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754 TROISIÈME rABTIB. — « OHAPITRE XVI.
il j aurait quelque ôf 4iiement où je defraii perdre un Taisieau, ce lerait un éYônement auquel Je devrait m'attendra. Je dtù témoigner plus do confiance en mon année navale ; elle aurait droii de te plaindre que je FaTilii si j'en agissais autrement. Les journaux anglais du 8 août di$ent qu'un vaiueau portugais à vu V escadre du capitaine A îleinand sur le cap Finistère le 4 thermidor, c'est-àdire le lendemain du combat ; ils disent également que Tamiral Galder a renvoyé 4 vaisseaux devant Rochefort, et n*a gardé que 10 Taisseaux devant le Ferrol. Si r amiral Villeneuve reste /p5 f 3, 14, 15 W 16 (2, 3, 4 f( 5 août) au Ferrol, je ne m'en plaindrais pas ; mais, s'il y reste un jour de plus, ayant le vent favorable, et seulement 24 vaisseaux anglais devant lui, c'est le dernier des hommes. Selon les bruits de Londres, Nelson paraissait encore loin d'arriver. Si Villeneuve sort avec ses 30 vaisseaux, il est sûr de se joindre à Allemand, Nelson et Collingwood sont hors du champ de bataille ; les escadres de Cochrane et des Indes également ; 12 vaisseaux sont au Texel; 2 vierment de se ployer vis-à-vis d'Helvet-Sluys, Si Villeneuve ne sort pas, il expose P escadre du capitaine Allemand ; et la circonstance qu'il n'a pas trouvé C aider devant le Ferrol ^ et que l'escadre d^ Allemand y avait été huit jours auparavant, me fait craindre que Calder n'ait donné chasse à cette escadre, A lors, véritablement, quelle occasion il manquerait ! Certainement l'escadre d'Allemand peut faire courir Calder un grand nombre de jours. Que de chances pour réussir si f avais là un homme!
Si Nelson avait rejoint Calder, il est possible qu'il soit encore in férieur ; mais^ s'il parvenait à avoir 24 vaisseaux^ il ne les aurait pas longtemps. Le besoin de ravitaillement et de réparation doit se faire sentir dans Tescadre de Nelson et dans celle de Galder, qui, ayant souffert un combat, sera encore obligée de s'affaiblir. Villeneuve est un de ces hommes qui ont plutôt besoin d*éperon que de bride. Les contre-amiraux que j'ai faits sont Emériau, Savarj. etc., hommes qui peuvent me rendre de grands services ; il me faudrait des hommes d'un mérite supérieur. Je ne sais pas ce que c'est que ce Gosmao, capitaine du Pluton. Ne sera-t-il donc pas possible de trouver dans la marine un homme entreprenant qui voie de sang-froid, et comme il faut voir, soit dans le combat, soit dans les différentes combinaisons des escadres ?
J'imagine que ma dépêche à l'amiral Villeneuve est partie par le courrier qui a passé ici ce matin. Je vous répète ce que je vous ai d^à dit ; je n'entends pas que 30 vaisseaux français soient bloqués au Ferrol par moins de 24 vais* seaux anglais ; et, une fois Villeneuve réuni à Allemand^ je n'entends pas que l'escadre combinée soit bloquée par moim de 29 vaisseaux anglais
Je désire que vous écriviez au vice-araii*al Rosily, à Paris, de vous envoyer un mémoire très détaillé sur toute la c6te d'Afrique ; mon intention est d'employer à une expédition sur ces côtes le Régulus, la Cybèle ; une des frégates qui pourront nous revenir d'Amérique et 2 ou 3 bricks. Je voudrais non seulement prendre tous les bâtiments anglais et ravager leurs rades, mais mettre à terre, sur un point quelconque, un millier d'hommes destinés ^ s'emparer d'un de leurs établissements, et à s'y maintenir s'il le pouvaient. Mon but, s'ils pouvaient s'y maintenir, serait d'engager les Anglais à y envoyer une expédition d'Eure ne pour le reprendre, si tant il est vrai, que le peu d'énergie de mes amiraux laisse échapper les chances que m'offre la fortune et annule la campagne actuelle. Mon intention serait de donner le commandement de cette petite expédition, tant de mer que de terre, à Jérôme, en lui attachant un bon
officier de mer et un très bon ottcier de terre . 11 parait que cette expédition devrait partir d'ici à un mois ; il n'y a donc pas un moment à perdre.
Je désirerais également que les frégates de la Méditerranée avec le Borée et VAnnibal, pussent se rendre K Gênes, y prendre le (Génois et aller enlcTcr le bâtiment de gpuerre que les Anglais tiennent devant Naplet.
Je désire avoir 3 vaisseaux et 3 frégates pour être certain que les vaisseaux et ^'ïgntes, qui partent souvent de Malte, ne donnent pas la supériorité aux Anglais. Je pense que vous devriei envoyer à Naples un officier de marine intelligent et discret, sous prétexte d'acheter des bois, etc., qui s'assurerait de la position exacte qu'occupe le vaisseau anglais, examifierait bien quel moyen il aurait de se sauver, et ce qu'il faudrait faire pour l'attaquer.
Napoléon.
Les ordres de TEmpereur furent transmis par Decrès qui y ajouta la lettre ci-dessous, dans laquelle se révèle une fois de plus cette incroyable erreur qui fixe au 15 thermidor (3 août) Tarrivée d'Allemand à Vigo, alors qu'il n'y doit venir que 10 jours plus tard,
Boulogne, 20 thermidor an xiii (14 août 1805).
Monsieur PÂmirnl,
J*ai Thonneur de vous adresser ci-Jointe une dépêche de Sa Majesté l'Empereur et Roi, en date de son quartier impérial de Boulogne, 23 thermidor, et je vais remplir le devoir de vous transmettre ici littéralement ce que Sa Majesté m*a ordonné de vous écrire en son nom, en môme temps que je vous expédierais cette dépêche.
Les oirconstances sont si importantes que Sa Mf\jesté verrait avec mécontentement que vous perdissiez un seul moment nu Ferrol.
Elle est informée que sa division navale, sous les ordres du capitaine Aile* mand, a paru sur les cêtes dlrlande et y a attiré une divifiion de la flotte de la Manche ; que les vaisseaux de Tamiral Calder ont été très maltraités dans le combat du 3 ; et, dans cette réunion de circonstances favorables, elle espère qn*aussitôt que les vents vous auront permis de sortir vous Taurez fait.
Votre réunion avec Tcscadre du capitaine Allemand donnerait un accroissement de forces à Tarmée combinée que Sa Majesté désire que vous puissiez obtenir; maiê le capitaine Allemand a dû se rendre à Vigo le 15 du tnois, il y aura appris votre arrivée et il est présumable qu'il aura tout fait poiur vous rallier. Dans ce cas, vous aurei eu de ses nouvelles directes et, d'après sa correspondance, vous savez ce que vous pouvez espérer et ce que vous avez à faire pour opérer ce ralliement, t*il n'a pas eu lieu.
Quoi qu'il en soit, l'Empereur observe que vous avez maintenant sous vos ordres 18 vaisseaux de guerre français et 13, ou au moins 10, vaisseaux espa^
(1) Archives de la Marine, BB»', t30.
gnols ; il s'indignerait que rette flotte fât bloquée par des forces inférieures et, en conséquence, son intention est que, partout où irous serex supérieur en nombre à Tennemi, tous Fattaquiez, en ne comptant toutefois deux Taisseaux espagnols que pour un seul et prenant en considération la différence que présente la force des vaisseaux à trois ponts que Tennemi peut avoir de plus que Tannée combinée.
L'ennemi est menacé partout; il a des vaisseaux au Ferrol, il en a à Carthagène, au Texel, aux Antilles ; et Nelson eut-il rejoint Galder, il n^auraît pas plus de 20 vaisseaux de ligne.
Je n'ai pas besoin de vous dire que vous pouvez disposer de la Guerrière et de la Revanche autant que vous croirez pouvoir les utiliser par quelque moyen que ce soit.
Mais ce que je dois vous réitérer, attendu que Sa Majesté le réitère dans les ordres qu'elle me charge de vous transmettre, c'est qu'elle veut qu'on épargpie à son pavillon la honte d'être bloqué au Ferrol par une escadre inférieure, en ne comptant toutefois, comme je vous l'ai déjà dit, deux vaisseaux espagnols que comme un seul, parce qu'ils n'ont pas encore été exercés à la mer, et prenant en considération la différence de force des vaisseaux à trois ponts.
Sa Majesté sait qu'elle peut compter sur la bravoure de ses marins, les bonnes dispositions de ses capitaines et de ses amiraux, et elle entend qu'on ne laisse pas périr d'inaction , ni de découragement , des éléments si précieux.
Vous devez avoir des garnisons très nombreuses et probablement surabondantes. Sa Majesté vous laisse le maître d'en débarquer au Ferrol ce que vous jugerez convenable et son intention est que vous ne gardiez à votre bord de supplément de troupes qu'autant qu'elles procureront un renfort utile à la flotte, unique considération à laquelle tout doit être sacriflé.
Le même raisonnement s'applique aux vaisseaux espagnols, qui ne doivent plus avoir de troupes passagères et qui ne doivent conserver des suppléments de garnison qu'autant aussi qu'ils procureront plus de force à leurs équipages.
Tels sont, Monsieur l'Amiral, les ordres de Sa Majesté et les détails qu'Elle m'a ordonné de vous transmettre. J'y ajoute l'expression de mon ancien et inviolable attachement, sur lequel vous devez compter dans toutes les circonstances.
A M. l'amiral Villeneuve (1).
Boulogne, le 20 thermidor an xm (li août 1805).
Sa Majesté m'ordonne. Monsieur l'Amiral, de vous prescrire de vous servir des piastres dont vous vous êtes emparé pour payer vos équipages. Elle m'a ordonné en même temps de prendre l'engagement de les rembourser ici avec exactitude.
Vous ne doutez pas de celle que je porterai à remplir à cet égard les intentions de notre souverain.
J'ai reçu vos dépèches du i5; j'ai vu avec peine que vous vous étiez borné
(l) Archives de la Manne, BB", Î30.
à porter à quarante-cinq jours Totre approTisionnement en TWres, et je présume que, sur la connaissance que tous aurez eue de ceux des Espagnols, ils vous auront fait des yerseroents, de manière à mettre votre approvisionnement plus en proportion avec tous ceux de Tarmée qui aient la même destination et les mêmes besoins.
J'ai reçu e\kr (13), avec vos dépèches du 15 (3 août), celle que m'écrit Famiral Gravina. Il peut compter qu'il y soit porté une attention particulière.
Yeuillex lui témoigner mes regrets de ce que je ne puis lui écrire par ce courrier et recevez Tassurance de mon inviolable attachement.
Decr^^s.
Rien de cette agitation fiévreuse, aucune trace de ces ordres pressants et de cet appel désespéré à son énergie ne devaient être connus de Villeneuve en temps utile.