ORDRE DU JOUR
Le Maréchal de TEmpire, commandant en chef le camp de Bruges, annonce
à Tarmée, avec une nouvelle satisfaction, un nouveau succès, Tarrivée de 26 bateaux canonniers de la flottille batave qui, ayant appareillé le 4 messidor, à 3 heures après-midi, de la rade de Flessingiie, à la vue de 23 bâtiments anglais, la plupart de frégates et vaisseaux de ligne, ont formé leur ligne de bataille parallèlement à la côte et soutenu un combat l>ord à bord jusqu'à leur mouillage sur la rade d'Ostende, à 9 heures du soir.
Nos braves alliés ont encore mérité dans cette circonstance l'estime et la confiance de Tarmée. Le feu de l'ennemi a été très vif. Il est juste de dire que les bateaux canonniers, plus éloignés de la côte que dans les combats pit'cédents, ont été livrés à leur propre force. L'ennemi a beaucoup souffert de leur feu ; une frégate qui a été démâtée et un brick fort endommagé ont disparu depuis cette époque. Tous les militaires attribuent cet avantage remporté sur l'ennemi aux pièces nouvellement placées pour tirer en belle, disposition qui double la force de ces bâtiments de guerre.
L'artillerie mobile et les batteries du Musoir et de TEst ont fait un feu vif et soutenu pour protéger le mouillage.
Nous avons eu à regretter dans cette journée deux soldats du 48* tués, 4 soldats du même régiment, blessés, et un matelot batave également blessé.
L'amiral Verhuell a cité avec éloge le courage calme des garnisons du 48* régiment.
Le général chef de Vétat-mnjor général,
Mathieu Dumas.
Le vice-tLm'iral et commissaire Verhuell, commandant en chef de la flottille batave, à Sa Majesté l'Empereur des Français (l).
Le 4 messidor an xii (23 jain 1804).
Sire,
J'ai rhonneur de faire rapport à Votre Majesté que les 26 bateaux canonniers, faisant partie de la 2« division de la flottille batave et qui étaient encore à Flessingue, ont appareillé aujourd'hui, vers les 3 heures et demie, à la Tue de Tennemi, qui était mouillé dans une ligne très allongée le long de la côte et qui mit à la voile dès qu'il aperçut le mouvement de notre division.
L'engagement a été- extrêmement vif de part et d*autre; la division ennemie s'était beaucoup resserrée, elle avait 15 bâtiments d'engagés avec notre ligne de bateaux, qui, ayant à présent toute leur artillerie en belle, s'en sont servi très avantageusement, de manière qu'ils ont fait un feu très bien nourri ; l'ennemi s'est quelquefois approché à portée de mitraille et même plus près, mais, étant venu sous les batteries d'Ostende, ils ont repris le large, et toute la division a mouillé, à 10 heures du soir, en rade, à l'exception d'un bateau qui a reçu quelques voies d'eau.
Cette fois-ci encore, grâce à la sage prévoyance de M. le maréchal Davout, les batteries de la côte ont été très bien servies.
(1) Archives nationales, cartoa AF'^, 1203. — Marine, colonies, flottilles, an xii et an xiv.