‹ 1793-1805 (volume 3)Chapitre 7 sur 81 · IV · texte numérisé non relu

IV

disponible de 9,349 toises, permettant de placer 412 bateaux .

(( Le chenal ayant 2 à 3 pieds d'eau à mer basse, la sorlie serait toujours facile (1).

« Pour terminer la partie supérieure du bassin, il faudrait « 698,000 francs et tout serait prêt le 15 brumaire (6 novemv< bre)(2). »

A plusieurs reprises, Sganzin revint à la charge :

« Les circonstances, écrit-il le 26 octobre, me paraissent « favorables pour provoquer le gouvernement et le faire « décider à achever enfin le port d'Ambleteuse.

« Je ne doute pas que Ton commence enfin à reconnaître les (( inconvénients du port de Wimereux, pour lequel Tengoue- « ment diminue chaque jour, et qu'on se détermine à achever « le bassin d'Ambleteuse et à lui donner l'extension dont il est « susceptible et qui parait indispensable pour les besoins

« ultérieurs de la flottille N'étant plus pressés par les

« circonstances, nous pourrons enfin choisir et appliquer les « moyens convenables ».

Rien ne fut entrepris à cette époque. Bientôt à Ambleteuse, comme ailleurs, les travaux furent complètement suspendus. On va voir quels résultats eut cette mesure, si particulièrement dangereuse pour un port aussi artificiel et aussi peu favorisé par la nature que celui-là (3).

Les travaux de toute espèce ont été suspendus pendant Vhiver dans le port d^ Ambleteuse ; on annonce qu'au 1*" germinal (22 mars) prochain, ils seront repris; cela parait d'autant plus urgent, que tous les jours le bassin se comble par les sables que le courant qui s^est établi à la brèche du tambour, vis-à-vis la passe, y introduit. L'ouverture de cette brèche est de 12 à i3 toises; il y a un mois qu'un violent coup de vent l'occasionna. Il est probable que si, avant de cesser les travaux, toutes les palplanches avaient été posées, et que le tambour eût été garni de pierres anglaises, cet accident aurait été évité. Dans l'état actuel, les bâtiments sont deux ou trois jours, pendant les mortes eaux, sans pouvoir sortir du port.

Il m'a paru que le chenal s'était un peu approfondi, et que le cours de la Slack l'entretenait.

La jetée de l'est du chenal est entièrement terminée, le pavé de celle à

(1) Lettre dn l** septembre.

(2) Lettre dn 26 octobre.

(3) Des travaux de 1803 à 1805, il reste à peine trace aujourd'hui.

]*ouest est plus qu'à moitié fait ; ce traTail parait bien traité. Le rousoir de l'entrée du bassin est aussi payé, mais d'une manière moins parfaite. Le tunage circulaire s'est entretenu.

Il est san» doute urgent que les traTaux du port d'Ambleteuse soient repris, afin de remédier aux accidents que ThiTer a occasionnés ou que l'imperfection de ce qui a été fait a produit, et aussi pour compléter ce qui reste à faire ; mais pour cela il y a encore beaucoup cT argent à dépenser, quoique on ait transporté sur les lieux une partie des approvisionnements nécessaires (1).

C'est dans ces conditions que, le 25 mars 1805 (2), FEmpereur donne Tordre de faire passer à Âmbleteuse la première partie de la flottille batave, et prescrira le H avrÛ (3) d'y réunir toute cette flottille. On devra s'occuper du nettoyage des ports de Boulogne et d'Ambleteuse, auxquels sont consacrés 400,000 francs (4). C'est à ce sujet que l'amiral Verhuell écrit la lettre qui suit :

Le vice^miral Verhuell, commandant en chef de la Hottille batave, à S. M. Napoléon /•^ empereur des Français, roi d'Italie (5).

DuQkerque, le 27 mars 1805* Sire,

S. E. M. le maréchal DaTOut m*ayant fait connaître que l'intention de Votre Majesté était positiTement que la première partie de la flottille se rendit à Ambleteuse, j'ai Thonneur de rendre compte à Votre Majesté que je ne négligerai rien pour exécuter promptement ses ordres.

J'avais pris la liberté d'adresser hier quelques observations à Votre Majesté, sur le susdit port, mais comme le courrier que S. E. M. le Maréchal expédie aujourd'hui sera sans doute arrivé avant ma dépêche, j'ai l'honneur de les transcrire ici.

D'après les renseignements que f ai fait prendre sur le port d' Ambleteuse, f ai trouvé quil était presque impossible d'y mettre la première partie de la flottille, vu que ce port est tellement ensablé, qu'il n'y a dans sa plus grande profondeur, dans son intérieur, que i2 à 13 pieds d'eau, sondé pendant les vives eaux, et la différence des vives eaux aux eaux mortes est de 8 pieds dans tous les rapports de Veau, ce qui ne laisse tout au plus que 5 pieds dans ce dernier cas, et ne permettrait pas même de rester à flot, lors des hautes marées, à nos bâtiments de !'• espèce, qui tirent 7 à 8 pieds deau; à cet inconvénient s'en

(1) Rapport de Sonlt, 8 mars.

(2) A Davout, 25 mars.

(3) Lettre à Verhaell, 11 avril.

(4) Voir ci- dessus. Lettre à Decrès du 21 mars.

(5) Archives nationales , earton APi^« 1203. — Marine, colonies et flottilles, an xu et an xiv.

joint un qui me parait n'offrir pas moins de difficultés, c'est que le fond est dur et inégal, et les bâtiments de la flottille étant tous armés de gros calibre, il est très à craindre qu'ils ne soient écrasés par la pesanteur de leur c/iarge supérieure.

Néanmoins, comme rien n'est impossible alors qu'il s'agit d'exécuter les intentions de Votre Majesté, je fais toutes les dispositions convenables pour faire partir au préalable les deux premières divisions de bateaux canonniers; ces bâtiments, anÎTés à Ambleteuse, les équipages et les garnisons pourront être employés à creuser le fond de ce port, et, par conséquent, à le rendre propre à recevoir les chaloupes canonnières.

J'ai l'honneur, etc.

Verhlkll.

L'ordre de TEmpereur fût cependant maintenu d'après, semble-t-il, les assurances optimistes données parSganzin.

Au maréchal Davout (1).

3 avril 1805.

Je désire que vous vous rendiez à Ambleteuse. Les ingénieurs m'ont assuré qu'avec une dépense de 40,000 francs on remettrait ce port dans l'état où il était, et qu'il y aurait plus d'eau qu'à Boulogne. Voyez ce qu'il en est. Je pense que le major général aura donné des ordres pour qu'au moment de l'arrivée de votre division à Ambleteuse, votre commandement s'étende jusque-là. Je vois, par l'état de la flottille batave, que vous êtes très mal et que tous n'avez pas d'équipages. Écrivez à l'amiral Verhuell qu'il fasse son possible pour que vous ayez les moyens d'embarquer vos équipages et vos chevaux d'état-major, conformément à la lettre que le major général a dû vous écrire. Le plus important est de faire équiper promptement vos écuries et de les faire venir toutes j\ Dunkerque; appliquez-vous principalement à les tenir prêtes.

Napoléon.

Au vice-amiral Decrès (2).

Lyon, 21 germinal an xm (11 avril 1805).

Les bâtiments français qui sont h Ambleteuse doivent l'évacuer et se replier sur Boulogne. La huitième escadrille peut très bien tenir à Ambleteuse, quand elle y serait serrée. Vous devez penser que, quand j'en aurai besoin, la moitié sera en rade et quil n'y aura qu'une moitié à faire sortir. D'ailleurs, il me suffit que vous dirigiez les choses de manière qu'îiu moment où j'aurai

(1) Correspondance de Napoléon, 8517.

(i) Correspondance de Napoléon, 8569.

besoin de les faire sortir, les deux escadrilles se trouTent réunies à Ambleteuse. Je pense que vous avez mal fait de donner SOO.OOO francs à M. Delarue ; ce sont des comptes qu'il doit donner, et non faire des menaces.

Napoléon.

Une fois arrivé à Ambleteuse, Sganzin constata que « la partie supérieure du bassin, en s'écroulant, ensablait le reste ». Il proposa donc de renoncer à creuser cette partie et de se contenter de la partie basse qui, disait-il, « peut à elle seule contenir 392 bateaux (1) ».

« Pour les bateaux-baleines {sic), qui ont plus de bau que les nôtres, on pourra les placer par files de 10 sur le côté nord et le côté sud avec un passage libre de 75 pieds de largeur et 7 pieds entre chaque file. On peut donc placer :

A la partie rectangulaire 240 bateaux.

A la partie triangulaire 45 —

Soit 285 bateaux.

(( Si on doit placer 400 bâtiments, il faudra prolonger le bassin actuel de 50 toises dans Test, et séparer la partie étendue de ce qu'on abandonnera du bassin supérieur. »

« La dépense sera de 249,660 francs, plus 15,000 francs d'entretien. »

L'arrivée, le 28 avril, de la première partie de la flottille batave prouva, malgré Toptimisme de Sganzin, que, seuls, le chenal et une très faible partie du bassin pouvaient recevoir les bâtiments hollandais, qui tiraient en moyenne 2 pieds d'eau de plus que leurs similaires français.

La portion de la flottille batave, entrée ce matin, était restée dans le chenal à mer basse. A la marée, la plupart des bateaux, étant mal amarn^s, ont été entraînés par le flot dans le bassin et sont par\enus à Tentréc sans avaries, au moment où Téchelle ne marquait encore que zéro, c'est-à-dire qu'il n'y avait que 6 pieds de mer montée à l'entrée du chenal. 11 résulte de ce fait que les mortes-eaux les plus basses, donnant de 5 à 6 pieds d'eau à l'échelle, il y a îi ces époques, à l'entrée du bassin, de 9 à iO pieds d'eau, puisque les bateaux bataves de 2* espèce, qui y étaient parvenus comme malgré eux, tirent au moins quatre pieds d'eau.

(1) Lettre da 24 avrU.

Le bon état actuel de ce chenal, comparé à celui de Wimereux et même à celui de Boulogne où il y a bien moins (Teau, la beauté des jetées, le calme du port par les plus beaux temps, me font de plus en plus désirer que Votre Excellence accueille mes propositions (de nouveaux travaux) qui doivent assurer la prééminence que Ton reconnaît à ce port sur les autres établissements de la côte (I ).

A ce moment, l'Empereur, alors en Italie, écrivait (2) : « J'ai donné des ordres pour faire nettoyer non seulement « le bassin, mais encore la cunette, et mettre le port d'Amble- « teuse dans le cas de contenir la flottille batave ». Quelques jours plus tard, il donnait gain de cause à Sganzin, en ordonnant le programme qu'il proposait.

4 ùecrés (3).

Alexandrie, 7 mai 1805.

Mon intention est que toute la flottille batave, chaloupes, canonnières et bateaux canonniers, soit réunie à Ambleteuse. Les correttes de pêche doivent rester à Calais avec une portion des écuries. La question n*est point de savoir si les travaux qu'on fait dans la cunette d' Ambleteuse se comblent ou non, mais bien si cette cunette peut contenir des bateaux. Je pense donc qû*il faut ordonner ce travail afin que la flottille batav>e soit contenue tout entière dans ce port. Une fois l'armée passée et l'expédition terminée, nous n'aurons plus besoin de tous ces ports de campagne.

C'est donc à cette époque, si absolument tardive, qu'on va entreprendre des travaux que Texpérience a démontré exiger toujours des lenteurs excessives.

Effectivement, le 4 juin, à Fannonce de Tapproche de nouveaux bâtiments bataves, Sganzin répond que le port ne peut en recevoir que 200 (4). Toujours confiant, il promet quatre, des cinq compartiments qu'on déblaie, pour le 14 juin (5); mais, le 18, il n'y en a qu'un seul terminé. A la vérité « on peut recevoir 54 canonnières et 4 prames, qui auront 8 pieds d'eau en morte eau ». Le 27, il manque encore deux compartiments. Sganzin avoue pourtant qu'on a dépensé, depuis le

(1) Lettre de Sganzin, 28 ayril. {Archives des ponts et chaussées.) h) Lettre à Davout, 26 avril. (Correspondance de Napoléon, 8634.)

(3) Correspondance de Napoléon, 8695.

(4) Lettre du 14 juin.

(5) Lettre du 18 juin.

!•' vendémiaire, 457,364 francs, et que l'entretien du port coûtera 6 à 8,000 francs par mois. « Pourtant, ajoute-t-il, le port s'enscible et s^ensciblera constamment. » Quand, au 17 août (1), on revoit les comptes, on trouve pour Tan xui et pour le seul port d'Ambleteuse, 942,524 francs; pour recevoir la flottille batave, on avait dépensé 352,000 francs (2). Or, la concentration de celle-ci ne sera jamais achevée et, au 20 août, il y aura en tout et pour tout, à Ambleteuse (3) : 4 prames, 54 chaloupes canonnières, 182 bateaux canonniers, 35 transports (4). Soit 275 bateaux^ au lieu des 378 qui doivent porter le corps de Davout (5).

C'est pour le port de Wimereux, confié au génie militaire, qu'on eut encore le moins de déboires.

Dès le 17 juin 1804, on avait pu donner des chasses très

efficaces et obtenir ainsi une profondeur à peu près uniforme

* dans le chenal de 15 pieds en vive eau et 9 en morte eau (6).

Note sur l'effet de /a chasse du 28 prairial an XII.

Port de Wimereux.

Les eaux étaient à la hauteur des vannes, c'est-à-dire, à 8 pieds au-dessus du radier.

Elles ont mis 9 minutes pour arriver à Textrémité des jetées.

(1) Lettre da 27 juin.

(2) Lettre da 17 aoftt.

(3) Sommes nécessaires pour l'an xiv pour l'entretien et la continuation des travaux maritimes dans les ports de Boulogne, Ambleteuse, Étaples, Calais et Saint- Valery-sur- Somme ; 802,000 francs (dont moitié pour Boulogne).

Dépenses à Ambleteuse :

An XI 113,285 francs.

An xn 3,242, 185 —

An xin, jusqu'au 30 messidor 501 ,551 —

Total 3,857,026 francs.

A Boulogne et Wimereux, an xiii, jusqu'au 30 messidor (18 août), 1,007,683 francs.

Le déficit i>our solder les dépenses est de 107,554 francs.

Ce déficit est pleinement justifié si l'on considère les difficultés et les avaries considérables arrivées au barrage à cause de la suspension des remblais, ordonnée à plusieurs reprises pour le passage des b&timents dans la Liane, circonstances qui ont exigé des moyens extraordinaires de construction.

(4) Lettre de VerhueU, 20 août.

(5) Situation du 28 jniUet (Carnet).

(6) Voir ci-dessns.

392 TROISièïiE PARTIE. — CHAPITRE II.

Dans un quart d'heure, il y a eu près de trois pieds d*eau à la tête des jetées.

La chasse a conservé une assez grande force pendant une heure et demie.

Après deux heures un quart, les eaux du Wimereux étaient réduites à leur Tolume ordinaire.

La tête du banc de sable, à l'extrémité des jetées, a été emportée.

Les eaux ont baissé d'un pied et demi, au bout d'une demi-heure, dans le bassin de retenue.

Boulogne, le 28 prairial, an xu. Le général Bertrand.

Mais il restait encore bien à faire dans le port.

Le 22 juin, ordre était donné d'armer Textrémité de la jetée ouest de 3 mortiers (1). Simultanément on s'occupait des quais et du chemin de halage (2). Il y avait, au i*"^ août, 1940 travailleurs, dont 130 charpentiers et 30 scieurs de long (3). Mais dès ce moment, le port est utilisable, et il semble même qu'il soit de beaucoup le meilleur des quatre t points de réunion.

Rapport sur le port de Wimereux.

t août 1804.

Des huit marées de vives eaux qui ont été observées depuis le 22 vendémiaire (15 octobre), époque à laquelle il fut question du port de Wimereux^ six se sont élevées de 1 ,2 et 2 pieds 6 pouces au-dessus de celles du 7 brumaire, une seule a été plus basse de 9 pouces.

En comprenant les diverses hauteurs de la mer à ce point comme niveau général, on a fait les obser\ations suivantes :

An-<leisont An-dasras

de la marée de la marée

da 7 bramaire. da 7 bramaire.

Le mer s'est élevée le 1"' pluviôse \ pied »

(1) Ordre de Soull, 11 juin. (Archives de la Guerre,)

(2) Rapport de Bertrand, 22 Juin.

(3) Rapport de Dode, !•' août.

(4) Dans la nuit, elle est montée de 2 pieds 6 ponces an-dessas da 7 bramaire.

(5) Au niveau da 7 brumaire.

Il est à remarquer que la mer reste 3 heures i/2 à 4 heures à s'élever aux 5 à 6 derniers pieds ou à en descendre y temps pendant lequel on pourra entrer dans le port et en sortir.

On remettra un état plus détaillé des obserrations faites pour servir A l'établissement du port.

L'approfondissement, au 44 pluviôse,

donne depuis Feutrée du port Jusqu'à

reilrémité des Jetées 13piea.. J ^^^^essous

Prolongement du chenal et a^ant-port. . 10 — 6 I j^ jj^ marée

^^^, ? ( du 7 brumaire.

Arrière-port 4 /

Tous les ouvriers ont été répartis depuis l'écluse jusqu'à l'extrémité des jetées qui était la partie la plus urgente et en môme temps la plus difÛrilc, à cause du roc et des galets.

Le défaut d'ouYiiers n'a permis d'en placer que peu dans le port et point dans Tarrière-port

Boulogne, 14 thermidor, an xii. Le général Bertrand.

A la fin de septembre, on a achevé le quai en charpente, commencé celui en pierres sèches de l'arrière-port, terminé les tunages et les talus des quais et régalé une grande partie des terres environnantes (1).

C'est-à-dire que le port est à peu près terminé.

Toutefois il a un grand défaut, c'est que la direction du chenal l'expose directement à la grosse houle. Pour remédier à cet inconvénient, de singuliers procédés sont proposés :

Rapport de SgAnzin au Ministre de /a marine (2).

4 février 1805.

Le Préfet maritime expose de nouveau les mouvements pour les bâtiments de la flottille, qui résultent de l'agitation de la mer dans le port de Wimereux ....

Le chef militaire a proposé, pour rompre la lame, des chevaux de frise, barrant le chenal sur trois hauteurs différentes, procédé inefficace et gênant pour la navigation.

Le port est placé beaucoup trop près de l'estuaire.. . On a reconnu l'impossibilité de pratiquer, comme à Boulogne et à Ambleteuse, des estacades à clairevoie. . . . , et l'on a proposé de réparer le bassin de Favant-port en ne laissant qu'une ouverture de 5 toises ou 30 pieds de largeur, au moyen d'une estacade

(1) Rapportée Dode, 21 septembre.

(i) Archives des ponts et chaussées.

394 TROISIÂME PARTIE. — CHAPITRE U.

pleine dans le prolongement de la jetée nord. Les bâtiments seraient placés dans le bassin le long du quai ouest, sur i2 rangs de hauteur. On pourrait ainsi loger 108 bâtiments de guerre et quelques transports, et Ton pourrait loger la 7* escadrille si on se décidait à terminer les déblais de la partie nord du bassin qui n'est pas à profondeur,

L'inconyénient de ce projet est de rendre Tentrée si difficile que, par grosse mer, les bâtiments chassés de la rade se briseront les uns contre les autres dans TaTant-port.

Le Conseil des travaux maritimes est d'avis de faire ce barrage, proposé par MM. Lostange et Frison, en portant à 90 toises la largeur de Touverture.

Quoi qu'il en soit, dès la fin de Tété 1804, 129 bâtiments étaient abrités dans le port de Wimereux. L'interruption des travaux pendant Thiver parut y avoir été moins préjudiciable qu'ailleurs.

Le port de Wimereux contient aujourd'hui 144 bâtiments, que les grenadiers de la réserve montent ; et il pourrait encore en recevoir 30 à 40. Les murs du quai de Farrière-port seront terminés dans 8 jours ; ce travail qui aurait dû être fait, même pendant Thiver, n'ayant pu se continuer, faute de fonds, les terres du talus ont été délavées et entraînées dans Vintérieur du port ; la dépense de 35,000 à 40,000 francs, que le génie propose pour les enlever, parait indispensable.

Le magasin à poudre de la marine, qui a été suspendu pendant Thiver, doit être repris à la fin de ce mois.

Le chenal semble s'être approfondi,

La batterie de mortiers qui était placée à l'extrémité de la jetée ouest, ayant éprouvé pendant Thiver de fréquentes avaries, ce qui rendait son utilité très momentanée, j'ai cru devoir la faire supprimer et ordonner qu'elle fût portée à la pointe des Rochettes, oi!l son effet sera continuel et également efficace.

Enfin le génie parait persuadé qu'au moyen de ce surcroît de dépense, et une addition de 3S,000 francs pour les remblais, rigoles, nivellement, contrefossés et direction des eaux, qui restent à faire, les travaux du port de Wimereux seraient, dans un mois, entièrement terminés, et qu'aucune dégradation n'y serait à craindre (1).

De fait, à la reprise des travaux, le port de Wimereux fut désigné pour la 8® escadrille et, en somme, au début d'août, on avait pu loger dans ce port 237 bâtiments qui avaient la possibilité de sortir en deux marées à peu près.

C'était le seul des ports, anciens ou nouveaux, qui donnât un semblable résultat.

(1) Rapport de Soalt.

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