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(D après les Cartes -^^ çt -^^^ des Archives de la Guen-e)
Échelle approximatire :
CHOIX ET ORGANISATION DES PORTS d'eMBARQUEMENT. 167
emplacements pom* les diTers établissements, soit de la marine, soit de la terre?
Vous Toyez par Tétat où il est question de la distribution de la flottille, le nombre de bâtiments qu'il faudra placer à Étaples. Gela nécessitera beaucoup de choses, quoique par sa localité, Ëtaples ne soit pas exposée à des affaires comme à Boulogne ; cependant, il y aura des rencontres, ce qui nécessitera un établissement de guerre de la marine. Faire ce qui est nécessaire pour ce port.
En 1708, au mois d'août, Tamiral Byng ayant 14 vaisseaux de ligne et 60 bâtiments de transport, mouilla dans la baie d'Étaples et mit 500 hommes à terre.
Faites-moi connaître s'il y a des traditions de l'endroit oi!i il a mouillé, et
enfin l'espèce de danger que pourrait courir une portion quelconque do la
flottille.
Effectivement, Tordre de placer 100 poteaux d'amarrage en se rapprochant des Camiers avait été donné dès la fin de juin (2). A la vérité, Sganzin maintenait son opinion au sujet de la barre, et écrivait à ce sujet :
87 pieux sont battus à Étaples sur 100. Les renseignements donnés par les marins pour le chenal au-dessous de A sont exagérés et c'est tout ce qu'on a pu placer de poteaux.
Il est difficile de prendre parti entre ces affirmations contradictoires.
Ce que Texpérience montra, en tous cas, c'est l'extrême difficulté de la sortie pour im nombre même restreint de bâtiments.
En ce qui concerne Ambleteuse, l'attention du gouvernement avait été depuis longtemps attirée sur ce point • Un arrêté du 2 février 1794 avait chargé Tingénieur Récicourt d'étudier la question de Tutilisation à en faire. Son rapport, ainsi que celui de de Gaulle, concluaient à la constitution d'une rade au moyen de digues en partie flottantes (3), partant de Croy et de la Tour et se terminant au bout du baoc de Baas, oii serait l'entrée. Sur le banc, la digue serait en pierre. Le port, formé par un agrandissement du lit de la
(1) Archives nationales, carton AF»^, U03. Marine, colonies, flottille. — Ans xii et xnr.
(S) Rapport de Sganzin. (Archives des ponts et chaussées.) (3) Archives des ponts et chaussées.
168! PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE Vni.
rivière, devrait donner 27 à 28 piôds en vive eau et 19 en morte eau, grâce à la chasse qu'on organiserait. Le de^is de Récicourt montait à 35 millions de livres. Ce rapport très intéressant contient cette phrase remarquable : « Un port de « marée dans cette région ne peut être d'aucune utilité pour « la République s'il n'a pas une bonne rade pour servir (( d'asile ».
Dès 1798, Caffarellî s'était aussi occupé d'Ambleteuse, et en 1801, Latouche-Tréville voulait y creuser un chenal avec des jetées en fascinages. Ce projet avait paru peu pratique au Premier Consul, et il avait repoussé la proposition de Savary à ce sujet (1). Cette fois, l'idée première fut reprise. Adoptée par Bonaparte lors de son voyage, le 29 juin, et confirmée par arrêté du 21 juillet, elle consista simplement à utiliser la rivière de la Slack en port d'échouage pour 40 à 50 bateaux, le désensablement devant être obtenu par la chasse donnée par l'achèvement des jetées en fascines.
Pourtant il avait été question de travaux bien plus considérables.
« Le port, disait le projet présenté le 16 juillet par Sgan- « zin (2), se composera d'un bassin demi- circulaire placé « sous la protection de la tour d'Ambleteuse, d'un avant- « port, d'un chenal de chasse avec une écluse, enfin, de deux
« jetées Le bassin et l'àvant-port donneront 10 pieds
« d'eau à morte eau. »
Tout cela fut rejeté, et le Premier Consul n'admit qu'un projet de port d'échouage sans bassin. Cependant, il écrivit de sa main qu'au lieu de 50 bateaux, on en mettrait 100. Le plan d'opérations du 22 août admit même qu'Ambleteuse recevrait 135 bâtiments de guerre (3).
Mais les dispositions tentées au mois d'août échouèrent complètement. La chasse fut tout à fait insuffisante et il fallut adopter le plan de Sganzin.
5 Teiidéiniaire an xii (18 septembre 1803). L'amiral m'a ordonné de former et de soumettre à son approbation un
(1) Voir ci-dessaâ, t. II.
(2) Archives des ponts et chaussées,
(3) Correspondance de Napoléon k Bruix, J2 août.
CHOIX ET ORGANISATION DES PORTS D'EMBARQUEMENT. i69
nouTenu projet pour le port (I'Aiibleteuse, afin de le rendre capable de contenir de 250 à 3i)0 bateaux et d'abandonner le plan approuTé par le Premier Consul, qui n'en deyait primitiTement contenir que 50 (sic) et sur lequel une apostille de sa main ordonnait cependant que le nombre des bateaux serait
porté à 100 J'ai l'honneur de tous adresser copie du nouTeau plan.
Il y a 600 travailleurs Les dépenses pour ce mois s'élèveront à 180,000
francs (1).
Ce projet consistait essentiellement en un grand bassin latéral alimenté par la Slack, dont le niveau serait élevé par une digue et des écluses.
Une digue maintenue par un énorme clayonnage séparerait le bassin du chenal, en laissant une passe étroite.
Ce travail considérable ne devait commencer qu'en septembre, lors de Fenvoi à Ambleteuse d'un bataillon de la 43* fournissant 500 travailleurs par jour pour creuser le bassin. Sur la demande du Ministre de la marine et du général Soult, un autre bataillon de la 43* fut adjoint au premier de façon k fournir 1200 travailleurs par jour (2).
Un peu plus tard, le 8 octobre, la 26* demi-brigade remplaça la 43* dans ce point très malsain.
Plus tard encore, Bonaparte autorisa l'envoi à Ambleteuse de deux demi-brigades, mais sa lettre caractérise très nettement la manière dont, k cette époque, il envisage la situation.
Faites-moi connaître des 207 malades que vous avez eus en fructidor et des ISS que vous avez eus en vendémiaire, combien il en restait au 45 vendémiaire, combien sont rentrés à leur corps, combien évacués, et combien sont morts.
Dans les baraquements, on ne saurait porter trop d'attention à la santé des troupes : dès qu'il y a plus de malades dans Tun que dans Tautre, il faut en savoir la rabon, qui n*est souvent que de la mauvaise qualité des fournitures.
Ma grajide crainte est que^ devant passer l'hiv-er ainsi, nous n'ayons beau-» coup de malades»
Je compte venir vous voir d'ici à quelques jours, et je désire que tous les corps se trouvent à 1700 hommes.
Je ne vois point d'inconvénients à placer à Ambleteuse deux demi-brigades au lieu d'une (3).
Cette opinion contraste singulièrement avec Tordre donné
(1) Registre de correspondance de Sgtnxin.
(2) Correspondance de Napoléon, 12 septembre, 7100, et 14 septembre, 7105,
(3) Correspondance de Napoléon à Soolt, il octobre, 7186.
i70 PREMIÈRE PARTIE. ~ CHAPITRE VllI.
le 13 novembre, à Sganzin, d'avoir terminé le bassin d'Ambleteuse pour le 7 décembre (1), et les moyens que le général Soult emploie pour presser l'activité des travailleurs.
17 frimaire an xii (9 décembro 1803).
Le général commandant en chef pense que, dans idngt et un jours, la 3* division chargée du travail de la première partie du bassin d'Ambleieuse peut facilement enlever tous les déblais dont le cube ne s'élève qu'à 14.387^<n<^,87. Les bataillons qui auront fini leur tâche avant cette époque recevront une prime de récompense.
En tous cas, quand il reviendra à Boulogne en janvier 1804, Bonaparte n'épargnera pas à Sganzin les reproches pour rinachèvement du bassin, et lui prescrira de s'établir de sa personne à Amble teuse.
Le Premier Consul a été satisfait des travaux de Boulogne, mais il n'en a pas été de même pour ceux d'Ambleteuse, qui m'ont occasionné des reproches
aussi affligeants que peu mérités Il a été satisfait des travaux de Wime-
reux, auxquels tous les moyens de transport qu'on nous refuse ont été prodigués (2).
A la fin de janvier 1804, et bien que le nombre des travailleurs ait été porté à 3,300, le bassin n'était pas encore creusé complètement (3).
Bonaparte compta-t-il sérieusement, à un moment donné, pouvoir disposer à l'automne 1803 d'un port établi à peu de frais et suffisant pour une centaine de bateaux? On en peut douter. Ce qu'il y a de certain, c'est que, pour Ambleteuse comme pour Boulogne, l'adoption d'un programme de travaux considérables date de la période où, dans l'esprit du Premier Consul, il faut renoncer à agir de longtemps.
Lorsqu'il eut été bien constaté qu'il n'y avait pas moyen de se servir de la plage de Wissant pour un échouage, le Premier Consul pensa à utiliser la petite anse de Wimereux, près de la tour de Croy. Tout d'abord, il ne s'agit en ce point que d'un mouillage.
(1) Archives des ponts et chaussées.
(t) Lettre de Sgamin à Cretet da ô janvier 1804. (Archives des ponts et chaussées.)
(3) Rapport du général Bertrand, 31 janvier 1801. {Archives de la Guerre, — Côtes.)
(D'après la Carte
MTIMEREUX