CHAPITRE XIII
« Aujourd'hui encore, on discute avec passion la question « de savoir si réellement Napoléon eut Tespoir de franchir le H détroit avec son armée au moyen de la flottille. Les experts « sont également affirmatifs de part et d'autre et le profes- « seur Sloane, par exemple, soutient que tous les préparatifs « soutenus pendant deux longues années ne furent que ie
«•nuage derrière lequel Napoléon voulut manœuvrer A
« l'appui de cette théorie, il cite les propres paroles pronon- « cées par Napoléon en 1810, devant Metternich : « Jamais, « aurait dit alors l'Empereur, je n'aurais été assez fou pour « faire une descente en Angleterre avant qu'une révolution « eût éclaté dans ce pays. L'armée rassemblée à Boulogne fut
« toujours destinée à agir contre l'Autriche et, ajou-
<c tait-il ironiquement, vous avez pu savoir combien Boulogne « était près de Vienne (1). »
Tel est, en effet, le problème qui se pose et que les affirmations de la plupart des historiens, la croyance générale des contemporains de Napoléon ne suffisent pas à résoudre.
Il n'a été question jusqu'ici que des actes, à proprement parler, officiels de Bonaparte. C'est cet ensemble qu'il faut maintenant combiner avec d'autres témoignages pour cher-
(l) How England saved Europ, par Fitchett. Londres 1899.