péniches
3 bateaux bombardes ;
1 sloop bombarde.
Total : 95 bâtiments.
L'ennemi est au mouillage à trois lieues de distance dans le nord-ouest, au nombre de :
2 vaisseaux ; 2 frégates ;
6 corvettes ou bombardes ; 6 bricks.
Total : 16
J'ai l'honneur d'adresser ci-Joint, à Votre Excellence, l'état des bâtiments arrivés hier de Calais, et l'état de situation général des bâtiments existant dans les ports de réunion à l'époque du 1"' de ce mois, et la répartition de la flottille en escadrilles. Ci-joint l'ordre du Jour.
J'ai l'honneur d'être, de Votre Excellence,
le très humble et très obéissant serviteur.
Lafond.
Mathias Lafond, officier de la Légion d'honneur, chef de l'état^major général de la flottille impériale, à Son Excellence le Ministre de la marine et des cojonies (1).
A Boulogne, le 9 brumaire an xni de la République
(31 octobre 1804).
Monseigneur,
Les vents sont ouest, grand frais, la mer houleuse avec apparence de mauvais temps ; la division ennemie a fiiit route pour l'Angleterre.
(1) Archives de la Marine, campagne 1804 BB«\ 190. — Flottille nationale. (1) Archives de la Afartwe,. campagne J804. BB«v, 190. — Flottille nationale.
- Les bâtiments qui composaient notre ligne d'embossage sont rentrés dans le port.
' J*ai llionneur d'être, Monseigneur, de Votre Excellence, le très humble et très obéissant serviteur.
Lafond.
• U a paru utile, malgré la longueur et la monotonie de cet exposé des mouvements de la flottille, de le reproduire in extenso y car les conclusions à en tirer au sujet de la valeur marine et militaire de la flottille, des qualités du port et de la rade de Boulogne sont nombreuses et instructives.
La période comprise entre le 1®' novembre 1803 et le 1®' mai 1804 a permis de conclure à la matérielle impossibilité de tenter une grande expédition pendant cette saison. Celle qui vient d'être étudiée ferme le cycle annuel complet ; les eflectifs disponibles sont tout près d'avoir pris leur valeur définitive ; on peut donc, au moyen d'un rapide résumé, se rendre compte des chances de succès de l'expédition au point de vue purement matériel.
Du 1" mai au l*' novembre, c'est-à-dire en 185 jours, il y avait eu 13 sorties de la flottille. Sept fois, la rentrée au port avait été marquée par des incidents plus ou moins graves. Le mouillage avait été tenu pendant 75 jours environ ; mais pendant 60 seulement, si l'on prend le total des journées pendant lesquelles on n'avait pas été forcé de faire rentrer des fractions de bâtiments particulièrement exposés, tels que les péniches. Quatre fois on avait pu tenir sans incident six à sept jours de suite en rade, et trois fois on était arrivé à des effectifs dépassant 150 bâtiments à l'ancre. Mais les trois fois aussi il y avait eu, au moment de la rentrée, dispersion d'une partie de la flottille ou accidents.
Jamais, en une fois, on n'avait fait sortir plus de 100 navires ; jamais il n'en était rentré en une fois plus de ce nombre et, en général, il en rentrait moins.
Cependant, il n'est pas douteux que l'été présentait, à l'emploi d'une grande flottille, des chances bien plus favorables que l'hiver, par suite de la plus grande durée habituelle du mouillage. U ne faut pas méconnaître néanmoins le terrible danger auquel auraient été exposés les bâtiments dès
que le nombre de ceux qui auraient été mis au mouillage IV. 10
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serait devenu considérable. Un coup de vent de Fouest soufflant sur 700 à 800 bâtiments embossés à Boulogne, c'était la destruction presque totale, à partir du moment surtout où les ports voisins devaient eux aussi se trouver encombrés.
Quant à la valeur militaire de la flottille, au travers des contradictions et des obscurités des divers récits, on peut discerner qu'elle n'avait pas varié : assez sérieuse dans la défensive avec Fappui des batteries de côtes fixes ou mobiles, elle était restée nulle au point de vue offensif.