‹ 1793-1805Chapitre 102 sur 112 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

rEXPÉDITION D'IRLANDE

On a vu que, dès le début de la guerre, Fidée d'une descente en Irlande avait été reprise et figurait dans de nombreux projets ou mémoires. Mais la situation était bien changée depuis 1798.

Le bill d'union voté par le Parlement irlandais, tout dévoué à la domination anglaise, avait été accueilli par les anciens rebelles avec indifférence et môme avec une joie malicieuse (1). Ceux qui, en eflfet, tenaient le plus à l'autonomie, étaient les Orangistes et ce fut précisément parmi ces yeomen qui avaient ensanglanté l'Irlande par leur sauvage répression des troubles, que le mécontentement avait été le plus fort. Les Irlandais-Unis décimés, déportés ou terrorisés par Toccupation militaire, s'étaient rendu compte de l'abandon de leur cause par la France et avaient perdu tout espoir.

Un troisième élément de la population, le plus nombreux à la vérité, mais aussi le moins énergique, ainsi qu'il l'avait prouvé par son attitude lors de l'insurrection, les catholiques du Sud-Ouest et de l'Ouest, avaient été leurrés par des pro-

(1) Une curieuse chanson retrouvée par M. Lecky indique bien quel fut l'état d*esprit des anciens rebelles, des Croppies, comme les nommaient leurs ennemis : L'Orangiste dit au Croppy : Soyons amis, plus de discorde» mêlons à nos chapeaux et sur nos poitrines l'orange avec le bleu et le vert. Vive Tunion avec les Croppies ! — Je me soucie peu, dit le Croppy, que les Anglais au lieu des Orangistes soient nos maîtres. Si nous avons des tyrans, c'est l'œuvre des Orangistes. Pas d* alliance avec eux. Vous vous souvenez du temps où vous criiez : A bas les Croppies I Pitt a changé tout cela et dit : A bas eux tous, Orangistes, Croppies, grands ou petits ! Voilà notre manière d'être libres.

572 DEUXIÈME PABTIE. — CHAPITR* VUI.

messes d'émancipation et séduits par ITionnèteté personnelle et la diîniité de Lord Comwallis. Pitt paraissait, d'aillenrs, favorable à leur canse.

Lorsque Addin^on ent pm le ministère avec un programme nettement » anti-catbolique r^ on put, un moment, craindre une dotation sérieuse. Mais le pays était toujours sous le réeime de la loi martiale et de la suspension de VhaAeas corpus <jue le Parlement « impérial », c'est-à-dire des trois royaumes, avait maintenu dès la première session ; Teffectif des troupes était considérable et les Irlandais- Unis, sans armes ni organisation, n'étaient plus redoutables.

« La courte rébellion de !803 devait être le dernier soubre- " saut du mouvement Irlandais-Uni; il n'avait aucun rapport « avec l'opposition à l'acte d'Union ni avec le désappointement

*< des catholiques EUle devait fournir au gouvernement

« la preuve que le loyalisme de Dublin n'avait pas été entamé « par l'Union, car le nombre des yeomen qui s'enrôlèrent fut ** encore plus élevé qu'en 1798 (1). >»

L'échauffourée du 23 juillet, à Dublin, connue sous le nom « d'affaire Emmett », n'eut en réalité qu'une importance tout à fait minime (2).

Les conspirateurs Robert Emmett (3) et DowdaU à Dublin, Quigley (4) à Kildare, Russel (o) à Antrim, avaient établi dans la capitale un petit dépôt d'armes et de poudre qui fît explosion le 2 juillet. Cet accident attira l'attention du gouvernement sur la propagande entreprise, dont un nouveau symptôme fut Tapparition, dans la nuit du 14 au 13 juillet, de nombreux feux de joie en l'honneur de la Révolution française.

Le 23 juillet, jour de la fête de saint Jean et occasion d'un pèlerinage à Dublin, de nombreux paysans entrèrent dans la ville. Vers le soir, une émeute éclata, qui coûta la vie au colonel Browne et au Lord Chief Justice d'Irlande, Kilwarden. La foule était parvenue à délivrer les prisonniers pour dettes

(1) Lecky, Hislory of Ireland^ t. V, p. 46ô.

(2) Voir VAnnual Register.

i'A) Agé de tl tns, frère d'an réfugié en France.

H) Mis hors la loi en 179S ; de sa profession, mécanicien.

<5) Ancien officier.

l'expédition d'irlande. 573

en enlevant le poste de garde, quand une vigoureuse attaque ^ qui parait due à Tinitiative de deux lieutenants du 21* d'infanterie, la mit dans une déroute complète. La garnison, forte de 2,000 à 3,000 hommes, occupa la ville et le calme fut promptement rétabli.

Habilement exploitée par le gouvernement britannique, cette échauflTourée servit à justifier, outre de nombreuses exécutions, le maintien de la loi martiale, la suspension de ïhabeas corpus et Fenvoi en Irlande de nombreuses troupes, tandis qu'une partie de la milice irlandaise était employée à

la défense de l'Angleterre .

Malgré de nombreuses erreurs matérielles, le témoignage

d'un Irlandais précise très justement à la fois le caractère

épisodique de l'affaire du 23 juillet et la résolution de la

population de ne rien tenter avant d'avoir un appui matériel

de la France.

O'Flnn (Irlandais-Unis) au général Augereau, commandant en chef.

19 septembre 1903.

Citoyen Général,

J'ai Thonneur de vous confirmer ma lettre du 30 passé.

Un de mes amis, nommé Byme^ qui a été un des chefs à Taffaire de Wexford, en Irlande, il y a deux ans, et qui commandait une partie des Irlandais-Unis dernièrement à Tattaque projetée du château ou palais de Dublin, est arrivé ici après une ti'ayersée de huit jours et parti pour Paris, afin de donner des renseignements au gouvernement et de se conformer à ses ordres.

Il parait que les émissaires du Lord Lieutenant ou vice-roi de ce pays-là avaient fait circuler le bruit que la paix était faite avec la France : de manière qu'une partie du peuple, dans un des faubourgs de Dublin, perdant patience et voulant se distinguer par un coup d'éclat, s'avisait à cette affaire, malgré les assurances qu'on leur a donné que la France se hAtait de leur envoyer des secours et que c'était une ruse du gouvernement pour avoir un prétexte de proclamer le pays hors la loi, et d'établir les cours martiales en place des tribunaux ordinaires de la justice. On avait beau les raisonner ; ils se moquèrent des dangers, et il est certain qu'ils auraient réussi à se saisir du château par un coup de main, si, la veille, une de leur poudrière n'avait pas sauté et donné l'alarme à leurs ennemis ; voilà comment cette affaire a été précipitée. Cependant, quoiqu'ils n'avaient que des piques et quelques sabres, ils ont taillé en pièces un régiment anglais, à l'exception de 37 hommes, et ont fait une assez bonne retraite aux montagnes où ils sont dispersés i\ l'abri de la poursuite. Quelques-uns sont en prison et, en conséquence, on a fait de nombreuses arrestations d'un bout à l'autre de ce malheureux pays, sans pouvoir parvenir

à faire aucune découTerte, car Torganisation est f^i complète que les Irlandais- Unis profèrent la mort à trahir la cause, et les tortures qu'on leur fait subir ne produisent rien que de les unir da\antas:e.

C^tle affaire à Dublin n avait rien de commun avec le moitvement génirnl^ qui n'aura lieu qu'au moment propice pour sa réussite ; on attend le signal de la France, Cependant, il faut observer que si les insurgés, qui étaient tous Irlandais-Unis, avaient Siiisi le château de Dublin, tout le pays aurait été en insurrection sur-le-champ.

Le gouvernement a donné une grande preuve de leurs craintes, sinon de leur faiblesse (sic) y car ils ont relâché sous caution la plupart de ceux qu'on avait arrêtés, entre autres mon frèi-e unique, qui venait de débarquer à Cork, homme très prononcé et qui a rendu des services à la République française et qui est dévoué à «a cause.

Je ne vous cache pas, Citoyen Général, que si mes moyens le permettaient, j'expédierais moi-même une homme de confiance que j'ai ici pour confirmer à mes compatriotes les bonnes intentions du gouvernement français à leur égard. En l'envoyant, j'ai un autre objet, qui est celui de nous faire venir quelques pilotes très experts et instruits que je connais, et qui sont Irlandais- Unis. Ils peuvent venir par bâtiment à Lisbonne ou Oporto, ou directement dans quelque petite embarcation contrebandier que mes amis de l'autre côté pourraient acheter, mais il faudrait, dans cette circonstance, avoir pour eux un sauf-conduit du Ministre de la marine, avec ordre aux commissaires de police et de la marine ici de mettre k ma disposition et en liberté tous les Irlandais pour qui je me rendrais caution. Il me semble aussi que, dans ce moment même, si je faisais une tournée dans les différents endroits où il y a des prisonniers de guerre avec une pareille autorisation, que j'y trouverais des hommes précieux pour la présente. Mais je ne vous cache pas. Citoyen Général, qu'on ne peut pas faire ces démarches sans des frais inévitables, surtout dans cette saison de l'année et quand l'Angleterre emploie ses agents et prodigue son or partout, pour faire échouer les mesures vigoureuses que nous préparons pour venger la justice et l'humanité, si scandaleusement outragées.

Je prends permission de réclamer votre attention au billet inclus et de faire en sorte que je ne me trouverai pas compromis par les suites, car c'est très opposé à ma manière de penser de faire la guerre à mes ennemis qu'en plein jour et pointe à pointe. Étant élevé négociant, je me suis mis dans le commerce ici à l'époque de la paix, et je faisais assez bien mes affaires, mais le renouvellement de la guerre et des banqueroutes ici et à Paris m'ont tout enlevé. Mes créanciers, devant qui j'ai exhibé ma position, mes livres, etc., voyant tout en règle et que je ne demtinde point de rabais, mais seulement le temps de faire entrer mes fonds qui sont dispersés en Angleterre et l'Irlande, me l'ont accordé jusqu'à la paix. Cette circonstance me met dans l'impossibilité de continuer ma maison ; c'est pourquoi un de mes amis et compatriotes qui travaillait dans mon comptoir, qui parle et écrit parfaitement le français, espagnol et portugais, ayant resté quelques années à Lisbonne et Oporto, où il connaît toutes les maisons riches et particulièrement les factoreries ou corps des négociants anglais dans les susdites villes et leurs partisans, imagine que ses services auprès de vous pourraient tous être d'un grand avantage dans les circonstances actuelles et, s'il y avait quelque fourniture à

l'expédition d'irlande. 575

faire î\ commission pour Tarraée ou autrement, il s'en chargerait pour compte à demi avec moi. Mais, comme il est père de famille, il ne pourrait pas partir sans avoir préalablement quelque chose assurée. Voyez, Citoyen Général, si cela se pourra, et il se conformera à yos ordres ultérieurs.

En attendant l'honneur de vos nouvelles, je vous salue bien cordialement et respectueusement.

Bordeaux, 2® jour complémentaire an xi. OTinn.

C'est donc une intervention armée, antérieure à tout soulèvement, que quelques réfugiés sollicitaient du Premier Consul.

Il ne semble pas que Bonaparte se soit départi du peu de sympathie déjà manifestée par lui pour la cause irlandaise. S'il accorda un peu d'argent aux chefs, il refusa de les voir (1).

« Faites connaître, écrit-il, le 29 juillet à Decrès, qu'il n'est <t pas dans mon intention de voir O'Connor ni aucun autre « chef irlandais, que tout au plus Truguet pourra vous les « présenter. Vous leur ferez connaître en mon nom que le (( général Truguet est autorisé à traiter avec eux. »

Voici ce que le Premier Consul paraissait disposé à admettre (1) :

(( Les dFaires d'Irlande font sentir l'importance d'avoir des conférences particulières avec les chefs des Irlandais-Unis qui sont à Paris. Vous pouvez leur dire qu'on leur offrira 23,000, 40,000 fusils et toute l'artillerie et les munitions nécessaires ; que le gouvernement s'engage à ne pas faire la paix avec l'Angleterre que l'indépendance de l'Irlande ne soit constatée, pourvu toutefois que 20,000 Irlandais au moins se joignent à r armée française dans les premiers jours de son débarquement en Irlande. »

Une semblable clause, dont la réalisation par les Irlandais était au moins douteuse, permettait de tout abandonner quand on le voudrait.

(1) Dunkergue, le lô messidor an xi (5 jaillet 1803).

Au Ministre de la guerre.

Je TOUS envoie, Citoyen Ministro, les lettres gae tous m*avcz communiquées et dont j'ai pris connaissance. Il n'y a pas d'inconvénient à mettre à la disposition d'O'Connor toutes

les petites sommes qu'il demandera

Bonaparte.

En tout cas, rien ne devait être entrepris par la France avant Fautomne ou l'hiver. Dans l'intervalle, les allusions à l'expédition sont excessivement rares.

Le 16 août seulement, dans une lettre à Decrès, il est dit (1) :

Donnez ordre au préfet maritime à Rochefort de faire lancer le Lyon au i^' Tendémîaire, pour les fêtes de la République, et le Magnanime a^ant le 10 fructidor (28 août).

Donnez ordre au préfet maritime de Lorient de faire lancer le Su/fren dans

le courant de la première de fructidor et le (2) au 1*' Tendémiairt^

(23 septembre), jour de la fête de la République.

Faites connaître au préfet maritime de Brest qu'il fasse lancer le Vengeur au i*' \endémiaire; quMl faut qu*il s'arrange de manière à avoir prêts pour V escadre 3 vaisseaux à trois ponts, y compris le Vengeur, et, au lieu de i6 vaisseaux portés dans Véiat, 20 vaisseaux prêts à mettre à la voile au i«' frimaire (22 novembre). Ces vaisseaux porteront 12,000 hommes pour r expédition d!' Irlande. Faites-moi connaître le nombre de frégates et de gros transports nécessaires pour porter jusqu'à concurrence de 20,000 hommes.

// faudra voir les moyens quon pourrait avoir à Rochefort (3) pour embar^ quer 10,000 hommes. Il y aura 6 vaisseaux de guerre qui pourront poirier 4 fiOO hommes. Il y aura 1 ouS frégates qui pourront en porter 2,00û; ce qui ferait 6,000 hommes. 11 faudrait donc en chercher pour 4,000 hommes.

Il faudra s'assurer si les Taisseaux de Brest, et surtout de Toulon, sont armés de caronades^ et si ces derniers seront prêts à partir dans le courant do brumaire (octobre et novembre). 11 faudrait également connaître si, indépendamment des 20 vaisseaux qui doivent être prêts à Brest pour le i«' frimaire (22 novembre), propres à toute expédition, on ne pourrait pas en avoir 4 ou 5 armés de toutes leurs batteries et propres seulement à Vexptdition d'Irlande (4).

Bonaparte.

(1) Correspondance de Napoléon, 7009. 16 août.

(2) En blanc sur 1& minute.

(3) Où Villeneuve vient d'être envoyé. (Lettre de Bonaparte du t août.)

(4) En expédiant ces ordres, le Ministre de la maiine trouve moyen de se tromper dans les effectifs :

Ordre du Premier Consul du 28 thef*midor an xi (19 août 1803).

Rochefort.

Taris, le 1* fructidor an xi.

A u Préfet maritime du 5* arrondissement, à Rochefort.

L'intention du Premier Consul, citoyen Préfet, est que les vaisseaux le Lion et le Magnanime soient mis à Teau, l'un dans le courant de ce mois, Tautre le l*' vendémiaire. Il vient d'ordonner qu'à Brest et à Lorîent le jour de la fête de la République soit également solennisé par le lancement de plusieurs vaisseaux. Je vous invite, en consé* quence, à consacrer tous les moyens du port au prompt achèvement de ces deux vais-

l'expédition D'IRLANDE.

C'est à la fin d'octobre seulement, pour une date reculée de deux mois, que l'expédition passe de l'état de simple projet à celui de préparation effective.

Au contre^amiral Decrès, ministre de la marine et des colonies.

Stûit-Cload, 7 brumaire an xn (30 octobre 1803).

Je désire, Citoyen Ministre^ que vous réunissiei à Roche fort et Brest les moyens de transport pour Vexpidition d^ Irlande, Le transport de 1500 chevaux et de 3,000 hommes à Brest, indépendamment de ce qui sera embarqué sur les bâtiments d'État, armés en guerre ou en flûte, me paraît suffisant.

Je désirerai» aToir, à Rochefort, de quoi transporter 500 chevaux et 2,000 hommes. Ces moyens, ainsi que les différentes escadres, me paraîtraient devoir être prêts au i*' pluviêse (22 janvier 1804). •

BoykVAKTE {\).

Quant au personnel à embarquer, il doit se composer d'Irlandais dont la formation en bataillon est prévue le 21 novembre et d'éléments résultant de la dislocation du camp de Bayonne devenu inutile par l'acquiescement de l'Espagne aux exigences du Premier Consul (2).

Le Ministre de la guerre (3).

Paris, le 6 frimaire an xn de la République française (28 novembre 1803).

Le citoyen Lomet me présentera un rapport au gouvernement sur la dissolution du camp de Bayonne et sur la formation de 3 cantonnements.

L*un à Toulon, composé de 2 bataillons du iA^ d'infanterie légère, formant 1600 hommes ; de 2 bataillons du 23® de ligne, formant également 1600 hommes; du bataillon des chasseurs d*Orient, fort de 300 hommes.

aassi longtemps qae possible et d'épier le moment qae les escadres ennemies seront obligées, par les vents d'ouest et de nord-ouest, de s'éloigner de nos côtes pour faire précipitamment partir l'expédition par le premier souffle de vent d*est qui vient ; de tenir les côtes de Jutland et de Norvège jusqu'à une certaine hauteur, et alors de cingler vers le

nord-ouest pour doubler l'Ecosse Si rirlandais (?) nous a dit la vérité, que les Tenta

sont variables pendant t hiver au nord de l'Ecosse, on en rencontrera bien un qui permettra de franchir un des détroits. C'est, après réflexion faite, le seul parti qu'on puisse tirer de notre force

(1) A Decrès. (Correspondance de Napoléon, 7297.)

(2) Voir ci- dessus.

(3) En exécution de l'ordre n* 7331 au Ministre de la guerre, du 28 novembre. {Cor» respondance de Napoléon.)

l'expédition D'ISLANDE. 579

du i' réeimeat d'artillerie, de 80 hommes : tobil :

Des trois premiers escadrons du 46* régiment de chasseurs, qui partiront de BaTeux le 26 frimaire et arriveront à Brest le 14 nÎYdse.

Ces trois régiments seront complétés chacun à 450 hommes, non compris les officiers, dont 300 hommes à cheval, non compris les chevaux d'officiers et 150 (mot illisible) d'un bataillon irlandais qui se forme à Morlaix.

Il sera attaché à ce corps de troupes deux compagnies de sapeurs formant 200 hommes ; 24 pièces d'artillerie, les canonniers nécessaires pour les servir seront fournis par le 6® régiment qui est à Rennes.

L'intention du gouvernement est que les selles, les brides, les porte-manteaux vides, ainsi que les pistolets des chasseurs à pied de chaque régiment, soient encaissés, afin qu'il soit facile de les transférer.

Tous ces effets doivent être transportés à Brest, de manière à ce que tout soit prêt à être embarqué au 15 nivôse.

Il doit être fourni à chaque homme à pied, une paire de souliers, une paire de guêtres noires, un sac et une capote, qui seront confectionnés par les soins du conseil d'administration.

Les chasseurs à pied attacheront les bottes sur leur sac, les manteaux des hommes à pied seront portés sur des voitures et, à bord, leur serviront de couvertures.

Le cantonnement de Saintes sera composé des deux premiers bataillons du 26® régiment d'infanterie, complétés chacun à 800 hommes, armés, habillés et équipés.

Des deux premiers bataillons du 79* régiment, pareillement complété ; des deux premiers bataillons du 105* régiment, pareillement complétés ; du premier bataillon de la l'* demi-brigade helvétique, pareillement complété à 800 hommes.

Des trois premiers escadrons du 4* régiment de chasseurs, complétés à 450 hommes, non compris les officiers; 300 chevaux, ceux des officiers noncompris.

Des trois premiers escadrons du 24* régiment de chasseurs, pareillement complétés; les deux j)remiers se trouvent déjà à Rochefort, le 3* partira de Libourne le 28 frimaire et arrivera à Rochefort le 3 nivôse.

De deux compagnies du 3*^ régiment d'artillerie à pied et deux compagnies du 7* bataillon du train venant du camp de Rayonne, avec 15 pièces d'artillerie.

Il sera attaché à ce cantonnement, trois généraux de brigade, un adjudant commandant, un colonel du génie, un colonel d'artillerie, un inspecteur aux revues, un commissaire ordonnateur, un commissaire des guerres.

Les dispositions ci-dessus indiquées pour les selles, brides, etc., doivent être pareillement exécutées pour le cantonnement de Saintes, et ce corps de troupes doit être réuni et prêt à partir au 10 nivôse prochain.

Le cantonnement de Toulon sera composé :

\^ D'un bataillon de carabiniers, formé de trois compagnies de carabiniers et de trois compagnies de chasseurs; du 14® régiment d'infanterie légère et de deux compagnies de chasseurs du 8" régiment d'infanterie légère, ce qui fera 8 compagnies complètes à 100 hommes chacune.

2* D'un bataillon d'élite de ligne, formé des 4 compagnies de grenadiers et quatre compagnies de chasseurs, pareillement complétées du 23* régiment de ligne.

Page 1