécution de ses projets qui auraient une si grande influence pour le sort du monde, et, dans ce cas seulement, VEmpereur veut réunir à Cadix une masse de forces imposantes.
Il veut que ceux de vos vaisseaux qui sont pourvus de vivres aillent les con^ sommer dans des entreprises contre Tennemi.
H veut enfin que ceux de vos vaisseaux qui resteront sous vos ordres soient
(1) D'une importance décisive. On le verra pins loin.
en état d'agir et ne soient pas exposés à la longueur et à Tincertitude d^s réparations à opérer dans des ports étrangers.
Pour cela, en admettant que tous Jugiei ne pou?oir tous livrer, avec des chances de succès, à l'exécution de ce qui est prescrit, vous deyei faire appareiller avec vous toutes les forces d'Espagne qui sont au Ferrol,
Vous débloquerez l'île d'Aix, tous ferez appareiller la division aux ordres du capitaine Allemand, tous ferez entrer à Rochefort 4, 5 ou 6 de ceux de vo» vaisseaux qui tous paraîtront avoir le plus besoin de réparations. Les vaisseaux le Héros, V Aigle, le Redoutable, le Fougiteux, le Duguay-Trouin, le Majestueux, le Jemmapes, le Suffren, le Lion, le Magnanime ; les frégates VArmide, la Gloire, la Tkétis; les bricks le Sylphe, le Palinure, V Action sont destinés à une croisière sur laquelle je joins ici des instructions que vous remettrez aux divers officiers auxquels elles sont destinées.
Avec le reste des hdtitnents de l'Empereur et tous ceux de Sa Majesté Catholique, vous vous rendrez à Cadix.
Cependant si vous aTez 2 ou 3 frégates bonnes marcheuses, en état de faire une nouvelle campagne, vous les mettrez à la disposition des officiers qui vous seront indiqués.
D suffit qu'elles aient assez de viTres pour attendre le moment où l'escadre dont elle font partie pourra leur en donner à la mer.
€e n'est pas aTec un amiral tel que tous que je dois entrer dans de plus grands détails.
Personne ne connaît mieux que vous-même les avantages et les difficultés de votre situation. Vous saurez pourvoir à tout ce que ces instructions n'ont pas prévu ni pu prévoir. Tout ce que vous ferez podr la gloire et le succès des armées de Sa Majesté aura son approbation et, comme elle vous le dit ellemême, elle s'en rapporte à votre bravoure, votre discernement et votre habileté, sur le parti à prendre dans les diverses circonstances où vous vous trouverez. Je vous réitère. Monsieur l'Amiral, l'espoir de votre succès est inviolable et vous pouvez être persuadé que le sort de votre gloire et que tout ce qui touche à l'entreprise dont vous êtes chargé m'intéresse autant que vousmême.
Vous êtes autorisé h communiquer vos instructions à M. l'amiral Gravina, à qui vous voudrez bien remettre la dépêche ci-jointe.
Le temps que vous passerez sur le Ferrol pour y rallier les forces combinées qui s'y trouvent devra enfin être pesé dans la détermination que vous prendrez ; car, si vous y restez longtemps, l'ennemi informé de votre arrivée aurait le temps de réunir toute ses forces sur Brest.
Quant à l'armée aux ordres de l'amiral Ganteaume, je n'ai pas besoin de vous dire que vous établirez des rapports de sa position dans la ligne générale, comme vous le jugerez à propos ; mais il paraît que la nature des choses limite le cercle des ordres à leur donner, à ces généraux d'une armée indépendante que vous placez en tête ou en queue de la ligne, ou que vous destinez comme un corps de réserTe à se porter où tous le jugerez convenable.
J'ai omis de vous prévenir qu'il a été donné des ordres à Rochefort pour un certain nombre de transports.
Ces bâtiments, s'ils sont prêts, devront appareiller avec le capitaine Allemand. Ils sont spécinlement destinés au ravitaillement des vaisseaux qui arrivent de
la Martinique ; ainsi vous les emmènerez ayec vous quelque part où tous aliiex personnellement.
Je TOUS rappelle que tous les bâtiments qui peuTent se rallier à tous, Français, Espagnols ou Bataves, sont prévenus que tous employez la 3* série des pavillons de signaux.
Il est donc admis que Tescadre de Rochefort ne bougera pas avant que la croisière anglaise ne parte, attirée par Fannonce de l'approche de Villeneuve ; par suite, Decrès donne contre-ordre au capitaine Allemand.
A M. Allemand, capitaine de vaisseau, commandant l'escadre de Sa Majesté en rade de l'île d'Aix (i).
Le 27 messidor an xui (16 juillet 1805). Monsieur le Commandant,
Sa Majesté m'ordonne de vous informer que vous devez regarder comme non avenu Vordre qui vous a été donné de mettre sous \oiIes, avec la division sous vos ordres, aussitôt que vous en trouverez l'occasion favorable.
Les contrariétés absolues, et indépendantes de votre zèle et de votre volonté qui ont retardé votre départ, le rendaient sans objet pour la destination qui vous avait été donnée ; en conséquence vous devez me renvoyer, par le courrier qui vous remettra cette lettre, les instructions qui vous avaient été remises par le contre-amiral Missiessy, et tout ce que je vous ai écrit ou envoyé de relatif à cette mission doit être par vous considéré comme nul.
Vous ne devez pas moins tenir la division sous vos ordres, prête à appareiller au premier ordre que vous en recevrez.
Sa Majesté se confiant dans la dignité de votre caractère, votre attachement à ses devoirs et votre dévouement à sa personne, m'a autorisé à vous conBer, sous le sceau de la fidélité que vous lui devez, les dispositions qui doivent vous diriger et dont TEmpereur, moi et vous, sommes seuls dépositaires.
Eu conséquence de cette autorisation, je vous informe que Tarmée combinée, aux ordres de l'amiral Villeneuve, est attendue sur le Ferrol qu'elle doit débloquer.
Là, les forces combinées de ce port doivent appareiller aussitôt pour se joindre à Tarmée et suivre sa destination ultérieure; elles se composent de 5 vaisseaux de l'Empereur, aux ordres du contre-amiral Gourdon, et de 9 vaisseaux de Sa Majesté Catholique, commandée par M. de Grandellana, qui tous se réuniront sous le commandement général de l'amiral Villeneuve.
L'intention de Sa Majesté est que vous concourriez d'une manière positive, mais plus ou moins directe, selon les circonstances, au succès des opérations auxquelles est destinée cette armée navale.
(1) Archives de la Marine, BBi', 2t8.
Pour cela, vous devez vous attacher à donner des inquiétudes à Vescadre anglaise qui vous bloque^ attendu que tant qu£ les vaisseaux qui sont sur Vile d^Aix s*y maintiendront, on aura la certitude qu'ils n'ont pas renforcé Vescadre qui est devant le FerroL
Ainsi, tant que cette escadre sera en présence de celle que vous commandez, votre rôle est rempli, puisque vous occupez un nombre de vaisseaux ennemis, au moins égal à ceux de Sa Majesté, qui sont bous vos ordres.
Mais il est probable qu*à Vapproche de Varmée de Vamiral YiUeneuve, Vescadre qui est devant vous en sera prévenue par les bâtiments de la station anglaise du Ferrol e/, si le blocus de Vtle d'Aix est levé, il est prèsumable que Varmée combinée est arrivée sur les côtes d'Espagne, et elle y est attendue du !•» au 15 thermidor.
Aussitôt qu'elle arrivera ^ il vous sera expédié directement, par le contreamiral Gourdon, un courrier qui vous en portera Vavis; et vous considérerez cet avis comme V ordre d^ appareiller si l'escadre qui vous bloque n'est plus en présence.
Vous mettrez donc aussitôt sous voiles avec votre division, et vous vous porterez sur le Ferrol avec les précautions toutefois qu'exige la circonstance.
En e£fel, il serait possible qu'il y eût encore sur ce point des bâtiments ennemis; mais vous aurez soin de vous faire éclairer à votre atterrage et fort «n avant par vos meilleurs marcheurs qui n'approcheront les bâtiments qu'ils pourront rencontrer qu'après les avoir bien reconnus.
Si vous trouvez par ce point l'armée combinée, vous vous rangerez sous les ordres de l'amiral Villeneuve; si vous n'y trouvez point cette armée, ni aucune force de l'ennemi, vous ferez entrer un bâtiment au Ferrol, où l'amiral Villeneuve vous aura laissé* des ordres s'il y a paru ; ces ordres vous seront remis par M. Ailhaud, commissaire des relations commerciales de France à la Corogne ou peut étr^ par un bâtiment que l'amiral y aura laissé.
Vous concevez que le succès de votre réunion à l'armée combinée dépend de l'intelligence et de la très grande activité que vous mettrez dans vos mouvements. Si, en arrivant devant la Corogne, vous y trouviez l'ennemi en forces supérieures, vous prendrez chasse, et, comme cela prouvera que l'amiral Villeneuve n'est point arrivé, vous irez établir votre croisière à 40 lieues à l'ouest du Ferrol, parage dans lequel il est probable que passera l'armée combinée qui revient des Antilles. Vous vous ferez éclairer dans cette station par vos bâtiments, les meilleurs voiliers, placés à de grandes distances dans le sud-est et nord-ouest.
Leurs instructions devront être, s'ils apercevaient des voiles qui ne fussent pas la flotte combinée, de se faire chasser de manière â ne pas vous faire reconnaître ; toutes les dispositions précédentes relatives à votre appareillage de l'île d'Aix doivent également avoir lieu s'il se présentait devant cette rade un bâtiment qui vous ferait le signal d'appareiller, car l'amiral Villeneuve a ordre de vous expédier un bâtiment léger, dès qu'il paraîtra par le Ferrol.
Ce bâtiment se présentera, s'il est possible, par lePerthuis d'Antioche, et, s'il était empêché par l'ennemi d'y pénétrer, il tâcherait d'entrer par le Perthuis Breton.
L'ordre qu'il vous remettra, ou le signal qu'il vous fera d'appareiller devra être exécuté sans délai, si la présence de l'ennemi ne s'y oppose pas. Jusqu'à
650 TROISliMB PAETIB. — CHAPITRE XI.
préteat, je ne tous ai parié que du cas où rarrifée de Tamiral Villeneufe tous serait annoncée par un courrier, ou par Tordre ou le signal d'un bâtiment qui TOUS aurait été expédié pour cet objet.
Mais il est à ob^rver qu'un courrier expédié par le contre-amiral Gourdon mettra euTiron einq jours pour \ous parvenir; il est certain encore qu*un bâtiment de la station ennemie du Ferrol detancera do?ant le Perthuis celui que pourra tous expédier Tarairal Villeneu?e ; il est donc très présumable que si la station qui yous bloque a disparu, c'est qu'elle aura été préfenue avant ?ous de Tarrifée de l'armée combinée ; en conséquence, si elle lè?e son blocus, Yous ne de?ez pas perdre un instant pour appareiller, et pour tous porter sur le Ferrol; dans ce cas, tous manœuTrerei comme il a été dit ci-dessus, soit que tous y rencontriez l'amiral YilleneuTe, soit que tous n'y trouTiez aucun bâtiment, soit enfin que vous y trouTies des forces ennemies supérieures; dans le premier cas, tous tous rangez sous les ordres de l'amiral YilleneuTe ; dans le deuxième, tous trouTez au Ferrol les ordres que cet amiral tous y aura laissés ; dans le troisième, vous établirez Totre croisière à 40 lieues h. l'ouest du Ferrol.
Ces instructions tous tracent la conduite que tous doTes tenir dans tous les cas qu'on peut préToir; il en est un dernier cependant que Toici; c'est celui où aucune des combinaisons ci-dessus préTues n'aurait de résultat, et où, étant appareillé, tous ne trouTeriez point l'amiral YilleneuTe sur le Ferrol, TOUS ne trouveriez point d'ordres de lui, et celui où vous auriez croisé inutilement à 40 lieues à l'ouest pour l'attendre ; dans ce cas, vous êtes préTenu que Totre croisière, à l'ouest du Ferrol, ne doit pas se prolonger au delà du 25 thermidor, à moins de circonstances qui tous fassent espérer encore de TOUS joindre à cet amiral ; alors du moment où tous désespérerez de cette jonction, décacheter le paquet ci-joint portant des instructions particulières sur Totre destination ; votre croisière s'y prolongera, autant que tous le permettront Tos TÎTres. Yous ferez ensuite TOtre retour dans tels ports que tous pourrez atteindre et je désire particulièrement que ce soit à Lorient ou à Brest; lu seule chose importante, c'est de nuire le plus possible à l'ennemi, et pour cela, tous bi'ùlerez ou coulerez toutes les prises qui ne pourront pas TOUS suiTre, avec la précaution d'en retirer les vivres qui poqrront vous permettre de prolonger votre croisière ; mais il se pourrait que par des événements imprévus, lorsque vous tous porterez sur le Ferrol, à TOtre sortie de Rochefort, tous n'y rencontriez que l'escadre combinée qui est à présent en ce port, et ni l'amiral Yilleneuve, ni l'ennemi ; dans ce cas, vous entrerez au Ferrol, et vous vous rangerez sous les ordres du contre-amiral Gourdon, qui m'en informerait sur-le-champ par un courrier extraordinaire. La tâche qui TOUS est imposée se réduit donc à occuper 5 Taisseaux ennemis autant qu'il TOUS sera possible, à faire tout ce qui dépendra de tous pour rallier l'amiral Yilleneuve; vous vous livrerez à la croisière la plus active, la plus glorieuse pour les armes de l'Empereur, et la plus funeste à ses ennemis, conformément h vos instructions cachetées ; Sa Majesté donne une attention particulière à l'importante mission qu'elle vous confie, et il me sera bien agréable de mettre sous ses yeux les preuves de talent et de bravoure que vous saurez donner.
Signé : Decrrs
P, S. ^" Je TOUS préfiens qu'il est potiibla que l'amiral Villeneufe m pré- Mnt« lui-même uir lea Perthuis pour tous débloquer; tous état autorité à emmener tout voi ordres le brick V Action; les bâtiments chargés de TiTres, dont Tarmement a été ordonné à Rochefort, sont destinés pour Tarairal VilleneuTOt et en conséquence, tous les emmèneres stoc tous ; si tous n'aTei pu rejoindre cet amiral, tous ferei entrer ces transports dans tel port et ils y attendront d»s ordres.
Geg ordres lont complétés par ceux qui sont adressés à Gourdon le même jour et à Tamiral Villeneuve le lendemain.
Dispositions qui devront être txéoutéeê depuis le moment où l'armée
oombinée se préeentera dtuis le Ferrol (1).
Le 29 msssidor an vn (17 juillet 1805).
Art. i»*". — Aussitôt que Tarmée combinée sera signalée sur la côte d'Espagne, le contre-amiral Gourdon expédiera, par un courrier extraordinaire, trois dépécbes pour en donner Tayis simultanément : au Ministre de la marine, à Paris; à Tamiral Ganteaume, à Brest; et au capitaine de Taisseau Allemand, commandant une dirision nsTale de Sa Majesté à Tile d*Aix.
Art. 2. — Ces trois dépêches seront mises dans un seul paquet, sous le couTert de M. Bertin, commissaire de la marine à Bayonne.
Art. 3. — Le contre-amiral Gourdon donnera ordre par ce courrier, au nom du Ministre, au commissaire Bertin de faire partir immédiatement, et en toute diligence, chacune de ces trois dépêches, par courrier extraordinaire, pour leur adresse respectiTC.
Art. 4. — Vingt-quatre heures après le départ de ce premier courrier, le contre-amiral Gourdon en expédiera un second aussi aTec trois dépêches pour les mêmes personnes, et qui devront leur être adressées de la même manière et avec la même diligence, pour leur donner Tavis confirmatif du premier, avec les détails sur les mouTcments de l'escadre anglaise.
Art. 5. — Un troisième courrier sera adressé au Ministre, pour lui annoncer ce qui pourra être parvenu d'important, dès qu'il y aura. lieu.
Art. 6. — Un quatrième courrier sera expédié au Ministre pour lui annoncer la jonction des deux escadres, dès qu'elle aura été opérée, et pour lui porter les dépêches de l'amiral Villeneuve et autres.
Art. 7. — Le contre-amiral Gourdon donnera, au nom du Ministre, ordre à M. Ailhaud de lui expédier un courrier, aussitôt que l'armée combinée aura fait route et sera hors de vue, pour lui annoncer cet événement.
Art. 8. ** Chacun des courriers qui sera expédié par le contre-amiral Gourdon reoeTra de lui un ordre spécial de garder le plus profond silence sur tout ce qu'il aura pu aToir appris au Ferrol, à la Corogne ou en route ; et tout
(1) Archives de la Manne, BB»v, ît9.
courrier qui ne l'aura pas exécuté ponctuellement sera sur-le-champ arrêté et traduit devant une commission militaire pour y être jugé, dans lesTingt-quatre heures, comme coupable du crime de trahison envers le service de Sa Majesté.
Art. 9. — M. Ailhaud, commissaire des relations commerciales à la Gorogne, i*eceTra du contre-amiral Gourdon, au nom du Ministre de la marine, Tordre d'expédier ultérieurement tel nombre d'autres courriers qui sera nécessaire, d'après les renseignements ou nouvelles qui pourront lui parvenir.
Art. 10. — Il avait été ordonné au contre-amiral Gourdon d'envoyer au Ministre des courriers tous les cinq jours, ne fût-ce que pour annoncer qu'il n'y avait rien de nouveau : mais, d'après les dispositions nouvelles, le contreamiral Gourdon n'enverra plus de courrier nu Ministre que dans le cas où il y aurait quelque chose d'important à lui apprendre.
Art. a. — Les courriers expédiés en conséquence des articles ci-dessus ne retourneront pas de Bayonne au Ferrol ; mais il continueront leur route jusqu'à Paris; il leur sera cependant enjoint de remettre sans délai leurs dépêches au commissaire Bertin, à Bayonne.
Art. 12. — Il sera payé 1200 francs de gratification h chaque courrier qui, expédié dans les cas des articles 1, 4, 5, G, 7, aura rempli sa course avec une diligence extraordinaire.
Art. 13. — Pour l'exécution de ces dispositions, il va être envoyé au contreamiral Gourdon trois nouveaux courriers qui, avec les trois courriers d^àmis à ses ordres, seront spécialement chargés de ce service.
Art. 14. — Du moment où l'escadre combinée aura été signalée au Ferrol, il sera défendu à chaque co\irrier de quitter la maison de M. Ailhaud, ou toute autre qui leur aiu*a été désignée; ils seront toujours bottés et prêts à partir au premier ordre, et il sera tenu à la porte des chevaux tout sellés à leur disposition ; il en sera de même à Bayonne, pour les courriers aux ordres du commissaire Bertin.
A M. le vice-amiral Villeneuve (1).
Paris, 29 messidor aa xui (18 juillet 1805). Monsieur l'Amiral,
Je vous ai annoncé hier des instructions pour ceux des vaisseaux de Rochefort et du Ferrol auxquels Sa Majesté entend donner une destination particulière dans le cas où les circonstances ne vous paraîtraient pas comporter la grande entreprise exprimée dans la dépêche de Sa Majesté. Je les joins ici, à cachet découvert, atin que s'il est quelques moyens à votre disposition pour concourir au succès des croisières dont il s'agit, vous pourvoyiez à les fournir. Geci s'applique particulièrement à la destination de quelques officiers que vous jugeriez être plus pratiques des parages respectifs où ces croisières doivent se diriger et à la distribution des cartes respective^ que vous pourriez avoir. Je
(1) Archives de la Marine, BB»^, Î30-64.
dois prévoir deux hypothèses : 1® celle où vous rallierez le capitaine Allemand et la division qu'il commande, ainsi que celle du Ferrol ; 2® celle où par des événements quelconques, n'ayant pu rallier cette division, vous ne pourriez disposer que de celle du Ferrol.
Dans la première hypothèse, voici ce que vous prescrit Sa Majesté :
Art. i*'. — Il sera formé une division composée des vaisseaux : le Héros y le Duguay-Trouin, le Fougueux^ ï Argonaute, le Suff'ren; des frégates VArmidCy la Théiis, et le brick le Sylphe,
Cette division sera mise sous les ordres du contre-amiral Gourdon.
Art. 2. — Il sera formée une seconde division composée des vaisseaux : le Magnanime, le Lion, le Jemmapes ; de la frégate la Gloire, et des bricks le Palmyre et VActéon,
Cette division sera mise sous les ordres du capitaine Allemand.
Art. 3. — Le capitaine Allemand portera son guidon sur le Magnanime dont il prendra le commandement et sur lequel il passera avec le capitaine
et les officiers d'état-raajor de la division ; et le capitaine Holette
commandant le Magnanime, passera sur le Majestueux jusqu'à ce que vous lui ayez donné une autre destination.
Art. 4. — Le Majestueux et le Redoutable resteront sous tos ordres et se rendront a^ec vous à Cadix.
Art. 5. — Si vous avez deux frégates bonnes marcheuses en état de continuer leur campagne, vous les attacherez à la division du capitaine Allemand pourvu qu'elles aient assez de vivres pour attendre le moment où il pourra leur en donner à la mer.
Art. 6. — Le contre-amiral Gourdon recevra de vous les instructions cotées A relatives à une croisière à Tentrée de la Baltique {sic) et sera chargé de leur exécution. Le capitaine Allemand recevra de vous les instructions cotées B et sera également chargé de leur exécution.
Dans la deuxième hypothèse, qui est celle ou vous n'auriez pu rallier que le contre-amiral Gourdon, la division se composera du Héros, du Duguay-Trouin, du Fougueux, de V Argonaute, et deux ou trois frégates que vous mettrez sous ses ordres, et vous lui remettrez seulement Tinstruction cotée A qui sera la seule exécutoire et celle cotée B sera considérée comme non avenue et, dans ce cas comme dans le premier, le Redoutable restera sous votre pavillon.
Si le Régulus vous rallie, vous l'annexerez à la division de la Baltique et alors vous ajouterez à ses instructions qu'elle n'a plus à éviter la partie sud de l'Irlande si elle trouve quelque intérêt à s'y porter.
Mais un nouveau mécompte, un des plus graves de cette série de déceptions, allait survenir.
Le lendemain même du jour, 16 juillet, où le Ministre rédigeait le contre-ordre qui devait maintenir à Rochefort Tescadre d'Allemand, ce capitaine avait mis à la voile.