‹ 1793-1805 (volume 4)Chapitre 7 sur 65 · TOTAL · texte numérisé non relu

TOTAL

DIS BATIMEHTS

réunis dans ee port.

de ce

qu'ils peuTeot

porter

Le vice-amiral commandant Vaile droite de la flottille impériale batave,

Verhuell.

parmi lesquelles se trouTaieiit 2 yaisseaux ; les bâtiments légers de cette escadre mouillaient ordinairement h la jue de Flessingue, entre Tlle de Cadzand et le banc appelé Paarde-Markt ; 4 ou 5 bricks et i frégate étaient toujours à hauteur de Blankenberg, et tout le reste au large de Strom, en face de rentrée du port d'Ostende ; les ennemis tenant ce mouillage malgré les plus gros temps, paraissaient déterminés î\ attendre et à intercepter cette fois à tout prix les 18 chaloupes canonnières qui restaient encore à Flessingue.

Ces 18 chaloupes sont (Tune construction beaucoup plus forte que les premières ; elles portent 3 pièces de 24 et même du 30 hollandais, et 4 caronades de 36 ; elles sont disposées de manière à pouvoir passer toute leui* artillerie sur un seul bord.

Pour mieux soutenir le combat que les ennemis semblaient rechercher, M. le Maréchal offrit h Tamiral d'envoyer à Flessingue, pour chacune de ces canonnières, un détachement d'élite pris dans chaque corps de Tarmée parmi les hommes les plus exercés aux manœuvres de la marine, et qui avaient déjà combattu sur cette espèce de bâtiments ; ces détachements furent mis à bord dès les premiers jom's de messidor et ne cessèrent de s'exercer au canonnage et aux manœuvres.

Telle était la situation de l'armée, de la flottille et des forces ennemies, lorsque Sa Majesté arriva à Dunkerque le 19 thermidor (7 août) et commença par la troisième division son inspection du camp de Bruges.

Votre Excellence ayant accompagné Sa Majesté dans ses revues détaillées des trois divisions, ses inspections des différentes parties de la flottille, ses reconnaissances des ports et des rades, de l'assiette du camp, des divers ouvrages relatifs à la défense des côtes, il serait sans doute superflu que je répétasse ici les objets qui ont fixé son attention et sur lesquels Votre Excellence a été chargée de témoigner, à M. le Maréchal et î\ l'armée qu'il commande, la satisfaction de Sa Majesté.

Depuis l'attaqué infioictueuse que les Anglais tentèrent sur la ligne d'embossage en rade de Boulogne, et la vive canonnade qui fut honorée par la présence de Sa Majesté et la part qu'elle y prit en pei*sonne, on put s'apercevoir que les ennemis renonçaient à s'opposer au ralliement des divisions des flottilles et méditaient d'autres desseins.

L'Empereur, qui avait lui-même reconnu et fait sonder sous ses yeux la rade de Dunkerque, lui donnant la préférence sur celle d'Ostende, ordonna à Vamiral Verhuell de faire passer successivement d'Ostende à Dunkerque les deux premières divisions de la flottille balave ; cet amiral commença ce mouvement au premier vent favorable, à la vue de la croisière ennemie qui n'en fit aucun pour s'y opposer.

Ces mêmes vents ayant fraîchi et, pour la première fois depuis environ deux mois, ayant passé dans la partie du nord-est favorable au départ des 18 chaloupes canonnières mouillées et si bien observées dans la rade de Rumekens, ce ne fut pas sans étonnement qu'on vit les ennemis abandonner tout à coup leurs différents mouillages, devant Flessingue, Blankenberghe et Ostende, et laisser un libre passage à cette partie de la flottille commandée par le capitaine Stertsink, dont les équipages et les troupes pai-tageaient son désir de se l'ouvrir de vive force.

Elle ne rencontra qu'un lougre qui piit le large, et, depuis ce temps, î\

LA dONCENTRATlON. — MER DU NORD ET PAS-DE-CALAIS. 29

peine a-t-on tu dans cette partie quelques corvettes Tenir à la découTerte sur différents points de la côte.

Arrivé le i3 août à Ostende, TEmpereur y avait trouvé les forces indiquées ci-dessus (p. 26-27), dont il avait été « extrêmement satisfait (1) ».

Le .20 août, l'Empereur donna ses ordres pour amener à Dunkerque toute son aile droite.

Au maréchal Berthier (2).

PoDt-de Briques, le 2 fructidor an xn (20 août 1804).

Mon Cousin, tous donnerez Tordre au maréchal DaTOut et au commissaire général Petiet de faire distribuer une ration de Tin par jour au lieu d'eaude-Tie aux troupes présentes au camp d'Ostende, et ce jusqu'au !•' Tendémiaire. Vous préTiendrez le maréchal DaTout que le TÎee-amiral Verhuell reçoit Tordre de faire partir le plus tôt possible pour Dunkerque les deux premières parties de la flottille bataTe ; les garnisons des diTisions Oudinot et Priant continueront à rester sur les bâtiments où elles sont aujourd'hui, et le gros des divisions continuera à rester à Ostende, campé dans le même emplacement, jusqu'à nouTel ordre. Vous ordonnerez qu'on embarque à Ostende, sur chaque chaloupe et bateau canonnier, les munitions d'artillerie et de TÎTres que ces bâtiments doiTcnt porter pour la descente, en supposant que ces objets soient à Ostende. S'ils n'y étaient pas, tous m'en rendriez compte, et je tous ferais connaître s'ils doiTent être euToyés à Ostende ou au point d'embarquement. ÉcriTCZ dans ce sens au commandant de l'artillerie et au commissaire général Petiet. PréTenez le maréchal DaTout que la flottille de corTCttes de pèche reçoit Tordre de se rendre à Calais, et que les détachements des garnisons resteront comme ils s'y trouTent, et jusqu'à ce que des ordres soient donnés pour les relever. Vous donnerez Tordre à toute l'infanterie de la diTÎsion italienne de se rendre à Calais. La troisième partie de la flottille bataTe s'organisera le plus promptement possible à Ostende.

Napoléon.

Le maréchal Berthier, ministre de la guerre, à M. le maréchal Davout, commandant en chef le camp de Bruges, à Ostende.

Au quartier général des camps à Boulogne, le 3 fructidor an xu

(21 août 1804).

J'ai Thonneur de tous informer, Monsieur le Maréchal, que V amiral Verhuell

(1) Lettre à Cambacérès, n* 7920.

(2) Correspondance de Napoléon, n» 7047.

reçoit Vordre de faire partir le plus tôt possible, pour Dunkerque, les deux premières parties de la flottille batave.

L'intention de Sa Majesté est que les troupes composant les divisions commandées par les généraux Oudinot et Priant continuent à rester sur les bâtiments sur lesquels elles sont actuellement réparties, et que les autres divisions demeurent, jusqu'à nouvel ordre, à Ostende, campées dans les emplacements où elles se trouvent.

L'intention de Sa Majesté est également qu'on embarque à Ostende, sur chaque chaloupe et bateau canonnier, les munitions d'artillerie et les vivres que ces bâtiments doivent porter pour la descente. Dans le cas où ces objets ne seraient point encore réunis â Ostende, vous voudrez bien m'en donner avis en toute diligence, afin que j'en informe Sa Majesté et que je demande ses ordres ultérieurs à cet égard.

Je vous préviens en outre, Monsieur le Maréchal, que la flottille de corvettes de pêche reçoit Vordre de se rendre à Calais, et que les détachements formant actuellement les garnisons de ces bâtiments doivent y rester jusqu'à ce que des ordres aient été donnés pour les relever.

La troisième partie de la flottille batave a également reçu Vordre de s'organiser le plus prompteinent possible à Ostende, Veuillez vous concerter à cet égard avec le préfet maritime de cet airondissement.

Sa Majesté ayant décidé que, jusqu'au i®' vendémiaire, il serait distribué une ration de vin par jour au lieu d'eau-de-vie aux troupes présentes au camp d'Ostende, j'ai informé le commissaire général de cette décision ; mais je vous invite à donner, de votre côté, les ordres nécessaires pour que cette distribution s'effectue sans délai.

Je vous invite, Monsieur le Maréchal, à me faire connaître les mesures que vous aurez prises pour l'exécution de ces dispositions.

J'ai l'honneur de vous saluer.

Maréchal Berthler.

Ce resserrement de l'aile droite sur le centre consacrait Tabandon de tous les projets destinés à menacer les côtes anglaises de la mer du Nord ; il allait augmenter Fencombrement déjà excessif des ports de la Manche, enfin il allait donner lieu à une série de nouveaux combats et occasionner de nouveaux délais. Par le temps qu'il avait fallu pour amener les Bataves de Flessingue à Ostende, on pouvait juger de ce qu'il faudrait pour les faire passer à Dunkerque. Quelles que fussent les intentions réelles de TEmpereur, on peut conclure avec certitude de Tordre du 20 août 1804, que, dès cette époque, Napoléon n'avait plus l'espoir de pouvoir rien entreprendre de tout l'été.

Le mouvement entre Ostende et Dunkerque ne commença, en efifet, que le 6 septembre. .

LA CONCENTRATION. — BiER DU NORD ET PAS-DE-CALAIS. 31

Le vioe^amiral Verhuell, commandant l'aile droite de la Hottille impériale batave, à Sa Majeaté l'Empereur dee Français (1).

Ostende, le 10 fhictidor an xu (6 septembre 1804). Sire,

J'ai rhonneur de faire rapport à Votre Majesté qu'il est parti d*ici (2), avec une petite brise de Test, pour se rendre à Dunkerque, 29 bâtiments de transport, i prame, un double schuyt, et i bateau canonnier français, ainsi que 10 chaloupes canonnières bataves. Je viens de recevoir un courrier, qui m'apprend que ces bâtiments sont arrivés à Dunkerque à 10 heures du matin, sans aucune rencontre ennemie en route.

Le calme que nous avons eu tout le reste de la journée, Sire, nous a empêché de faire sortir un plus grand nombre de bâtiments et aura également empêché à la 3* division de canonniers d'appareiller de Flessingue. J'espère être plus heureux demain matin.

La division de l'ennemi, devant la cête, forte de 17 bâtiments, a vu filer nos bâtiments pour Dunkerque, mais n'a pas bougé.

Je prie Sa Majesté de m-'accorder sa haute protection et de me permettre rhonneur d'être avec le plus parfait et le plus profond dévouement,

Sire, De Votre Majesté le très humble et très obéissant serviteur.

Verhuell,

Le mouvement parut d'abord se faire vite et bien.

Le vice^amiral Verhuell, commandant l'aile droite de la flottille impériale batave, à Son Excellence Monsieur le Ministre de la marine et des colonies (3).

Ottendo, le 23 fructidor an xu(lO septembre 1804).

J'ai l'honneur de faire rapport à Votre Excellence que la 1" division de bateaux canonniers et 5 chaloupes canonnières bataves ainsi que 9 transports français, ont appareillé hier au matin et sont arrivés en fort bon état à la rade de Dunkerque à iO heures de la même matinée.

J'espérais faire partir ce matin la 4® division de bateaux canonniers, mais les vents nous étaient contraires ; ils varient beaucoup, et si le temps continue je ferai sortir cette division demain.

- L'officier qui commande la division de canonnières qui est à Flessingue,

(1) Archives nationales, carton AF»», lt03. — Marine, colonies, flotliUes, an xix et an XIV.

(t) Le 6 septembre, à t henres du matin. Lettre de Bruix da 9 septembre. BBnr, i88. (3} Archives de la Marine, BBi», 191.

\ient de me rapporter que les vents n'avaient point encore permis à cette division de se rendre à Ostende.

J'ai rhonneur d'assurer Votre Excellence de ma haute considération et parfaite estime.

Verhuell.

£. Bruix, conseiller cTÉtat, amiral de la flottille impériale, à Son Excellence le Ministre de la marine et des colonies {\),

Boalognue, le 23 frnetidor aa xu (10 septombre L804). Monseigneur,

J'ai l'honneur de vous rendre compte qu'une nouvelle division de bâtiments français et hollandais, partie d'Ostende, est arrivée à Dunkerque le 23 de ce mois. Il y a maintenant dans ce dernier port, 39 bâtiments français venus d'Ostende, savoir : i prame, 1 canonnière, S bateaux canonniers et 35 transports, qui n'attendent qu'un vent favorable pour se rendre à Boulogne.

Hier, à la fin du flot, les vents ont beaucoup fraîchi du nord-nord-est, la mer est devenue fort grosse, sauf cependant rien de dérangé dans notre ligne.

Aujourd'hui le temps est très beau, il a été presque calme pendant toute la matinée ; maintenant, il s'est élevé une petite brise du sud-sud-ouest.

Les ennemis ont à leur mouillage ordinaire : 2 vaisseaux, 3 frégates, ii corvettes, 4 bricks, et l'on n'attaque pas ! !

Indépendamment de ces forces, une division de 2 cor\ettes et 3 bricks est mouillée à quatre lieues dans l'ouest.

J'ai l'honneur de vous saluer i*espectueusement.

E. Bruix.

Le vice^amiral Verhuell, commandant Vaile droite de la flottille batave,

à Sa Majesté l'Empereur des Français (2).

Ofttende, le 2* Jour complémentaire an xu (19 septembre 1804). Sire,

J'ai l'honneur de faire rapport à Votre Majesté que j'ai fait partir cette nuit pour Dunkerque 9 chaloupes canonnières et la 4« division de bateaux canonnière; ces bâtiments sont certainement très bien arrivés à leur destination.

Il y a, par conséquent, présentement, 36 canonnières et deux divisions de bateaux canonniers de rendus à Dunkerque, et j'espère faire partir incessamment les 2* et 3* divisions de bateaux canonniers.

(1) Archives de la Marine, BB»», 188. — De Bruix. . (2) Archives nationales, carton APi^, 1203. — Marine, colonies, flottillea, an xu et an XIV.

Les bâtiments ennemis sont tous retirés dans Touest et, selon le rapport des vigies, il y en a 18 devant Dunkerque.

Verhuell.

Ces premiers mouvements s'étaient effectués sans combat. Mais, à partir du 23 octobre, l'ennemi reparut en force devant Dunkerque et les passages amenèrent de vifs engagements.

Le Wce-am/ra/ Verhuell, commandant en chef la flottille batave, à Sa Majesté r Empereur des Français (1).

Diukerqne, le 2 bramaire an xm (24 octobre 1804}. Sire,

J'ai rhonneur de faire rapport à Votre Majesté que 35 bateaux canonniers, 2 prames et 3 bâtiments de transport sont sortis hier à 4 heures de l'aprèsmidi du port d'Ostende, en présence de K bricks et 2 cutters ennemis, se trouvant à Test de ce port, et qui vers le soir manœuvrèrent pour se rapprocher de la division.

Un cutter ennemi gagna la prame la Ville-de-Bruxelles et lui envoya deux coups de canon, qui furent répondus par douze coups, qui le serraient de si près qu'il prit le large.

Peu après, 3 bricks approchèrent la Y ille-de- Montpellier et s'engagèrent avec elle à une grande distance, ce qui dura à peu près une heure, selon le rapport qui m'en a été fait; l'obscurité et la mer qui commençaient fortement à tomber, fit bientôt prendre le large à ces bâtiments; pendant cet intervalle, par une fausse manœuvre du pilote, la prame approcha trop la côte et toucha entre Nieuport et Lombaertzyde, où elle est restée une marée.

Suivant le rapport que je reçois à l'instant, un des bricks ayant voulu couper le passage à la prame, s'approcha trop près de la côte et toucha, mais l'obscurité empêcha que la prame eût connaissance de cet événement et l'ennemi en profita pour faire débarquer tout l'équipage et abandonner le brick ; on emploie présentement tous les moyens pour le mettre à flot, afin de le faire entrer dans un des ports de Votre Majesté.

Lorsque la prame fut à flot, elle reconnut qu'elle avait reçu quatre coups de canon sous l'eau, et, son gréement étant fortement endommagé, le commandant l'a fait entrer à Nieuport.

La division de bateaux est entrée dans la rade de Dunkerque à 10 heures du soir, et la prame la Ville-de-Bruxelles, à 2 heures du matin, dans le même état.

Verhuell.

(1) Archives nationales, carton AF", 1203. — Marine, colonies, flottilles, an xii et an xrv.

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