CHAPITRE Xn
On a vu que la préparation militaire de T Angleterre, poursuivie dès la conclusion de la paix d'Amiens, et les vigoureuses mesures prises pendant la période de tension politique avaient donné aux forces britanniques de terre et de mer une avance considérable. Dès la déclaration de la guerre, les côtes anglaises s'étaient trouvées fortement occupées par les réguliers et les miliciens, tandis que les escadres menaçaient immédiatement les ports de France et de Hollande.
Avant qu'aucun préparatif de descente ait été entamé, avant même qu'aucun projet d'invasion ait été formé par le gouvernement français, le ministère Addington s'occupa d'augmenter ses forces militaires.
Le 28 mai, une circulaire avait prévu l'incorporation de la « milice supplémentaire » (1) organisée par la loi de 1802 (2).
On sait que la milice était formée d'hommes de 18 à 45 ans, tirés au sort par les paroisses avec remplacement et exonération (250 francs) admis. La durée du service était de 5 ans avec autorisation de se rengager moyennant une prime.
L'effectif total fixé par la loi : 50,000 hommes environ pour l'Angleterre et l'Ecosse, était réparti entre les paroisses suivant la « statutory quota », mais, en outre, « en cas de
(1) Record Office, English militia àook, 1803. (t) Voir ci-dessos.
danger d^invasîon ou de rébellion », le gouvernement avait le droit de lever en sus une force supplémentaire égale à la moitié de t effectif légal de la milice.
L'appel de la force « supplémentaire » aurait dû, par conséquent, donner à la milice une force totale de 75,000 hommes.
Mais le vice fondamental des institutions militaires anglaises n'allait pas tarder à se révéler.
« L'eflFet sur le recrutement de V armée (1), de la loi de « 1802, relative à la milice, fut de le rendre plus cher. Un ser- « vice de 5 ans dans son pays valant au volontaire 6 livres et « une prime indéterminée au remplaçant, la milice se trouva « fort avantageuse. L'interdiction de passer de la milice dans « l'armée régulière enleva à cette dernière toute une classe « de recrues qui, sans cela, y serait venue. En outre, on eut « sur le marché des engagements la compétition des officiers « de paroisse cherchant des volontaires, celle des appelés par « le sort cherchant des remplaçants, celle des sergents recru- « teurs pour l'armée régulière. A rapproche de la guerre^ la « crainte fit chercher des remplaçants à tout prix et les « besoins de l'Etat en hommes ne firent qu'accroître cette « situation. On put dire que le tirage au sort produisait « rélévation des primes et était destructeur du mode normal « de recrutement. »
Il fallut donc en venir à donner une prime effective pour l'entrée dans l'armée régulière où V « on se contentait autrefois d'une guinée pour acheter du linge et d'une couronne pour boire à la santé du roi (2). » Mais on créa un cercle vicieux :
« Le tirage au sort créa la nécessité des primes. La prime s'élevant à l'excès et la désertion faisant perdre autant qu'on gagnait par le recrutement, obligèrent à un nouveau
tirage au sort
« On en vint à payer 40, 50 et 60 guinées pour une recrue. « Le principe admis du remplacement fit aussi qu'on ne
(1) Clode, MUitary forces ofthe Crown,
(2) Discours de Windham.
Là DéFENSB DE L*ANOLBTBRRE. 251
« trouva plus dans la milice que des remplaçants, et la ten-
« tation de toucher de nouveau une forte prime multiplia la
« désertion. Sur 45,492 hommes tirés au sort pour Tarmée
« 1803-1804, 40,998 étaient des remplaçants et, en une seule
« année, la désertion fit perdre 8,106 hommes. »
La conséquence immédiate fut que le nombre des engagés volontaires pour l'armée, qui était de 11,253 en 1803, tomba Tannée suivante à 9,430.
Néanmoins, Tappel de la milice supplémentaire (1) se fit sans difficulté, mais avec une extrême lenteur, à partir du 8 juin, par les soins des lords lieutenants. Quant à Futilisation de ce contingent, elle varia dans chaque district. Tantôt la « milice supplémentaire » forma des unités à part; tantôt, et le plus souvent, elle fut incorporée dans les bataillons et régiments de milice existants. A chaque fois il fallut dresser par les soins du « Home office » et de l'administration de la guerre un nouvel « Establishment (2) ».
L'opinion publique réclama bientôt des mesures militaires beaucoup plus sérieuses.
Dès le mois de mai, un acte du Parlement avait été voté pour « mettre Sa Majesté à même de pourvoir plus efficacei< ment à la défense et à la sécurité du royaume pendant la « guerre actuelle et pour indemniser ceux qui peuvent souf- « frir dans leurs personnes ou leurs propriétés des mesures « nécessitées par le but à atteindre dans les circonstances « présentes (3) ».
Jusqu'au vote de cette loi, en effet, le roi n'avait pas le droit en Angleterre et en Ecosse, mais seulement en Irlande, d'acquérii» aucun terrain pour y établir des ouvrages de fortification. L'acte permettait d'enlever toute personne qui ne pourrait se retirer par ses propres moyens et de dévaster le pays en détruisant tout approvisionnement susceptible d'être utilisé par l'ennemi. Les ordres furent adressés aux lords lieutenants des divers comtés, mais, sur les remontrances du duc de Richmond, ils furent modifiés de telle sorte que seuls
(1) Circulaires des 8 ot II juin. (Archives du War Office, Record Office.)
(2) Record Office, English militia book.
(3) War Office. Correspondance.
les chevaux, le bétail et les voitures durent être retirés ou détruits en cas de besoin (1).
C'est ainsi que les officiers de la couronne purent, mais à titre temporaire et, en cas de contestation, après recours devant un jury, acquérir les terrains nécessités non seulement pour les quelques fortifications élevées, mais pour les camps et casernes des troupes rassemblées sur les côtes. La lenteur et les difficultés créées par le formalisme des magistrats civils restèrent excessives.
En outre, la loi connue sous le nom de « Defence Act », « (43 Geo. III, c. 53), tendit à déterminer les personnes de « 15 à 60 ans capables de service militaire et fixa des obliga- « tions dont on pouvait se libérer par le service dans les « volontaires, sous le régime de la loi (42 Geo. III, « c. 68) (2) ».
L'intention du ministère Addington paraît avoir été, au début, de se contenter de l'organisation militaire existante, mais l'opposition ne manqua pas d'utiliser l'occasion que lui offrait l'apparente timidité des mesures soumises au Parlement.
« Le 6 juin, le secrétaire d'Etat pour la guerre, M. Yorke, « présenta le projet de budget, en déclarant qu'il n'y aurait « pour l'armée régulière qu'une faible augmentation. Win- « dham et Pitt combattirent ce système, en faisant ressortir « l'infériorité de la milice et le danger d'être réduit à une « guerre défensive (3). »
« Le diamant seul coupe le diamant », s'écria Windham, la « guerre offensive est seule efficace et, pour Tentreprendre, une armée régulière très forte nous est absolument nécessaire ». Avec Pitt, il concluait en demandant que de nouveaux impôts vinssent accroître les moyens de lutte du gouvernement (4). Il est rare qu'un ministère refuse des crédits, aussi Addington fit-il voter le 10 juin la levée de 40,000 matelots; le 13, un impôt de 12 millions de livres sterling, l'augmentation des droits d'excisé, la réforme de T « income-
(1) Clode, loc. cit.
(2) Clode. loc. cit.
(3) Annual Register.
(4) Séances du 6 et du 10 juin. Voir Guizot, Vie de Pitt.
tax » ; et, le 17, un message royal annonça la nécessité d'augmenter les forces militaires de la Grande-Bretagne.
Effectivement, à la séance du 20, Charles Yorke, à la Chambre des Communes, lord Hobart devant les Lords présentèrent un projet pour former une « armée de réserve ».
A la Chambre des- Lords, il s'agissait de lever « 40,000 « hommes en Angleterre et 10,000 en Irlande, sous le nom « d'armée de réserve. Ils seraient commandés par des offi- « ciers en demi-solde ou sortant des fencibles. Cette armée « servirait à aider Tarmée régulière et la milice. Les hommes « seraient levés par tirage au sort (ballot) (1) ».
Aux Communes, la forme du projet fut un peu différente : 34,000 hommes pour l'Angleterre, 10,000 pour l'Irlande, 6,000 pour l'Ecosse; total 50,000.
« La différence avec la milice serait que les services en « temps de guerre seraient étendus à la Grande-Bretagne,
« l'Irlande et les îles de la Manche Les hommes ainsi
« levés seraient mieux commandés que les miliciens Le
« tirage se ferait parmi les hommes de 18 à 45 ans »
« Nous devons, dit Yorke : 1® lever tel nombre d'hommes « qu'il sera nécessaire, et ce, dans le plus bref délai pos- « sible ; 2** le service de cette armée s'étendra sur toutes les i< parties du Royaume-Uni, même sur les îles de Guernesey « et de Jersey ; 3® la levée sera faite de manière à ménager « le plus possible la nation, et, pour cela, on aura recours « autant que possible au mode accoutumé. On lèvera l'armée « de réserve sur tous les hommes de 18 à 45 ans, sauf les « exceptions que je pourrai mentionner. Je propose de mettre « cette armée sur pied sans perdre de temps et de la faire
« commander par des officiers en demi-solde Quant à la
« durée du service, je pense que quatre années suffiront pour « ceux qui tireront au sort ; et, pour ceux qui serviront comme « remplaçants, ils n'obtiendront leur congé qu'au bout de « quatre ans ou un mois après la signature du traité définitif « de paix. En ce qui concerne le mode de levée de cette « armée, je pense que le meilleur est de faire tirer au sort « conformément aux principes du système de la milice
(1) Annual Register,
« On a jugé à propos de spécifier Tétendue positive des « services de Tarmée de réserve. Le nombre de cette armée « est, ainsi que je Tai dit, de 50,000 hommes, dont 40,000 « seront levés dans la Grande-Bretagne et 10,000 en Irlande. « Des 40,000 que fournira la Grande-Bretagne, 31,000 seront « levés dans les comtés d'Angleterre, 3,000 à Londres et « dans les Cinque-Ports (sic), 6,000 dans TÉcosse. Les 10,000 « que fournira Tlrlande seront levés dans tous les comtés. « Le nombre total portera à peu près nos forces sur le pied « où elles étaient en 1801, année durant laquelle nous avions « dans la Grande-Bretagne environ 100,000 hommes de « milice Nous avons aussi 14,000 volontaires fournis parla « yeomanry. Aujourd'hui nous avons 48,963 hommes de « milice régulière; en outre 24,000 hommes de milice sup- « plémentaire; en y joignant Tarmée qui va être levée, de « 40,000 hommes, on arrive à un total de 112,000 hommes, « constituant la force défensive du pays, sans compter l'armée « régulière et les corps de volontaires qui pourront se « former. En Irlande, la force défensive sera à peu près ce « qu'elle était en 1801 ; à cette époque, la milice irlandaise « était de 28,600 hommes, aujourd'hui, elle est réduite à « 18,300, mais l'addition des 10,000 hommes qui vont être « levés la remettra sur Tancien pied. »
Il semblait que l'opposition dût être désarmée, mais, plus soucieux de combattre le ministère que d'être conséquent avec lui-même, Windham qui avait tant demandé une augmentation de l'armée régulière, combattit la loi proposée en développant le contre-projet d'une « levée en masse à la façon de la Vendée » (1). « Nous allons, dit-il, couper en deux l'armée qui déjà n'a pas de recrues Il faudrait supprimer le remplacement, auquel on substituerait le payement d'une somme qui permettrait au gouvernement de payer une grosse prime à celui qui s'engagerait dans l'armée régulière ».
Néanmoins, la loi fut votée le 4 juillet, avec l'appui significatif de Pitt. •
« Dans ïarmée de réserve, dit Clode (43 Geo. III, c. 82),
(1) Gaiiot, Vie de Pitt.
LA DÉFENSE DE L'aNGLETERRE. 355
« le service devait être accompli à Tintérieur du Royaume- « Uni et des lies de la Manche et non ailleurs. Les hommes « tirés au sort devaient servir 5 ans, les remplaçants et les « volontaires six mois en plus après la conclusion de la paix.
« L'armée fut levée par prime et sous des amendes payées <c par les hommes tirés au sort ou les payeurs de taxe. Le <« prix à payer pour un remplaçant et auquel les paroisses <( pouvaient lever des volontaires en dehors des taxes devait a être fixé par le député lieutenant de chaque comté. Si le « tirage devait être appliqué, tout homme tombé au sort
« devait servir ou bien procurer un remplaçant ou
a enfin payer 20 livres d'amende, tout en restant soumis à un « nouveau tirage. La moitié de Famende était payée à la « paroisse et Tautre au receveur général. Un homme désigné « par le sort et reconnu impropre au service pouvait être « exempté complètement s'il possédait moins de 100 livres. « Apte au service et possesseur de 500 livres seulement, il « recevait la moitié de la valeur déclarée pour un rem- « plaçant.
« Les paroisses ne fournissant pas Fefifectif désigné devaient « payer 20 livres par homme manquant
« L'institution de l'armée de réserve devait ou bien « arrêter, compléter, ou bien rendre infiniment plus coûteux « le recrutement de Tarmée régulière. Gonmie appoint éven- « tuel, par le passage dans cette dernière, en échange d'une « nouvelle prime, il ne pouvait être supérieur à Teffectif de « l'armée de réserve, et celle-ci pouvait du coup disparaître, « car les paroisses n'étaient pas tenues de remplacer les « hommes qui passaient dans les troupes de ligne.
« Cette loi fut une grave erreur, qui causa dès le début de « la guerre, ce qu'il est parfois fort difficile d'amender, même « en temps de paix : un mode de recrutement très coûteux, « On eut des hommes, cela est vrai, mais ceux-ci furent « des remplaçants au lieu de ceux qu'avait désignés le sort. « L'armée de réserve donna à l'armée régulière 19,553 re- (♦ crues, mais lorsqu'on en fut là, elle fut détruite.
« La loi avait eu pour objet de faciliter le recrutement de yi l'armée de ligne, mais on peut douter qu'elle ait atteint ce
« but Par chaque homme levé par les paroisses, dit de
« son côté le colonel Crawford, celles-ci reçoivent 14 livres
du gouvernement; pour chaque manquant de leur contingent, elles doivent payer 20 livres. Leur intérêt est donc de payer une prime allant jusqu'à 34 livres, plutôt que de payer l'amende, car si elles donnent 33 livres, le gouvernement en remboursant 14, Thomme leur coûte 19 livres, tandis qu'elles en payeraient 20 si elles ne le fournissaient pas. On paye en plus 10 guinées à chaque homme passant dans la ligne. Il coûte ainsi 43 livres rien que de prime. On doit donc présumer que tout homme qui veut entrer dans l'armée, ne prendra pas la voie directe, et aura assez de bon sens et de patience pour passer par l'armée « des
paroisses » et réunir toutes les primes »
Les résultats du système du 5 septembre 1804 jusqu'au janvier 1806, année où il fut aboli, furent les suivants :
POISSAMCU.
LKViS
par les paroisses .
LEVis
par les ofbuiers
des r*^gimeiit«.
TOTAL
Dl»-
PEnsfcs.
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IFFEC- TIP«.
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Angleterre et pays de Galles
Ecosse ....
Irlande....
Enfin, ce qui eut encore de plus graves conséquences, les volontaires pour les corps de ce nom furent, par le fait même de l'acceptation de leurs services, dispensés du tirage au sort pour l'armée de réserve, comme ils l'avaient été pour ceux de la milice supplémentaire et de la milice proprement dite. Un bill du 29 juin eut beau autoriser les volontaires à passer dans l'armée, le résultat de cette mesure fut nul et, comme il est toujours arrivé depuis en Angleterre, l'augmentation dans un moment de crise des forces auxiliaires fut désastreuse pour le recrutement et l'entretien des forces régulières.
On sait que, dès le mois de mars 1803, les offres de former des corps volontaires avaient pris une extension considérable. Mais le gouvernement qui, à ce moment, procédait au tirage
LA DÉFENSE DE L'aNGLETERRE. 2S7
au sort de la milice, ne se pressa pas de fournir les « establishments » conférant les autorisations demandées. Lord Fitzwilliams faisait, en effet, remarquer « la difficulté qu'on a à lever la milice » et demandait « s'il doit encourager la formation de corps de volontaires avant que le tirage au sort pour Tarmée de réserve soit terminé (1) ».
Les lenteurs voulues de lord Hobart provoquèrent de nombreuses plaintes (2) en même temps que Tesprit public se manifestait, comme toujours, par des demandes de renforts, de canons et de navires en tous les points de la côte (3).
Ce fut par celles-ci qu'on commença : dès le 17 juillet 1803, Sparmon et le lieutenant-colonel Moore formèrent des sea fencibles avec les pécheurs de Hartlepool et Brighton, et bientôt après, une organisation d'ensemble assura l'observation des rivages d'Emsvvorth à Cardigan par i 4,000 fencibles de mer, commandés par 88 capitaines de marine.
Les divisions furent tracées de la manière suivante :
Depuis Emsworth jusqu^à Beachy-Head, chef-lieu Shoreham, De Beachy-Head à Dungeness, chef-lieu Hastings. De Dungeness à Sandgade, chef-lieu New-Romney. De Sandgade à Sandown, chef-lieu Douvres. De Sandown à North-Foreland, chef-lieu Ramsgate. De North-Foreland à Eastswail, chef-lieu Margate. De Lower-Hope à Blackwater, chef-lieu Maldon. De Blackwater à Stour, chef-lieu Harwich. De Stour à Southwold, chef- lieu Aldborough. De Southwold à Cromer, chef-Ueu Yarmouth. De Cromer à Forsdykewash, chef-lieu Lynn. De Forsdvke à Teniboudhure du Humber, chef-lieu Boston. Du Humber à la rivière Ouze, chef-lieu Barton. De rOuze à la pointe de Flamborough, chef-lieu Hull. De Flamborough à la rivière Tees, chef-lieu Whitby. De la rivière Tees à Northshields, chef-lieu Hartley-Poole. De Northshields à la pointe Saint-Abb, chef-lieu Berwick. Le Frith de Forth, chef-lieu Leith.
. L'île de Wight, chef-lieu Breding.
(î) Record Offlce. Volunteer Correspondance.
(t) Les retards décoaragent l'esprit public. Lettre de Darlington, lord-lieatenant de Duràam, à lord Hobart» id.
(3) Demande de troupes pour les 12 canons de côte de Hartlepool (Lettre du duc de Ricbmond, id.). Demande de 2 frégates pour la baie de Cardigan (Lettre de Johnes, etc.» etc., id.).
m. il
258 PR£3flÉRE PARTIE. — CHAPITRE XII.
D'Emsworth au chftteau Calchot, chef-lieu Stokes-Bay.
De Calchot à la pointe SaiAt-Alban, chef-lieu Poole.
De Saint- Alban à Puncknole, chef-lieu Weymouth«
De Puncknole à Teignmouthy chef-lieu Esmouth.
De Teignmouth à Ham-Head, chef-lieu Dartmouth.
De Ram-Head au Dodman, chef-lieu Fowev.
Du Dodman au Land's End, chef-lieu Falmouth.
Les Sorlinguea, chef-lieu Sainte-Marie.
De la pointe Hartland à Kingroad, chef-lieu Minehead.
De Cheptow à Tembouchure du canal britannique, chef-lieu Swansea.
De Kidwelly à Cardigan, chef-lieu Haverfordwest.
Cela ne suffit pas à une opinion publique inquiète et à une opposition qui ne désarme pas.
Le 18 juillet, le Chancelier est accusé de n'avoir rien fait comme augmentation de la puissance militaire de la nation depuis le début de la guerre. Il répond que : « Depuis le « 8 mars, date du message royal, on a appelé la milice, « incorporé la milice supplémentaire, puis on a décrété « l'armée de réserve. En outre, 60,000 volontaires ont ofifert « leurs services (1) ». Néanmoins, ajoute le secrétaire d'État
pour la guerre, quelle que soit notre vigilance,
i( notre territoire peut être envahi ; Tennemi peut s'y établir, « il peut débarquer 50,000 hommes, plus ou moins en état de « combattre, plus ou moins approvisionnés ». En conséquence, il est établi un projet de « levy en masse {sic) de •tous les individus valides de 17 à 55 ans. »
Il y aura trois classes dont la première sera exercée une fois par semaine, le dimanche; les officiers seront nommés par le gouvernement, les volontaires pourront être employés dans tout le royaume. Le bill ne s'étend pas à l'Irlande.
Dans la discussion qui suit cette motion, le colonel Crawford fait remarquer « qu'ayant dit, il y a plusieurs années, que les Français pouvaient débarquer 70,000 hommes, il constate que le Ministre est disposé à admettre que 50,000 peuvent
débarquer Tout le monde doit être armé de mousquets
ou au besoin de piques, arme terrible et dont il a constaté les effets au combat de New-Ross, en Irlande. » Il demande « à fortifier les côtes de Yarmouth Roads à South Foreland, à
(I) Annual RegUter.
LA DÉFENSE DE L'aNOLETERRE. 259
établir des ouvrages sur les principales routes aboutissant à Londres, enfin à fortifier cette ville elle-même (1) ». Pitt luimême vient à la rescousse et soutient vivement la nécessité d'établir des ouvrages autour de Londres, quand même on ne devrait espérer autre chose que de retarder l'ennemi de trois jours. « Cela peut faire toute la difiTérence, dit-il, entre
le salut et la destruction de la capitale » Néanmoins, le
secrétaire d'Etat, Yorke, s'oppose à ce projet « dont il sera bien temps de s'occuper quand l'ennemi aura atteint nos ports ». La Chambre lui donne raison par 63 voix contre 38. Avant la prorogation du Parlement, prononcée le 12 août, la loi est votée et immédiatement mise à exécution.
(( L'acte de « levy en masse », dit Clode, eut pour but de c( permettre à Sa Majesté, avec plus d'efficacité et de rapidité, « d'exercer son ancienne et indéniable prérogative, en requé- « rant les services de ses francs sujets, en cas d'invasion du « royaume. Tout homme de 17 à 55 ans put, sous certaines « conditions, être instruit au maniement des armes et employé <( en cas d'invasion ou d'insurrection. »
u Les membres des corps de volontaires existants furent « exemptés et il fut plus tard spécifié que ceux qui s'engage- « raient ultérieurement pour servir sous ce « statut » (sic) « seraient exemptés du service dans la ligne et la milice
« auquel les corps levés par conscription étaient astreints
« Pour éviter le service dans tarmée ou dans la milice ou « pour tout autre motifs 420,000 offres de services dans les « volontaires furent reçues^ alors que ^QQ^QQQ personnes seule- « ment pouvaient être astreintes au service, »
« Le 9 décembre 1803 on eut déjà :
« 380,060 volontaires pour la Grande-Bretagne. « 82,941 volontaires pour l'Irlande.
« Total.. 463,001 hommes. »
Les « Estimâtes » de 1803-1804 donnent pour les volontaires : 379,943 hommes pour la Grande-Bretagne (dont 42,500 fantassins et 2,500 cavaliers servant sans solde) et 70,000 en Irlande.
(1) Annual Register,
D'après les « Subdivisions Rolls » (cédule D), on aurait compté en mai 1804 pour la Grande-Bretagne :
De 17 à 30 ans, l»"® classe, célibataires ou sans enfant âgé de moins de 10 ans 552,61 9
De 30 à 50 ans, 2* classe, célibataires ou sans enfant âgé de moins de 10 ans 138,752
De 17 à 30 ans, 3« classe, mariés, 2 enfants de moins de 10 ans 345,653
De 17 à 55. ReUquat 794,291
Armée, marine, corps de volontaires, fencibles de mer 176,780
Clergé, professeurs, licenciés, médecins, constables 29,878
Infirmes 118,322
Ensemble 2,156,295
Service volontaire 482,761
Enrôlés dans des paroisses étrangères au comté. 15,534
C'est ainsi que plus tard Windham pouvait dire : « Le très « honorable M. Addington n'a pas seulement non fourni une « armée, mais il a rendu impossible qu'une armée soit éta- « blie. Car, avec son système des volontaires, il a, qu'il le « veuille ou non, mis sous clé 400,000 hommes de la partie « active de la nation (1) ».
• Dès la rentrée du Parlement, le 22 novembre, la lutte contre le ministère reprit de plus belle.
Le secrétaire d'Etat demanda des crédits pour 278,149 soldats, plus 22,897 pour les Indes, soit 10,904,755 livres, en prévenant qu'il demandera des crédits supplémentaires. « Il « y a donc, disait-il, sur Tannée précédente, un excédent de
• (1) Tbe right honourable gentleman has not only not provided an army, bathas rendered it impossible that an army should be provided; for, the volunteer System has, either by design or mistake, locked ap 400,000 mon of the active population of the coantry^
« 58,768 hommes, dont la plus grande partie sera supportée « par l'armée de réserve, le reste portera sur les dragons et « les life-guards.
« Le crédit pour les volontaires est de 730,000 livres. Il y a « déjà 70,000 volontaires en Irlande, nombre qui peut s'ac- « croître (1). »
Windham fit remarquer que « le ministère avait procédé « après la signature de la paix à des désarmements intempes- « tifs, qu'à la rupture, le sentiment national lui a forcé la « main et que c'est ainsi qu'on en est venu au système des « volontaires, qui coûtent à l'Etat 1 million de livres^ et deux <i fois plus aux particuliers qui font des souscriptions volon- « t air es.
« On est arrivé à avoir 500,000 hommes en armes, mais il « n'y a que peu de réguliers, un peu plus de miliciens, plus « encore de soldats de Tarmée de réserve, mais la majorité est
« fournie par la « Jevée en masse » La milice est bonne
« autant que peut ïétre une troupe où ni soldats ni officiers « ne savent leur métier. L'armée de réserve ne méritera pas « de longtemps le titre de troupe régulière; quant aux
« 400,000 volontaires bien qu'ils ne soient pas tous inu-
« tilisables, ils ne sont pas tous aptes à rendre des services. « La tentative de les embrigader et d'en faire des soldats
« réguliers est impraticable Beaucoup se sont faits volon-
(( taires pour éviter d'entrer dans la milice En réalité,
« le ministère n'a accru nos forces que de 7,000 réguliers et « 25,000 soldats de l'armée de réserve. Il a été coupable en « n'élevant pas de fortifications et en particulier des tours « Martello » sur les côtes. Il faut, en outre, avoir des forces « mobiles, rendre le métier de soldat susceptible d'attirer « des engagements, réduire le temps de service. »
A ces graves reproches, le secrétaire York répondit « que l'armée, depuis la session précédente, est passée de 60,000 à
120,000 Il y a 70,000 miliciens en Angleterre, 14,000 en
Ecosse, 380,000 volontaires Bien que ceux-ci ne puissent
tenir en ligne devant fennemi, il y a de nombreuses occasions où ils rendront des services Il est proposé de les
(1) Annual Register.
habiller comme les réguliers pour empêcher Teimemi de les recoimaître.
Lord Castlereagh déclare « qu'il y a actuellement
« 130,000 soldats en Angleterre, 50,000 en Irlande, compre- « nant 84,000 miliciens et 96,000 réguliers dont 27,000 sont « en service limité » et 69,000 disponibles pour tout service. « n y a 340,000 volontaires en Grande-Bretagne, 70,000 « Irlandais; au total : 410,000. Il y a 25,000 fencibles de mer.
(c II y a un total général de 700,000 hommes en armes
« 120,000 en Irlande. A la vérité, il y a en Grande-Bretagne « 120,000 hommes qui n'ont pas encore de fusils.
« Quant à la marine, on dispose de 469 navires, auxquels « peuvent rapidement s'ajouter 800 bâtiments de flottille. »
Sur ces assurances optimistes, les crédits furent votés, et le Parlement s'ajourna au 1®' février. A la rentrée, Yorke présenta un bill dit de « consolidation » destiné à assurer la valeur militaire des volontaires, leur retirant l'élection de leurs officiers et les astreignant à des exercices réguliers. Eu efifet, sur 400,000 inscrits, on ne devait convoquer de novembre 1803 à juillet 1804, que 140,320 soldats pour des périodes variant de dix jours à quatre semaines (1). Le reste, on le verra, n'était ni armé ni habillé et n'avait jamais été réuni.
L'opposition fut très violente. Tandis que Fox, soutenu par Young et Witbread, s'opposait à tout ce qui pouvait « dégoûter les volontaires », le colonel Crawford fit remarquer, une fois de plujs, que les « primes données à tous ceux qui n'en- « trent pas dans l'armée régulière, s'opposent à l'accroisse- « ment de cette dernière. Le milicien reçoit 15 guinées, 30 « dans l'armée de réserve et données pour un service « limité » « de 5 ans; de plus les familles sont soutenues, tandis qu'on (( donne à un homme de 8 à 10 guinées pour se faire soldat
« pour toute sa vie et l'on ne donne rien à sa famille
« Les volontaires deviennent des privilégiés ils ne com-
« prennent pas le quart de la classe qui forme la principale « force de la nation Il faut donc augmenter l'armée
(1) Record Office. Volunieer Correspondance. Corps on permanent daty.
« régulière et remplacer les volontaires par des corps irré- « guliers de paysans armés. »
Le bill, plusieurs fois ajourné, passa péniblement le 5 avrU 180i.
Une fois Pitt redevenu Ministre, les déplorables résultats de toutes ces mesures étaient devenus si notoires qu'il fallut absolument s'occuper de l'armée régulière, minée dans son recrutement. D'ailleurs, peu avant sa chute, le ministère Addington avait implicitement reconnu la faillite de son système, car, le 28 mars, Yorke avait proposé de suspendre la loi relative à l'armée de réserve et d'autoriser le passage dans les réguliers de 10,000 miliciens irlandïtis qui offraient de contracter un engagement (1).
Le 5 juin 1804, Pitt proposa donc un nouveau « système de défense » qui devait faire de la milice le « réservoir » (2) du recrutement de T armée.
« Le premier objet, dit-il, est d'écarter les difficultés qui « s'opposent au recrutement de l'armée régulière, en détrui- « sant les compétitions entre ceux qui recrutent pour le «< service limité » et ceux qui recrutent pour le « service « général ». L'élévation des primes est un obstacle au recru- « tement de l'armée régulière. // faut en outre créer une « force additionnelle {additional force) pour t accroissement « permanent de V armée régulière. Il y a actuellement un « déficit de 9,000 hommes sur le chiffre qui devait être « atteint avec Varmée de réserve. Le premier objet est de « compléter ce nombre. Le second sera de ramener la milice « à ses anciennes proportions, savoir : 40,000 pour l'Angle- « terre, 8,000 pour l'Ecosse. Le reste et ce qui manque « actuellement à l'effectif voté passeront à la force addition- « nelle. Ce sera la base d'un établissement permanent qui
« donnera 12,000 recrues par an à l'armée régulière Les
« hommes seront pris pour 5 ans, sans obligation de servir « au dehors, et joueront à la fois le rôle de force auxiliaire <c aidant l'armée de ligne et de stock de recrues. Ils seront
(1) Annual Regisier,
(t) Rea'uiting ground (Clode).
<( joints aux réguliers en formant des deuxièmes batail- « Ions ( 1 ) »
Le bill, dont une disposition prévoyait des amendes à infliger aux paroisses qui ne lèveraient pas le nombre d'hommes fixé, fut vivement discuté et passa enfin le 20 juin^ fortement amendé. A la Chambre des Lords, il eut une grosse majorité.
Voici quelle était l'économie de ce projet :
a Au lieu d'abroger (2) la loi relative à Tarmée de réserve, i( Pitt se proposa de l'amender par V « acte paroissial ». « Le projet, outre la réduction du recrutement de la milice, « fut de lever une « force additionnelle » surtout par l'office « des agents des paroisses, pour compléter l'armée de réserve (( et pour en tirer 9,000 recrues par an pour l'armée régu- « lière. Pour l'année se terminant au 1®' février 1805, on « devait lever 9,000 hommes pour combler les vides qui c( pourraient se produire dans la « force additionnelle » par « le passage d'hommes dans Tarmée régulière. Pour chaque u année suivante, on devait lever autant d'hommes qu'il en « serait passé dans cette armée, pourvu que ce nombre fût « inférieur à 9,000.
« Le tirage au sort devait être arrêté et les hommes de la « force additionnelle » seraient levés en « échange » de primes
« à déterminer mais qui ne devaient pas dépasser les
« trois quarts de la prime d'engagement pour l'infanterie de (c ligne
« Les hommes devaient former des bataillons « additionnels « ou de réserve » attachés aux régiments ou bataillons régu- « liers, portant le nom du comté où la levée aurait été
<c faite Les officiers seraient nommés par le Roi
« tout le personnel était soumis aux règles de la discipline « générale (Mutiny act et Articles of War).
« Le système appliqué successivement à l'Irlande et
« à TEcosse resta en vigueur jusqu'en 1806.
« L'armée levée sous le titre « d'additionnelle » différait
(1) Annual Begister, {2) Clode.
.« de la milice sous plusieurs aspects. D'abord, elle était levée
« par les paroisses, au lieu des lords et députés lieutenants
« ou, à leur défaut, par les officiers réguliers. En second lieu,
« on forma des deuxièmes bataillons aux régiments de ligne,
« les officiers reçurent leur commission de la couronne et
« passèrent indifféremment d'un bataillon dans l'autre; enfin
'< le service, bien que limité au royaume et aux lies de la
« Manche, était moins local que dans la milice. »
En 1805, la loi fut modifiée de façon à faciliter encore plus le passage des miliciens dans Farmée régulière :
« Chaque régiment qui avait besoin de recrues eul un régi- « ment de milice, qui lui fut adjoint par un ordre du conseil. « On spécifia au chef de la milice le nombre de recrues u nécessaires; ils eurent droit à 10 livres 10 shellings de « prime (262 fr. 50) et le commandant de la milice eut un « certfdn droit de contrôle sur les enrôlements. Si les quatre « cinquièmes des hommes demandaient à s'engager, le colonel « pouvait, par tirage ou à son choix, en prendre la moitié « pour rester dans son régiment. Le passage de la milice
« dans la ligne n'était permis qu'à certaines époques
** On comptait que 704 sergents, 704 caporaux, 14,923 sol- « dats s'engageraient dans l'armée, m{ds, en réalité, 170 ser- « gents, 295 caporaux, 10,696 hommes seulement rejoignirent « l'armée. »
Ce n'en fut pas moins un résultat considérable et ce fut à l'adoption de ce système que Wellington dut plus tard la forte constitution de son armée pendant la guerre péninsulaire.
Le résultat définitif de toutes ces mesures pour la période étudiée actuellement ressort des « Establishments » conservés au Record Office de Londres.
ARMÉE BÊQULIÉRE.
« ESTABLISHMENT » POUR l'aNNÉE 1805.
Cavalerie,
Cavaliers.
1«' life-guards 447
i« life-guards , 417
Cavaliers»
Horse-guards 654
7* dragons-gardes i ,425
!•' dragons-gardes 905
i", 7% 11% i3«, 14% 15* dragons à M25 hommes chacun 6,750
23* dragons 1 ,025
4* dragons-gardes .• 71 1
5% 6« dragons-gardes, 2% 4% 6*, 9«, 10% 20«, 21* et 25'' dragons, à
. 727 hommes chacun 7 ,270
Total 19,274
Train,
Hommes.
Royal- Waggon train 981
Infanterie.
1®' gardes à pied (32 compagnies à 114 hommes), en tout 4,267
€oldstream-guards (20 compagnies), en tout 2,667
3* gardes à pied (20 compagnies), en tout 2,667
4* gardes à pied (10 compagnies), en tout 1 ,127
1 bataillon du 4* d'infanterie 1 ,117
1 bataillon du 40« 1,117
1 bataillon du 52« 1,117
1 bataillon du 18« 1 ,117
1 bataillon du 53« 1,117
1 bataillon du 58« 1,117
1 bataillon du 67«. 1 ,114
14 bataillons des 69% 92», 18« (2«), 5«, 14*, 8% 23« 24% 31% 59%
83% 87% 88% 39% k 907 hommes chacun 12,698
2 bataillons des 44* et 48«, à 907 hommes chacun 1 ,814
8 bataillons des 3% 39% 44% 57% 58% 61% 67% 69% à 904 hommes
chacun 6,432
2 bataillons des 32« et 42% à 877 hommes chacun 1 ,754
3 bataillons des 81«, 43« et 96% à 693 hommes chacun 2,079
34 bataillons des 6% 21% Royal, 5% 8% 9% i0% 14% 15% 23% 24%
25% 27% 31% 32% 36% 38*, 40% 43% 45% 50% 52% 56% 59«, 62% 63% 71% 72% 82% 83% 87% 88% 89% 90« et 96% à 483
hommes chacun 16,422
3 bataillons des 4*, 7®, et Royal à 483 hommes chacun 1,449
3 bataillons des 74% 76% 78% à 1151 hommes chacun 3,453
1 bataillon du 79«, à 1115 hommes 1,115
1 bataillon du 91% à 845 hommes 845
En tout 66,605
Auxquels s'ajoutent :
12 bataillons de garnison, à 613 hommes 7,356
3 bataillons de garnison, à 793 hommes 2,379
HonnoiM*
Le corps d'état-major (7 compagnies), en tout 386
6 bataillons de yétérans, à 743 hommes 4,458
1 bataillon de Yétérans, à 953 hommes 958
Total 43,532
C'est donc un total de 99,411 soldats réguliers, coûtant 3,774,562 livres sterling pour la Grande-Bretagne^ à l'exclusion de l'Irlande et des colonies.
Milice incorporée en Grande-Bretagne^ comprenant le corps des mineurs de Levon et de ComouailleSf ainsi que les fencibles infanterie.
Hommes. |
Ànglesia 134
Bedford 380
Berks 666
Bucking 715
Cambridge 580
Cardigan 295
Garmarthen 479
Cheshire 1,035
Comwall ". 172
Cumberland 728
Denleigh 412
Derby (2 régiments) 1 ,163
East DeTon (3 régiments). . . 1,815
Dorset 493
Durham .591
Eost Essex (3 régiments) 2,211
Flintshire 242
Glamorgan 482
North Gloucester 582
South Gloucester 809
North Haunts 507
South Haunts 436
IsIeofWight 71
Hereford 623
Royal Hertford 568
Huntingdon 189
East Kent 584
West Kent 942
Lancashire (3 régiments) 2,775
Leicester 768
Edinburgh 768
Homme*.
Lincoln (3 régiments) 2,409
Mlaneth 147
East Middlesex 1 ,187
West Middlesex 1 ,185
Westminster 1 ,185
Monmouth 577
Montgommen^ 334
East Norfolk. . 715
West Norfolk 716
Northampton 858
Northumberland
Oxford
Nottingham . . . . ,
East York
Pembroke.. .-...,
Radnor
Rutland
Salop 1,155
1" Somerset 952
1" West York 952
2« West York 952
2» Somerset 872
Stafford 1,318
Stafford 1,164
East Suffolk 624
West Suffolk 624
1er Surrey.. 785
2« Surrev 785
Sussex 950
Warwick 1,001
Westmoreland 294
Wilts
"Worcester
3« West York
"North York
East LondoD
!•' Tower-Hamiets
2« Tower-Hamiets
Hinei^of Cornwall andOeyon.
Hommet.
Ecosse.
Aberdeen Argyli. . .
Hommes.
Kinkardine J ,lil
Avrshire..
Berwick. , Dumshire Fifeshire. .
Inverness
Kirkendbrîght.
Lanark
Perth
Renfrew
Ross
Stirling
Man's fencibles,
En tout 61,235 hommes, coûtant 1,731,857 livres sterling.
Volontaires [effectif total approché par comté).
Date de raecepUtion des serTieef .
15 août i803, juin, nov., 14 janT.
Octobre à novembre 1803
Juin à août 1803
Septembre 1802 à août 1603
Faoût 1802 à avril 1804
De décembre 1802 à sept. ISO.i. . .
Septembre 1803
Septembre 1802 et 1803
Septembre 1803
Juin 1803
Août et noy. 1803, janvier 1804. .
Juillet-septembre 1803
Octobre 1803
Octobre 1803, février 1804
Septembre 1802, août 1803
Septembre 1803.
Août180l,juill.l803, janv. 180i.
Avril 1803 jusqu'à mai 1804
Juin 1803
Mars à novembre 1803
Mars à novembre 1803
Avril à septembre 1803
Octobre 1802 à mai 1804.
Mars à septembre 1803
Comtés.
Effectif total approché.
CaTaliers. Faotauiuf.
Argyll ,» 3,200
Ayr. » 2,200
Bauff » 1,000
Bedford » 1,800
Berks 600 3,000
Berwick 150 800
Bnion » 1,500
Bucks... 1,800 3,400
Bute... » 400
Caithness >» 1 ,200
Cambridge » 2,500
Cardigan >. 600
Carmarthen » 2,500
Carnavon » 1 ,400
Chester » 5,000
Clarkmannan » 250
Cinque-Ports 1-20 4,500
Cornwall 300 9,500
Cromarty » 300
Cumberland » 3,500
Denleigh » 2,000
Derby » 2,500
Devon 1,500 12,000
Dorset 500 800
Effeetif total approché.
Date de raeceptatioo det servieer . Comté*. CaTaliers. Fantassiiu.
Mai àaoût 4803 Dumbarton 200 500
Juin 1803 Dumfries » i,»00
Octobre 1803, août 4804 Durham 400 4,500
Juin-septembre 1803 Eigin » 800
Octobre 1802 à mai 1804 Essex 1 ,tOO 5,000
Mai-septembre 1803 Fife 300 4,500
Juin 1«03 Flint J50 2,200
Septembre 1803 à avril 1801 Forfar 50 2,500
Août 1802 à juillet 1803 Glamorgan 200 2,500
Août 1802 à avril 1804 Gloucestcr 500 3,500
Septembre 1802 à janvier 1804. .. ( J^»^- ; ; ; ; ; ; ' ; ; ; ^ J;5^
Août 1802 à septembre 1803 Hertford 400 1)800
Novembre 1802 à septembre 1803. Huntingdon 150 850
Juin-septembre 1803 Inverness : » 1 ,500
Août 1802, janvier 1804 Kent 1 ,000 10,000
Juin-septembre 180^ Kincardon » 1 ,000
Septembre 1803 Kinross » 300
Juillet 1803, janvier 1804 Kirkardbright 300 1 ,000
Juin-septembre 1803 Lanark 60 5,200
Août 1802 à août 1804 Lancaster 500 1 ,200
Août 1803 à octobre 1804 Lèicester 500 3,000
Février 1803 à janvier 1804 Lincoln 600 6,500
Août 1802 h janvier 1804 Linlitgon 60 600
Août 1802 h septembre 1804 East Lothian 200 700
Janvier 1803 à janvier 1804 Mid Lothian 300 2,500
Avril à octobre 18«»3 Mid Lothian City. . . » 3,200
Juillet 1802 k août 1803 London "... 600 1 ,500
Juillet 1803 à mai 1804 Middlesex 80 7,000
Août 1802 à janvier 1804 Man Isle 40 1 ,000
Novembre 1803 à avril 1804. ... Merioneth » 600
Novembre 1802 h mai 1804 . Monmouth 120 700
Septembre 1803, novembre 1803. Montgomery 120 1,500
Juin 1803 Nairn ' » 320
Août 1802 à mai 1801 Norfolk 1 ,000 4,000
Août 1802 à octobre 1804 Northampton 700 5,000
Août 1802 à décembre 1804 Northumberiand. ... 200 3,000
Mai â décembre 1803 Nottingham 150 3,000
Août 1802 à novembre 1803 Oxford 500 700
Mai 1803 Peebles 50 500
Mai 1803, novembre 1804 Pembroke 350 2,000
Juin 1803 à janvier 1804 Perth 40 2,500
Novembre 1803. . . . . , Radnor ' >» 1,000
Juin 1803, septembre 1803 Ranfrew » 800
Juin i803,. octobre i803 , Ross » 300
Effaetif total approché.
Date de Têeeeptatioa des senriees. Gomtée. CaTaliers. Faotaisins.
Août à septembre i 803 Roxburgh » i,000
Août 1803 Rutland 200 250
Août 1802 à août 1803 Salop 500 5,000
Août 1802, septembre i803 Selkirk 50 100
Août 1802 à décembre 1803 Somerset 1 ,300 6,500
Septembre 1802 à décembre 1803. Stafford 600 3,000
Août 1802 k septembre 1803 Stirling 250 300
Octobre 1802 à septembre 1803.. Suffolk 300 3,400
Octobre 1802 à janvier 1801 Surrej; 700 6,000
Août 1802 à octobre 1803 Sussex 700 900
Août à septembre 1803 Tower Hamlets » 4,500
Octobre 1802 à avril 1804 Warwick 400 4,000
Septembrel802 à septembre 1803. Westminster 100 8,500
Septembre à novembre 1803 Westmoreland » 3,000
Août 1802 à août 1803 Wight (Isle of) 200 1,500
Août 1802 à janvier 1804 Wiglon 100 600
Août 1802 à mai 1804 Witts 800 4,200
Août 1802 à novembre 1803 Worcester 400 1 ,100
Septembre 1802 à mars 1804. . . . York (North Riding) . 300 5,000
Août 1802 à septembre 1803 York (East Ridingi. . 500 4,500
Août 1882 à novembre 1804 York (West Riding). 600 13,000
Septembre à octobre 1803 Derby (suite) » 1 ,800
Septembre 1803 à avril 1804 Dumfries (suite) » 1 ,500
Soit, moins de 25,000 cavaliers et de 250,000 fantassins: mais, qneUe que soit l'approximation du chiflfre auquel on est ainsi parvenu, il ne semble pas, en tous cas, que TefiFectif total des volontaires ait atteint 300,000 hommes, ce qui serait très inférieur aux renseignements fournis au Parlement, et justifierait peu le nom de « levée en masse » appliqué à une population de 12,000,000 d'âmes, puisque la proportion se réduit à 1 volontaire pour 40 habitants.
Que valait pour la défense de TAngleterre la masse confuse des volontaires? C'est une question très difficile à résoudre.
Tout d'abord, l'examen détaillé de 1' « Establishment » de chaque corps, montre que le principe du « service local » fut strictement conservé. « L'étendue du service » est nettement délimitée dès l'offre de service et son acceptation par le « Home office ».
Très rarement, certains corps consentent à être appelés dans toute l'étendue de la Grande-Bretagne. En général, ils
LA DÉFENSE DE l'aNOLETERRE. 27i
ne peuvent être requis que pour opérer dans l'intérieur de leur « district militaire ». Souvent même il est spécifié que certaines unités ne peuvent être appelées à s'éloigner à plus de 12 milles de leur lieu de rassemblement. L'importance de ces restrictions et leur extrême diversité eut donc ime împor tance capitale lors de l'établissement du plan général de défense et l'on en verra très clairement la marque.
Puis l'absolue insuffisance de l'armement est attestée par la volumineuse correspondance (1) du secrétaire d'Etat avec les lords lieutenants et les particuliers qui ont levé à leurs frais des corps de volontaires. Le ^^' août 1803, le duc de Northumberland et le comte de Carlisle, le 6 Bolton, le 8 Crew, le 9 le lord-maire Price, se plaignent amèrement de n'avoir d'armes d'aucune espèce. Le 10, Johnes déclare qu'il n'existe pas 10 fusils dans toute sa paroisse; le 15, Clinton ne trouve même pas de pistolets et ne peut se procurer de quoi vêtir son corps.
Une circulaire du 31 août (2) décide, en conséquence, que la moitié seulement des volontaires de chaque comté sera armée : les cavaliers recevront des sabres et des pistolets, les fantassins employés au service des canons auront des piques. En outre, les volontaires dont les services seront ultérieurement acceptés, devront s'armer eux-mêmes et à leurs freiis (3). Une autre circulaire du duc d'York commandant en chef, datée du 12 décembre 1803, en reconnaissant cette situation précaire, n'y apporte aucun remède sérieux.
« n faut, dit le commandant en chef, compter sur un cer- (' tain déchet dans chaque corps au moment où l'on aurait à « l'employer, par suite de l'état de santé de ceux que leur (( zèle et leur loyalisme a portés à s'engager sans mesurer « leurs forces et leur âge. Il sera formé, en conséquence, dans « chaque corps, une compagnie sédentaire de gens âgés, qui « auront pour rôle spécial de défendre les propriétés et de « combattre toute tentative d'insurrection jacobine. Ces com- « pagnies recevront des piques, Lçs autres auront des « fusils. »
(1) Record Office. Volunteer Correspondance. \t) Record Office. Volunteer Correspondance, (3) GeniltmcaVs Magazine,
C'est en efifet sur les piques que Ton compte pour armer une partie des volontaires et, le 15 octobre, l'administration de Tartillerie a commencé la fabrication de 70,000 de ces ai^mes, destinées aux 1*^ et 2® classes de la levée en masse (1).
Pour ceux des volontaires qui ont des fusils, Tignorance et la maladresse en font souvent de tristes soldats (2) : « Tun « fait crever son fusil en y mettant 5 cartouches, l'autre tue « im de ses camarades. On doit licencier le corps de Ter- « rington (3) ».
A l'approche de l'hiver, les craintes d'invasion redoublent, mais on n'a pas encore pris de mesures sérieuses. « L'armée de réserve ordonnée depuis plus de trois mois est encore incomplète. Dans le seul comté de Middlesex, il lui manque
2,000 hommes (l). » Rien encore ne parait avoir été fait
pour utiliser les services des volontaires.
<' En ce qui concerne les points où les volontaires et
« les yeomen doivent s'assembler, écrit le duc de Rich- « moud (5), en cas d'attaque de l'ennemi, rien encore n'a été
« fait. Tout dépend du général Je n'ai, moi, comme
« lord lieutenant, qu'à envoyer les volontaires aux points qui (< me seront fixés. Je crois que le général Pulteney (6) attend, « pour se décider, de savoir quels volontaires et combien de « volontaires il aura
« On a commencé à placer des signaux à feu
« On m'annonce 5,000 mousquets. Je pense que nous « n'aurons pas autant de volontaires. Je n'aurai donc pas u besoin de m'occuper des piques. »
Cependant, à ce moment, l'alarme devient extrême et est attestée par les extraits de journaux anglais que Bonaparte fait insérer souvent au Moniteur.
Correspondance de Douvres (7).
Les alarmes et la consternation ne font qu'augmenter ici au sujet de la visite
(1) Moiming Post.
(2) Plaintes aa duc d'York. Volontaires de Macdesfleld (Volunleer CofTespo7idance) .
(3) Moniteur du 29 novembre, d'après des journaax anglais.
(4) Moniteur du 29 novembre, d'après des journaux anglais.
(5) Moniteur du 3 novembre 1803.
(6) Lieutenant gén<^ral commandant le Snssex sous les ordres du. général S. David Dundas, commandant le district méridional (quartier général Cantorbeiy).
(7) Moniteur du 21 octobre.
dont nous sommes menacés de Fautre cdté de Feau, où Ton dit que le Premier Consul est prêt k s'embarquer, M. Pitt est attendu ici ayec lord Guilford, son ancien député dans les Cinq-Ports. Le général Moore et plusieurs officiers y sont pareillement attendus ainsi que lord Keith.
CorrûspondAnce de Londres du 13 octobre (1).
Les habitants aisés de Douvres et des côtes voisines ont une telle peur
des Français qu'ils abandonnent précipitamment leurs habitations et se retirent à Canterbury et à Londres. On convient que la saison et les longues nuits ?ont devenir extrêmement favorables aux desseins de Tennemi.
L'opinion générale h Londres est que l'expédition aura lieu d'ici à la minovembre. Quatre frégates ont appaitsillé le 12 de Woolwich et de Deptford pour aller s'embosser à l'embouchure de la Tamise
L*arrivée à Torbay d'un convoi de 100 voiles revenant d'Amérique et que Ton prend pour une escadre française détermine une panicjue. Le 27 octobre il y a une alerte à Dublin; une autre au camp de Dambury le 4 novembre. Effrayée par les feux allumés à Boulogne à l'occasion de la visite de Bonaparte, la population de Sandgate à Folkestone s'enfuit dans Tintérieur. Sur tous les points à la fois la nation anglaise se croit menacée.
Le bruit qui court (2) est que le gouvernement vient de recevoir les
avis certains que le plan de Bonaparte est tel que nous allons le détailler : Le premier embarquement doit avoir lieu en quatre points différents et l'on tâchera d'effectuer la descente sur les côtes de Kent, Sussex ou bien d'Essex. Ce corps de troupes envahissantes ne fera que ravager le pays et y jeter le désordre ; n'ayant aucune espérance de pouvoir atteindre la capitale, il mettra bas les armes, dès le moment qu'une troupe supérieure viendra lui opposer une vigoureuse résistance. Le véritable dessein du gouvernement français est d'attaquer l'Irlande ; il a consulté là-dessus les chefs des rebelles irlandais, et la flotte française portant 30,000 hommes et des armes pour i 00,000 partira de Brest ou Lorient pour cette lie
Si l'ennemi venait à éluder la vigilance de nos croiseurs, on conjecture qu'il pourrait faire une tentative près de la baie de Stoka; c'est pourquoi, ces jours passés, l'amiral Montagu et le général Wittock se sont rendus aux Needles et en ont levé le plan
De pareilles craintes, si peu en rapport avec l'état de la
(1) Moniteur du 26 octobre.
(2) Moniteur da 31 octobre. Journaux anglais des 5; 6 et 7 octobre.