L*0R0AN1SAT10N DES CÔTES
saires. U doit y a? oir deux diTÎsions de 6 pièces de 24 légères chaque, et deux diyisions de 6 obusiers de 8 pouces ; ce qui fait 24 pièces ; la moitié est destinée pour Étaples, mais elles resteront jusqu'à nouvel ordre à Boulogne.
Il faudrait que ces pièces fuss^t rendues et prêtes à sertir, le 25 fiructidor, à Boulogne.
Ce serf ice, avec les approvisionnements et les mouvements qui seront nécessaires pour le service des batteries stables qu'on établit sur la laisse de basse mer et qui se montent à plus de 30 bouches à feu, donnera une occupation sufÛsante aux 200 chevaux.
Donnez ordre que les chevaux du train, qui sont en ce moment réunis à Douai, fournissent sur-le-champ tout ce qui est nécessaire pour les attelages des batteries mobiles organisées pour la protection des côtes et du passage de la flottille, depuis Dunkerque jusqu'à Boulogne.
Bonaparte.
Deux jours après, le système reçut une nouvelle extension. Ceci amena à modifier la répartition du commandement entre les différentes portions de la c6te.
Le Premier Consul au Ministre de la guerre,
Saint-Cloud, le 16 fractidor an xi (3 septembre 1803).
Je reçois. Citoyen Ministre, votre lettre du i4, ainsi que la lettre que je vous avais écrite le il, et que vous me renvoyez.
Voici les dispositions définitives que j*adopte pour le service de l'artillerie :
La compagnie du l*'' régiment d*artillerie à pied, qui est à Ostende, celle qui est à l'Ile de Cadzaud, les 2 compagnies qui sont sur la côte de la direction de Bruges, se rendront à Boulogne.
Les 4 compagnies du 7' régiment d'artillerie à pied resteront à Ostende.
Les 2 compagnies du 5* régiment d'artillerie à cheval resteront à Ostende.
La compagnie du 1*' régiment qui est à Dunkerque y restera.
La compagnie du 1 *' régiment qui est à Calais y restera.
Les 3 compagnies du 1*' régiment qui sont à Boulogne et les 4 qui vont y passer resteront à Boulogne ; cependant, lorsque le service d'Etaples sera organisé, elles fourniront le nombre de compagnies nécessaires à ce service.
Les 2 compagnies du 2* régiment d'artillerie à cheval resteront à Boulogne.
Les 8 compagnies du 5" qui ont ordre de se rendre à Boulogne feront le service avec les 7 du i^* régiment, ce qui fera 15 compagnies àpied pour Boulogne,
Réunissez tous les bataillons du train à Douai, hormis celui qui se réunit à la Fère ; qu'ils transportent dans cette place les harnais qu'ils ont fait confectionner, et que les détachements du train qui sont dans les départements pour la levée des chevaux, à mesure que cette levée aura lieu, se rendent à Douai et à la Fère avec les chevaux.
Donnez ordre que tous les pontonniers destinés à l'expédition se rendent à
Douai, ainsi que les compagnies d'ouYriers, hormis celles qui sont nécessaires au senrice de la Fère.
Donnez ordre que le senrice soit fait dans Tllc de Gadzaud par une compagnie du 8* régiment.
Donnez également ordre que tous les escadi'ons d'artillerie à cheval, destinés à l'expédition, soient distribués k Boulogne, Ostende ou sur la côte, depuis Tembouchure de la Somme jusqu'à l'Escaut et que le reste soit réuni à Douai.
Donnez ordre que toutes les compagnies que le i*^'^ régiment pourrait avoir dans tout autre endroit que sur la cOte, depuis la Somme jusqu'à l'Escaut, à Boulogne, Ostende, etc., rentrent à la Fère; et faites-les remplacer au Havre et à Cherbourg par des compagnies du 6* régiment.
Ainsi, je conçois de la manière suivante les distributions des compagnies destinées à l'expédition : le 1" régiment doit fournir 10 compagnies. Il y en aura 7 à Boulogne, I à Dunkerque, i à Calais, ce qui fera 9, et i à la Fère, avec les iO autres compagnies du régiment.
Le 5*^ régiment doit fournir 1 0 compagnies : il y en aura 8 à Boulogne et 2 à Douai.
Le ?• régiment doit fournir iO compagnies : il y en aura A à Ostende et 6 à Douai.
Le Ministre de /a guerre à l'adjudant commandant Lomet
Paris, le 18 fi*ucUdor an xi (5 septembre 1803).
Prévenir le général Soult que la portion de la côte qui est située depuis l'embouchure de la Somme jusqu'à Gravelines sera sous sa surveillance immédiate, que la partie de la côte depuis Gravelines jusqu'à Bregen, située dans rUe de Gadzaud, sera sous les ordres du général Davout.
Ordre à ces généraux de faire connaître, aussitôt leur arrivée, la situation de la côte, celle des batteries mobiles ; ils veilleront à ce que toutes les fois qu'il devra y avoir un mouvement de la flottille de Flessingue à Ostende, d'Ostende à Dunkerque, de Dunkerque à Boulogne, des détachements de cavalerie et des pièces d*artiilerie mobiles parcourent l'Estran et soient prêts à protéger la marche des bâtiments de la flottille. A cet effet, les généraux se donneront avis entre eux, indépendamment de la correspondance qu'ils auront avec la marine.
Prévenir le général Soult de la mission du général Sébastiani.
Alex. Bertuier.
Le Ministre de la guerre.
Paris, 19 fractidor an xi (6 septembre 1803).
U sera établi des batteries mobiles :
Au Havre, A Fécamp,
l'organisation des côtes. 129
A Saint" Valéry,
A Dieppe,
Au Tréport,
et à Saint- Valerv-sur-Somme.
Chacune de ces batteries sera composée de :
i obusier de 8 pouces, 2 pièces de i2, et i pièce de 4;
ce qui exigera pour leur service 25 canonniers à cheval et, pour les 6 batteries, un escadron d'artillerie à cheval.
Il y aura au service de ces batteries un détachement de cavalerie fort de 50 hommes qui auront leur carabine, ce qui emploiera 300 hommes, c*est-àdire un régiment.
Chaque batterie composée de 4 pièces exigera, avec les approvisionnements, au moins 50 chevaux du train, indépendamment de quelques munitions que Ton mettra en magasin dans les batteries les plus importantes.
Il faudra donc pour les 6 batteries environ 300 chevaux
Ces batteries ayant pour but principal de protéger le passage de la flottille du Havre à Boulogne, les chevaux après le passage de ladite flottille pourront servir à Tarmée.
Quand un détachement de la flottille devra partir du Havre, la batterie mobile de cette station se rendra au cap d'Antifer et suivra le mouvement de ladite flottille jusqu'à Fécamp où la batterie de cette station ira au-devant de celle du Havre et suivra le long de la côte la marche de la flottille jusqu'à Fécamp, où la batterie de cette station reprendra Tescorte et ainsi de suite pour les batteries mobiles de Saint- Valéry, Dieppe, le Tréport et Saint- Valerysur-Somme.
Les diff'érents détachements de cavalerie placés en station sur les difl'érents points de la côte se lieraient par des vedettes placées de demi-lieue en demilieue, de manière que le moindre ordre se transmette avec la plus grande rapidité, ce qui rendrait facile la prompte réunion des forces et de deux batteries mobiles sur un point où la flottille, dans sa marche du Havre à Boulogne, pourrait être menacée d'être attaquée.
Le général de brigade Sébastiani recevra Tordre de partir demain pour se rendre au Havre : il sera chargé du commandement des 6 batteries mobiles et suivra lui-même les mouvements de sa flottille avec ses détachements de cavalerie, afin de pouvoir donner ses ordres.
Deux escadrons du 3« régiment de hussards^ complétés à 300 hommes, se rendront en toute diligence au Havre pour faire le service; un escadron du tt« régiment d'artillerie à cheval, qui est à Auxonne, se rendra en toute diligence au Havre. Cet escadron sera commandé par un chef d'escadron. Les pièces d'artillerie pourront être prises au Havre.
Faire les dispositions pour faire acheter sur-le-champ à Paris 450 chevaux et les haruais nécessaires, louer des charretiers, et les embrigader pour les envoyer le plus tôt possible au Havre. Donner les ordres au directeur du m. 9
HaTre pour que, de son côté, il fasse acheter le plus promptement possible 150 chevaux et les harnais; il louera des charretiers et les fera embrigader.
On donnera à 6 officiers ou sous-officiers du bataillon du train qui sont à Paris ou au Hayre, le commandement des 6 attelages pour les 6 batteries.
Ordre pour qu'il y ait à Fécamp au moins 300 hommes d'infanterie, à Saint- Yalery 200, à Dieppe 300, au Tréport 200 et à Saint-Valery-sur-Somme 300. Ces 1300 hommes seront fournis par la 3\^ demi-brigade légère.
Le général de la division veillera à ce que les détachements soient approvisionnés do cartouches.
La division du Havre, pour que les batteries le soient de gargousses.
300 hommes du 3* hussards partiront mardi ou mercredi au plus tard.
Le général Sébastiani sera chargé par ses instructions d'activer la levée des chevaux au Havre et de s'assurer si Tartillerie nécessaire à ces différentes batteries y existe ; en attendant l'organisation des batteries et l'arrivée des troupes, il parcourra la côte pour s'assurer que toutes les pièces peuvent marcher sur la (I).
Le Ministre de la guerre au général Marmont, premier inspecteur
général d'artillerie.
Paris, le 19 Cractidor an xi de la République (4 septembre 1803).
Je vous préviens. Citoyen Général, que conformément aux intentions du Premier Consul, je viens de donner des ordres pour qu'il soit établi diverses batteries mobiles destinées à suivre sur la laisse de basse mer les mouvements de la flottille nationale le long des côtes, depuis Granville jusqu'à Boulogne, et à en protéger la marche.
Ces batteries seront composées et placées de la manière indiquée ci-après :
1 batterie sur l'estran côtes de la i^ division.
Cette batterie sera composée de :
2 obusiers de 8 pouces, 2 pièces de 12.
Cette batterie sera servie par des hommes tirés d'une compagnie du 6« régiment d'artillerie, venant d'Auxonne, qui arrivera à Caen le 5 vendémiaire (28 septembre) ;
6 batteries au Havre, à Fécamp, à Saint- Valerv, à Dieppe, au Tréport, à Saint-Valerv-sur-Somme.
(1) Ce dernier mot est illisible.
l'organisation des côtbs. 131
Chaque batterie sera composée de :
1 obusier de 8 pouces,
2 pièces de It, 1 pièce de 4.
Chacune de ces batteries sera servie par 25 hommes d'un escadron du 6* régiment d'artillerie à cheval, venant d'Auxonne, qui arrivera au Havre, le ë vendémiaire (29 septembre).
Le directeur d'artillerie à Cherbourg est chargé de faire sur-le-champ l'acquisition de 50 chevaux de trait et de leurs harnais pour les attelages de la batterie mobile des côtes de la i4* division.
Ce directeur louera à la journée 25 charretiers du pays pour les conduire, et ces charretiers seront commandés par un officier ou sous-officier du train que je vais vous envoyer.
Il sera pourvu aux attelages des 6 batteries des côtes de la 15* division au moyen de itO chevaux qui vont être achetés h, Paris avec leurs harnais et qui seront conduits par 75 charretiers loués à la journée. Le directeur d'artillerie du Havre est chargé d'acheter 150 chevaux et leurs harnais et de louer également 75 charretiers, ce qui fera en tout 300 chevaux et 150 hommes pour le service 4e ces 6 batteries : les charretiers seront embrigadés et commandés par 6 officiera ou sous-officiers du train.
Le généra) Sébastiani est parti hier pour diriger tout ce qui se rapporte à la défense des côlet, aux mouvements et aux escortes de ces batteries mobiles depuis l'embouchure de la Seine jusqu'à celle de la rivière de Somme; il prendra le titre de commandant des côtes en cette partie.
Le chef de brigade La Houssaye se rend au Havre et est chargé d'une semblable mission pour la portion des côtes comprise entre Honflcur et Granville.
Je vous salue.
Le Ministre de la guerre k l*9iitjudant commandant Lomet.
Paris, le 5 septembre.
Le général Sébastiani m'écrira pour me faire connaître son itinéraire et me rendre compte de ses observations de Fécamp, de Saint- Valéry, de Dieppe, du Tréport et de Saint-Valery-sur-Somme, et, d'après ses rapports, je verrai s'il y a des changements à faire aux batteries mobiles.
Dans cette reconnaissance il verra où l'on doit placer les vedettes ; il conviendra des signaux, enfin il prendra le titre de commandant de la côte du Havre à Saint- Valéry.
Ordre au général Soult de charger un général de brigade de reconnaître la côte et de présenter un projet pour placer des batteries mobiles depuis la Somme jusqu'à Boulogne ; pour le même objet dont est chargé le général Sébastiani, du Havre à Saint- Valéry, il paraît qu'il faudrait 3 batteries : une à Crotoy, une au Grenier, et la troisième à É tapies.
Le général Soult ferait faire sur-le-champ la reconnaissance du chemin que pourraient suivre ces batteries. Deux escadrons du 11* régiment de chasseurs recevront l'ordre pour' être employés à fournir des détachements sur la côte,
des vedettes, et soutenir les batteries. Une des deux compagnies d'artillerie à cheval qui sont i\ Boulogne fournira le service de ces trois batteries. L'armée fournira Tartillerie prise à Douai, ainsi que les attelages des premiers qui arriveront (les 3 compagnies du 6^ régiment qu'on envoie sur la côte seront celles destinées à l'expédition).
Le général Sébastian! eut la mission (1) « de protéger le passage de la flottille le long des côtes entre la Seine et la Somme ». A chacune de ses 6 batteries mobiles furent affectés 23 canonniers à cheval et SO cavaliers du 3® hussards qui arrivèrent au Havre le 12 septembre. Le colonel de ce régiment, La Houssaye, eut à reconnaître la côte entre Honfleur et Granville. Le général commandant la 14® division dut lui fournir (2) une batterie mobile et 23 canonniers du 6®, tandis que le 3® escadron du 3® hussards (130 hommes), fut chargé de l'escorte ; il arriva à Caen le 12 septembre.
Entre la Somme et Boulogne (3), 3 batteries mobiles sont organisées, 1 au Crotoy, 1 au Gronier, 1 à Etaples. On y joint 2 escadrons du 11* chasseurs en garnison à Arras. Le tout sous les ordres du général Margaron.
Un mois plus tard, cette organisation fut étendue à toutes les côtes que devaient longer des fractions de la flottille.
Le général Paulet eut à garder les côtes de Vendée ; Lacoste celles de la Loire-Inférieiire ; Sébastiani, quittant son premier poste, où il fut remplacé par le général Dupas, alla surveiller les côtes du Morbihan et du Finistère jusqu'à Brest (4); Le Marrois eut celles du Finistère et des Côtes-du-Nord ; La Houssaye fut maintenu en Calvados. A chacun d'eux fut adjoint un capitaine d'artillerie. La pièce suivante donne ressemble des troupes qui furent affectées à la mission de servir les batteries mobiles.
Au général Berthier, Ministre de la guerre.
Saiat-Cloud, II veudémiaire an un (4 octobre 1803). Vous donnerez l'ordre, Citoyen Ministre, au général de brigade Sébastiani,
(l) lettres da Ministre de la guerre à Soult (5 septembre) et au général commandant la 15« division au Havre (carton des Côtes, Archives de la Guerre). (t) Instructions du 6 septembre (Archives de la Guerre), i'd) Lettre du Ministre à Soult (6 septembre). (4) lettre du Ministre à Marmont (5 septembre). Côtes.
l'organisation des CÔTES- 138
de se rendre dans le département du Morbihan pour prendre le commanderaent des côtes depuis Brest jusqu'à Tembouchure de la Vilaine. Il sera sans cesse sur les côtes, faisant faire Texercice chaque jour k deux ou trois batteries et exerçant les canonniers gardes-côtes. Il aura tout le 1<=' régiment de hussards, savoir : 3 escadrons à 200 hommes à cheiral, qu'il répartira sur les points les plus importants de cette côte. Le 4" escadron et le dépôt de ce régiment resteront à Pontivy. 11 y aura de plus 3 compagnies du 7« régiment de •chasseurs, ayec lesquelles il garnira la partie des côtes du Finistère qui est sous son inspection. Sa mission aura là un double but : le premier, de sui^ Teiller tous les hommes suspects qui rôdent sur ces côtes et correspondent avec les Anglais; le second, de protéger le passage de la flottille, de se rendre en personne et de réunir sur-le-champ une grande force de cavalerie sur tous les points où des bAtinicnts de la flottille relâcheraient.
Il aura à sa disposition : 2 pièces de 4, 2 pièces de 8, 2 pièces de i2 et 2 obusiers, attelés, avec approvisionnement, et servis par une compagnie du régiment d'artillerie qui est h Rennes.
Ce général correspondra avec le général qui est à Rennes, les préfets maritimes de Brest, de Lorient, de Rochefprt, pour être instruit des mouvements des flottilles. Il rendra compte, tous les jours, au Ministre de la guerre, du lieu oïli il se trouve et de ce qu'il a fait. Son séjour habituel sera Lorient. Pour lui donner les moyens de faire parvenir ses lettres et subvenir aux frais de sa mission du Havre, vous lui ferez donner une gratiflcation de 5,000 francs.
Vous donnerez l'ordre au général de brigade Lemarois, que je mets à cet •effet à votre disposition, de se rendre sur les côïes pour y prendre le comman^ dément et l'inspection, depuis la pointe de Brest jusqu'à (bancale, limite de la J3' division militaire. 11 aura sous ses ordres le 20* régiment de chasseurs, dont 3 escadrons et le dépôt seront à Rennes, et 3 compagnies du 7* régiment de chasseurs pour garnir les côtes du Finistère qui sont sous son commandement. Il résidera habituellement à Saint-Malo. Il sera continuellement sur les côtes, et fera exercer par jour au moins trois batteries, et les compagnies de •canonniers gardes-côtes. Sa cavalerie sera répartie sur la côte en petits déta»- 4!hements, qui feront des patrouilles de nuit, poiu* surprendre les péniches ennemies qui débarquent et se répandent dans l'intérieur. Il protégera la marche de la flottille et réunira promptement une grande force de cavalerie sur les anses où des divisions de la flottille seraient forcées de relâcher, et où •elles n'auraient pas une protection assurée. Il correspondra directement avec vous, avec le général commandant la division, avec le préfet maritime de Brest, le commandant de la marine à Saint-Malo, le chef de brigade La Hous^ saye et le général de brigade Sébastian i, pour être instruit de tous les mouvements de la flottille et pouvoir se porter sur son passage. Il aura également 2 pièces de 4, 2 pièces de 12, 2 pièces de 8 et 2 obusiers, attelés, qu'il distribuera sur la côte et réunira lorsqu'il sera nécessaire pour protéger le passage de la flottille. Ces pièces seront servies par une compagnie du régiment d'ar^ tillerie qui est à Rennes.
Vous donnerez les ordres nécessaires au directeur d'artillerie à Rennes, pour -organiser ces deux divisions et les faire atteler de chevaux achetés dans le pays. Les sommes pour l'achat et le harnachement des chevaux seront payées âur des ordonnances d'urgence.
iSi PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE VH.
En conséquence des dispositions ci-dessus, le 20* régiment de chasseurs se rendra d'abord à Saint-Malo, oiï le général Lemarois lui donnera des ordres pour ses mouTemehts.
Vous donnerez Tordre au i6* régiment de chasseurs, qui est à Rouen, de se rendre à Caen pour y remplacer le XO*. Le 16* régiment fournira trois escadrons, forts de 450 hommes au moins, qui, sous les ordres du chef de brigade La Houssaye, garniront la côte depuis Cancale Jusqu'à Honfleur.
Les escadrons du 3* régiment de hussards qui sont dans In 14* diyision militaire se rendront en conséquence à Rouen.
Le général de brigiide Dupas se rendra au Havre : tous lui donnerez une instruction semblable à celle du général de brigade Paulet, commandant le département de la Vendée, d'établir son quartier général aux Sables-d'Olonne, et d'être perpétuellement sur les côtes de son département. Le 4* régiment de chasseurs fournira deux escadrons, forts nu moins de 3(K) hommes, pour garnir la côte, depuis Bourgneuf exclusivement jusqu'auprès de Marans.
Vous lui ferez comprendre qu'en qualité d'inspecteur des côtes il doit cor^ respondre avec le général de division, et aussi tous les jours, avec vous. Il doit, tous les jours, faire l'exercice du canon et inspecter trois ou quatre batteries. Sa mission a le double but d'empêcher les péniches anglaises de correspondre avec les côtes, de leur tondre des embûches et de les surprendre, d'inspecter les compagnies gardes-côtes, et de veiller à ce que les postes soient complets et les batteries approvisionnées.
Il doit y avoir des détachements sur tous les points abordables de la côte, et surtout à Notre-Dame-du-Mont, à Saint-Jean-du-Mont, à Beauvoir, à Bouin et îV Noirmoutiers. Il doit correspondre avec le préfet maritime de Rochefort et le général Lacoste, inspecteur des côles du département de la Loire-Inférieure, pour protéger le passage de la flottille, afin que dans tous les lieux il réunisse des détachements de cavalerie et s'y rende en pei'sonne.
Vous donnerez ordre h deux escadrons du '• bis de hussards, qui est à Saumur, complétés h 300 hommes, de se rendre à Machecoul, oti le général Lacoste leur donnera des ordres pour être répartis depuis Bourgneuf jusqu'à l'embouchure de la Vilaine. Vous donnerez à ce général des instructions pareilles et pour le même but.
Le général chargé de l'inspection des côtes de la Vendée et celui des côtes de la Loire-Inférieure auront chacun 2 pièces de 4 et 2 pièces de 8. Ces huit pièces seront servies par une seule compagnie d'artillerie et attelées de 100 chevaux. Elles s'organiseront à Nantes. Vous chargerez le directeur de l'artillerie de Nantes d'acheter des chevaux et de les harnacher.
Ces cinq officiers généraux et supérieurs auront chacun un capitaine d'arti lerie, qui sera fourni par le directeur d'artillerie de la résidence de Rennes et de Nantes. Ce cnpitaine les accompagnera partout et sera chargé de montrer la manœuvre aux batteries et de faire exécuter en présence du général.
Les sous-officiers et soldats des 1*' et 3® et 7* bis de hussards, des 6®, 7*, IG® et 20® de chasseurs, employés sur les côtes, seront exercés à la manœuvre du canon. 11 leur sera accordé une gr«itification de 20 centimes par jour, qui sera payée, tous les dix jours, sur des feuilles visées par l'officier général et sur des fonds que le Ministre de la guerre mettra à cet effet h sa disposition. Dites à ces officiers généraux que mon intention est que, tous les dix jours.
l'organisation des côtes. 13SI
ils Toient toutes leurs batteries ; qu'il faut, par conséquent, qu'ils soient continuellement sur les côtes, qu'ils doifent tous rendre compte, au moins tous les deux jours, tant de ce qui se passe à la côte que de ce qu'ils apprendront, soit de là mer, soit par les vigies, et user de la plut grande et de la plus active sunreillance.
Bonaparte.
Le Ministre de ta guerre au général Dejean, miniatre directeur
de l'Administration de la guerre.
Parts, le 13 Tenddmiaire an xu (6 octobre 1803).
J'ai l'honneur de tous préTenir, Citoyen Ministre, que les troupes de caTalerie et d'artillerie ci-après désignées, Tont être réparties sous le plus court délai siu* les côtes des 12*, 13*, 14* et 15^ diTisions militaires, de la manière suiTantc, pour assurer la défense des côtes :
i^ Sous les ordres du général Paulet, commandant le département de la Vendée
et qui résidera aux Sables-^ Olonrke.
Sur les côtes de la Vendée :
2 escadrons du 4* régiment de chasseurs, forts au moins de 300 hommes;
1 compagnie d'artillerie légère ; 25 conducteurs d'attelages ;
50 cheTaux de trait.
2® Sous les ordres du général de brigade Lacoste^ qui résidera à Paimbœuf, Sur les côtes des départements de la Vendée et de la Loire-Inférieure : ^^
2 escadrons du 7* bis de hussards, complétés à 300 hommes; 1 demi-compagnie d'artillerie légère ;
25 conducteurs d'attelages ; 50 cheTaux de trait.
3* Sous les ordres du général de brigade Sébastiani, qui résidera à Lorient.
Sur les côtes du Morbihan :
3 escadrons à 200 hommes du 1*^ régiment de hussards.
Siu* les côtes du Finistère :
3 compagnies du T* régiment de chasseurs; 1 compagnie d'artillerie légère ; 50 conducteurs d* attelages ; 100 chevaux.
4® Soiis les ordres du général de brigade Lemarois, qui résidera à Saint-Malo.
Sur les côtes du département des Côtes-du-Nord :
3 escadrons du 20* régiment de chasseurs, forts de 500 hommes.
Sur les côtes du Finistère :
3 compagnies du ?• régiment de chasseurs ; i compagnie d'artillerie légère; .SO conducteurs d*attelages ; 100 chcyaux.
5<^ Sous les ordres du général de brigade La Houssaye^ commandant le 3* régiment de hussards, résidant à Coutances.
Sur les côtes des départements de la Manche et du Calvados :
3 escadrons du i6* régiment de chasseurs, forts de 450 hommes; 25 hommes d'artillerie légère; 25 conducteurs; 50 chevaux.
6<* Sous les ordres du général de brigade Dupas, qui résidera au Havre,
Sur les côtes entre la Seine et la Somme :
2 escadrons du 3* régiment de hussards, complétés à 300 hommes;
1 escadron d'artillerie à cheval ; 150 conducteurs d'attelages ; 300 chevaux.
J'ai cru devoir, Citoyen Ministre, vous informer de ces dispositions, pour vous mettre à portée de donner les ordres relatifs à la subsistance des troupes ci-dessus désignées et à la fourniture des effets qui leur sont nécessaires.
Alex. Berthier.
C'est par les rapports des généraux employés sur les côtes que nous pourrons nous rendre compte des mouvements de la flottille et de Tefficacité du soutien donné par les batteries de campagne. Mais par les lettres ci-dessous on peut déjà se rendre compte de la manière dont Bonaparte envisageait leur rôle.
Au général Davout, commandant le camp de Bruges.
Saiût-CIoud, 13 vendémiaire an xic (6 octobre 1803). Citoyen général Davout, un sloop français a été pris entre Nieuport et Dun-
l'organisation des côtes. 137
kerque par une chaloupe anglaise, montée par i4 hommes. Ce sloop s^était échoué à terre; mais, 3 gendarmes et 2 hommes de la i08* s'étant seuls trouTés là pour le défendre, la chaloupe anglaise les a forcés et s'est emparée du sloop. Vous n'avez donc point sur la côte, comme il a été ordonné, des patrouilles de cavalerie correspondant entre elles, et des batteries mobiles disséminées sur tous les points, pour pouvoir se porter partout où il sera nécessaire. Si ces patrouilles et ces batteries mobiles ne sont pas ainsi organisées, donnez ordre qu'elles le soient sans délai, de manière que des hommes à cheval soient continuellement placés sur les côtes, correspondent entre eux et portent partout la protection nécessaire.
Au général Soult
StiDt-CIoud, 18 yendémlaire an xii (11 uctobre 1803).
Je ne conçois pas comment votre régiment de hussards n'est pas arrivé. N'auriez-vous pas pu y suppléer sur les côtes par quelques chasseurs, afin d'être certain que tout secours sera porté?
11 est nécessaire que les deux escadrons que vous avez placés sous les ordres du général Margaron, depuis Boulogne jusqu'à la Somme, s'exercent à la manœuvre du canon, afin qu'ils puissent rapidement se porter aux batteries des côtes, les renforcer, les servir avec plus de rapidité et surtout plus de courage que ne peuvent le faire des troupes non aguerries.
Votre batterie mobile du côté de Wissant n'est pas assez forte. Vous devez avoir des pièces de 12 de votre équipage de campagne, vous avez desobusiers de 8 pouces : envoyez-en là 8 ou iO, car vous êtes certain qu'il vous arrivera quelque événement : des tralneurs de divisions qui sortiront de Calais ou de Dunkerque ne pourront pas doubler les caps Gris-Nez ou Blanc-Nez, et échoueront hors la portée des batteries ; et, si vous n'avez pas là, à l'heure même, des hommes qui puissent se porter à leur secours, et des pièces de canon, ces bâtiments seront infailliblement pris. Vous devez rendre responsables les deux officiers généraux et supérieurs que vous avez chargés de la défense de la côte depuis Calais jusqu'à la Somme, du moindre bâtiment qui serait pris, car alors des détachements de cavalerie et d'artillerie peuvent se porter rapidement sur un point où un bateau poursuivi échouerait, et alors il devient impossible de s'en emparer. C'est ce qui vient d'arriver à Dieppe : un sloop s'est échoué ; le général Sébastiani s'y est porté avec 60 hommes et de l'artillerie; les péniches ont lâché prise, et le sloop est rentré à Dieppe. Les deux officiers inspecteurs doivent faire faire l'exercice au moins à quatre batteries par jour, doivent avoir vu, tous les jours, les batteries, et les faire manœuvrer au moins deux heures.
Celui que vous avez chargé de la surveillance de la côte de Calais à Boulogne doit s'établir dans la chapelle du cap Gris-Nez et être jour et nuit à cheval. Faites-moi connaître si les batteries mobiles peuvent passer le long de l'estran, depuis l'embouchure de la Somme jusqu'à Étaples.
Faites connaître au général Margaron que je ne compte pour rien le dire des gens du pays, qu'il doit s'y porter, qu'il y a quelque chemin à faire trouver ou quelque falaise, et s'il y a un chemin à faire, on le fait faire sur-le-champ.
Au général Berthier, ministre de la guerre.
Saint^Clond, 29 yendémiaire an xii (2t octobre 1803).
Écrivez au général Lacoste qu'il ne doit pas escorter la flottille ayec tous ses moyens : il suffit, comme il le propose, que la moitié de son artillerie et de sa caTalerie fasse le service sur une rive de la Loire, et l'autre moitié sur Tautre rive. Il faut que le général Lacoste visite si toutes les batteries sont armées et approvisionnées, et s'il y aTait quelque point où la côte ne soit pas suffisamment armée.
Donnez Tordre au général Paulet de prendre aux Sables deux compagnies d'infanterie, d'en placer une à Tile de Noirmoutiers, et l'autre, comme il le propose, dans l'ile de Bouin ; et, comme l'île de Bouin est très importante à surveiller, le général Paulet y laissera à demeure son aide de camp.
Vous donnerez l'ordre que, le 15 brumaire, les batteries de la pointe d'Aiguillon, de la Tranche et du havre de la Couchette soient établies et armées.
Donnez l'ordre au 3* escadron du 4" régiment de chasseurs d'être à la disposition du général Paulet, qui le placera depuis la pointe de l'Aiguillon jusqu'à la Charente, et, à cet efiet, cette partie de côte sera aussi sous son inspection.
Donnez Tordre au général Chabran de se transporter sur la portion de c^te depuis la Charente Jusqu'à la Gironde : vous lui donnerez les mêmes instructions qu'aux autres généraux.
Il aura sous ses ordres deux escadrons du 24" régiment de chasseurs, qui seront, à cet effet, complétés en tout à .NOO hommes. Faites-lui fournir 2 pièces de 4, 2 de 12 et â obusiers; elles seront servies par une des compagnies du régiment qui fait le service du camp de Bayonne. Le matériel et l'attelage
pourront être pris aussi à ce camp
Bonaparte.
Dès que les mouvements de concentration commenceront, les divisions de la flottille trouveront donc dans la cavalerie et Tartillerie à cheval un précieux appui.