MÉMOIRE : MESURES A PRENDRE PAR LA FRANCE
D'abord, il me parait indispensable de débarquer en Irlande un corps de troupes françaises sous le commandement d*un général habile et déjà renommé pour ses exploits militaires. » • . . Je voudrais que la force (de Tarmée) fût de 20,000 hommes, dont 15,000 au moins débarqueraient aussi près de la capitale que les circonstances le permettraient et 5,000 près de Belfast, dans le nord de l'Irlande
Si les circonstances ne permettaient pas à la République d'envoyer une
force aussi considérable, mon opinion est que le moins que Ton puisse
envoyer est 5,000 hommes, encore faudrait-il les faire débarquer dans le nord d$ rirlande, où le pexxple est plus mûr pour une révolution. Je n'ai pas besoin d'observer qu'en commençant ainsi nos opérations à 100 milles (160 kilomètres) de la capitale nous ferions d'abord beau jeu à l'ennemi, qui, maître de la Trésorerie, de la Poste, des Banques, etc., ayant d'abord pour lui cette force d'opinion qui naît toujours d'un gouvernement déjà établi, ne manquerait pas, au moins pour quelque temps, de se prévaloir contre nous de ces avantages. Je ne doute pas néanmoins qu'avec 5,000 hommes commandés par un général habile et moyennant les mesures que j'indiquerai ci-après, je ne doute pas, dis-je, qu'à la longue nos efforts ne soient couronnés de succès. Mais le conflit serait violent et nous serions privés d'un grand nombre des avantages que nous retirerions d'une force plus imposante, particulièrement celui de désorganiser tout à coup le gouvernement de l'Irlande.
Il faudrait aussi que parmi ces 5,000 hommes, il y eût un grand nombre d'artilleurs, car nous sommes très mal fournis à cet égard, et que l'armée fût C élite des troupes françaises, déjà endurcie aux fatigues de la guerre et en état de discipliner les troupes irlandaises
On y joindrait des armes, 300,000 fusils si on le peut ; on repousserait toute idée de conquête ; on aiderait à convoquer une Convention nationale et on lancerait des proclamations à la nation, aux miliciens, aux marins servant sur les navires anglais, aux peuples d'Angleterre et d'Ecosse
Rapport de E. J. Luines (de son vrai nom Lewins), député des Irlandais unis, près la République française (I).
Le ministère anglais croyait, il y a deux mois, que la France tenterait la descente même avant que la paix avec l'Empire fût faite ; à présent, il est persuadé qu'il n'a rien à craindre jusqu'à ce que cet événement ait eu lieu. . . 11 est sûr qu'il aura le temps d'envoyer 15,000 hommes en Angleterre pour y écraser les rebelles, puis de les retirer pour défendre l'Irlande. Les forces qu'entretient le gouvernement anglais en Irlande montent à 72,000 hommes, tant troupes de ligne que milice et yeomen. Mais il est plus que probable que le nombre en sera considérablement augmenté avant la fin de l'année. Ces
(1) Archives de la marine, Mémoires et projets, t. IV.
troupes sont tellement éparpillées sur toute la surface de l'Ile, afin de désarmer et comprimer le peuple, qu'il n'est pas possible de donner un état exact des difiTérentes garnisons. . .
La milice, dont le nombre monte à 22,000 hommes, est mécontente ; il en est de même des régiments écossais, qui font 15,000 hommes. Si la descente s'effectuait ailleurs que dans les environs de Dublin, Cork ou Belfast, on n'aurait pas, pendant les huit premiers jours, plus de 6,000 hommes à combattre.
Depuis six mois, les forces anglaises en Irlande sont bien pourvues de canons et d'effets, mais elles sont mal disciplinées, particulièrement l'artillerie. Voici en quoi elles consistent :
Troupes de ligne,
hommes
Infanterie 26,000
Cavalerie 4,000
Milice 22,000
Artillerie 5,000
Total 57,000
Le surplus n'est que de yeomeny mauvaise troupe, mal pourvue et divisée d'opinions.
Les endroits les plus favorables pour la descente seraient le Shannon, par la commodité de ses rives pour le débarquement, ou la baie de Killilugs, par la faiblesse des troupes du gouvernement dans les environs.
L'armée, une fois débarquée, devrait pousser en avant au moins de 20 mille» dans l'intérieur, afin de s'emparer des vivres et de favoriser la jonction des^ habitants du pays. 4,000 ou 5,000 suffiraient pleinement dans ce moment-ci, avec 50,000 fusils, des canons et de la munition.
Les forces maritimes de l'Angleterre sur les côtes de l'Irlande sont : 9 vaisseaux de ligne et 12 frégates entre Cork et Belfast, tous du côté de Touest, qui croisent entre le cap Clear et Horsehead. Ces vaisseaux sont souvent obligés de rentrer pour se ravitailler et se réparer. Rarement sont^ils plusieurs ensemble, et ils pourraient être très facilement évités en dirigeant son cours fort au large à l'ouest.
Si l'on débarquait dans les baies de Killala, de Killilugs ou de Sligo, on pourrait gagner, dans une première journée, Carrick-on-Shannon, poste important et fort mal pourvu dé moyens de défense. Ce pays est, en outre, très abondant en vivres et en bétail. L'on pourrait y compter sur cent mille patriotes, qui n'ont besoin que d'armes et d'officiers. Le général Kilmaine est particulièrement connu dans ces endroits. Son nom seul y ferait beaucoup.
Plus tard il devait écrire :
Quelques réflexions sur l'Irlande.
Novembre 1796.
Un patriote d'Irlande a dit : « Il n'y a pas de milieu : ou faites d'un Irlandais votre ami, ou coupez-lui le bras droit ». Tel est en peu de mots le carac-
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tère national. La Franco Tient-elle se procurer des amis en Irlande? Voici ce qui lui reste h faire pour parvenir à ce but. Qu'elle déclare Tlrlande libre et indépendante. Que la déclaration soit dictée par la franchise, et maintenue sans injustice. Il n'y a que son indépendance absolue qui pourra contenter aujourd'hui le peuple irlandais. Deux révolutions l'ont éclairé sur ses droits ; celle de F Amérique a, la première, créé dans la nation un esprit public et a commencé à réunir les sectes religieuses les plus opposées jusqu'à cette époque, et trop longtemps divisées par les manœuvres d'une politique perfide. La Révolution française a complété l'ouvrage et a disposé le peuple irlandais, peut-être plus que celui de tout autre pays, pour une révolution.
11 existe un grand rapport entre le caractère du peuple français et celui d'Irlande; par préjugé religieux, le peuple français a été de tout temps bien TU en Irlande. Un lien plus puissant rapproche dans le moment actuel les deux peuples, et ce qui n'a été que préjugé religieux est devenu aujourd'hui attachement politique. Quand je parle du peuple irlandais, je désigne sous ce nom tous ceux qui ne tiennent ni directement ni indirectement au gouvernement anglais, c'estr-à-dire la grande majorité de la nation. Il existe en Irlande une classe d'hommes beaucoup plus dangereuse pour la liberté du pays que le parti ministériel, je tcux dire celle connue sous le nom d*oppo8ition. Il ne faut citer qu'un seul trait pour le prouver. La nomination de Fitz-William à k vice-royauté d'Irlande ne trouve pas son exemple dans les annales de la corruption.
Le cabinet de Saint-James, alarmé de l'esprit de mécontentement manifesté dans tout le pays, et craignant d'éprouver les terribles effets d'une secousse populaire, a recours à sa tactique ordinaire, écarte pour un moment du gouvernement d'Irlande ses créatures et nomme Fitz-William vice-roi ; c'était un homme attaché aux chefs de l'opposition. A son arrivée en Irlande, il amène quelques changements dans lé cabinet et s'entoure de ses partisans. Que gagne par là le peuple irlandais? Ses prétendus amis, malgré les pétitions réitérées des différents comités pour la paix, votent des secours extraordinaires pour la guerre et jurent de vaincre ou de périr avec la Grande-Bretagne. Tel est l'esprit de l'opposition irlandaise. En nommant Fitz-Williiim au gouvernement d'Irlande, le cabinet de Saint-James s'était proposé un autre but. Il a voulu abaisser deux familles et les rendre à sa dépendance. La famille des Beresfords et celle du chancelier Fitz-Gibbon avaient déjà acquis en Irlande une prépondérance absolue et dangereuse pour le gouvernement anglais. Elles disposaient de toutes les places sans consulter le ministre ou le cabinet, ou plutôt le ministre et le cabinet se trouvèrent obligés de oéder à leurs demandes. Que fait donc le ministre? Il met à la tète du gouvernement un homme dont les opinions ne cadraient nullement avec celles du parti* ministériel et dont les attachements devaient nécessairement l'entraîner à une rupture prochaine avec les Beresfords et le chancelier. Voilà donc l'alarme jetée dans toutes les par^ ties du gouvernement. Le parti ex-ministériel a recours au cabinet. Un des Beresfords se rend à Saint-James, fait part au ministre de l'état de l'Irlande, lui suggère que Tintention de ceux qui entouraient Fitz-William était d'accorder aux catholiques tous leurs droits politiques et de rendre ainsi l'Irlande indépendante. Le ministre anglais, qui n'a placé Fitz-William à la tète du gouvernement irlandais que pour mieux prouver aux familles réfractaires leur
dépendance sous le cabinet de Londres, le rappelle sur-le-champ et nomme Camden à sa place, un des caractères les plus infâmes qui aient gouverné jusqu'à ce jour le peuple irlandais. J'ai cru ces détails nécessaires pour tous donner quelques renseignements sur Tétat actuel de l'Irlande. Elle se trouve encore en proie aux divisions qui ont résulté du rappel de Fitz-William. On peut même les mettre à profit. Mais déûez-Tous toujours du parti de l'opposition. S'il s'empare de votre confiance, vous êtes ruinés ; c'est un ami de son pays qui vous parle avec toute la franchise de la liberté, et qui compte pour rien toutes les soufiVances qu'il a subies, pourvu qu'elles tendent au bonheur de ses concitoyens.
En dévoilant les intrigues de l'opposition, je ne veux pas prétendre qu'il faut lui refuser toute confiance; c'est un parti même qui peut devenir très utile dans les premiers jours d'une révolution ; mais c'est un parti qu'on ne saurait trop surveiller. Le caractère toujours soutenu par ces hommes exclut toute confiance implicite en eux, ou plutôt l'absence de tout caractère parle fortement contre ce parti. Fermez-lui le champ de l'intrigue, et il devient nul. Il n'a de talents que pour se rendre adroitement à la cour, et pour dépouiller ensuite le travail et l'industrie d'un peuple opprimé. La masse de la nation a les yeux ouverts sur l'infamie de ses manœuvres; mais que peut faire un peuple épars sur un vaste terrain, sans armes, sans ressources. Le peuple irlandais renferme bien en lui-même les moyens de sa propre sûreté ; mais il faut qu'il soit appuyé au dehors. 11 faut que le levier qui lui donne du mouvement trouve un point d'appui hors de l'Irlande, et ce point ne peut exister que dans la République française. La République elle-même est intéressée à l'indépendance de mon pays, c'est ôter la vie au corps que de séparer l'Irlande de l'Angleterre ; c'est ainsi que l'on verra l'Anglais réduit h son état naturel, et content de jouir en paix de son lie. Son ambition alors trouvera des termes, et le commerce du monde deviendra libre comme l'air qui le favorise, ou les flots qui le portent.
Que j'explique la haine et l'acharnement que l'Anglais n'a cessé de nourrir contre le Français depuis qu'il est devenu libre. Quel désir d'armer le Français contre le Français et de le tenir pour ainsi dire en convulsions permanentes. Que l'on ne suppose pas que c'est pour relever sur le trône un rejeton de la famille de Bourbon. Le cabinet de Saint-James est convaincu d'une vérité. Il ne sait que trop que la République française ne saura exister sans la chute du trône qu'il soutient. De là cette haine implacable contre les principes français. Je vais plus loin. Jamais la France ne peut s'attendre à jouir de sa tranquillité, tant que le gouvernement anglais existera. Il faut chercher à détruire ce perturbateur du monde. L'indépendance de l'Irlande amènera cet événement si désiré.
Mais où chercher les moyens pour réussir en Irlande ? A cela je réponds : Il faut les chercher dans le peuple irlandais lui-même. En arrivant dans ce pays, le Français peut s'attendre à se voir environné de tout ce qu'il y a d'intrigants dans l'île. Mais je répète ici encore une fois : Défiez-vous du parti de l'opposition. Les vrais patriotes de l'Irlande se trouvent dans l'oubli, leurs noms sont à peine parvenus à la connaissance de leurs concitoyens. Il existe cependant des hommes connus pour leur patriotisme, et dont les noms commandent le respect dans tous les pays de l'Europe. Dans ce nombre se trouvent le
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D» Drerman et 0*Cormory ex-membre de la Chambre basse. Je pourrais encore ajouter un nom non moins célèbre, celui à'Hamilton Bohan, qui ne tardera pas sans doute de se rendre dans son pays une fois deTenu libre et indépendant. Je cite ces trois, car leurs noms ont souvent paru dans les papiers publics. Mais ne croyez pas qu'ils renferment seuls toutes les vertus de l'Irlande. Son indépendance peut compter pour partisans des milliers pour le moins aussi éclairés et aussi vertueux qu'eux. Il n'y a pas de nation où la classe moyenne renferme plus d'hommes instruits que celle du peuple irlandais. C'est dans le nord et le sud de l'Ile que l'on trouve le plus fréquemment de pareils hommes. Les habitants de ces endroits sont composés ou de catholiques ou des enfants de Calvin. Ces derniers sont républicains par religion, je peux même ajouter par préjugé. Les premiers professent les mêmes principes, et ont toujours senti d'une manière plus directe les vexations de l'Angleterre. Il faut cependant faire ici une remarque. De ce nombre j'excepte la majorité de leurs prêtres, et quelques grands propriétaires catholiques : c'est à ces deux sectes qu'il faudra se fier le plus. Il existe aussi un comité en Irlande connu sous le nom de celui d'Irlandais-réunis. La majorité de ses membres est composée de républicains. Ce sont des hommes que l'on peut compter comme amis. Enfin il n'existe pas de bourg, et je les ai tous parcourus, où il ne se trouve le plus grand nombre de partisans de l'indépendance de leur pays, et de ce nombre sont les hommes les plus actifs, les plus éclairés et les plus entreprenants. Il ne faut que débarquer et je réponds du succès. Que je fasse ici une remarque. La force physique ne devient que secondaire dans une pareille entreprise, la force morale fera tout; point d'acte injuste ni arbitraire, point de démarche vexatoire. Il faut se trouver en Irlande comme sur le sol français : les mêmes égards pour les personnes. Le premier trait de la nation est la reconnaissance, elle saura bien récompenser ses libérateurs, et moi, Irlandais, j'en réponds.
Je réserve à un autre jour les détails sur les endroits les plus convenables pour faire la descente, et sur les noms des personnes qui ne manqueront de devenir utiles, et de vous aider de leurs bras et de leurs fortunes.
C'est dans le sud et le nord d'Irlande où se trouvent en plus grand nombre les partisans de la liberté : voilà donc les endroits les plus favorables pour opérer une descente. Là, les côtes se trouvent dégarnies de troupes, et sans aucune espèce de défense. Le seul endroit dans le sud qui soit défendu par des forts et des canons, s'appelle KimalCy à l'embouchure du port de Cork. La nature en rend l'entrée difficile. Il est défendu des deux côtés par des rochers escarpés qui dominent toute la baie. Sur ces rochers sont établis des forts et des canons, et dans les environs se trouvent toujours cantonnés 2,000 ou 3,000 hommes ; il faut donc que le débarquement s'effectue à quelque distance de cet endroit. A un demi-degré plus au sud est située la baie de Bantry. Je ne connais pas dans toute l'Ile un endroit plus favorable pour faire une descente; là, il ne se trouve ni canon, ni fort, ni force militaire. Les habitants des environs se sont de tous temps montrés ennemis des vexations anglaises. C'est là où le défenderisme trouve ses appuis les plus chauds et les plus fidèles. Tous connaissent l'usage des armes, car ils sont presque en totalité contrebandiers. C'est là surtout où vous pourrez compter sur une foule de partisans. Voici encore un autre motif à vous engager de débarquer dans la baie de Bantry. A deux petites journées de là se trouve la ville de Cork ; c'est ia ville
la plus commerçante de Tile, sa population monte à 120,000 indiyidus. La possession de cette yille sera suivie des plus grands aTantages. Les colonies anglaises commenceraient bientôt à en sentir la perte. Le pays abonde en tout. Maîtres de cette ville, tous aurez à yos genoux toute la partie méridionale de rile. La Tille est presque toute composée de catholiques. Ils sont presque tous républicains et les amis les plus déclarés des principes français. J*y ai passé deux mois. Je suis bien à même de juger Tesprit des habitants. Le journal le plus républicain qui se trouve en Europe est rédigé dans cette ville. J'ai été pendant deux mois collaborat?ur d'un patriote qui se trouve encore en prison pour les lettres que j'avais insérées dans son journal. Ce papier s'appelle la Gmette de Cork, La ville elle-même est sans aucune espèce de défense. On n'a qu'à paraître devant elle, et l'on en devient le maître. On ne peut pas se laisser tromper sur les caractères de cette ville. Je les connais tous ; on aura beau se masquer (sic). Sur l'ouest de cette ville se trouve le comté de Kerry ; c'est l'endroit de l'Irlande que je connais le plus particulièrement. Là j'ai passé les premières années de ma vie. Il ne s'y trouve guère de champ qui ne me soit connu. J'en connais presque tous les habitants ; c'est le comté oi!k se trouve le plus grand nombre de républicains. L'esprit public y est bien dirigé, éclairé et entreprenant. Là vous trouverez un jeune homme qui, par ses connaissances du pays et des habitants, pourra vous devenir très utile ; c'est le caractère le plus populaire de l'endroit. Il s'est déj^ distingué par son opposition au parti du gouvernement. Il est enfin jeune et républicain. Je réponds de lui. Il s'appelle Seggerson, Vous y trouverez aussi un apôtre de la liberté. Il m'a accompagné en Irlande en 1793. Il a été employé avec moi par le conseil exécutif et le premier comité diplomatique de la Convention. Il reste à présent h Iralée, dans le comté de Kerry. C'est un jeune homme en qui l'on peut mettre toute confiance. Il ne manque pas de talents. Il s'appelle Ferris.
Les ports de ce comté sont très favorables pour une descente ; un régiment est toute la force armée qui se trouve dans tout le pays.
La nature a rendu cet endroit, par sa situation, très fort et difficile d'accès; avec 2,000 hommes, on pourrait se défendre contre 12,000. Il ne faut pas que j'oublie un autre caractère non moins intéressant et qui se trouve dans le même comté. C'est un homme qui est aimé des paysans, et qui s'est toujours montré à leur tête dans toutes les circonstances les plus critiques. Il peut se mettre en deux jours de temps à la tête de 6,000 hommes.
C'est le Charetie du pays. Je le connais intimement. Il est mon cousin. On ne peut pas cependant lui confier une grande opération. Il fera un excellent colonel de hussards. Il s'appelle Barry. Tels sont les endroits dans le sud qui me paraissent les plus propres pour une descente. Mais la baie de Bantry me parait la plus convenable. Quant au nord de l'Irlande, il faut choisir la baie de Carickfcrgus. Tous les habitants du nord sont républicains. J'ai déjà fait part au gouvernement de pareilles idées, et je lui ai donné en détail toutes les particularités relatives au nord (1).
(1) Ce rapport est le seal où la baie de Bantry soit conseillée. — Certaines assertions relatives aux dispositions de la population du sud-est devaient être démenties par les événements (Voir ci-dessous).
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Relations extérieures. — Observations sur les instructions délivrées.