SOULT
Ordre du jour de la flottille nationale, commandée par l'amiral Bruix,
conseiller d'État.
Boulogne, le 26 germinal (16 avril 1804) an XII de la République.
L'amiral, en inspectant devant Boulogne et Wimereux la ligne d'embossage,
(1) Archives nationales, carton AFiv, 1599. — Gcerre. Armées contre l'Angleterro; expédition! de l'an vi, l'an viii. Tan xii.
composée de plus de 150 bâtiments, a été content de la tenue et du bon ordre de chacun ; il a cependant remarqué que les commandants de division et de section, ne font pas observer les distance, de manière à ce qu'elles soient égales dans toute la ligne, et qu*un bAtiment ne puisse nuire à un autre.
Les commandants de division et de section doivent continuellement parcourir leurs divisions respectives, pour y établir Tordre prescrit. Tous les bâtiments se tiendront constamment dans les relèvements donnés pour la ligne d'embossage ; et le b&timent chef de file, celui du centre et le serre-file serviront de guides pour rectifier lu ligne d'embossage ; à cet effet, lorsque le général fera le signal de rectifier la ligne, les chefs de file, le bâtiment du centre et le serre-file arboreront au màt de misaine le pavillon, égal à tous, qui servira de signal distinctif.
Lorsque la ligne d*embossage est formée, les galiottes à bombes et les bateaux bombardes doivent toujours se tenir h peu de distance sur Farrièrede la ligne ; les péniches de vedette à une encablure en avant, et les autres péniches entre la terre et les extrémités de la ligne.
O^'puis le coucher du soleil jusqu'à son lever, les embarcations légères des bâtiments embossés parcourront continuellement la ligne, pour avertir de l'approche de Tennemi, et garantir de toute surprise.
Il est expressément défendu aux capitaines d'avoir des signaux de convention entre eux. Ils se serviront en toute circonstance des signaux de la
fiottille
M. Lafond.
Bien vite les choses vont se gâter.
26 germioal (16 avril) (1)
J'ai l'honneur de vous informer que nttire flottille et la station onglaite sont toujours en présence dans la même position ; mais les vents se sont élevés depuis hier et ont soufflé avec violence de Test-nord-est pendant toute la nuit, sans cependant causer aucun dérangement dans notre ligne ; les pilotes pensent qu'ils passeront au nord, dans ce cas, tout ceux de nos bâtiments qui sont dans l'ouest du port, se trouveraient dans l'impossibilité de rentrer et seraient compromis.
Cette circonstance me détermine à ordonner à une section de bateaux de î« espèce, à 2 prames et h quelques bombardes, qui occupent cette position, de rentrer à la marée du soir, tint que l'ennemi, pour qui ces vents ne peuvent être dangereux, ne quittera pas sa station. Je maintiendrai dehors le plus de bâtiments que je pourrai, et aussi longtemps que la prudence me le permettra en prenant les précautions nécessaires pour qu'ils puissent entrer au besoin.
P. iS. — A 4 heures du soir je rouvre ma lettre. Citoyen Ministre, pour vous informer que la plus grande partie des bâtiments de notre gauche a appareillé, i prame et 2 canonnières ont été forcées par la violence du vent.
(1) Archives de la Marine, BBiv, 168.
d'arriver sur Etaples. 2 frégates, i bombarde et i brick ennemis leur ont donné chasse ; ces bâtiments se sont approchés de notre gauche ; une de nos bombardes à grande portée a lancé t bombes sur la frégate la plus rapprochée et Ta forcée de prendre le large. Une autre frégate a prolongé la côte ; les batteries de terre ont beaucoup tiré sur elle, elle a levé chasse.
Plusieurs bateaux de la ligne de Wimereux n'ayant pu tenir au mouillage, ont appareillé et rentrent à Boulogne ; il continue à Tenter grand frais.
Brlix.
2d germioal (16 avril) (1).
Je profite du retour d*un courrier extraordinaire du Premier Consul, pour vous donner des détails dont j'ai eu Thonneur de vous informer aujourd'hui par la poste.
La flottille et la station anglaise avaient conservé leur position respective ; les vents qui se sont élevés et qui ont soufflé avec violence pendant toute la nuit de la partie de l'est-nord-est, n'avaient rien dérangé à notre ligne, mais aujourd'hui à 10 heures, ils ont fraîchi au point de me donner des inquiétudes. Les pilotes pensaient unanimement qu'il y aurait un coup de vent du nord ; dans ce cas, tous ceux de nos bâtiments qui étaient mouillés dans l'ouest du port, auraient été dans l'impossibilité de rentrer et se seraient trouvé compromis ; je me suis déterminé h ordonner à toute la gauche de notre ligne qui était sous le vent, d'appareiller pour rentrer.
Mon intention était de laisser dehors, tout le centre et toute la droite aussi longtemps que l'ennemi, pour qui ces vents ne pouvaient être dangereux, n'aurait pas quitté sa station, aussi longtemps que la prudence me l'aurait permis, et en prenant toutes les précautions nécessaires pour assurer leur entrée en cas de besoin»
A midi,i prame et i canonnières étaient sous voiles, en exécution de l'ordre donné ; mais la force du vent les a obligés d'arriver sur Etaples : les 3 frégates et 1 brick ennemis ont appareillé pour les chasser ; i de ces bâtiments s'est approché de notre gauche, 1 bombarde h grande portée lui a lancé â bombes, et l'a contraint de prendre le large. Une autre de ces frégates avait prolongé sa bordée et serrait la terre après avoir doublé le cap Alprech; les batteries de terre ont beaucoup tiré sur elle et l'ont également forcée de prendre le large.
Plusieurs bâtiments de la ligne de Wimereux n'ayant pu tenir au mouillage, ont fait route pour rentrer à Boulogne.
La force du vent est devenue telle, qu'elle a obligé toute la ligne à appareiller pour rentrer ; j'ai signalé h la flottille que je laissais les capitaines libres de leurs manœuvres.
Parmi les bâtiments de la gauche de notre ligne, 14 bateaux de 1'* espèce, 13 de 2* et la prame la Ville-de-Brett ont fait route pour Etaples, 2 canonnières et 8 bateaux sont encore au mouillage sous le fort Ghâtillon, le reste a réussi à s'élever au vent et à gagner l'entrée du port.
(1) Archives de la Marine, BBiv, 168.
Ce mouTement s*est exécuté avec beaucoup d'ordre, quoique les bâtiments ennemis ayant manœuvré pour nous inquiéter, i brick a tiré 2 ou 3 bordées aux bateaux les plus arriérés, sans leur faire aucun mal ; nos bâtiments ne pou\aient pas risposter à cause de la grosse mer. Le brick a pris le bord du large, avant d'être à portée des batteries de terre. Ce contre-temps qui jusqu'ici n'a eu aucun résultat fâcheux, aura produit le bon effet d'amariner beaucoup de soldats, d'exercer les équipages et d'habituer les commandants des bateaux à exécuter toutes sortes de manœuvres, dans les cas les plus difficiles.
Le coup de vent dure encore, et le baromètre est toujours fort bas.
Cette fois encore, les chiffres donnés par les généraux présents sur les lieux indiquent qu'un plus grand nombre encore de bâtiments, qu'il n'est signalé, ont manqué l'entrée à Boulogne.
On verra de plus le désordre complet causé par le vent qui rejette à Etaples les bateaux de Boulogne, et à Boulogne ceux de Wimereux et d'Ambleteuse. C'est une dispersion presque totale.
Le général de brigade Marchand au général en chef SoulU
Au quartier général à Camiers (l), le 17 germinal an xn.
(17 avril 1804).
Mon Général,
J'ai l'honneur de vous rendre compte, qu'hier depuis 3 heures jusqu'à 7 heures du soir, il est arrivé ici successivement de Boulogne, 40 voiles, dont :
i prame ; 15 canonnières ;
1 bombarde.
Tous rentrèrent dans la baie d'E tapies, excepté 15 qui restèrent à Tancre aux environs du Lormet. Ce matin à 5 h. 14, 7 sont également rentrés ; il ne reste donc plus en mer que la bombarde qui tire de temps en temps quelques coups de canon. Comme elle ne paraît pas avoir aucune avarie, on présume qu'elle demande un pilote pour rentrer dans la baie, lorsque la marée sera haute ; on a écrit à Etaples pour en demander un.
On a remarqué que la prame manquait de son mat de hune.
J'ai l'honneur de vous saluer respectueusement.
J.-G. Marchand.
(l)Près d'Étaples.
Le Général commandant en chef au général Berthier,
ministre de la guerre.
Au quartier géuéral de Montreuil, le 27 germinal an xii.
(17 avril 1804).
Citoyen Minisire,
J\ii l'honneur de tous transmettre l'extrait des rapports faits par les ofûciers d'état-major de ronde, sur la côte, du 25 au 26.
Le 25, on a signalé pendant tout le jour 23 voiles ennemies en croisière élevant Boulogne.
Le 23, cette croisière était composée de 2 vaisseaux, 6 frégates et 10 corvettes.
Le même joiu*, depuis 3 heures du soir jusqu'à 7 heures, 40 voiles parties de Boulogne sont successivement entrées dans la baie d'Etaples, savoir : 1 prame, 1 bombarde, 15 canonnières, 14 bateaux canonniers et 9 péniches.
J'ai l'honneur de vous saluer.
Ne Y.
Soult, général de la garde du Gouvernement, commandant en chef le camp de Saint^Omer, au Premier Consul (I).
Au quartier général à Boulogne, le 27 germinal an xii do la Kcpublique (17 février 1804).
Général Consul,
J'ai l'honneur de vous rendre compte qu'hier, à midi, les vents étant estnord-est grand frais, Tamiral fit faire signal de rentrer aux bâtiments de la ^flottille, qui étaient en rade. A 2 heures, au moment où ceux de la gauche de la ligne appareillaient, 4 frégates ennemies vinrent l'attaquer et cherchèrent à couper 15 bâtiments, dont 1 prame et 5 canonnières qui s'élevaient au vent pour courir leur bordée ; ces 15 bâtiments, que plusieurs autres suivirent, virèrent de bord et firent route pour Ëtaples. Les frégates continuèrent à les canonner jusqu'à hauteur du cap d'Alpreck et ensuite prirent le large pour rejoindre leur ligne. La prame a eu son mât de hune emporté et a reçu quelques boulets, ainsi que les canonnières.
Pendant cet engagement, partie du restant de notre ligne finissait son appareillage et, s'élevant au vent, courut une bordée. La plupart des bâtiments, ainsi que les bateaux canonniers qui étaient en nide de Wimereux et d'Ambleteuse entrèrent, à la marée, dans le port de Boulogne. Un brick anglais, qui se détacha de ia ligne pour venir inquiéter ce mouvement, tira quelques coups de canon, mais sans effet. Les autres bâtiments de l'escadre ennemie, qui s'étaient réduits à 19, dont 2 vaisseaux et frégates^ ne quittèrent point leur mouillage.
(1) Archives nationales, carton AF»% 1590. — Guerre. Armées contre l'Angleterre expéditions de l'an vi, l'an viii, Tan xu.
Les bâtiments qui sont rentrés dans le port de Boulogne consistent en :
i prame, 2 bombardes, 13 chaloupes canonnières, 74 bateaux canonnier» (dont 37 Tenus des rades de Wimereux et d'Ambleteuse) (1).
Ceux allés à Etaples, en :
i prnme, i'6 chaloupes canonnières, i calque (affecté à Totre garde), 1 4 bateaux canonniers, i bombarde et 9 péniches. Total, 41 bâtiments.
Un bateau canonnier, n® 90, a fait côte près la batterie de la Petite-Garenne et s'est brisé; l'équipage et la garnison ont été heureusement sauTés.
Les b(^timents restés en rade de Boulogne, pendant la nuit, consistent en 2 chaloupes canonnières et 7 bateaux canonniers ou péniches.
Une de ces dernières chaloupes canonnières a pris le large pendant la nuit et Ton me signale, de la batterie de Saint-Frieux, qu'on Ta tu passer, à 3 heures du matin ; mais comme elle n'a pu entrer à Ëtaples, elle aura sans doute été Ters Dieppe.
Les 7 bateaux canonniers sont également partis depuis ce matin de la rade et sont successÏTement airivés à Ëtaples.
La deuxième chaloupe canonnière n'a quitté la rade que vers 2 heures après-midi ; un de mes aides de camp, qui était en reconnaissance, l'a aperçue h hauteur de la Petite-Garenne, s'en allant en dériTC, ayant perdu son gou- Ternail ; il a fait partir de suite tous les bateaux pécheurs qu'il a pu renconti*er pour la remorquer et la mener à Étaples. J'espère qu'ils y parviendront ; j'en ai fuit prévenir l'amiral, aûn qu'il y envoie aussi des secours de Boulogne.
Une bombarde, faisant partie des 40 bâtiments qui, hier au soir, se sont dirigés sur Étaples, n'a pu y entrer, parce qu'elle manquait de pilote ; elle a mouillé entre la batterie du Lormet et celle de Dannes ; j'en ai fait aussi prévenir l'amiral, afin qu'il y envoie des secours.
Une vingtaine de canots ont été jetés sur la côte ; la plupart sont biysés. Dans l'engagement qui a eu lieu hier, les batteries de côte ont produit le meilleur effet ; une bombe est tombée stu* le bordage d'une frégate et doit lui avoir fait éprouver des avaries.
Aujourd'hui, le temps continue d'être mauvais et brumeux; les vents soufflent toujours avec violence de la partie est-nord-est. On ne peut distinguer le nombre des bâtiments ennemis qui sont restés au mouillage ; 6 seulement viennent d'être i?us.
De tous les incidents qui sont arrivés depuis hier, il en est plusieurs dont je ne puis m' expliquer la cause; put exeftïphjîe ne conçois pas pourquoi les bâtiments qui étaient en rade d'Ambleteuse ne sont pas entrés à Wimereux s'ils ne pouvaient gagner leur port. Pourquoi ceux de Wimereux ne sont pas entrés dans ce port ; pourquoi on a donné si tard à la flottille le signal de rentrer^ puisque depuis trois jours la même aire de vent régnait, qu'il augmentait par gradation et que le baromètre baissait \ pourquoi des bâtiments de l'extrême gauche de la ligne devant Boulogne ont pu, ^n comrant des bordées, entrer dans ce port, tandis que plusieurs du centre se sont rendus directement à Ëtaples ; pourquoi il n*y a eu qu'un ou deux bâtiments qui Sient fait feu, quoique un
(1) Ucste donc 53 scalomcnt d^'coux qui avaloat moui|lé*en rade de Boulogne.
très grand nombre fàt encore embossé pendant rengagement. J'attribue i\ mon ignorance dans Fart nautique et peut-être même à l'inexpérience des capitaines des bâtiments, ou enfin au manque de pilotes, tout ce qui dans cet événement m'étonne, que je ne puis comprendre et que, cependant, mon Général, je crois devoir vous dire.
J'ai l'honneur de vous remettre la suite des ordres du jour qui ont été. donnés à l'armée.
Respect et dévouement sans bornes.
SOLLT.
C^était là le premier essai de sortie en grand, puisque la ligne d'embossage avait compté jusqu'à 120 et peut-être même 150 bâtiments. La dispersion avait été excessive, car au travers de ces contradictions et de ces obscurités, un fait se dégage certain : c'est le petit nombre de ceux, des navires mouillés en rade de Boulogne qui auraient pu rentrer dans ce port.
Les rares et courtes sorties de la flottille avaient donné sur son emploi pendant Thiver de graves leçons. ■
En 176 jours (du 4 novembre au 1" mai), la flottille était sortie du port trois fois seulement. Le plus long-ëtationnement en rade avait été de trois jours et le nombre de journées passées dehors avait été de dix. En somme, la tenue en rade avait été possible un jour sur dix-huit, pendant les mois de novembre, décembre, janvier, février, mars et avril.
Les trois tentatives de mise en rade, du 5 novembre, du 25 mars, du 13 avril, avaient toutes été marquées par de graves accidents ou au moins la dispersion de la ligne d'embossage dans les ports voisins de Boulogne.
Le plus grave danger avait été couru le 15 avril, jour où il y avait près de 150 bâtiments en rade au moment où le vent s'était élevé.
Ce jour-là, on n'avait pu faircTentrer dans le port de Èoulogne que 53 bateaux, c'est-à-dire environ le tiers de ce qui était en rade, et 90 bâtiments, si Ton compte ceux qui avaient été chassés des rades d'Ambleteuse çt de Wimereux. Encore ce chiffre était-il le plus considérable qu'on eût encore atteint, car^le 5 novepibre, il n'était entré à Boulogne que 22 bâtiments-sur 39 mis §n rade et, 1q 23Tnars, 51 sur 65. Quelques jours plufi tard, le 19 mai, il n'en rentrera que 38 sur 77.
De'cet ensemble de f^ts, il résulte,^ au point *de vue des
chances que pouvait avoir une expédition pendant l'hiver^ indépendamment des retards de la construction et de la concentration, des enseignements formels.
Le port de Boulogne, on Ta vu, permet en une marée la sortie de 100 bateaux au maximum.
Le mouillage est habituellement intenable de novembre à mai.
Quand il Test, on ne peut, sans exposer à un désastre, mettre en rade plus du chiffre de bâtiments pouvant rentrer en une marée, c'est-à-dire 100. Dès qu'on dépasse ce nombre, le surplus est perdu ou forcé de fuir dans les ports voisins.
Pour qu'une expédition d'un millier de bâtiments environ, ainsi qu'il était prévu, puisse partir de Boulogne, il lui faut une continuité de beau temps de cinq jours au moins pour se rassembler en rade et faire la traversée. Or, pas une fois en cinq mois on n'a pu garder le mouillage aussi longtemps et, à chaque sortie, si Ton avait tenté le rassemblement en rade, à raison de 100 bateaux par marée, un désastre serait survenu, d'autant plus grave que le mouvement aurait été plus avancé.
Il n'est pas permis de croire qu'une si matérielle évidence ait échappé à Napoléon, et il serait irrespectueux pour son génie de voir dans ses exigences, relativement aux fréquentes mises en rade, un entêtement aveugle contre des nécessités physiques.
Un coup d'œil d'ensemble sur les résultats obtenus, au point de vue de la concentration, au début de Tété et sur les pertes subies, achèvera de fixer la question d'une expédition pendant rhiver 1803 à 1804.
Au 29 juin 1804, il existe :
A Boulogne^ Ambleteuse et Wimereux :
2 prames [Ville-de-Brest et Ville-de-Lille). 99 chaloupes canonnières ou bateaux de l*"* espèce, en 11 sections, toutes pourvues de garnisons permanentes, 1 officier et 28 hommes.
249 bateaux canonniers ou bateaux de 2® espèce, en 15 sections, pourvues de garnisons permanentes, 1 officier et 20 hommes (sauf 10).
217 péniches, en 24 sections, sans garnisons désignées.
Soit... 567 bâtiments de guerre armés et disponibles.
A É tapies:
7 chaloupes canonnières, pourvues de garnisons. 36 bateaux canonniers, pourvus de garnisons (de la 6« légère).
Soit... 610 bâtiments de guerre armés et disponibles sur la ensemble base de concentration.
Il faut y ajouter les bâtiments armés et montés, à portée de Boulogne.
Ce sont :
A Ostende :
63 chaloupes canonnières bataves, pourvues de garnisons françaises.
119 bateaux canonniers, pourvus de garnisons françaises.
A Dunkerque (pour mémoire) :
80 corvettes de pêche armées en guerre et montées chacune par 1 officier et 30 hommes.
Au Havre :
103 canonnières, presque toutes pourvues de garnisons, en partie provenant de la Garde.
51 bateaux canonniers dans les mêmes conditions. 47 péniches.
7 prames montées chacune par 1 officier et 30 hommes du 3® hussards.
Soit . . . 900 bâtiments de guerre aptes à agir presque immédiatement.
Les autres bâtiments disponibles, mais qui n'ont pu encore rejoindre, sont égrenés, en relâche, par petits paquets dans différents ports.
Ce sont :
; montés par des déta-
A Cherbourg M» canonnières ^tements des 40«,
( 6 bateaux | 39* et 32«.
. , l montés par des Suis-
A GranviUe ? canonnières ^^ ^^ j^ fractions
I 4 bateaux ( des44«et40«.
19 canonnières J montés par des Suis-
1 1 bateaux V ses et des fractions
15 péniches | des 63* et 44*.
l montés par des Suis-
A Brest J »? canonnières ^^^ ^^ ^^^ ^^^^^^^^^
' opemches ( des 40« et 44^
( 8 canonnières ) ,,. , i a ao^
4T.- ïjfTUA f détachements des Do*
A Lorient j 17 bateaux / . .^
( 31 péniches ]
-, i 5 canonnières j Suisses et détache-
) 21 bateaux ( ments du 40*.
15 canonnières 21 bateaux 1 péniche
. ^ , ^ ., ( Suisses et détache-
-^ Auray | 3 canonnières ( ^^^^j^ ^^ g^,
^ . ^ - , I 2 canonnières I détachements de la
Aux Sables j ^ pé^iehe ( 63*.
l 2 canonnières ) ^ • - i.- i
4 ^ . . * o V 4 i Suisses et détache-
Au Croisic \ 3 bateaux > ^ j i ^t
/ o , . . \ ments de la 24«.
l 6 pemches ;
115 canonnières J , ,^ , , ,
JA i.«*^« ( détachements des 4 4«
10 bateaux >
30 pemches j
Soit 254 bâtiments.
Cela représente au total : 1144 bâtiments de guerre naviguant ou ayant navigué et susceptibles de combattre.
Le reste de Teffectif prévu forme deux classes : l'une de 250 bâtiments en armement à Calais, à Dunkerque, à Saint- Valéry, au Havre, à Bordeaux et à Dordrecht; Tautre, formée
de 124 canonnières, 50 bateaux canonnîers et 90 péniches, est celle dont la construction a été abandonnée. L'état des pertes est le suivant :
Pris par Tennemi :
Les chaloupes n°» 43, 47 et 51 3
Les bateaux n«» 86, 331 , 360, 411 , 432 et 436 6
Ont péri en mer ou fait naufrage sur les côtes :
Les chaloupes n«» 13, 38, 39, 74, 75, 84, 147 et 200. . . 8
Les bateaux n^» 14, 62, 89, 103, 106, 107, 263, 264, 435 9
Total ~26
Le total est donc de 26 bâtiments pris par Tennemi ou détruits par la mer.
Sur un total de 1 144 bâtiments ayant navigué, la proportion est de 1 p. 44, ce qui n'est pas très élevé. Mais, étant donné les relâches sans fin que l'on avait faites et l'absence de toute action militaire sérieuse, la conclusion doit être différente.
Par son attitude devant l'ennemi, souvent au mouillage à sa portée, la flottille avait montré son peu de valeur militaire. Par les pertes qu'elle avait subies, par son incapacité bien reconnue à tenir le mouillage, condition, ainsi qu'on l'a vu, essentielle de son emploi, la quasi-impossibilité de lui faire jouer un rôle pendant la mauvaise saison était clairement démontrée .
L'été devait-il offrir des chances plus favorables ?