BOYER
Henry Boyer, général de brigade, commandant et inspectant la côte, depuis Brest jusqu'à la Vilaine, à Son Excellence le Ministre de la guerre, maréchal de l'Empire.
Au quartier général, à Saint-Oildas, le 28 prairial an xu et le i'^* de TEmpire français (17 juin 1804).
Excellence,
J'ai l'honneur de vous rendre compte que la flottille qui a passé le bec du Raz et mouillé à Théolen, en est partie pour se rendre à Douarnenez sous la protection des batteries de l'Ile Tristan et de Nosmur. J'espère que cette flottille passera de Douarnenez à la pointe de la Chèvre sans raser le fond de la baie.
Les trois canonnières qui ont été obligées de se réfugier dans la baie des Trépassés, ont appareillé pour continuer leur route dans la baie de Douarnenez, où elles sont arrivées et mouillées dans la rivière de Pouldavis ; elles suivront la même marche que les premières.
Il parait. Excellence, que les flottilles pourront désormais passer la pointe du Raz sans inconvénient {sic).
L'ennemi a toujours dans l'Iroise 2 frégates, 2 corvettes et 2 vaisseaux en croisière.
La flottille que j'avais eu l'honneur de vous annoncer, par ma dernière, venant du sud, n'est point encore arrivée. Une frégate, mouillée derrière les îles d'Houat et de Hœdic, l'en empêche sans doute. Je présume qu'elle pourra, à la faveur de la nuit, doubler la pointe de Saint-Gildas et venir mouiller dans le Morbihan. Je me propose de rester ici quelques jours en attendant son arrivée.
J'ai l'honneur de vous saluer avec respect.
Boyer.
Quoi qu'il en soit des espérancees qu'avait fait nattre ce premier succès si longtemps attendu, au 29 juin il n'était encore arrivé à Brest que 9 canonnières et 5 péniches montées par des soldats suisses ou appartenant aux 40* et 44« demibrigades. C'était peu sur le chiffre considérable des bâtiments armés dans l'Océan qui se répartissent, à cette époque, de la façon suivante :
A Audierne 26
A Concarneau 35
A Lorient S6
A Renaudet il
A Auray 3
Au Croisic il
Aux Sables 3
A Rochefort 55
A Bordeaux 32
Total "23?
Toutefois, l'exemple était donné, et, malgré l'excessive prudence déployée, quelques-uns de ces bâtiments arrivèrent à Brest. Ces navigations sont fort peu intéressantes et il est inutile d'en donner le détail : c'est Téternelle répétition des courtes traversées par petits détachements, qui vont, souvent la nuit, d'une crique dans une autre, sans qu'une action militaire quelconque mérite d'être signalée. Parfois on perd des bateaux, beaucoup plus par le fait d'une navigation dangereuse que par les efforts des Anglais. La surveillance de ceux-ci est pourtant incessante. Il y a constamment de 3 à 5 vaisseaux dans le Perthuis Breton, plusieurs frégates devant Penmarch qui, le 8 juin, canonnent sans succès la division du capitaine Palloire, embossée à l'abri des rochers (1). En outre, différents détachements de croiseurs circulent le long de la côte.
Dans l'Iroise, il y a en permanence : 3 vaisseaux, 5 frégates et 3 corvettes au moins, détachés de la grande armée navale, de sorte que les bâtiments qui réussissent à franchir le Raz de
<1) Letixe du général Boyer, 1 1 juin. (Archives de la Guêtre.)
Sein sont parfois retenus dans la baie des Trépassés, par suite de la présence de Tennemi, à qui, malgré les ordres et les objurgations constantes de TEmpereur, l'inactivité de l'escadre de Brest laisse le terrain libre.
Henri Boyer, général de brigade, commandant et inspectant les côtes du Morbihan et du Finistère, à Son Excellence le général Berthier, ministre de la guerre, maréchal de l'Empire,
Au quartier général, à Lorieot, le 26 messidor an xii
(I5JuîUetl804).
Excellence,
J'ai Thonneur de vous rendre compte que le 21, à la naissance du jour, la flottille mouillée à Audierne en est partie, a dépassé le bec du Raz, et que la présence de Tennemi l'a déterminée à embosser dans l'anse de Morlen, dans la baie des Trépassés. Le capitaine de vaisseau Lebuzec ayant fait prévenir qu'il craignait d'être attaqué pendant la nuit dans cette position, une compagnie a été tirée d' Audierne et placée sur les rochers au-dessous desquels se trouve embossée la flottille.
Il parait que jusqu'à ce moment il n'y a eu rien d'extraordinaire, mais que l'ennemi forme une ligne de bâtiments de toute espèce, depuis Tiroise jusqu'à la hauteur de Kézéty-Pommarets. Mes rapports précédents doivent vous avoir prévenu. Excellence, que tous ces parages sont occupés par des sections de flottilles. Mais j'ai lieu de croire que tous les moyens de défense pour la partie de la côte seront développés avec le plus de succès possible.
La division de flottille mouillée dans l'embouchure de la Vilaine, doit mettre à la voile incessamment pour se porter vers le Morbihan. L'importance de cette division, qui est observée par i vaisseau, 2 frégates et quelques bâtiments légers, me détermine à me rendre sur la partie gauche de mon commandement ; je vais y former une division que je composerai du peu d'artillerie que me laissent les circonstances, et d'une réserve de cavalerie que j'organiserai suivant mes ressources. Croyez, Excellence, que rien ne me sera plus agréable que de donner à Sa Majesté de nouveaux gages de mon zèle et de mon dévouement, et, à vous, des preuves de la reconnaissance que m'inspire la confiance dont vous voulez bien m'honorer.
J'ai l'honneur de vous saluer respectueusement.
Boyer.
Malet, général de brigade, commandant de la Légion d'honneur, commandant et inspecteur de la côte du département de la Vendée, à Son Excellence le maréchal Berthier, ministre de la guerre.
Au quartier général des Sables, le 1 1 fructidor an xn
(29 août 1804).
Monsieur le Maréchal,
J'ai l'honneur d'envoyer à Votre Excellence le rapport de la côte du !•• au iO de ce mois. Elle y verra que la flottille nationale, du passage de laquelle
Lk CONCENTRATION. — MANCHE ET OCÉAN. 63
j'ai eu rbonneur de lui rendre compte par ma lettre du 7 courant, en date de FAiguillon, est partie le 6 de la rade de Fromentine, pour continuer sa route au nord, après a?oir longé la côte du département de la Vendée sans avoir éprouTé aucun accident, ni de la part de l'ennemi, ni par aucune afarie.
J'ai eu la certitude par le capitaine de la canonnière Vhle^Yeu, commandant l'escorte de cette flottille, que c'était la dernière qui devait partir de Bordeaux,
H m'a fait connaître que cette nayigation l'avait souvent inquiété et que les flottilles n'étaient parvenues à passer sans accident, malgré la présence de l'ennemi, qu*en prenant la précaution de ne marcher que la nuity et seulement le jour qu'après s'être assuré que l'ennemi n'était pas signalé.
La garde des côtes était faite par de la cavalerie légère et des batteries Tolantes dont le commandant de convoi connaissait h marche, leur donnant aussi beaucoup de sécurité (sic).
Du moment que j'ai eu connaissance que la flottille nationale avait mis à la voile de Fromentine et dépassé la baie de Bourgneuf, j'ai donné l'ordre à la dernière compagnie du 4* régiment de chasseurs, qui observait cette côte, de partir pour se rendre à Fontenay, où elle sera arrivée le 15.
Je prie Votre Excellence de me faire connaître si ce régiment cessera de recevoir les 20 centimes de gratiflcation accordées par jour à chaque chasseur exercé «\ la manœuvre du canon, et, dans ce cas, à quelle époque elle devra cesser.
J'ai déjà fait connaître à Votre Excellence la bonne conduite qu'a tenue ce régiment depuis qu'il étiit employé sur la côte. Je ne veux pas perdre cette dernière occasion pour lui donner le tribut d'éloge qu'il mérite par l'exactitude que les officiers, sous-ofOciers et chasseurs ont apportée dans leur service. Je me trouve flatté de pouvoir en rendre un pareil témoignage.
Je n'ai pas pu envoyer à Votre Excellence le rapport de la côte à l'époque du 6, comme je le devais : l'inspection que je faisais sur cette côte ne me permettait pas de recevoir les rapports particuliers. J*aurai l'honneur de faire connaître h Votre Excellence le résultat de cette inspection, en lui soumettant quelques demandes dont les objets tendent à la surveillance et à la conservation de ce point important. J'ai l'honneur d'assurer Votre Excellence de ma plus haute considération et
de mes respects.
Malet.
Malet, général de brigade, commandant de la Légion d'honneur, commandant et inspecteur de la côte du département de la Vendée, à Son Excellence le maréchal Berthier, ministre de la guerre,
Ao quartier général aux Sables, le 1 1 fructidor an xii
(29 août 1804).