‹ 1793-1805 (volume 4)Chapitre 6 sur 65 · IV · texte numérisé non relu

IV

Je n*ai reçu, Sire, que des rapports très Tagues sur la quantité de morts et blessés, cependant leur nombre ne doit pas aller au delà de yingt ; la mer étant très agitée, elle nous empêche, ainsi que l'obscurité, d'avoir des détails très exacts à cet égard.

La conduite des garnisons du 1*' bataillon du 48* régiment et des marins a été extrêmement brave et mérite toute louange, ainsi que celle du commandant, le premier lieutenant Waardenburg, et des officiers commandant les sections.

J'ai l'honneur, etc Verhuell.

Le vice-amiral et commissaire Verhuell, commandant Faite droite de la flottille, à Sa Majesté F Empereur des Français (1).

Ostende, le 7 messidor an xii (S6 Juin 1804). Sire,

J'ai l'honneur de faire rapport à Votre Majesté que, d'après l'état exact que j'ai pu recueillir du résultat des avaries reçues dans le combat du 4 messidor, entre les bateaux canonniers et la division anglaise, elles se bornent à peu de chose, trois bateaux seulement ont reçu des dommages sous l'eau, le reste se réduit à quelques voiles percées, nous n'avons que un mort et trois blessés : — les pièces en belle ont parfaitement bien répondu à l'attente, et il n'y a eu qu'un seul bateau h qui cela ait fait quelque mal.

D'après ce que les marins ont pu observer, l'ennemi doit avoir reçu plus de mal que nous : un de leurs bricks a perdu son mât de beaupré ; une frégate, la vergue du grand hunier, et un shooner brick, le grand m&t de hune ; les marins prétendent aussi avoir vu que plusieurs boulets ont porté dans le corps du bâtiment.

L'ordre de bataille des nôtres a été assez bien observé, ce qui est assez difficile pour des bâtiments qui n'ont point de voiles carrées, et ils ont fait un feu régulier qui parait avoir surpris l'ennemi, puisque dans le commencent ils s'engagèrent de très près; mais après avoir vu l'effet de notre artillerie, ils sont restés à une plus grande distance. Le vent était au nord-est, ce qui donnait un i*oulis assez considérable et très incommode pour nos bâtiments; malgré cela l'artillerie était bien servie.

Après a\oir observé, le jour pi'écédent, la position de l'ennemi, qui n'était pas avantageusement prise, ayant fait mouiller tous ses petits bâtiments dans l'ouest et en face d'Ostende, et les autres, au nombre de 9, devant Heyst, j'envoyai un ordre à Flessingue pour faire partir la division avec la première marée, calculant que l'ennemi ne pouvait commencer l'engagement qu'avec les Irégatcs et un bâtiment marchand, armé en bombarde, et qu'il serait obligé de rester de l'autre côlé des bancs à cause du jusant, ce qui arriva ainsi, puisque les bricks et autres bâtiments qui se trouvaient devant Ostende n'ont pris part à l'affaire que devant Wendune.

Cet engagement. Sire, a encore infiniment contribué à augmenter la con-

(1) Archives nationales, carton ÀFi\ 1203. — Marine, colonies, flottilles, an xu et an xiT.

fiance de nos marins dans leur arme, et je ne saurais m'empécher de porter à la connaissance de Votre Majesté que j\ii la satisfaction de yoir qu'il règne une noble émulation parmi les officiers et Tenvie de se mesurer de plus près avec Tennemi.

J'ai reçu hier Tannonce de son Excellence Monsieur le Ministre de la marine, que Votre Majesté a daigné m'honorer avec le commandement de Faile droite de la flottille. Je remercie profondément Votre Majesté de cette nouvelle marque de confiance ; je prie Dieu de m'accorder la grâce de la mériter toujours, ou de me faire cesser de vivre en cessant de m'en rendre digne.

J'ai l'honneur, etc Verhuell.

Ce qui rend ce succès particulièrement remarquable, c'est que la distance à laquelle la flottille se trouvait de terre par suite de la nature de cette côte très basse, rendait très faible le secours que pouvait donner Tartillerie légère.

Il n'est pas sans intérêt non plus de constater que l'historien W. James, si remarquablement précis d'ordinaire, ne dit pas un mot ni de ce combat, ni du passage.

La pénurie extrême d'équipages obligea l'amiral Verhuell à employer pour amener de Flessingue à Ostende le reste de sa flottille, une nouvelle voie tout à fait à l'abri des entreprises de l'ennemi.

Le général Mathieu Dumas, conseiller d'État, chef de Vétat-major général du camp de Bruges, à Son Excellence le maréchal Berthier, ministre de la guerre.

Âu quartier général à Dunkerque, le tt venâéiniAire an xui

(14 octobre 1801).

Monsieur le Maréchal,

Le ralliement de la flottille bataye avec les prames armées à

Ostende, formant l'aile droite de la flottille impériale, n'était point encore acheté, la plus grande partie des bateaux canonniers de la 3® division, iS chaloupes canonnières de première espèce et 66 bâtiments de transport se trou- Talent encore dans le port de Flessingue : presque tous ces bâtiments manquaient d'équipages ; les patrons des bâtiments de transport les avaient même abandonnés. L'amiral Verhuell, qui s'attachait à former promptement et de préférence les équipages des chaloupes canonnières, prévoyait que, dès qu'elles seraient en état de mettre à la mer, leur départ serait retardé par l'attente indéfinie du complètement {sic) des équipages des 120 bateaux canonniers et transports, immense convoi trop difficile à protéger dans cet état de désarmement : Vamiral se décida donc et fut autorisé par Sa Majesté à faire passer par VEscaut et les canaux de l'intérieur tous ces bâtiments, n'ayant à bord qu^une faible gcArde de quatre ou cinq soldats et de les réunir ainsi à Ostende au reste de la flottille, pendant qu'il réserverait tous ses moyens pour armer fortement les dix-huit chaloupes canonnières.

Cette navigation intérieure par Anters, Termonde, Gand et Bruges fut exécutée avec beaucoup d'ordre et de célérité. Les mêmes officiers d'état-major qui avaient dirigé une opération à peu près semblable au commencement du printemps dernier et de laquelle j*eus Thonneur de vous rendre compte, y donnèrent les mêmes soins, de concert avec M. le commissaire général Malonct et lès préfets de TEscaut et de la Lys. Levée extraordinaire de bateliers-pilotes, relais pour le halage, service des écluses, tout fut prêt partout à la fois, et, en sixjours^ la totalité de cette division fui mouillée dans le canal de Bruges à Ostende, au-dessus des écluses de SlyckenSy ou Vamiral Verhuell avait aussi fait remonter et mouiller sur une seule ligne totit le reste de la flottille batave, à l'exception des sections ou détachements de chaloupes et de bateaux canonniers qui, toujours prêtes à sortir du port pour concourir à la défense de la rade, étaient mouillées à l'estacade de Test. L'amiral avait reconnu les inconvénients d'un trop grand encombrement de bâtiments de la flottille dans les bassins d'Ostende : il s* était assuré du danger inutile de tenir en rade une grande partie de la flottille et, satisfait de l'exactitude et de la célérité du service des écluses de Slyckens, qui permettent à chaque marée l'entrée et la sortie d'un grand nombre de bâtiments, il maintenait par ce mouvement continuel l'ordre et la discipline, l'ardeur et l'activité dans ses équipages ; nos troupes embarquées gagnaient aussi beaucoup par cette disposition ; les exercices pour l'instruction navale étaient plus fréquents, plus faciles sur le canal, et les sorties et les manœuvres en rade, par division, successivement, étaient aussi plus profitables pour les marins et pour les militaires.

Effectivement, le 28 juin, 68 bâtiments de transport bataves arrivèrent à Anvers. Le 30, les vingt premiers partirent pour Termonde (1) et le reste suivit très rapidement. Le 3 juillet, 56 bateaux canonniers partirent de Flessingue pour suivre le même itinéraire (2). A Anvers, on forma des détachements de 20 à 25 bateaux, pour leur faire prendre les canaux. Malgré les assurances de Mathieu Dumas, il semble qu'il y eut dans ces mouvements un certain désordre causé surtout par la pénurie de matelots exercés.

Le Commissaire général de la marine, au port et arrondissement d'Anvers, à Son Excellence le Ministre de la marine et des colonies (.')).

Anvers, le SI messidor an xii (10 juillet 1804). Monseigneur,

J'ai expédié aujourd'hui une troisième dixision de i3 bateaux batayes pour

(1) Lettre du commissaire do la marine Malonet. {Archives de la Marine, BB™, 206.)

(2) /6id., du 4 juillet.

(3) Archives de la Marine» BB"i, 206.

Gand. Il en reste 42 en rade. Je n'ai pu obtenir des officiers hollandais qui commandent ces diyisions aucune espèce d'ordre et de renseignements précis sur la composition de leurs équipages. Ils ont à bord des soldats français, des matelots hollandais et français sans rôle d'équipage. Il y a des bateaux qui n'ont ni patrons, ni pilotes, qui naTiguent à TaTenture ; il s'en est perdu deux.

Malonet.

Le Commissaire général de /a marine, au port et arrondissement d'Anvecs, à Son Excellenoe le Ministre de la marine et des colonies (I).

Anvers, le 14 messidor an xu (13 Jaillet 1804). Monseigneur,

J'espère être débarrassé aujourd'hui de cette division batnvc, dont les officiers ne méritent pas toute la confiance de leur digne amiral. Le commandant excepté, je n'ai tu que des hommes toujours ivres, incapables do recevoir ni de donner des ordres. C'est le lieutenant auxiliaire Seille et un jeune aspirant plein d'intelligence que j'ai été obligé de charger de la discipline de leurs bords et de la direction des bâtiments où règne le plus grand désordre ; il en a mouillé ici 60 de transports et 61 bateaux canonniers, dont le dernier détachement part ce soir pour Gand. Il ne reste plus à Flessingue que iO bâtiments de transports destinés h porter les poudres et tous les Uittensiles de la division ; ceux-là ne partiront de Flessingue que lorsque les autres seront arrivés à Ostende. Je craindrais d'affliger l'amiral Verhuell, que j'honore infiniment, en le priant de trouver bon que, pour ce dernier détachement qui exige de grandes précautions à raison des poudres, on le fasse commander par des officiers français; mais je vous prie. Monseigneur, d'en donner l'ordre, en défendant qu'on allume du feu à bord des navires chargés de poudre. Il faut y embarquer, pour la nourriture des équipages, des vivres de bord dont les salaisons doivent être cuites à Flessingue. Veuillez bien m'adresser un ordre pour le lieutenant auxiliaire Seille qui se charge de cette opération. Je suspendrai, jusqu'à ce que j'aie reçu votre réponse, l'exécution des ordres de départ que pourrait donner Tara irai.

J'ai l'honneur de saluer respectueusement Votre Excellence.

Malonet.

Une fois les transports ou les bateaux d'un détachement arrivés à Ostende, il fallait en envoyer les matelots à Anvers pour amener un nouveau convoi, de sorte qu'à Ostende on n'avait que des bâtiments hors d'état d'être utilisés. Les

(I) Archives de la Marine» BB"», 206.

instances de Tamiral Verhuell (1) auprès du gouvernement batave n'ayant pas abouti, FEmpereur employa de nouveau la voie diplomatique pour obtenir des autorités hollandaises les marins indispensables.

Le Ministre des affaires étrangères k M. de Sémonville (2),

15 messidor aa xii (4 juillet 1S04).

Monsieur TAinbassadeur,

Sa Majesté me charge de tous faire connaître qu'elle désire que vous renou- Teliez \os instances auprès du gouvernement batave pour que la troisième partie de la flottille hollandaise et les transports qui y sont attachés soient le plus tôt possible entièrement équipés et garnis de tous leurs matelots. Vous sentez que nous approchons de Tépoque décisive et qu'il n'y a pas un moment à perdre pour la réunion de tous les moyens d'attaque qui doivent être dirigés contre Tennemi commun. Il est impossible que ces considénitions ne soient pas toutes puissantes auprès du gouvernement batave et j'attends que vous m'appreniez l'immédiate et complète exécution de ce qui manquera encore h l'équipement de la troisième partie de la flottille batave.

(1) Le vice-amiral Verhuell, commandant l'aile droite de la flottille,

à Sa Majesté l'Empereur des Frcmcais.

Ostende, le 11 messidor an xu (30 Jain 1804). Sire,

J'ai eo rhonneor de recevoir la permission qoe Votre Majesté daigne m'accorder pour faire venir à Ostende les bâtiments de transport et une partie des bateaux canon' nierSy par les canaux intérieurs.

66 bateaux de transport sont partis avant-hier de Flessingue, et je ferai de même partir une partie des bateaux canonniers. J'ai passé deux jours dans cette ville pour régler le départ de ces bAtiments et j'ai inspecté les chaloupes canonnières, qui sont équipées au nombre de 13, dont 8 en rade de Kammekens ; elles seront après quelques jours d'exercice en état de partir pour Ostende .

J'ai de nouveau demandé. Sire, avec tout l'empressement possible, les équipages pour la troisième partie de la flottille, et j'ai fait connaître au gouvernement l'importance que Votre Majesté y met. L'on m'annonce aujourd'hui qu'il y a un envoi de 70 hommes à Rotterdam pour la flottille, que je ferai chercher le plus promptement possible et répartir sur deux canonnières.

La situation de l'ennemi devant la côte est à peu près la môme, au nombre de 10 bâtiments.

J'ai l'honneur, etc.

Vkrhukll.

{Archives nationales, carton AF»^, 1Î03. — Marine, colonies, flottilles,

an xu et an xiv.)

(2) Hollande, 1804, ans xii et xiii. Le citoyen Sémon ville, ambassadeur. {Archives des affaires étrangères, 608.)

Malgré ses efiForts et sa fidélité à Tallianee française le gouvernement batave était au bout de ses ressources.

A Sa Majesté Impériale l'Empereur des Français (i).

La Haye, le 19 messidor an xn (8 joUlet 1801). Sire,

Les ordres que Votre Majesté Impériale m'a fait Thonneur de me donner le 14 messidor me sont parvenus avant-hier 17.

Le gouTemement batave et TAmirauté assemblés à ma demande dans bi matinée ont arrêté de suite toutes les mesures jugées propres à Fexécution des intentions de Votre Majesté.

Deux membres de l'Amirauté sont partis le même soir pour se porter sur les différents points d'où ils pourraient tirer des secours ; ils ont rCuni 435 marins, qui vont partir pour Flessingue, et y seront rendus dans l'espace de douze jours.

Ce nombre, quoique incomplet, a été jusques à aujourd'hui le dernier terme des efforts du gouvernement batnve; il ne les discontinuera point. Je ne lui laisserai aucun repos à cet égard ; mais je craindrais de tromper Votre Majesté Impériale si j'osais lui garantir dans le terme de quinze jours l'efficacité des moyens que le gouvernement batave se propose d'employer pour se procurer encore SOO hommes.

Les enrôlements volontaires, à quelque prix qu'on les élève, sont toujours accompagnés de délais incompatibles, dans cette circonstance, avec la volonté de Votre Majesté Impériale.

L espèce d^ hommes manque absolument ; ^^resque toutes les ressources sont épuisées ; j'ose donc supplier Votre Majesté de me permettre de lui exposer celles qui nous restent encore, et de prendre ses ordres sur le mode qu'elle jugera convenable d'adopter.

Il en est trois également à la disposition de Votre Majesté :

i® L'enrôlement forcé des marins dans les îles de \a Zélande, où il est encore un certain nombre de pécheurs domiciliés sur la côte ; un ordre de Votre Majesté suffit pour les faire conduire sur la flottille, mais Tautorité batave serait impuissante devant une mesure de ce genre de tous temps inusitée dans ce pays, et j'oserai dire à Votre Majesté que si les forces françaises en assurent l'exécution, comme il est impossible d'en douter, il est à craindre cependant que c^tte introduction de quelques hommes mécontents (et la plupart inhabiles au service des manœuvres de quelque importance, à cause des descentes {sic) dont ils sont généralement atteints), porte un grave préjudice à l'excellent esprit dont tous les marins de la flottille paraissent animés.

Le second moyen consiste à exiger du gouvernement batave d'étendre jusqu'aux bataillons expéditionnaires la résolution adoptée à l'égard de ceux qui doivent rester en Hollande. Le Ministre de la guerre a demandé à ces derniers pour le service de la marine, cinq hommes de bonne volonté par bataillon. Ils

(1) Hollande, 1804, ans nu et iliii. Le citoyen Sémonville, ambassadeor. (Archives des affaires étrangères, 608.)

ont été promptement fournis, grAce à quelques avantages pécuniaires; or, Tarmée expéditionnaire, qui ne doit être que de 9,000 hommes, est maintenant composée de 9,22i effectifs, y compris le train d'artillerie; on pourrait donc y prendre 200 hommes sans nuire à sa composition telle qu'elle a été déterminée ; mais, sur ce nombre total, près de 800 malades sont retenus dans les hôpitaux, et le Ministre de la guerre, jaloux de remplir tous les engagements de son gouvernement envers le général Marmont, n'ose disposer d'un seul des hommes sous son commandement sans un ordre de Votre Majesté.

Le troisième moyen, le plus sûr comme le plus prompt, consisterait, si Votre Majesté Impériale le permet, à emprunter momentanément à l'expédition du Texel 200 bons matelots, qu'on dirigerait de suite sur Flessingue, où ils seraient d'une immense utilité à l'amiral Verhuell, qui a beaucoup d'hommes habitués à la mer, mais peu dignes du nom d'excellents matelots. Lors du passage du maréchal Berthier, ce Ministre, qui voulut bien apprécier à sa juste valeur notre pénurie dans ce genre, parut désirer qu'avant tout 6n pourvût l'expédition de Flessingue comme devant partir la première et qu'on lui réservAt tous les matelots fournis par les recrutements.

Diverses circonstances s'y sont opposées : l'expédition du Texel a été constamment renforcée ; Votre Majesté remarquera dans les états ci-joints que deux jours avant la réception de ses ordres, on y a envoyé encore 60 hommes; il n'y manque maintenant que 317 hommes au grand complet de gueire.

J'ai l'honneur de placer ces tableaux de situation sous les yeux de Votre Majesté, ainsi que les observations qui m'ont été adiiîssées par le pn'îsident de l'Amirauté.

Votre Majesté Impériale y reconnaîtra sans doute que même en supposant la sortie immédiate de la flotte privée, de 483 hommes au grand complet de guerre, le manque de bras peut être remplacé dans la traversée par les bataillons expéditionnaires batavcs, parmi lesquels un grand nombre d'individus est formé aux manœuvres de mer. Outre qu'une telle vérité est historique chez cette nation, elle vient d'être prouvée récemment par l'appel qui a eu lieu dans les bataillons stationnaires.

Enûn si, sans oser pénétrer les intentions de Votre Majesté, il est permis de penser que l'expédition d'Ostende agira avant celle du Texel, le temps qui s'écoulerait entre la sortie de l'une et de l'autre, pour peu qu'il fût de quelques semaines, nous produirait par les enrôlements volontaires au moins les 200 hommes que nous empnmterions aujourd'hui au Texel; de sorte qu'il ne résulterait aucun préjudice pour cette expédition qui, avec sa composition présente et même avec une inférieure, est en état de mettre à la voile au premier ordre.

Je supplie Votre Majesté de vouloir bien me faire connaître ceux qu'il lui plaira de me donner, l'Amirauté batave les attend avec la plus vive impatience l)our s'y conformer.

Je dépose aux pieds de Votre Majesté Thommage de mon pmfond respect.

Signé : Sémonville.

C'est ainsi que le départ des 18 chaloupes canonnières restées à Flessingue ne put avoir lieu que le 18 septembre.

Le v/ce-am/ra/ Verhuell, commandant l'aile droite de la flottille impériale batave, à Sa Majesté l'Empereur des Français (1).

Ostende, le l'Jour complémentaire an xu (18 septembre 1804). Sire,

J\ai rhonneur de faire rapport à Votre Majesté, que les dix-huit canonnièfes qui étaient en rade de Flessingue ont appareillé ce matin à midi avec un vent du nord-est et nord-nord-est, joli frais; cette division a atteint la rade d'Ostende sans avoir la moindre rencontre ennemie, un seul cutter était sur son passage, et il a pris le large dès qu'il a reconnu la division batave.

Le vent étant favorable, je compte faire partir trois canonnières qui étaient encore dans le port et six de celles qui sont arrivées ce soir, pour Dunkerque.

Signé : Verhvell.

Cet abandon par Tennemi de la croisière, qu'il avait si longtemps et si rigoureusement maintenue devant Flessingue, se rattache à un mouvement général de concentration de la flottille sur son centre (2).

Depuis que Sa Majesté avait décidé que la flottille batave formerait seule Vaile droite de la flottille impériale, la division des corvettes de pêche armées en guerre qui se trouvait à Dunkerque et était montée par les troupes de la 3* division du camp de Bruges, avait été destinée à passer dans le port de Calais; on parlait même de désarmer cette espèce de bâtiments que leur tirant (Teau trop considérable, en raison de leur capacité, rendait moins propre au débarquement et qui n'avaient point pour le combat les mêmes avantages que les bateaux canonniers : on avait essayé plusieurs fois, sans succès, de former avec ces corvettes de pèche dans la rade de Dunkerque une ligne d'embossage, mais comme les pièces de 24 dont elles étaient armées ne pouvaient, à cause de la construction de cette espèce de bâtiments, être disposées à battre en belle, il fut reconnu presque impossible de les mouiller de manière qu'ils présentassent une ligne de feu.

Ainsi, le peu de mouvement que les ennemis remarquaient dans le port et sur la rade de Dunkerque, les rendaient moins vigilants sur cette partie de la côte et favorisait le passage des petits convois de bâtiments de transport de nouvelle construction, dans les ports de Calais et de Boulogne.

Du côté d'Ostende, au contraire, la croisière anglaise avait été renforcée de plusieurs frégates et de quelques bricks, et portée jusqu'à 23 voiles de guerre,

(1) Archives nationales, carton AF»\ lt03. — Marine, colonies, flottilles, an xii et an xiT.

(2) Rapport de Mathieu Dumas ; voir ci-dessus.

FLOTTILLE IHPÉ

État faisant connaîtra 1« nombre d« cbaqaa espèce de existant dans le port d'Ostende à

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