‹ 1793-1805 (volume 4)Chapitre 37 sur 65 · IV · texte numérisé non relu

IV

lorsqu'on se décidera à désanner la pï^sque totalité de la flottille de rOcéan, promettra- t-on à Ganteaume de lui procurer quelques marins au moyen de cette ressource.

Le Ministre de là marine au Préfet maritime de Brest (\).

Pèxib, le 13 Tendéiniaire an xin (3 octobre 1804). Monsieur,

Sa Migesté youlant pourvoir à Tarmement de plusieurs transports, que l'amiral Ganteaume a jugé propres à concourir aux opérations dont il est chargé et qui devront être installés en écuries, et reconnaissant la difficulté de former les équipages de ces bâtiments, vient de décider que les 29 chaloupes canonnières n~ 171, 173, 177, 169, 174, 183, 184, 185, 186, 187, 188, 189, 190, 191, 192, 193, 194, 175, 176, 91, 92, 165, 166, 167, 468, 170, 172, 178, 181, qui se trouvent depuis Lorient jusqu'à Brest, seront désarmées aussitôt même de leur arrivée au port de Brest, et que leurs équipages seront destinés à la flotte et aux transports sous les ordres de Tamiral. Ceux de c«s bâtiments qui se trouvent à Lorient n'en sortiront pas et y seront désarmés pour que leurs équipages forment celui du vaisseau VA IgésiraSy mais tous ceux qui ont dépassé Lorient seront désarmés à Brest. Tous les agrès de ces bâtiments devront être mis, pour leur conservation, dans des magasins particuliers, prêts à être rembarques à bord à mesure que, par Teffet des levées, il sera possible de réarmer chacun d'eux et de les expédier successivement pour Boulogne par sections de 3, 6, ou 9. Les commandants de ces bâtiments resteront donc chargés de leur conservation et de leur entretien pour être à chaque instant prêts à les réarmer. Un officier supérieur, un officier du génie maritime et un officier d'administration en seront chargés supérieurement et seront responsables de leur situation et de la conservation de leurs agrès. Ces bâtiments seront tous remis dans un local du port que vous me désignerez et qui sera choisi le plus près possible du lieu où seront déposés leurs agrès. Il me sera rendu compte tous les huit jours de la situation dans laquelle se trouvent ces bâtimenU, tant au pei*sonneI qu'au matériel.

Les mêmes mesures de désarmement, de conservation et autres, ci-dessus mentionnées, seront prises à l'égard des 41 bateaux canonniers, n®* 278, 279, 280, 281, 282, 283, 284, 285, 289, 290, 291, 292, 302, 303, 304, 277, 286, 287, 288, 308, 311, 321, 322, 305, 309, 310, 312, 315, 316, 294, 295, 296, 297, 298, 300, 301, 325, 326, 301, 307, 270.

Les mêmes mesures encore seront prises à l'égard des 20 péniches dont suivent les n« bis 386, 387, 395, 398, 345, 349, 360, 361, 362, 363, 368, 369, 370, 371, 377, 378, 383, 384, 388, 394.

L'intention de Sa Majesté est que les garnisons de ces bâtiments soient

(1) Archives de la Marine, — Bureau des ports, flottille. — Années xiu et xiv, volume BB", 102. Cette lettre est écrite en exécution des ordres de l'Empereur datés du 29 septembre, n« 8064.

remises au département de la guerre pour faire partie du camp ou suivre toute autre destination qui leur sera donnée par le Ministre.

Tous les autres bâtiments de la flottille non mentionnés ci-dessus devront se hâter de se rendre à Boulogne, et je ne puis trop tous presser de concourir en tout ce qui pourra dépendre de vous à accélérer leur départ.

Uàmiràl Qanteaume au Ministre de la marine (i).

Rade de Brest, à bord da vaisseau V Impérial, le 11 vendémaire an xiii (3 oet. 1804).

Monseigneur,

J'ai rhonneur d'adresser à Votre Excellence les états généraux de la situa^ tion de Tarmée navale. Votre Excellence y verra que les équipages des vaisseaux présentaient à Tépoque du 5 vendémiaire (27 septembre) courant, un déficit de 1730 hommes.

Elle y verra également, qu'à la même époque, le 15* et le 37* régiments fournissaient pour les garnisons : le premier, 4459 hommes, et l'autre 1049 hommes.

Mais, depuis ce moment, le débarquement de deux compagnies de grenadiers a diminué de 200 hommes les troupes de ce régiment, en sorte que la totalité des troupes présentement embarquées est seulement de 2,308 hommes. Votre Excellence a été instruite par la lettre que je lui ai précédemment adressée, du débarquement provisoire de quatre compagnies du 37* régiment, pour le service des batteries de Bertheaume et de Gamaret. Cette mesure nécessaire étant particulièrement commandée par la présence continuelle de l'ennemi, les frégates qui mouilleraient en dedans de la Parquette n'auraient pas manqué de s'apercevoir ou d'être averties de l'évacuation des batteries, et peut-être y auraient-elles envoyé des canons {iic). On doit se rappeler que naguère, quelques frégates ennemies qui se tenaient daiis la même position, firent enlever les signaux du port de Kréaumo.

Je suis avec respect. Monseigneur,

Votre très humble et très obéissant serviteur.

Ganteaume.

Bans de pareilles conditions, Tarmée navale de Brest ne peut jouer et ne joue qu'un rôle tout à fait effacé pendant Tété 1804.

Dès le 22 juin, Ganteaume a annoncé son intention de sortir avec 7 vaisseaux, pour aider la flottille d'Audieme à entrer dans Tlroise (2). Mais, au 10 juillet, il n'a pas encore

(1) Archives de la Marine, BB^r, to6.

(2) Voir ci-dessus la lettre de Donzelot, chef d'état- major du maréchal Âugereaa, du It juin {Archives de la Guerre).

bougé, malgré l'appui que les batteries de terre pourraient lui donner en cas d'attaque.

Le général de brigade DonzeloU chef de l'étaUmajor général, au général en chef Augereau, maréchal de l'Empire,

Au quartier général de Brest, le 21 messidor an xu (10 juillet 1804).

Mon Général,

Je TOUS ai rendu compte que Famiral Ganteaume se disposait à sortir a^ec une division de 7 vaisseaux et quelques frégates pour croiser dans i'Iroise, en ayant de Brest. J'ai cru devoir, en conséquence, prendre quelques mesures pour être à même de protéger cette division dans le cas où Tennemi se présenterait pour Tattaquer. Des canonniers ont été envoyés dans toutes les batteries principales, attendu que n'étant servies que par des canonniers gardes-côtes, elles avaient besoin de l'être par de plus expérimentés.

La péninsule de Quélern méritait une attention particulière : j'y ai fait camper derrière les lignes le i*' bataillon du 16* régiment d'infanterie légère, qui était dans les environs.

Nous sommes donc en mesure. Je ne pense pas d'ailleurs que la division de l'escadre attende un engagement dans sa croisière ; elle rentrera sans doute si l'ennemi se présente. 11 tient toujours de 20 à 25 vaisseaux en vue avec des frégates et corvettes.

Ces jours passés, quelques-unes des nôtres sont sorties. Une s'est approchée de l'avant-garde ennemie qui était à l'ancre, et qui n'a fait aucun mouvement dans l'intention de la laisser arriver davantage. Ces frégates sont rentrées après leur découverte.

130 sapeurs sont arrivés venant de Juliers. Ce sont des conscrits la plupart piémontais. Je les envoie avec les deux compagnies à Lesneven pour y être réunis et exercés.

Le général Desjardin est venu passer quelques jours à Brest avec sa femme. 11 me charge de le rappeler à votre souvenir.

Il y a longtemps que je n'ai reçu de vos lettres; je vous prie de me donner un peu plus souvent de vos nouvelles. Vous connaisses, mon cher Général, tout le plaisir et le besoin que j'ai à en recevoir.

On dit que vous a\ez donné une fête magnifique à l'Empereur.

Je vous renouvelle mon respectueux attachement.

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