‹ 1793-1805 (volume 5)Chapitre 37 sur 61 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Voici dans quels termes s'expriment les Instructions nautiques^ Paris 1797, Service hydrographique : Au sujet de la baie de Bantry :

Cette baie est facile [d'accès et ne renferme aucun danger qu'on ne

puisse enter facilement ayec une prudence ordinaire ; on y ressent à peine les

itry^

mouYements de la marée. Elle a 3 à 4 milles de largeur et s'enfonce pendant 48 milles environ dans la direction de FE.-N.-E. Les sondes y décroissent graduellement d'une profondeur de 58 mètres entre le cap Sheep et Bere Island {\),

(1) L'orthographe Bere ne ee retrouve pas dans les docoments du siècle dernier. I. 13

à 25 mètres à rextrémité intérieure de la baie, sur un fond uni, de tenue excellente. Cette baie est exposée cependant aux effets du vent d^ ouest , mais, avec ces vents, on trouve un abri parfait à Bere Haven, ainsi que dans les ports Widdy et GlengariCP, qui sont dans le fond de la baie. Les plus grands navires peuvent les fréquenter avec avantage et séciu'ité.

Le côté sud de la baie présente une série de précipices accores et sans

dangers Avec les vents du sud et de Vest, il tombe de violentes rafales de

la chaîne des montagnes de Gualdane qui s'élèvent à une hauteur de 300 mètres à un demi-mille du rivage

Le havre de Berehaven (sic) est un port excellent où les navires de toute

grandeur peuvent s'abriter contre tous les vents. U est spacieux, facile d'accès, avec un fond de bonne tenue et constitue un excellent port de relâche pour une flotte.

Le port de Glengariff renferme deux bons mouillages on

trouve dans le mouillage intérieur, abrité par Tlle East-Garinish et les roches qu'elle projette, une sécurité parfaite contre tous les vents et la mer. U peut

recevoir plusieurs navires de 6 mètres à 7",50 de tirant d'eau Dans le

port extérieur, il y a place pour trois ou quatre grands navires.

Les grands navires trouvent un bon mouillage très sûr en dedans de l'Ile Whiddy On peut y rester en toute sécurité par un vent d'ouest.

Dans la partie sud du mouillage, connue sous le nom de port de Bantry, on est parfaitement abrité de tous les vents et de la mer en mouillant par des fonds de vase de 7 à 9 mètres (i).

(1) En 80 reportant aux instructions données par l'amiral Bruix et contenues dans le Paquet n» 1, qui fut décacheté le SI décembre, vers 10 heures du matin, on est firappé de la remarquable coïncidence qui existe entre les prescriptions du mi^or général et les données les plus récentes de la science moderne.

La manœuvre indiquée pour prendre le mouillage de Bear Haven, dans le chenal, entre nie et la côte nord, en laissant arriver par vent de la partie est, était facile au point oii la plus grande partie des navires était arrivée le tZ au soir et réduisait au minimum le louvoyage dans l'intérieur de la baie.

La place de chaque navire était fixée. « C'était de la besogne toute mâchée », dit Morard de Galles, et l'abri aurait été absolument sôr.

On ne peut comprendre comment personne n'eut l'idée d'entrer dans le chenal et comment tous les navires restèrent dans la partie la plus large, la plus exposée de la baie c aux violentes rafales qui tombent de la chaîne de Gualdane » {Instructions nautiques).

Le 23 au matin, les 10 vaisseaux et les 6 frégates ou corvettes entrés dans la baie étaient mouillés à Test et au sudest de la pointe orientale de File de Bear, c'est-à-dire à peu près au point indiqué dans les instructions de Tapiiral Bruix comme le mouillage n® 2 utilisable seulement par vent du nord, alors qu'il ventait de l'est-sud-est en grand frais.

Sur ce point, la valeur du temps, les témoignages des marins sont peu concluants.

« Le 3 nivôse (23 décembre) , dit le chef de division Bedout, « on ne put rien faire et Ton ne vit plus Nielly et les 20 bâti- « ments restés dehors.

« Le 3, il fit trop mauvais temps pour faire des mouve- « ments dans la baie et pour espérer la jonction des bâtiments « qui étaient dehors, dit le rapport de 1^ conmiission d'en- « quête. »

Cependant, le journal de Bouvet, en constatant que les rafales ont diminué dans l'après-midi « et que le vaisseau les DroitS'de-r Homme ayant demandé à changer de mouillage, il a pu profiter de cette autorisation », laisse entendre que la mer, quoique grosse, n'était pas démontée et qu'à défaut d'un nouveau lou voyage pour gagner le fond de la baie, opération déclarée possible par les témoignages du général Loches (1) et du général Harty (2), il était facile de se laisser ramener dans le chenal de Bear Haven.

« Des bâtiments habitués à plus d'activité, dit enfin « l'amiral Jurien de la Gravière (3) eussent pu, dès les pre- « miers jours, gagner un mouillage favorable et mettre leurs « troupes à terre. Le succès de l'expédition était encore assuré. « Nos vaisseaux furent malheureusement dispersés par un

(1) A bord du Trajan (Grouchy, page 373) : « Entré avec nous (général Spital) le l** nivôse dans la baie de Bantry, j'étais tellement persuadé que notre débarquement allait s'effectuer que déjà les troupes du Trajan avaient l'ordre de se tenir prêtes. . . . jugez de

ma surprise quand le contre-amiral Bouvet mit un retard funeste à s'emparer du

mouillage n* 1 Je n'ai pas besoin de vous dire que les vents étaient assez calmes le

4 et le 5 nivôse pour pouvoir louvoyer. Comme moi vous vous en ôtes facilement aperçu ».

(S) A bord de YEole (Grouchy, page 380) : « Pendant la journée du 3 et la matinée du 4, nous pouvions courir des bordées et nous enfoncer dans la baie, où il n'y a rien à craindre du mauvais temps. Dans ce moment, comme depuis notre passage du Raz, jusqu'au 5, il faisait beau ; le vent, quoique toujours à l'est, permettait cette manœuvre qu'on n'a pas jugé à propos de faire. Je ne sais pourquoi on a préféré de rester à l'entrée de la rade, où l'on n'était pas à l'abri ».

(3) Cité par Escande, page 214.

« coup de vent (le 25), qu'ils eurent Fimprudence d'attendre « dans une baie ouverte. »

En résumé, on peut admettre que, si dans la baie la mer était trop forte pour essayer de débarquer (1), elle permettait pourtant aux navires de se mettre à l'abri, au moins à Bear Haven.

C'est dans l'oubli de cette précaution qu'il faut chercher la principale cause de l'insuccès.

Voici le témoignage de Wolf Tone :

Nous restons là en désordre, attendant à toute minute la yisite des Anglais et sans prendre la moindre précaution défensiTe, pas même une frégate à l'entrée de la baie pour nous prévenir de l'approche de Tennemi. On dirait ^e nous avons moins à craindre de Tennemi ici qu'à Brest, où pourtant nous avions quatre corvettes en dehors du goulet, sans parler des postes de

signaux La journée s'est passée sans voir aucun navire ami ou ennemi,

le vent est plus modéré, mais toujours debout Je propose à Chérin de

me donner la légion des Francs, une compagnie d'artillerie légère, tous les officiers qui Toudraient se joindre à moi comme volontaires, avec ce qui reste d'armes et de munitions, c'est-à-dire 4 pièces de campagne, 20,000 fusils, 4000 livres de poudre et 3 millions de cartouches, de nous débarquer à la baie de Sligo et de nous laisser faire. Si nous réussissons, il y aura profit matériel et moral pour la République; si nous échouons, il n'y aura pas grand'perte, puisque la dépense est déjà faite, et, quant à la légion, on sait comment elle est composée, et le pis qui puisse advenir serait d'en débarrasser la République.

Un peu plus loin, il ajoute :

« Nous sommes ici 16 voiles, petits ou grands navires, si dispersés dans la « baie qu'il n'y en a pas deux ensemble, sauf en un point où deux vaisseaux « sont si serrés que, s'il vente cette nuit ils se heurteront sûrement, à moins « que l'un des deux ne se jette à la côte (2). »

« Pendant la nuit du 3 au 4 (i3 à 24 décembre), dit l'amiral Bouvet, le vent « de l'E.-N.-E. souffle en frais médiocre. — Beau temps, mer houleuse. » Au jour, le lougre le Vautour, envoyé pour savoir si les navires non entrés dans la baie n'étaient pas dans celle de Demmanus, revient avec une réponse

(1) Le canot du vaisseau Eole ne peut joindre la (tég&U Immortalité avec qui Ton avait demandé à communiquer.

(S) Cette absence complète d'ordre, de discipline, devait causer un curieux incident, qui jette un nouveau jour sur Tincurie du commandement et la négligence des équipages.

Pendant la nuit du 23 décembre, le navire anglais Jaseur, capitaine Stirling, avait traversé la partie de la flotte française rejetée hors de la baie. (Lettre du capitaine publiée par le London Gazette, 3 janvier 1797).

négative. Dans la journée, VAialante entre dans la baie et son chef donne des nouvelles du général Hoche.

Le temps permettait donc sûrement de manœuvrer. Comment, jusqu'à 4 heures du soir, ne fit-on rien? Voici ce que dit Tamiral Bouvet :

N'ayant absolument aucune connaissance du reste de Tarmée et voulant prendre un parti dans la circonstance présente, que chaque instant rend plag critique, j*engage le général Grouchy, commandant les troupes de débarquement en Tabsence du général Hoche, de se concerter avec les autres officiers généraux de terre et déterminer enfin si Ton tenterait la descente avec le peu d'hommes qui reste ou si nous sortirions de la baie pour aller à la recherche de Tarmée.

Ces généraux ayant décidé que la descente serait tentée, je fais faire de

suite le signal d'appareiller avec la plus grande célérité au reste des vaisseaux, et j'y joins celui de forcer de voiles pour tâcher de prendre le mouillage désigné dans le plan.

Quel mouillage ? Est-ce celui de Bear Haven, ou celui de Glangariff au fond de la baie ? C'est ce que Famiral ne dit pas et le rapport de la commission d'enquête ne sert qu'à rendre le mystère plus complet.

Le 4, le temps s'étant embelli à 10 heures, la plupart des bâtiments

étaient sous voiles pour gagner le fond de la baie (?j A. 5 heures, le

général est venu mouiller par 31 brasses, Sheepshead au S.-O., la pointe de l'est de Bear Island au N.-N.-E. du compas. Les autres bâtiments se sont approchés le plus qu'ils ont pu du point de débarquement choisi

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Ce que l'on sait d'une façon certaine, c'est, confirmé par les deux pièces ci-dessus, quel était le relèvement du mouillage pris le 24 décembre vers 5 heures du soir.

Sauf pour quelques bâtiments qui, au N. de la pointe E. de Bear Haven, avaient en partie FaBri du chenal, c'était encore la baie ouverte, mais plus près que la veille de la côte nord, avec le danger encore plus grand d'y être jeté, pour peu, et ce fut le cas le lendemain, que le vent d'est inclinât un peu au sud-est.

C'était encore ime journée perdue et, malheureusement, ce devait être la meilleure.

On l'avait employée à tenir im conseil.

Le passage du journal de Bouvet cité ci-dessus, bien que ne contenant aucun détail sur ce qui s'était passé dans cette réunion, donne au moins la preuve de l'extrême inquiétude où se trouvait l'amiral.

D'après Wolf Tone (1), ce serait sur ses instances que l'idée du débarquement aurait été admise :

Vers 1 heure enyiron, dit-il, nous étions à bord (de V Immortalité), Je dois à Grouchy la justice de dire qu'au moment où nous donnâmes notre opinion en faveur de la descente, il prit décidément son parti en homme de courage'.

Il se mit aussitôt à préparer son ordre de bataille et nous finîmes sans délai. Nous n'avions pas plus de 6,500 soldats, mais c'étaient des hommes éprouvés

qui avaient vu le feu Nous n'avions pas une guinée, pas une tente, pas un

cheval pour traîner nos quatre pièces d'artillerie

D'après Chérin (2), le général Grouchy, me déclara qu'il adhérait avec enthousiasme au projet de débarquement Cette résolution fut communiquée par lui au général Bouvet qui demanda une réquisition par écrit, et,

après l'avoir acceptée, il promit d'effectuer le débarquement le lendemain

Je quittai Grouchy vers 2 h. i/t, devant retounier près de lui le lendemain matin pour l'exécution de toutes les dispositions relatives au débarquement

D'après un paragraphe biffé dans le manuscrit et par suite très suspect, le signal d'appareiller donné dès le matin par l'amiral Bouvet, aurait impliqué chez ce dernier la résolution de rentrer à Brest. Il n'y aurait renoncé que devant la réquisition formelle de Grouchy (3).

« Je lui déclarai, dit ce dernier, que je prenais tout sur ma responsabilité ...»

Dans une lettre datée de Brest, et envoyée à Hoche,

(1) Journal de Wolf Tone. Cité par Escande, p. 268.

(2) Escande, page 268.

(3) Qroachy, page 402.

Grouchy (1) maintient et précise contre Tamiral Bouvet, l'accusation d'avoir, dès le 23, voulu retourner à Brest par crainte d'être bloqué par les Anglais, et de n'avoir cédé que devant la menace de voir rejeter sur sa tête la honte d'un échec.

Une fois le principe du débarquement admis, il n'y avait pas une minute à perdre pour l'exécuter et il aurait été à l'honneur de Grouchy de ne pas attendre que ses subordonnés vinssent le relancer & son bord. C'était dans la matinée, en profitant du beau temps, qu'il fallait jeter sur la côte les troupes prêtes à marcher. Elles ne demandaient que cela et, en quelques heures, pouvaient être à terre (2). Or, outre les témoignages de Wolf Tone et de Chérin, sans parler même de celui de Harty, d'après lequel le commandant en chef « avait résolu d'effectuer le débarquement le 6 » (3), la lettre écrite par Grouchy le 4 au Directoire est l'aveu formel de l'acceptation par l'autorité militaire d'un nouveau délai de vingt-quatre heures (4).

<t Le débarquement, y est-il dit, s'opérera demain 5 à Bear Hayen ; le 6, je « me porterai sur Bantry, où je réunirai quelques moyens de subsistance et de « transport. Le iO, j'espère enlever, sinon les forts, du moins la ville de Kin- « sale, et, le 12 ou le 13, je serai devant Cork. »

Comment le général Grouchy employa-t-il les heures de cette journée décisive du 24 décembre 1796?

Tout d'abord, on sait par ses défenseurs les plus décidés, qu'il ne fit aucun acte de commandement avant 1 heure du soir.

A partir de ce moment, on ne peut enregistrer que la reconnaissance, faite par le lieutenant de vaisseau Lecourt, de l'atterrissage à Bear Haven, que l'on voyait du bord de la

(1) Rapport de Lemoine, cité par Oroaeby.

(t) Rapport de Harty, cité par Oroaeby, page 380.

(3) Lettre de Oroaeby aa Directoire, citée par Groachy, page 3t3.

(4) L'état moral des officiers et des troapes est ainsi apprécié par Wolf Tone :

« Je n'ai Jamais tant aimé les Français qae ce soir; j'ai peine à me figarer qae les flineors da boalevard et les soldats qai m'entoarent sont da même hémispbère. Poar bien Jager les Français, on, tout au moins, pour apprécier le cété brillant de leor caractère, il faut les Yoir non à Paris, mais dans un camp. C'est aux armées que la République existe. »

frégate et que le plan et les instructions si précises de Bruix décrivaient si parfaitement. Ensuite, une conférence avec quelques Irlandais amenés par Tescadre, et de leur conversation résulte ce fait dont on aurait pu depuis longtemps avoir connaissance, à la seule inspection de la carte, c'est qu'entre Bear Haveh et Bantry la route était des plus médiocres et de plus fort longue (plus de 36 kilomètres) (1).

L'importance de cette question topographique était singulièrement diminuée par la pénurie d'artillerie où l'on était, puisqu'on possédait en tout quatre pièces sans un seul cheval pour les traîner. Toujours est-il que Grouchy change du coup tout son plan et requiert l'amiral Bouvet de faire transporter ses canons à Bantry même, par une frégate, une flûte et un bâtiment léger qui attaqueront le fort situé près de cette ville.

Un tel ordre, impliquant le transbordement d'un navire à l'autre de pièces de canon, était simplement inexécutable et ne reçut d'ailleurs pas le moindre commencement d'exécution.

Quelles ressources aurait-on eues pour exécuter un débarquement le 24 ?

D'après la lettre écrite par Grouchy ce jour-là au ministre, il aurait disposé de :

Avant-garde (2) : Légion des Francs 1,092 hommes

24® demi-brigade 706 —

Total 1,798 —

sous les généraux Humbert [Droits-de-r Homme) et Watrin

(1) Après la conférence nous trouYons : une proclamation aux troupes (Registre de correspondance, Archives de la Guerre, cité par GuiUon, page 259), parCaitement inutile, du reste, et qui ne leur fut même pas communiquée ; puis une longue lettre au Directoire (qu'on aurait pu remettre au moment où l'on aurait pris pied sur le sol de l'Irlande) ; une proclamation aux Irlandais ; une autre lettre au Ministre. Tout cela prit plusieurs heures.

Voici comment, à son retour, le général Hoche appréciait le général Grouchy : « Leur conduite a pu m'engager à éloigner de moi Oronehy et Vaillant, mais je ne suis pas capable de les accuser. Le premier est un inconséquent paperassier dont tous aves bien Jugé les motifs. Le second est on misérable ivrogne auquel le dernier des hommes serait coupable de vouloir du mal. (Lettre au général Uédonville, 1 1 février. Archives de la Guerre,)

(2) Guillon, p. 265.

{Fougueux). Mais on sait (1) que ce vaisseau était déjà parti dans la nuit du 23 au 24. Ce chiffre est donc inexact.

Corps de bataille : la 27® demi-brigade . . . 600 hommes — 94» — 2,953 —

Total 3,553 hommes

sous les généraux Spital (Patriote)^ O'Shee {Cassard) :

Réserve : 8 1 « demi-brigade et 3« compagnie de grenadiers. . . 317 hommes.

Brigade étrangère (cadres) . 532 —

Total 849 hommes.

Ganonniers environ 200 —

Total général 6,400 hommes environ.

Artillerie : 1 obusier, 2 pièces de 4, 1 pièce de 8.

D'après Tordre d'embarquement transmis le 25 décembre (2) au Directoire par le général Humbert, et déjà cité, il aurait eu en réalité :

A bord de VIndomptable 503 hommes.

— du Wattignies 477 —

— à^VEole 522 —

— du Cassard 573 —

— de la Constitution 600 —

— des DroitS'de-r Homme.,, 549 —

— du Patriote 676 —

— du Trajan 591 —

— du Pluton 519 —

— de la Révolution 600 —

— an Nicodème {Mie) 358 —

— de Y Immortalité 145 —

— de la Bellone 269 —

— de VAtalante » >»

— du Vautour » »

— de YAffronteur » »

— du Voltigeur » »

Total 6,382 hommes.

(1) Rapport de Watrin. Grouchy, p. 370.

(1) Archives de la Guerre, Expédiiion d'Irlande.

Quant à rartillerîe, citée d'ailleurs pour mémoire, puisqu'on ne pouvait ni la débarquer ni surtout Tatteler, d'après l'état de répartition fourni avant le départ par Tadjudant général Chérin, il aurait dû se trouver :

Sur le Plut on 1 pièce de 8 et 2 caissons.

Sur la Constitution, 2 — 4 et 4 caissons.

Sur le Nicodème, . . 1 — 12 \ , .

g ^ I et en outre

(1) Que ponyait faire eette petite troupe sans irtiUerie et sans chevaux ?

U semble que la Tille de Bantry deyait dtre son objectif immédiat, surtout pour mettre la main sur les moyens d'existence et de transport qui lui faisaient absolument défaut.

Âil cas où des forces supérieures l'auraient mise en péril, elle aurait aussi trouvé dans cette localité des embarcations pour se réfugier et se fortifier dans 111e Wbiddy, dont Groucby voulait faire sa base d'opérations. Là, elle aurait pu tenir jusqu'à l'arrivée des secours qui ne pouvaient manquer d'arriver et qui arrivèrent en effet cinq jours plus tard. Sa présence eût rallié les forces éparses qui vinrent successivement dans la baie après le coup de vent du 25, du 26, du 27 et du 28, et Hoche, à son passage, eût trouvé un noyau solide et qui, à en juger par les dispositions de Tennemi, n'aurait pas été sérieusement inquiété jusque-là.

Dans ces conditions, il aurait été préférable, dans la journée du 23, de débarquer sur la côte sud, dont le mouillage était le plus rapproché, plutôt que sur la côte nord, afin d'être près de la ville de Bantry, véritable objectif de l'opération. La route du nord est, en effet, incomparablement plus longue à cause des sinuosités de la baie et traverse un pays sans aucune ressource. L'inconvénient, pour celle du sud, d*étre mauvaise, était peu important pour des fantassins sans bagages et sans canons.

L'effet moral de la descente à Bantry eût été immense sur la population irlandaise et sur les marins français, que cet acte décisif aurait tirés de leurs hésitations.

Si la journée décisive du 24 ftit perdue, il est iqjuste d'en faire peser la responsabilité sur l'amiral Bouvet seul. Ses manœuvres avaient été défectueuses, mais ses capitaines étaient peu disciplinés et ses équipages peu instruits. Son mouillage du 23 était mal choisi, mais peut-être lui avait-il été difficile, en raison du temps, de se placer mieux. Tel qu'il était, cependant, rien n'empêchait, dès le 24 au matin, de mettre à la mer toutes les embarcations et d'aborder soit sur la côte nord, soit plutôt sur la côte sud, avec la mineure partie de l'infanterie. On aurait, plus tard, amélioré le mouillage, et cet acte décisif aurait entraîné toutes les hésitations de Bouvet. C'était au chef militaire à donner de bonne heure cet ordre très exécutable sans attendre les démarches et les instances de ses subordonnés, si l'expédition ne toucha pas la terre d'Irlande, c'est le général Grouchy qui semble en être principalement responsable. Hoche, s'il avait pu être sur les lieux, n'aurait pas hésité.

Une pareille appréciation serait singulièrement dangereuse, si l'on ne savait avec quelle dureté le général Grouchy accable l'amiral Bouvet. Puisqu'il a jugé lui-même le débarquement possible, c'est son aveu même qui l'accuse de ne pas avoir, à temps, réclamé ses droits de chef. Remplaçant Hoche, il héritait de tous ses pouvoirs et ceux-ci, on l'a vu plus haut, étaient absolus. 11 est même rare que, dans une opération combinée des fbrces de terre et de mer, la question du comivandement ait été tranchée d'une façon plus nette que ne le fit le Directoire avant le départ de l'expédition.

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