‹ 1793-1805 (volume 4)Chapitre 52 sur 65 · L*ENTRJBB DE L'ESPAGNE DANS LA LUTTE · texte numérisé non relu

L*ENTRJBB DE L'ESPAGNE DANS LA LUTTE

Cependant, il faudrait réserver le droit de Tente en cas d'avarie.

Ce droit n*est pas contraire à la neutralité ; il se fonde sur les intérêts même des capturés et sur les sentiments d'humanité que leur doit le gouTemement local.

Il faudrait résenrer encore, que les équipages des bâtiments anglais capturés continuassent d'être considérés, lorsqu'ils auraient été conduits dans les ports d'Espagne, comme prisonniers de guerre, et qu'ils ne fussent remis aux commissaires commerciaux d'Angleterre que sur leur reçu et avec la condition de servir aux échanges de prisonniers.

Je propose au Premier Consul, de consentir, avec les modifications que j'ai eu l'honneur de lui indiquer, à la demande faite à l'Espagne de ne pas faire d'armement dans ses ports et de ne pas y permettre la vente des prises.

Mais, peu après, le gouvernement espagnol était mis en demeure d'éloigner de ses côtes les escadres anglaises, ce qu'il lui était impossible d'obtenir sans une déclaration de guerre formelle.

Talleyrand à ramiral Gravina, (1).

24 messidor an xn (13 jaillet 1804).

Le soussigné Ministre des relations extérieures a reçu de Sa Majesté l^mpereur, l'ordre de présenter à la cour d'Espagne quelques considérations importantes, relativement à la position de f escadre anglaise au FerroL II a l'honneur de les adresser à S. E. M. le général Gravina, et il le prie de vouloir bien les faire parvenir à la connaissance de Sa Majesté le roi d'Espagne.

L'escadre anglaise, par sa proximité des côtes, par la constance de sa station sans cesse à la vue de la terre, presque toujours à portée du canon, semble être plutôt un établissement littoral d'attaque et de défense qu'un moyen de guerre maritime. Elle intercepte lu communication des ports voisins, elle tient, pour ainsi dire, tellement au territoire espagnol, que l'escadre française mouillée au Ferrol ne pourrait aller de ce port à celui de la Corogne, bien que pour faire ce court trajet les vaisseaux ne cessent pas d'être à portée du canon de terre. Il n'est personne qui ne doive convenir que par l'effet d'une telle disposition, la partie du rivage espagnol qui est continuellement obsédée par la présence d'une escadre ennemie, ne soit totalement privée des avantages qu'elle doit retirer de la neutralité.

La cour d'Espagne est neutre, et les droits de sa neutralité s'étendent à tout ce qu'elle possède : elle a certainement le droit de réclaitier contre des mesures qui seraient une atteinte constante à ce droit. La France est amie de l'Espagne, et la neutralité du territoire espagnol étant un avantage qu'elle doit partager avec toutes les nations, elle croit être fondée à réclamer que l'Espagne fasse usage de toute sa vigilance et de sa puissance pour»maintenir ses droits.

(1) Archives des affaires étrangères. — Espagne.

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