‹ 1793-1805 (volume 5)Chapitre 7 sur 61 · LES PROJETS OFFICIELS · texte numérisé non relu

LES PROJETS OFFICIELS

Les mémoires qui précèdent, intéressants surtout comme symptômes de l'état d'esprit qui dominait à cette époque, eurent peut-être une certaine influence sur les résolutions officiellement prises. Mais ceUes-ci méritent surtout de fixer l'attention, même lorsqu'elles ne reçurent pas un commencement d'exécution.

Suivis ou non, les projets s'enchaînent et se lient directement avec les événements.

C'est dans les discours prononcés à la Convention qu'il faut chercher les premières idées sérieuses d'offensive contre l'Angleterre.

Le député Kcrsaint présenta le l®' janvier un véritable plan d'opérations dont voici le résumé :

« La guerre de mer doit être essentiellement offensive. » Il faut attaquer les colonies de l'Angleterre, de l'Espagne, du Portugal et de la Hollande, enlever Lisbonne et le Brésil. Il n'y a pas à craindre de débarquement, que les Anglais ne tenteront pas par crainte d'une invasion, et que les gardes nationales sauraient repousser. « Les barques de nos pêcheurs sauront toujours transporter 100,000 hommes qui termineront la lutte sur les ruines de la Tour de Londres. »

Conformément à ces idées, Kersaint rédigea un projet de décret :

On armera 30 vaisseaux et 20 frégates, on construira 25 vaisseaux de ligne et 20 frégates. Le Conseil exécutif prendra les mesures les plus promptes pour assurer l'armement des côtes et mettre en état d'être employés, au printemps prochain, 100 bataillons dans les départements maritimes et ceux qui avoisinent la mer; les Comités de la guerre, de la marine, diplomatique, le Conseil exécutif, proposeront les mesures nécessaires. Enfin, il sera formé un Comité de défense formé

de trois délégués des Comités de la guerre, des finances, des colonies et de la marine.

Sur les représentations de Charlier, Thurot et Marat, cette dernière proposition est, ce jour-là, adoptée.

Mais tout le reste Test le 13 janvier. En outre, la course est organisée.

Le rapport lu par Brissot, le 12 janvier, en faisant déclarer la guerre, indiquait le moyen de la soutenir.

Extrait du rapport fait par Brissot, dans la séance du samedi 12 janvier, sur les dispositions du gouvernement britannique.

C'est ici qu'il faut déchirer le voile qui enveloppe ce colosse imposant

(le FAngleterre ; c'est ici qu'il faut prouver que tous commencerez cette guerre maritime avec autant et plus d'avantages que le cabinet de Saint-James. Argent, hommes et vaisseaux : voilà le triple nerf de la guerre. Eh bien, considérez l'état de l'Angleterre, comparez-lui le vôtre !

La dépense publique de l'Angleterre a monté, en 1791, après une paix de sept années, à plus de dix-sept millions de livres sterling, et sa recette n'a pas été au delà de seize millions. Avant la Révolution, le million de livres sterling valait vingt et un millions de nos livres, c'est-à-dire que plus de quatre cent cinquante millions sont nécessaires pour gouverner une population de sept millions d'hommes, tandis que vingt-cinq millions de Français, si nous étions en temps de paix, ne payeraient pas autant de taxe : c'est-à-dire que chaque Anglais paye trois fois plus d'impôts qu'un Français; c'est-à-dire que, pour faire la guerre, l'Angleterre n'a pas une seule hypothèque à offrir aux emprunts qu'elle sera obligée de faire pour soutenir la guerre, puisque la dépense ordinaire, en temps de paix, surpasse de près d'un million la recette ordinaire, tandis que la France a d'abord plus de trois milliards d'hypothèques à offrir en fonds de terre; tandis que lorsque cette hypothèque sera épuisée, la richesse du sol et de l'industrie française offrira ces ressources immenses depuis longtemps consommées par les besoins du ministère anglais.

Jugez, par un autre trait, de la détresse de cette superbe puissance. L'armement simulé contre la Russie en 1791 a coûté près de cent millions, et il fait partie d'une dette de vingt millions de livres sterling qui n'a pas encore d'hypothèque, tandis que le ministère anglais, pour cacher sa faiblesse sous une prospérité apparente, a fait amortir annuellement un million de livres sterling en fonds anglais. Amortir un million lorsque le déficit annuel s'élève presque à ce million même, lorsque près de vingt millions de livres sterling ne sont pas encore fondés, lorsque pour faire face à des besoins pressants, on est obligé de se dégrader au point de voler dans la Banque d'Angleterre cinq cent mille livres sterling appartenant à des propriétaires inconnus!

L'Angleterre, depuis la paix avec l'Amérique, a vu créer près de trois millions de livres sterling de taxe par année. Et quels impôts l'agriculture, le commerce, les manufactures n'auraient-ils pas à redouter, si la guerre avait I. 2

duré ; si surtout elle était dirigée contre un peuple libre de Tingt-cinq millions d'hommes, déterminés à s'ensevelir sous les ruines de la Liberté, lorsqu'une guerre avec trois millions d'Américains lui a coûté plus d'un milliard?

Parlerai-je de la ressource des hommes, comparerai-je cette population de vingt-cinq millions de Français, qui n'ont qu'une Ame, qu'une volonté, avec ces sept millions d'Anglais, qui fournissent à peine les trente milliers d'hommes que demandent et que dévorent chaque année les climats brûlants des lies à sucre et des Indes orientales ; avec c^îs douze cent mille Écossais, las du joug de l'Angleterre, et qui la désertent chaque jour pour enrichir les États-Unis; avec ces trois millions d'Irlandais, qui sont loin de seconder les folies du cabinet Saint-James, qui, loin de vouloir combattre un peuple libre, cherchent au contraire à l'imiter, qui présentent déjà au despotisme effrayé une armée de plus de soixante mille volontaires bien organisés?

Votre immense population est et sera une pépinière intarissable, et de soldats et de matelots, lorsque la voix de la Liberté les appellera au combat, soit sur terre ou sur mer. Avant six mois^ quatre-vingt mille matelots français, attirés par le désir de servir leur patrie, feront flotter le pavillon tricolore (i), tandis que le cabinet anglais ne peut, avec une prime monstrueuse de cinq livres sterling, compléter son addition de neuf mille matelots; tandis que, pour armer une flotte considérable, il sera forcé de recourir à l'infâme presse, et, par 1^, de précipiter sa ruine en appelant l'insurrection. Ne l'oubliez jamais, la guerre que vous faites est une guerre sans exemple ; c'est la nation entière qui combat contre des satellites, ou payés, ou de mauvaise volonté, satellites dont la ressource sera bientôt épuisée.

C'est en considérant ainsi avec un œil attentif cet échafaudage important de la grandeur anglaise, que l'observateur instruit parvient à en découvrir le vide ; et quand il jette les yeux au dehors de cette île, l'Angleterre lui parait seule, oui seule, au milieu de ses alliés et de ses vassaux. Est-ce la Prusse qui doit la chérir, la Prusse qu'elle a si cruellement jouée dans la guerre actuelle? La Russie, qui ne lui pardonnera jamais d'avoir touIu humilier son orgueil? L'Empereur, dont l'indigence épuisera bientôt le trésor de l'Angleterre, comme ses prédécesseurs l'ont épuisé dans la guerre des Alliés? Le Portugal, qui s'occupe de recueillir de l'or, non pour le Tage, mais pour en enrichir la Tamise? La Hollande, lasse de son joug, et dont l'impuissance tourne aujourd'hui contre l'Angleterre même?

Sont -ce ces îles à sucre qui peuvent fournir des fondements solides à sa grandeur, ces lies déjà ébranlées par l'exemple des colonies françaises, où les hommes de couleur sont réduits presque au sort des esclaves, où les esclaves ne sont pas même au niveau des bètes de somme? Complétez votre décret sur les hommes de couleur, adoucissez le sort de l'esclave, et vous protégerez vos îles, en enlevant bientôt à l'Angleterre les siennes.

Est-ce dans ses immenses possessions des Indes occidentales que l'Angleterre doit espérer de trouver des moyens et des amis? Je vois un commerce qui

(1) Les prévisions de Brissot devaient être craellement démenties par la pénurie d'hommes de mer, de beaucoup le plus grand mal dont soumrit la marine française à cette époque.

en quatre années, a coûté onze millions de Uttcs sterling, et n'a pas rapporté au delà; je Tois un revenu territorial qui n'est dû qu'à la force qui se dessèche de jour en jour, qui est insuffisant pour fournir aux moindres guerres ou au\ déprédations des Anglais; je Yois un tribut encore payé à la Chine, une étendue immense à parcourir, peu de moyens à employer, et pas un ami. Pas un amil Oui. ce mot est vrai pour tout homme qui connaît à fond Fétat politique actuel de Tlnde. Est-il en effet Tami de FAngleterre ce nabab du Garvat, qui, depuis trente ans, est sous la liberté des Anglais, qu'ils ont constamment abreuvé d'amertumes et d'ignominie ; saisi aujourd'hui par ses créanciers, qui lui disputent le reste des dépouilles que n'a pas enlevées la cupidité des gouverneurs anglais. Est-ce un ami, celui qui prête ses troupes à la force, et qui les refusera toujours à la faiblesse? Sont-ce ces Malcrattes, qui connaissent enfin le machiavélisme de la politique anglaise, qui sentent bien que si Cornwalis n'a pas entièrement écrasé Tippoo, c'est qu'il fallait leur conserver un rival ; c'est qu'il convient aux Anglais de faire détruire l'un par Tautre les peuples de l'Inde. Est-ce Tippoo Sultan, qui concentre dans son àme la douleur dévorante d'avoir vu flétrir à Seringu-Patam les lauriers cueillis si souvent sur les Anglais mêmes? Ce Tippoo dont l'ambition est l'élément, qui n'attend que l'occupation pour faire éprouver de nouveau aux Anglais ses talents, son courage et sa vengeance.

Est-ce ce fils infortuné d'Alleem Shah, qui, en surveillant le trône du Mogol, n'a recueilli que les fruits de l'injustice anglaise, de cette injustice qui continue à le priver d'un tribut reconnu légitime par le Parlement même ? Sont-ce ces laborieux tisserands de l'Inde, dont ils tyrannisent l'industrie; ces Jemindars dont la propriété est sans cesse flottante. Sont-ce tous ces hommes qui prêteront un appui au cabinet anglais? Non, tout secours doit être ici arraché par la force, et les secours qu'on doit h la force ne sont pas de longue durée.

Trente millions d'hommes sont maintenant dans l'Inde sous la domination de l'Angleterre; presque tout Tindoustan la déteste, et soupire après la ruine de la puissance anglaise; et avec quelle force contient-on cette énorme quantité d'hommes, cette immense étendue de pays? Avec dix mille Anglais au plus, disséminés sur toute la surface de l'Inde, qui ont à leurs ordres cent mille indigents de ce pays, bien disciplinés, mais dont la discipline pourra tourner un jour contre leurs maîtres. Joignez à ce tableau ceJui de l'épuisement des finances de tous ces princes, et surtout de celui du Bengale, Fépuisement de cette compagnie des Indes, qui va bientôt rentrer dans le néant, accablée de dettes et couverte de malédictions, comme toutes les autres compagnies.

Rappelez-vous cette guerre injuste contre Tippoo, qui vient à peine d'être terminée, qui coûte à la Grande-Bretagne plus de deux cent mille livres sterling, une quantité prodigieuse d'hommes, et dites-nous s'il est possible qu'un petit pays comme l'Angleterre puisse longtemps soutenir ce colosse de grandeur à quatre ou cinq mille lieues de son territoire ; dites-nous s'il est possible qu'il puisse y soutenir des attaques bien dirigées, combinées avec les princes de ce pays, et dans un nouveau système ; dites-nous si, lorsque les Républicains français se présenteront dans ces parages, non pour remplacer les Anglais en les chassant, mais pour rendre l'Inde à son indépendance, pour y rappeler le commerce à sa vraie base, la base de la fraternité ; dites-nous si dès lors ils ne trouveront pas et dans les princes et les peuples autant d'alliés.

et s*il ne leur sera pas facile de renverser une puissance dont la statue colossale accuse la faiblesse et la ruine?

Loin de nous, en traçant ce tableau, l'idée de vouloir affliger la nation anglaise; nous ne voulons que démasquer le fantôme de puissance sur lequel son ministère s'appuie.

Quant à la nation, elle ne nous offre que des frères, et Ton ne veut pas la destruction de ses frères; mais la nation anglaise doit enfin, comme nous, chercher sa prospérité non dans un commerce exclusif, non dans des possessions volées à leurs propriétaires, non dans l'art d'exprimer les sueurs et le sang des laboureurs et des artisans de l'Inde, mais dans un commerce fondé sur la neutralité, sur la justice universelle, sur le développement libre de l'industrie. Eh! quelle nation qui s'est réduite ainsi elle-même, peut prétendre à de plus hautes destinées que TAngleterre? Qui l'emporte sur elle en industrie, en capitaux, en esprit d'ordre, en moralité surtout, cette moralité qui inspire confiance et est l'àme du vrai commerce?

Je n'étendrai pas plus loin ces réflexions, qui doivent vous prouver que vous ne devez pas craindre de voir le cabinet d'Angleterre se joindre à vos ennemis.

Kersaint vous a démontré, d'ailleurs, dans le tableau énergique qu'il vous a présenté sur la nation anglaise, combien il vous est facile de l'attaquer avec avantage, et dans presque toutes ses possessions. Ce que vous avez à craindre, ce n'est pas la guerre, c'est l'incertitude sur la guerre. Elle use tous les moyens sans aucun profit. Vous devez donc exiger une déclaration précise ; et, si vous ne l'obtenez pas, vous résoudi-e à la guerre. Dites donc à la nation anglaise : « La guerre que votre cabinet médite contre nous est une guerre impie, fratricide; nous l'avons en horreur. Vivre en paix avec vous est notre unique désir; nous voulons respecter vos droits, ceux de vos alliés, respectez nos principes. Si vous avez des inquiétudes, nous sommes prêts à les dissiper; mais si vous avez la faiblesse d'obéir aux impulsions perfides de votre ministère, si vous voulez prêter vos mains aux combats qu'il nous prépare, alors, nous vous le déclarons avec douleur, nous ne verrons plus en vous que des ennemis cruels, que les frères de ces satellites d'Autriche dont nous avons jiu-é la destruction.

Mais le plan véritable que Ton suivait au moment où la guerre était simultanément déclarée à TAngleterre et à la Hollande, et que les événements seuls empêchèrent de réaliser, est Tœuvre de Dumouriez.

Si le texte même de ce projet n'a pas été retrouvé (1), son existence est prouvée par de nombreuses pièces ; en particulier une lettre en date du 14 février 1793, dans laquelle le ministre de la guerre informe le général Miranda de Tadopiion du plan de Dumouriez ; un projet de réunion, contre

(1) Les Mémoires de Dumouriez sont muets à ce sii^et.

r Angleterre, des escadres française et batave, approuvé par le ministre, le 13 fé^Tier; enfin, une lettre en date du 13 décembre 1792, par laquelle le ministre fait connaître au général Thouvenot, envoyé par Dumouriez pour présenter son plan au ministre, le refus du gouvernement de Tadopter pour le moment.

C'est un peu plus tard, qu'ayant obtenu un congé de six semaines (1), Dumouriez venait à Paris soutenir, devant le Conseil exécutif provisoire, les idées qu'il nourrissait depuis longtemps contre TAngleterre.

Le projet ci-dessous peut être considéré comme la synthèse du plan proposé.*

Projet du 27 décembre 1792. Sans nom d'auteur (2). — « La République, pouvant être attaquée au nord, à Test, « au midi et sur les côtes de FOcéan, ne peut tenter d'agir " offensivement sur toutes ces frontières. Elle doit profiter « des obstacles naturels partout où ils protègent une guerre «< défensive. »

La répartition des forces sera donc la suivante :

Offensive.

Fantantins. CaTaliert. ArtUlenn.

Armée de Belgique 50,000 10,000 2,000

— de la Moselle 50,000 10,000 2,000

— du Rhin 50,000 10,000 2,000

— d'embarquement 36,000 4,000 1,000

Défensive,

Armée des Alpes 16,000 4,000 800

— dltalie 16,000 4,000 800

— des Pyrénées-Orientales.. 16,000 4,000 800

— des Pvrénées-Occidentales. 16,000 4,090 800

— de réserve 22,000 3,000 300

Total général des forces demandées : 335,500.

(1) Lettre de Pacbo, tl décembre. (Ai'chives de la Guen'e.)

(2) Ce mémoire très complet, établi sûrement dans les bureaux de la Guerre, est un plan d'ensemble. SU n'a pas été écrit par Dumouriez, U reflète trop fidèlement ses idée» pour ne pas présenter un intérêt particulier.

Il faut immédiatement remarquer le projet d'offensive maritime et Tabsence complète de toute défense des côtes.

Cependant un deuxième tableau prévoit, pour les garnisons et les dépôts, un total de 20,000 hommes sur les territoires des 12% 13% 14«, 15« et 16« divisions (1).

Le total absolu de toutes les forces mises sous les armes serait de 506,850 hommes. Il y a dans ce chiffre une concordance trop remarquable avec celui que les historiens prêtent à Dumouriez, et qui aurait été présenté par lui le 9 décembre au Conseil des ministres, pour ne pas être fondé à admettre ridentité à peu près complète de ces deux plans.

Le projet est, du reste, d'une précision trop digne d'intérêt, au point de vue de la constitution des cadres, des dépenses, des munitions pour ne pas avoir une origine très autorisée (2).

En ce qui concerne la partie maritime de Tentreprise projetée contre TAngleterre, il ne semble pas qu'il y ait eu de plan officiel avant le mois de mars 1793. Le 28 de ce mois, l'amiral La Touche-Tréville lisait au Conseil exécutif provisoire un projet qui était adopté comme base générale.

Mais c'était le moment précis où les débuts de la guerre de Vendée allaient faire ajourner pour longtemps toute tentative de descente dans les îles Britanniques.

Plan de l'amiral Latouche (iS mars 179.3).

• Archives de la Marine, Projets, t. IV.

Priticipes, — Protéger les lies du Vent et sous le Vent (8 vaisseaux et 6 frégates partant de Tile d*Aix avant le 10 avril et 5 de Brest avant le 29 avril), savoir :

!• Trajan, Jean-Bart, Auguste^ Superbe, Achille, Suffren, Convention et America;

2® Tenir l'Islo-dc-France avrc une force suffisante (3 vaisseaux : Audacieux, Saint- Achille, Expériment, qui y trouveront la Prudente), <\\x\ tirera ses approvisionnements de Madagascar ;

3® Avoir une escadre d'observation en rade de Brest, qui s'accroîtra progressivement, d'où Ton pourra détacher des divisions ou escadres suivant les cir-

(I) Divisions dos côtes de la Manche et de l'Océan.

(t) A mentionner encore, pour mémoire seulement, mi projet établi en janvier 1793 par le général Cbasot. L'efTectif total demandé est de 560,000 hommes ; sur ce total, Vamiée des côtes (il n'est plus question d'embarquement) figure pour 60,000 hommes.

constances, protéger le cabotage, l'importation des subsistinces et des munitions et défendre l'entrée de la rade de Brest ;

4° Rassembler à Cherbourg une certaine quantité de bâtiments légers, chaloupes canonnières et navires de transport pour embarquer au besoin une armée ou un corps de troupes moins considérable pour menacer, dans le premier cas, d'une descente en Angleterre, et, dans le second, attaquer les lies de Jersey et de Guernesey. L'armée d'observation de Brest donnera à ce rassemblement le caractère imposant d'une attaque projetée ;

5° Avoir un plan de croisières et de frégates arrêté de manière h protéger, d'une part, l'arrivée des bâtiments de commerce, do l'autre d'inquiéter celui de l'ennemi, et spécialement bloquer les côtes de Vendée (il faudrait en tout 15 frégates) ;

6® Avoir dans la Méditerranée deux escadres distinctes, dont une, composée de 12 vaisseaux, 20 frégates ou corvettes, sera destinée à agir offensivement s'il y a lieu, soit en se portant dans la mer Noire (!!), soit en menaçant les divers points de la côte de l'Italie. . . Cette escadre, dans le cas d'apparition de forces trop supérieures, se réunirait à celle chargée du plan défensif pour combattre ensemble l'ennemi.

Cette escadre. . ., composée de 13 vaisseaux et successivement de 17, au fur et à mesure des armements, serait chargée de seconder les opérations de l'armée du Var, de protéger la côte depuis Fréjus jusqu'à Monaco

Les détails d'exécution sont prévus avec le plus grand soin.

En ce qui concerne les 3* et 4® paragraphes, on doit avoir à Brest :

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