‹ 1793-1805 (volume 4)Chapitre 34 sur 65 · IV · texte numérisé non relu

IV

Nous n'aTODS eu personne de blessé et nous n'aTons essuyé que de légères aTaries ; à 4 heures, le Tent mollit et Taria ; à 5 heures, tous nos bâtiments avaient repris leur poste.

Pendant la nuit, le Tent a soufflé bon frais de la partie du sud ; aujourd'hui, le baromètre est bas, les Tents sont sud-sud-ouest, le temps est chargé et menace de devenir mauvais ; néanmoins, j*ai laissé nos bfttiments dehors.

L'ennemi a 26 b&timents, dont 12 sont des bombardes ou des grosses corvettes à trois mâts.

J'ai l'honneur de vous saluer respectueusement.

E. Bruix.

Il fallut faire rentrer tout le monde dès le !«' septembre, sans pourtant éviter encore un accident.

MathiaalLafond, officier de la Légion d'honneur, ohef de l'état-major général de la Hottille impériale, à Son Excellence le Ministre de la marine et des colonies (1).

A Boulogne, le 14 fructidor an xii de la République (1" septembre 1804).

Les^vents sont nord-ouest, joli frais, avec apparence de mauvais temps.

L'amiral a fait rentrer, à la marée de ce matin, tous les bâtiments qui composaient la ligne d'embossage.

La péniche n^ 218, en rentrant, s* est échouée dans l'est de l'entrée du port ; la mer était si grosse que cette embarcation a été brisée un quart d'heure après son échouage. On est parvenu à en sauver la coque, les mâts et le gréement ; personne n'a été perdu.

1 frégate et 3 bricks ennemis sont à vue dans le nord-ouest, à trois lieues de distance.

J*ai l'honneur d'être, de Votre Excellence,

le très humble et très obéissant serviteur,

Lafond.

£. Bruix, coneeiller d'État, amiral de la flottille nationale, k Son Excellence le Ministre de la marine et des colonies (2).

Boulogne, le 14 fructidor tn xn (!•' septembre 1804).

Monseigneur,

J'ai l'honneur de vous rendre compte qu'avant-hier soir, les vents étaient au sud-ouest, grand frais ; le temps menaçant de devenir très mauvais, je fis suc-

(1) Archives de la Marine, campagne 1804. BB«^, 190. — Flottille nationale. {l) Archives de la Marine, BB»', 188.

cessivement revenir dans le port les péniches et les bateaux plats qui étaient en rade afin de diminuer Tembarras qui aurait eu lieu si j'avais été forcé de faire rentrer toute la ligne d*embossage. Toute la station ennemie avait appareillé et disparu dans Touest à 6 heures du soir.

A rheure de la pleine mer, le vent continuait à fraîchir, j'ordonnai à une division de canonnières qui occupait la gauche de la ligne de rentrer, et à deux divisions de la di*oite de sMlever au vent et de prendre la place. Par ce moyen, je n'avais plus en rade que 45 bâtiments qui se trouvaient tous au vent du port.

Hier, pendant tout le jour, le temps fut incertain, Thoriion était brumeux et la mer plus grosse ; 3 chaloupes de la !■* division essuyèrent quelques avaries, elles eurent la permission de revenir dans le port pour se réparer, elles y entrèrent à la marée du soir.

Jusqu'alors, les vents avaient varié, mais à peine la mer commençait & perdre qu'ils se fixèrent h l'ouest-sud-ouest ; ils ont soufflé de cette partie pendant toute la nuit avec violence pour me donner quelques inquiétudes. Ce matin, j'ai ordonné à tous nos bâtiments de rentrer ; ce mouvement s'est exécuté sans accident malgré la brume qui était fort épaisse.

A midi, le temps s'est éclairci, les vents sont toujours ouest-sud-ouest, grand frais. On aperçoit à toute vue 3 bâtiments qui paraissent ennemis.

J'ai l'honneur de vous saluer respectueusement.

E. Bruix.

Le 6 septembre, la mise en rade se fit, dès le début, avec de gros effectifs qui s'augmentèrent bientôt.

Maih'iM Làfond, officier de la Légion d'honneur, chef de /'état-major général de la flottille impériale, k Son Exoellence le Ministre de la marine et des colonies (1).

A Boulogne, le 19 fractidor an xii de la République,

(6 septembre 1804;.

Monseigneur,

Les vents sont est-nord-est petit frais, presque calme. A la marée de cette nuit, on a fait sortir les bâtiments destinés à former la ligne d'embossage qui, en ce moment, est composée de :

40 bateaux de 1 " espèce ;

iiO bateaux de 2" espèce, dont 3 bombardes;

36 bateaux de 3* espèce.

Total : 126 L'ennemi est mouillé à deux lieues de distance, au nombre de 24 bâtiments,

(1) Archives de la Marine, campagne 1804. BB>^, 190. — Flottille nationale.

dont 3 Taisseaux, 4 frégates, 10 conrettes ou bombardes, 5 bricks, 2 cutters et 1 lougre.

Ci-joint Tordre du jour.

j'ai rhonneur d'être, de Votre Excellence,

Le très humble et très obéissant senriteur.

Lafoxd.

£. Bruix, oonaeiller d'ÊUit, amiral de la HoWlIe impériale, k Son Excellence le Ministre de la marine et dea colonies (1).

Boulogne, le 10 fructidor an xn (6 septembre 1801). Monseigneur,

J'ai rhonneur de tous rendre compte que les vents, qui depuis quelques jours régnaient de la partie de Touest, avaient empêché de sortir.

Hier soir, ils passèrent au nord-est et tous les bâtiments destinés à former notre ligne d'embossage eurent ordre de mettre en rade à la marée de minuit. Ce mouvement a -été exécuté avec précision et célérité. Il y a maintenant dehors : 38 chaloupes canonnières, 47 bateaux canonniers, 3 bateaux et i brick bombardiers, et 36 péniches; en tout, 125 b&timents.

Ces forces sont commandées par le contre-amiral Savary ; elles seront augmentées ce soir par une division de 9 chaloupes canonnières de la Garde, qui doivent sortir sous les ordres du capitaine de frégate Baste.

La tête de Tescadre ennemie qui, pendant les vents d'ouest, avait continué de croiser à une grande distance des côtes, s'en était rapprochée hier au soir, et ce matin toute la station a reparu et est venue reprendre son mouillage ordinaire.

Elle est composée de 4 vaisseaux, 2 frégates, 11 corvettes à ti*ois mâts, 2 bricks, 2 lougres et 2 cutters.

Ces 6 derniers sont encore sous voiles.

Un Courier du général Magon m'apprend que cet officier a dû partir de Dunkerque à la marée de cette nuit avec 43 cornettes de pêche, 1 prame et 2 canonnières.

J'apprends en même temps que cette division a passé devant Gravelines.

J'espère être instruit dans peu d'heures de son arrivée h Calais.

J'ai l'honneur de vous saluer respectueusement.

E. Bruix.

£. Bruix, conseiller d'État, amiral de la Hottille impériale, à Son Excellence le Ministre de la marine et des colonies (2).

Boulogne, le 20 fructidor an xu (7 septembre 1804). Monseigneur, J'ai l'honneur de vous rendre compte de l'entrée à Calais de 57 corvettes de

(1) Archives de la Marine, BB>% 188.

(2) Archives de la Marine, BB'% iSjt.

pèche, et de TarrÎTée sur notre rade de 2 chaloupes canonnières et 1 prame. Ces hàtiments étaient partis de Dunkerque sous les ordres du contre-amiral Magon.

J'ai rhonneur de tous adresser copie d'une lettre de ce général, dans laquelle il me rend co.mpte de rengagement qu'il a soutenu contre 2 frégates, i corrette et i brick ennemis qui Font attaqué entre GraTelines et Dunkerque.

Notre ligne d'embossage a été renforcée hier par 9 chaloupes canonnières et 9 péniches de la Garde impériale ; nous ayons maintenant sur la rade 139 b^timents. La ligne ennemie, au contraire, est forte aujourd'hui de 2 vaisseaux, 3 conrettes, î bricks et 1 cutter. Ces bâtiments ont appareillé ce matin et cinglent vers la côte d'Angleterre.

J'ai l'honneur de tous saluer respectueusement.

E. Bruix.

Cela ne dura, du reste, pas longtemps ; car, le jour même, il fallut faire rentrer les péniches et une partie des canonnières.

£. Bruix, conseiller d'État, colonel général et inspecteur des côtes de rOoéan, chef de la 73* cohorte de la Légion d'honneur, amiral de la flottille impériale, à Son Excellence le Ministre de la marine et des colonies.

Boulogne, le 21 fructidor an xn (8 septembre 1804).

Monseigneur,

J'ai eu l'honneur de tous rendre compte hier de l'arrivée de la ^prame la Ville-de-Mayence. J'ignorais alors les détails d'un petit engagement <ïu'elle avait eu par le travers d'Ambleteuse, J'en ai été informé ce matin par le rapport du lieutenant de vaisseau Dunouard, qui la commande.

Loi'sque cette prame et les deux canonnières Tenues aTec elle doublaient le cap Gris-Nez, une frégate et deux bricks se détachèrent de la ligne ennemie pour leur couper le chemin..

Ces bâtiments se tix)uvèrent h portée de canon des nôtres lorsque ceux-ci se trouvaient par le travers d'Ambleteuse ; la frégate tira plusieurs volées, ses boulets allaient jusqu'à terre. Nos bâtiments continuèrent leur route, la prame fit un feu bien nourri et bien dirigé, en sorte que la frégate ayant sans doute été maltraitée îirriva précipitamment Tent arrière et se retira en manœuvrant aTec désordre et confusion.

Hier au soir, les Tents étaient au sud-ouest, la mer était fort grosse : â l'heure de la pleine mer, je fis rentrer une partie des bateaux de 2« espèce et toutes mes péniches ; à 5 heures du soir toute l'escadre anglaise appareilla et disparut dans l'ouest, une frégate et quatre bricks restèrent seuls en Tue.

Je pensais néanmoins que le temps n'était pas assez mauvais pour forcer

(1) Archives de la Marine, BB", 188..

toute notre ligne à rentrer; elle est restée sur rade, et quoique nos Mtiments aient fatigué par la grosse mer, ils n'ont point essuyé d'aTaries.

Ce matin le baromètre a remonté, le Tent a molli. Les bateaux de 2* espèce qui étaient rentrés sortiront à la marée ainsi que 36 péniches.

J*ai rhonneur de tous saluer respectueusement;

E. Bruix.

Eflfectîvement, le lendemain, la ligne d'embossage est forte de 1 27 bâtiments ; l'ennemi, revenu au mouillage dès le 8 au soir, en a 20, dont 2 vaisseaux. Cela dure sans incident jusqu'au 20 septembre.

E. Bruix, conseiller d'État, colonel général et inspecteur des côtes de l'Océan, chef de la t3* cohorte cfe la Légion d'honneur, amiral de la llottille impériale, à Son Excellence le Ministre de la marine et des colonies (i).

Boulogne» le 25 fraetidor an xii (12 septembre 1801). Monseigneur,

J'ai rhonneur de vous rendre compte qu'hier les vents furent variables du sud-est au sud-ouest et même au nord-ouest. Vers les 1 1 heures, le temps se couvrit et menaça de devenir mauvais; toute la ligne ennemie appareilla et s'éleva à quatre lieues dans l'ouest, en laissant seulement au mouillage une frégate et trois bricks. Mais h 4 heures les apparences de mauvais temps s'étant dissipées, ils vinrent reprendre leur poste ordinaire; à 7 heures, ils étaient tous à l'ancre.

J'ai fait partir cette nuit, pour Calais, cinq transports tirant 8 pieds d'eau et au deh^, sous l'escorte de trois canonnières. Ce convoi avait doublé le Gris-Nex à midi ; les ennemis en ayant eu connaissance, ont détaché une frégate et quati*e bricks à sa poursuite, mais j*ai lieu de croire que nos bâtiments sont maintenant amvés devant Calais. Notre ligne est toujours de la même force, les vents sont très faibles et varient continuellement.

J'ai l'honneur de vous saluer respectueusement.

E. Bruix.

Mathias Lafond, officier de la Légion d'honneur, chef de l'Êtat-major général de la flottille impériale, à Son Excellence le Ministre de la marine et des colonies (2).

A Boulogne, le 26 fmctidor an xu de la République (13 septembre 1804).

Monseigneiu-,

Los vents sont sud-ouest joli frais, temps beau.

Ce matin l'amiral a fait évoluer deux divisions de bateaux de 1 '• espèce ; ces

(1) Archives de la Marine, BB"^, 188.

(2) Archives de la Marine, campagne 1804. BBi^, 190. — Flottille nationale.

dÎTisions ont prolongé leurs bordées jusqu'A trois quarts de portée de canon du mouillage de Tescadre ennemie, qui a sur-le-champ mis sous Toiles et s'est mise à louToyer pour gagner dans le Tent, nos b&timents n'en ont pas moins continué leurs manœuvres et il s'est échangé quelques coups de canon de part et d'autre.

Ait heures, l'ennemi étant à quatre lieues dans l'ouest-nord-ouest, l'amiral a ordonné à nos b&timents de reprendre leur poste dans la ligne.

Le Tent augmente, le bai*omètre descend, et il y a apparence de mauvais temps.

Notre ligne est encore bien formée et l'ennemi disparaît.

Ci-joint l'ordre du jour.

J'ai l'honneur d'être, etc. Lafono.

£. Bruix, conseiller d'État, colonel général et inspecteur des côtes de l'Océan, chef de la 13* cohorte de la Légion d'honneur, amiral de la Hottille impériale, à Son Excellence le Ministre de la marine et des colonies (1).

Boulogne, le 28 fnietiâor an six (15 septembre 1804).

Monseigneur,

J'ai l'honneur de tous rendre compte qu'hier le beau temps s'étant maintenu malgré les apparences de la Teille, j'ai envoyé en rade les péniches et les bateaux qui étaient rentrés aTant-hier au soir.

Ce matin la mer était couTerte de brume et il faisait calme; à 9 heures, il s'est élevé une petite fraîcheur du sud-sud-est qui m'a permis de faire appareiller la 4* division de chaloupes canonnières, les péniches à obusiers prussiens, et deux autres divisions de péniches.

Pendant que ces bâtiments exécutaient différentes évolutions, im nuage de brume lès a couverts, et les vents, qui tout à coup ont passé au nord, rendaient leur position critique. J'ai expédié plusieurs officiers de mon état-major dans des canots pour porter à ces divisions l'ordre de mouiller oik ils se trouvaient; mais avant que cet ordre ne leur fut parvenu, une éclaircie me permit de leur faire des signaux et je leur ai ordonné de revenir dans la ligne.

La ligne ennemie est forte de 2 vaisseaux, 2 frégates, 15 correttes et 2 bricks ; ils sont tous à l'ancre.

J'ai l'honneur de tous saluer respectueusement.

E. Bruix.

£. Bruix, conseiller d'État, colonel général et inspecteur des côtes de l'Océan, chef de la 13^ cohorte de la Légion d'honneur, amiral de la flottille impériale, à Son Excellence le Ministre de la marine et des colonies (2).

Boulogne, le 30 fractidor an xii (17 septembre 1804).

Notre ligne embossée sur la rade est toujours de la même force et en ti-ès

(1) Archives de la Marine, BB»^, 188.

{l) Archives de la Manne, BB«v, iss.

bon ordre. Les Anglais sont t5 au mouillage, dont 3 vaisseaux de ligne, 3 frégates, 13 correttes à trois mâts et le reste bricks et cutters. U y eut un calme absolu, beaucoup de brume et une forte houle de Fouest, hier tout le jour. La chaleur fiit très grande et n*a été tempérée que le soir par une petite brise qui s'est élevée de la partie de Test.

Dans la nuit, les Tents ont passé au nord, et ce matin, après le coup de pleine mer, ils ont beaucoup fraîchi; le temps s'est couvert; il menace de quelque forte rafale. Mais le baromètre ne baissant pas, j'ai Tespoir de ne pas faire rentrer aujourd'hui la flottille.

Le contre-amiral Magon a dû partir aujourd'hui de Dunkerque, avec la portion de flottille qui est chargée de le conduire à Calais.

Trois canonnières qui avaient escorté des transports d'ici à Calais, ainsi que trois bateaux canonniers précédemment rel&chés à Gravelines, doivent être en route pour Boulogne.

J'ai l'honneur de vous saluer respectueusement.

E. Bruix.

£. Bruix, oonaeiller cTÉtat, colonel général et inspecteur des côtes de l'Océan, chef de la 13^ cohorte de la Légion dChonneur, amiral de la Hottille impériale, à Son Excellence le Ministre de la marine et des colonies (1).

Boulogne, le 3* Joar eomplômentairc an xn (tO septembre 1804).

Monseigneur,

Malgré le peu de sûreté du temps, f avais laissé jusqu'ici deux divisions de canonnières sur la rade, mais les vents d'ouest continuant à fraîchir, et toutes les apparences me faisant craindre un coup de vent, l'éloignement de l'ennemi m'a enfin décidé h les faii'e rentrer : elles ont exécuté ce mouvement à midi.

Tous les b&timents qui doivent former la nouvelle ligne d'embossage, sont prêts à soi*tir au premier signal.

J'ai rhonneur de vous saluer respectueusement.

E. Bruix

Mathias Lafond, officier de la Légion d'honneur, chef de l'état-major général de la flottille impériale, à son Excellence le Ministre de la marine et des colonies (2).

A Booiogne, le 3* jour complémentaire an xii de la République (20 septembre 1804).

Monseigneur,

Les vents ont passé à Touest-nord-ouest bon frais.

Les ennemis sont entièrement disparus et tous les bâtiments de la flottille qui étaient restés embossés sont rentrés dam le port.

(1) Archives de la Marine, BBi^, 188.

(?) Archives de la Marine, campagne 1804. BBrr, 190. — Flottille nationale.

J'ai Thonneur de tous adresser, ci-joint, l'état des bâtiments Tenant de Calais, entrés à Boulogne à la marée de ce matin.

J'ai rhonneur d'être, de Votre Excellence,

le très humble et très obéissant serriteur.

Lafond.

La sortie suivante fut marquée par une sérieuse tentative des Anglais pour détruire la flottille.

Un plan, dit W. James, fut soumis au gouvernement et agréé pour détruire les navires français au mouillage, cela au moyen de brûlots d'un type nouveau ou plutôt rajeuni. C'était un coffre de 21 pieds de longueur, 3 ou 4 de largeur, ressemblant à un bloc d'acajou, sauf que les extrémités étaient en coin. L'extérieur, recouvert de toile peinte à la poix chaude, était formé de planches plombées, calfatées et goudronnées. Le poids total était de 2 tonnes.. Le contenu consistait : en lest destiné à maintenir le dessus du coffre au niveau de l'eau, 40 tonneaux de poudre et autres matières inflammables avec un mou> vement d'horlogerie qui permettait, au moyen d'une gâchette extérieure, de déterminer l'explosion six à dix minutes après qu'il avait été armé. Ce CataiTiaran^ tel était le nom dé l'appareil, n'avait pas de mâts et devait être remorqué au point voulu. Du côté opposé à la ligne de remorque était une SDrte de grappin en fer maintenu à la surface par des bouchons et destiné à s'accrocher au câble d'ancre du navire à détruire, afin que le coffire vint bord h bord.

La présence de 150 bâtiments, mouillés sur deux lignes en rade de Boulogne, semblait favoriser l'emploi de ces ipachines très vantées. En conséquence, le 1'' octobre au matin, l'amiral Keith avec le Monarch^ de 74, 3 vaisseaux de 64, 2 de 50 et plusieurs frégates, sloops, bombardes, bricks canonniers, cutters et brûlots vint mouiller à cinq milles de la ligne d'embossage de Boulogne. Pendant la journée, le Monarch, accompagné de 3 frégates et autres petits navires, mit à la voile et vint jeter l'ancre juste hors de portée de canon de la flottille et des batteries. Ce mouvement, joint aux renseignements de leurs espions, ne laissa plus de doute aux Français sur la nature de l'attaque qui se préparait. Toutes les mesures de défense avaient déjà été prises par le contre-amiral Lacrosse, qui avait son pavillon & bord de la prame Vilte-de- Mayence, au centre de la ligne. Vers le soir, l'amiral français envoya plusieurs bateaux canonniers et des canots armés en avant de la ligne, pour prévenir de l'approche de l'ennemi et, si possible, arrêter et détourner les brûlots. A terre, les batteries étaient prêtes et de nombreuses troupes avec des canons de campagne étaient le long de la côte.

Le 2 octobre, à 9 h. 15 du soir, les quatre brûlots Amity^ Devonshire, Peggy et Providence^ remorqués par des canots armés, se mirent en mouvement. Moins d'un quart d'heure après, leur approche étiit signalée par les vedettes françaises qui se doutèrent, à ce qu'on ne répondait pas à leur feu, quelle espèce de bâtiments s'avançait rapidement contre eux à la faveur du vent et de la marée. Une escarmouche eut lieu entre les canots anglais et les canonnières françaises et les premiers ayant remorqué les brûlots à bonne distance

et enflammé les fusées laissèrent au courant le soin de faire le reste et retournèrent aux navires.

Lorsque les brûlots approchèrent de la gauche de la ligne française, celle-ci tenta de les couler à coups de canon, mais inutilement. La Providence passant entre les chaloupes n<** 149 et 14Î, qui étaient en deuxième ligne, fit explosion à 10 h. 15, blessant deux hommes sur le second de ces bâtiments. L'explosion fit un bruit terrible qui causa une grande alarme parmi ceux qui faisaient partie de la ligne d'embossage, ainsi que parmi les spectateurs qui étaient sur la cMe, mais il ne parait pas qu'il y ait eu d'autre effet que ce qui Tient d'être dit.

Vingt minutes après, la Peggy^ après avoir traversé la ligne dans un intervalle qui lui fut ménagé à propos, fit explosion en arrière avec aussi peu d'effet que le premier brûlot, car un officier et deux hommes seulement furent blessés. Le Devonshire éclata à i heure du matin, blessant deux hommes. VAmity était dirigée sur la prame amiral YUle-de-Mayence^ mais celle-ci coupa ses câbles et échappa. L'explosion fut encore plus inoffensive que les trois premières.

Quatre ou cinq des catamarans éclatèrent aussi, le dernier à 3 h. 30 du matin. Un seul, par un hasard inattendu, semble avoir causé quelques dég&ts.

D'après la version française, un bateau anglais après avoir remorqué un catamaran fut abandonné par son équipage, mais avec une voile tendue. S'il en fut ainsi, ce fut sans doute une ruse, et les Anglais passèi*ent sur un autre bateau à l'approche d'une canonnière. La lettre de lord Keith ne donnant aucun détail à ce sujet, il faut avoir recours à la version française. La péniche n® 267 accosta le canot abandonné et y fit passer 27 marins ou soldats, mais, à ce moment, le catamaran fit explosion et détruisit la péniche avec l'officier et les 13 hommes restés à bord. Ceux qui montaient le canot capturé entrèrent à Wimereux.

La perte dés Français fut donc en tout de 14 tués et 7 blessés; celle des Anglais fut nulle (I).

Mathias Lafond, offlchr de la Légion d'honneur, chef de PétaUmajor général de la HoWlIe impériale, k Son Excellence le Ministre de la marine et des colonies (2).

A Boalogno, le 10 Tendémiaire an xiu de la République

(2oetobre 1804).

Monseigneur,

Les vents sont variables du sud-sud-ouest au nord-nord-ouest petit frais, le temps nébuleux, la mer belle.

(1) Annual Regisler. 3 octobre 1804.

Arrivé le l*' devant la rade où mouillaient environ 150 navires ennemis, je résolus

d'essayer sur une petite échelle notre nouveau procédé d'attaque L'opération commença à 9 h. 15, hier soir, et s'est terminée ce matin à 4 h. 15. Pendant ce laps de temps, plusieurs bâtiments firent explosion tout près de la flottille, mais grâce aux grands intervalles qui sc^paraient les navires français, ils souffrirent peu, bien qu'il y eut une grande confusion et que, ce matin, deux bricks et plusieurs petits bâtiments paraissent manquer Signé : KBrrH.

(î) Archives de la Marine, campagne 1801. BB»', 190. — Flottille nationale.

Notre ligne d'embossage est bien formée, elle sera augmentée cette nuit, à la marée, de la canonnière n* 16, portant 2 canons de 24 et 2 canons de 18, et de 3 bateaux bombardes. Elle sera alors composée de :

40 bateaux de 1'* espèce ; 39 bateaux de 2^ espèce ;

6 bateaux bombardes ;

2 b&timents bombardes; 36 péniches;

i prame.

Total: 130 bâtiments.

La division ennemie est mouillée en ligne depuis Étaples jusqu^à Ambleteuse; elle est forte de :

6 Taisseaux;

5 frégates; 15 correttes ou bombardes;

9 bricks;

8 lougres; 11 cutters.

Total : 54

Dans le nombre des cutters, il y en a de très petits, comme ceux qui sont attachés ordinairement aux douanes. Je présume que ce sont des brûlots; dans tous les cas les précautions nécessaires sont prises pour les détourner.

Ci-joint Tordre du Jour.

J'ai Fhonneur d'être, de Votre Excellence,

le très humble et très obéissant serviteur.

Lafond*

£. Bruix, conaeillôr d'État, amiral de la Hottille nationale, à Son Excel lenoe le Ministre de la marine et des colonies (i).

Boulogne, le 1 1 Tendémiaire an xm de la République

(3 octobre 1804).

Monseigneur,

J'ai l'honneur de tous rendre compte que cette nuit les ennemis ont fait une tentatiie pour incendier, au moyen d'un grand nombre de brûlots, les bâtiments qui composent notre ligne d'embossage, mais leur projet a échoué.

Depuis deux ou trois jours, ils avaient considérablement renforcé leur station ; hier, elle était composée de 52 bâtiments, dont 25 étaient des bricks de très peu d'apparence ou de très petits cutters, ce qui me fit soupçonner que ce pouvait être des brûlots, et que nous ne tarderions pas à être attaqués.

Je fus confirmé dans cette opinion, lorsque dans le courant de .la journée, je vis i vaisseau, 3 frégates, 2 bricks et plusieurs cutters prendre position dans

(!) Archives nationales^ carton APi^, 1203. — Marine, colonies, flottilles, an xii et an XIV.

le sud-ouest, à une lieue et demie au vent du dernier bâtiment de notre gauche.

Toutes les circonstflnces leur étaient faTorables pour une entreprise de cette espèce ; une forte brise de Touest-sud-ouest se combinait aTec la rapidité des courants de pleine lune, et leur donnait une grande facilité pour diriger les brûlots sur nous.

Je fis donc mes dispositions en conséquence ; J'ordonnai au chef militaire d'établir des barrages en avant de notre ligne, à la droite, à la gauche et au centre. Je donnai des ordres précis et détaillés au contre-amiral Lacrosse, qui commandait la rade, je mis à sa disposition un grand nombre de canots bien armés qui, de concert avec les péniches à obusiers prussiens, devaient détourner les brâlots. Le général Lacrosse, d*nprès ce que je lut avais prescrit, assembla tous les capitaines de la ligne, et fit connaître à chacun les manœuvres que je leur prescrivais dans les divers cas qui pourraient se présenter.

L'attaque commença, effectivement, à 10 h. 1/2; je fus averti des approches de Tennemi par une vive fusillade qui s'engagea entre nos vedettes et leurs péniches. Ils détachèrent sur tout le front de notre ligne plusieurs brûlots qu'ils dirigeaient ayec leurs embarcations jusqu'à une certaine distance, et lorsqu'ils les eurent abandonnés, le vent et les courants achevèrent de les porter sur nous ; mais alors nos bâtiments leur ouvrirent un passage, et ils ont presque tous éclaté en dedans de la ligne, très près du rivage.. Onze d'entre eux ont sauté depuis 10 heures du soir jusqu'à 4 heures du matin, dans l'intervalle compris entre le fort de l'Heurt et Wimereux; deux autres dont les mèches s'étaient éteintes, ont été trouvés échoués entre Wimereux et Ambleteuse, très près de ce dernier port.

Nous n^avons perdu qu'une péniche à obusiers prussiens, le n<> 267, dont le capitaine, apercevant un brûlot qui paraissait conduit par un canot à la voile, ordonna aussitôt l'abordage; on sauta d'abord dans le canot, où Ton ne trouva personne; mais à peine eut-on approché du brûlot qu'il éclata. La péniche fut engloutie par l'effet de cette explosion; 7 hommes seulement se sauvèrent à Wimereu& dans le canot anglais; nous avons perdu 2 officiers, 25 soldats et 14 marins. Il n'y a eu que 6 hommes blessés sur tout le reste de la ligne, et nous n'avons essuyé d'autre avarie qu'un mât de beaupré cassé par un abordage. Je n'ai aucune donnée certaine sur le mal que nous avons fait à l'ennemi, mais plusieurs circonstances me font penser qu'il a été maltraité; quelques officiers de la rade m'assurent qu'ils ont vu couler deux de leurs canots.

Nos canonnières ont fait un feu d'artillerie très vif sur quelques bâtiments de guerre anglais placés en arrière de leurs brûlots et chargés de les protéger. La fusillade n'a point cessé de toute la nuit, elle s'engageait successivement et sans relâche sur les divers points de la ligne ; elle était si bien dirigée que les canots ennemis chargés de conduire les brûlots se hâtaient de les abandonner à une grande distance de nous.

Les officiers de mon état-major m'ont rendu compte que malgré la profonde obscurité de la nuit et malgré les manœuvies fréquentes et précipitées que nos bâtiments ont dû faire, ces mouvements se sont néanmoins exécutés avec un ordre et une précision qui ont prévenu toute méprise.

Je dois des éloges à la conduite du général Lacrosse, pour la ponctualité avec laquelle il a exécuté mes ordres et pour toutes les dispositions qu'il a luimême prescrites dans les circonstances inattendues. Les officiers commandant

les divers bâtiments ont également montré de Tintelligence et du sang-froid. Je ne puis asses me louer du courage et du bon esprit dont les marins et les militaires embarqués ont fait preuve ; tous se portaient aux manœuvres avec empressement et avec joie ; c'était pour eux une fête, et chaque fois qu'il éclatait un brûlot, la rade retentissait des cris de : « Vive V Empereur I Vive Napih iéon! n.

Plusieurs canonnières avaient Dlé leurs câbles pour faire passage aux brûlots ; plusieurs autres avaient mis sous voiles, mais je leur ai fait porter Tordre d'employer tous leurs efforts pour reprendre leur poste. Je craignais que les ennemis ne s'imaginassent que nous avions souffert s'ils avaient aperçu parmi nos bâtiments la moindre apparence de confusion. Mes intentions ont été ponctuellement remplies, et, à la pointe du jour, notre ligne était formée avec la plus grande régularité.

Les ennemis ont employé des brûlots de trois espèces différentes : les premiers sont des sloops, des cutters ou autres mauvais bâtiments ; les seconds sont une espèce de coffk*e, long de 20 pieds et large de 3, qui n'a point de mâture, et dont le peu d'élévation au-dessus de l'eau le rend très difficile à apercevoir pendant la nuit ; la troisième espèce, enHn, consiste en un baril rempli d'artifice posé verticalement et qui, à l'aide d'une mécanique, s'enflamme aussitôt que le brûlot heurte un corps qui lui résiste.

Ces bi-ûlots étaient remplis de différentes sortes d'artifices, ils lançaient une grande quantité de morceaux de bois creusés et chargés d'une composition inflammable qui s'allumait par le moyen d'une mèche semblable à celle des bombes ; mais il [Mirait que leur effet n'était pas bien calculé, car ils n'ont pu faire aucun mol.

Cet événement, loin d'avoir eu les résultats dont les ennemis s'étaient flattés, n'a servi qu'à manifester le courage, le dévouement et la confiance des militaires et des marins, ainsi que l'excellent ordre établi pour la surveillance de la ville et du port ; tout le monde y était k son poste, les pompes étaient préparées, toutes les précautions étaient prises ; pendant la nuit, des rondes s'y sont faites avec le calme et la tranquillité accoutumés, et jamais il n'y a régné plus de sécurité.

Ce matin, les bâtiments ennemis détachés dans le sud-ouest ont rallié le gros de la station. A 10 heures, les vents ont commencé â souffler grand frais de l'ouest sud-ouest ; tout annonce le mauvais temps. A 2 heures, les Anglais ont mis sous voiles et paraissaient manœuvrer pour prendre le large. J'ai ordonné aux péniches de notre ligne de rentrer dans le port ; je serai peut-être forcé de faire rentrer successivement les bateaux plats et les canonnières.

Les vents contraires ont empêché jusqu'à ce jour les prames qui sont à Calais de venir à Boulogne.

J*ai l'honneur de vous saluer respectueusement.

E. Bruix.

Au yice^amiral Decrès (1).

Trêves, le 14 vendémiaire an xiu (6 octobre 1804). J'ai reçu une relation de Boulogne qui m'a fait grand plaisir. H est arrivé

(1) Correspondance de Napoléon^ 8093.

m PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE V.

aux brûlots de lord Keith ce qui arrÎTe toujours : ils ont suifi le courant et

la marée et sont allés à la côte.

Cela me confirme dans mon opinion que des brûlots peuvent faire sauter

une ou deux chaloupes canonnières et rien de plus ; à moins que Ton n*ait la

sottise de se laisser échouer, on se rencontrerait avec les brûlots à terre. Les

brûlots seraient U^ dangereux pour nous s'ils pouvaient pénétrer dans

le port.

Napoléon.

A rtaniràl Bruix, commandant /a Hottille de Boulogne (1).

TrèTet, le 15 Teodémiaire an xm (7 octobre 1804).

Monsieur Tamiral Bruix, j'ai lu avec grand plaisir le détail des événements qui ont eu lieu, et qui, par les bonnes dispositions que vous avez faites, ont tourné à la honte des Anglais.

Les bâtiments du Havre ont bien de la peine à arriver ; j*espère qu'il soufflera enfin quelques vents du sud et que je trouverai la flottille complète à mon

arrivée.

Napoléon.

La rentrée au port, effectuée le 5, après moins de quatre jours de station en rade, fut fertile en incidents. L'influence de la saison commençait déjà à se faire sentir.

MathiAB Lafond, officier de la Légion d'honneur, chef de /'état-major général de la flottille impériale, à Son Excellence le Ministre de la marine et des colon';es (2).

Boulogne, le 13 Tendémiaire an xni de la République

(5 octobre 1804).

Monseigneur,

Les vents sont du sud-sud-ouest ou ouest, grand Irais, le temps par grains, la mer très houleuse ; tous les bâtiments composant la ligne d'embossage sont rentrés dans le port, à Teiception de 22 canonnières, 5 bateaux de 2* espèce et 2 péniches qui ont relâché à Wimereux et Vi canonnières, 3 bateaux de 2* espèce et 9 péniches qui ont été forcés d'aller relâcher à Calais.

Une division est partie du Havre le 11 au soir, composée de 27 canonnières, 9 bateaux de 2* espèce et 21 péniches et 2 transports. Tous sont arrivés â Boulogne, à l'exception des 9 bateaux de 2* espèce qui ont relâché à Dieppe.

11 n'y a plus d'ennemis en vue, ils ont fait route pour l'Angleterre. Demain, j'aurai l'honneur de vous adresser les numéros des bâtiments arrivés. J'ai l'honneur d'être, de Votre Excellence,

le très humble et très obéissant serviteur.

Lafond.

(1) Correspondance de Napoléon, 8108.

(2) Archives de la Marine^ campagne 1804. BBi^, 190. — Flottille nationale.

A BOULOONB, DU !*>' MAI AU i^' NOVEMBRE. 143

A partir de ce moment, la mer devenant tout à fait dangereuse, Teffectif de la ligne d*embossage est considérablement réduit. La durée du mouillage diminue également.

Mathias Lafond, officier de la LAgion d'honneur, chef de l'état-major général de la flottille impériale, à Son Excellence le Minietre de la marine et dee colonies (1).

A Boulogne, le 2 bnimaire an xm de la République

(24 octobre 1804).

Monseigneur,

Il est anÎTé cette nuit, en rade de Boulogne, 3 prames, i cor?ette canonnière, 5 bateaux de 1** espèce, 5 de 2^, 8 péniches et 3 transports.

Ces bâtiments ont soutenu un combat, sous le cap Gris-Nex, atec une diTÎsion anglaise composée de 7 bâtiments, au nombre desquels se trouvaienl 2 frégates ; nous avons eu 5 hommes de blessés dans cet engagement.

Les Tents sont est-sud-est, joli frais, temps beau ; notre ligne d'embossage est composée de :

1 prame ;

2 bombardes ;

27 bateaux de i** espèce ; 27 — 2« —

36 péniches.

Total : 93

La division ennemie est mouillée en partie et composée de :

1 vaisseau ;

3 frégates ;

8 grosses corvettes ou bombardes ;

2 corvettes ; 2 cutters.

Demain, j'aurai Thonneur de vous adresser les numéros des bâtiments dont je viens de vous annoncer l'arrivée.

Ci-joint Tordre du jour.

J'ai rhonneur d'être, de Votre Excellence,

le très humble et très obéissant serviteur.

Lafond.

Le jour même les bâtiments à Tancre rentraient au port, mais pour ressortir le lendemain.

(1) Archives de la MuLrine, campagne 1804. BB>v, 190. — Flottille nationale.

Màthias Lafond, officier de la Légion d'honneur, chef de l'àtaUmajor général de la flottille impériale, à Son Excellence le Ministre de la marine et des colonies (1).

A Boulogne, le 3 bnimiire an xni de la République

(25 oetobn 1804).

Monseigneur,

Hier au soir, les Tents étant passés au nord>nord-est avec apparence de mauvais temps, Tamiral fit le signal aux bâtiments qui composaient la ligne d^embossage de rentrer dans le port.

Aujourd'hui, les vents sont sud et sud-sud-est, petit frais, beau temps. L'amiral vient de donner Tordre aux bâtiments de la ligne rentrés hier, de se disposer à aller la reformer en rade ; elle sera composée de :

4 prame ; Î7 bateaux de !*• espèce ; $7 — $• —

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