‹ 1793-1805Chapitre 103 sur 112 · L EXPEDITION D IRLANDE · texte numérisé non relu

L EXPEDITION D IRLANDE

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584 DEUXlÈBiE PARTIE. — CHAPITRE VIII.

Le général Augereau, nommé au commandement de Tarmée et du département du Finistère (1) prit possession de son poste le 8 janvier.

Le général en chef Augereau au général Bonaparte, Premier Consul de la République,

Aa quartier génénd de Brest, le niTtee an xii de U Répabliqae. (Décemb.-jany. 1804.) (S)

Citoyen Consul,

Je viens d'apprendre que le général Grouchy s'est rendu à Paris pour solliciter la division de Saintes, Uinsuffisance de ses moyens vous est, sans doute, trop connue pour qu'il obtienne un commandement de cette importance; il ne peut être confié qu^à un officier général qui joigne, aux talents militaires, une grande énergie de caractère, beaucoup d'activité, et des moyens enfin qui le reU" dent capable de suppléer le général en chef lorsqu'il sera livré à lui-même. Si Vintrigue avait prévalu, f oserais vous demander. Citoyen Consul, que le général Grouchy fût rappelé de cette année, car je ne veux point que Vexpt'dition que je dois commander fasse un second tome de celle de Hoche.

L'expédition d'aujourd'hui, Citoyen Consul, doit avoir une grande influence sur le sort de nos armes dans cette guerre ; elle doit humilier nos perfides ennemis, nous venger de leurs outrages, faire respecter et chérir le nom firançais au sein même de leurs États.

Une telle entreprise ne peut être confiée qu'à des hommes vigoureux, à des hommes dont le dévouement à la patrie et au gouvernement ne soit pas équivoque. Voilà les généraux que je vous prie de m'associer, Citoyen Consul, autrement (quel que fût mon xèle et mon courage\ je me verrais avec douleur dans l'impuissance de seconder vos grands projets et de faire le bien que vous attendez de moi. J'aurais alors assez de force pour vous prier de remettre en d'autres mains le commandement de cette armée. Je vous ouvre franchement mon cœur, je vous développe toutes mes pensées, parce que le soin de votre gloire m'est aussi cher aujourd'hui que la patrie, parce qu'enfin je ne sais pas dissimuler avec vous.

Le général Carra-Saint-Cyr a des qualités estimables, il a de la bonne volonté; mais, en talents militaires, il est faible. Je pense qu'il conviendrai mieux à une autre armée qu'à celle-ci.

Observez bien, je vous prie, Citoyen Consul, que ce ne sont point des plaintes que je vous adresse, mais des notes confidentielles sur des individus que j'ai observés, étudiés, et qu'il est de mon devoir de vous faire connaître. Chacun d'eux peut être employé d'une manière utile; mais, selon mon opi-

(1) Lettre de Napoléon au générai Berihier da 15 février.

(2) Archives nationales, carton APi^ 1600. — Oaerre. Armées contre rAngleterre. An vui, an xn.

l'expédition d'irlande. 58o

nion, ils ne sont pas propres à une expédition hardie oh le moindre revers devient quelquefois décisif. Je tous en demande d'autres. J'ai Thonneur de tous saluer aTec le plus profond respect.

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