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CHAPITRE IV

Entrepris très tardivement, si l'on voulait réellement ime campagne d'hiver^ les travaux des ports passèrent par de singulières alternatives d'abandon presque complet et de hâte fiévreuse. Les fausses prévisions des ingénieurs semblent avoir eu une grosse influence sur le décousu de ces opérations essentielles.

Au début de novembre 1803, Sganzin avait obtenu l'extension du grand bassin de Boulogne et en avait promis l'achèvement pour le 6 janvier 1 804.

Les movens matériels lui sont fournis en abondance, car la correspondance de Bonaparte contient à partir de ce moment de nombreuses prescriptions relatives à l'envoi d'outils (1), de chevaux, de tombereaux et de brouettes. Les travaux doivent durer « depuis la pointe du jour jusqu'à la nuit close et même pendant la nuit quand il sera possible d'allumer des flambeaux tant que la mer ne couvrira pas les ateliers, et, quand cela arrivera, le travail sera réglé par marée (2) ». Le déblai doit être payé à raison de 8 francs la toise cube.

Mais, lorsque Bonaparte revient à Boulogne le 1®' janvier 1804, le mécompte est devenu évident. Au 14 février, on occupe encore au bassin 1313 hommes, employant 885 brouettes et 28 tombereaux, et les travaux sont loin d'être achevés.

(l) Correspondance de Napoléon, 9, 12 et 15 novembre.

(t) Art. 24 de l'ordre du Z décembre, quartier général de Boulogne. (Archives de la Guerre,)

Note sur les travaux du port de Boulogne pendant le mois de ventôse an XI! (février^mars) (1).

21 février à 21 mirs 1804.

Des régiments qui avaient été occupés aux déblais du bassin, il ne restait plus au 1«' Tentôse (21 février) que le 55« et le 14* dont les compartiments se trouvaient vis-à-vis de la passe ; ib étaient encore élevés de trois à quatre pieds au-dessus du plan de niveau qui doit former le fond du bassin.

On avait à peine commencé à attaquer le compartiment vaseux qui avoisine le quai du Sénat. — Vers la fin du mois, le 9« régiment avait été appliqué au régalage du terre-plein qui doit régner autour du bassin.

Le clayonnage était commencé dans le prolongement du quai du Sénat et dans la partie circulaire; il restait encore à abattre quelques pieux d^avant et une grande partie des pieux d'arrière.

Pendant le mois de ventôse (21 février au 22 mars), le 55« et le 14* ont creusé leurs compartiments à la profondeur nécessaire et les bâtiments pourront se placer sur le terrain qu*ils viennent d^ abandonner^ lorsque les tombereaux auront fait disparaître entièrement les inégalités légères dont il est encore parsemé. Celui occupé actuellement par ces bâtiments, devenant libre par ce moyen, on pourra terminer le déblai avec des tombereaux sur toute la surface du bassin.

Le 9* régiment a enlevé presque totalement la vase qui couvrait la portion de terre adjacente au quai du Sénat. Il va s'occuper à enlever la dernière couche, afin d'amener le terrain dans cette partie à la profondeur convenue.

Le tunage dans le prolongement du quai du Sénat est fort avancé; on Ta continué dans la partie circulaire, les progrès du travail eussent été plus sensibles si Ton n'eût pas été obligé de dresser les tilus que la mer avait déformés en faisant couler les sables dans le port.

Les pieux de d'arrière seraient tous battus si le remblai qui avoisine le quai du Sénat eût été terminé. Dans le reste de la circonférence, presque tous les

(2) sont posés et on établit en ce moment le plancher de l'un des ponts

destinés au chargement de Tartillerie.

Le terre-plein qui doit entourer le bassin est presque achevé autour du quart de la circonférence le plus voisin du pont de service. Il est commencé dans la partie sablonneuse.

Mouvements des régiments.

Le 5 ventôse, le 24* remplaça le 9« régiment pour les régalages et ce dernier prit le compartiment adjacent au quai du Sénat.

Le 22 ventôse, le 55* régiment termina sa tâche.

Le 24, le 28* se retira après l'avoir presque terminée.

Le général en chef ordonna que le reste serait emporté par les tombereaux, \

afin de ne pas arrêter le clayonnage.

Le 28, le 14* se retira des travaux.

(1) Archives de la Guerre.

(2) Un mot illisible.

Des détachements des 57', 46*, 28*, 4* et 24* sont employés au régalage depuis le commencement du mois. Le 25 ventôse, 150 tiraillcui-s du Pô se joignirent h eux.

Ce n'est donc pas, semble-t-il, avant le 22 mars que le bassin pourra être utilisable, au moins en ce qui concerne le déblai prévu. Mais au printemps il en restera encore bien à faire dans le port.

Notes sur les travaux du port de Boulogne pendant le mois

de noréal (1).

Pin floréal au xii (mai 1804).

Bassin.

Le terre-plein compris entre la maison Chauloir et le chemin en prolongement du pont de service avait été commencé pendant le mois de germinal (mars-avril) et a été presque achevé pendant celui de floréal (avril-mai). Il ne reste plus que deux buttes de terre qu'on travaille à enleTcr. On a pareillement avancé le régalage entre la maison Chauloir et les dunes.

La moitié du cours de chapeau de Testacadc était posée au 30 floréal, ainsi que tous les tirans, à l'exception de douze .

Le clayonnage a été élevé dans toutes ses parties au niveau de Testacade et Tempierrement fini jusqu à cette hauteur dans l'intervalle de 7 travées.

Barrage et quai en charpente.

Le baiTage et le quai en prolongement de celui de l'Arrière-Garde ont été tracés ; on a battu deux des pièces sur lesquelles on doit établir les fermes.

Fort Napoléon et jetée Ouest.

On a fait la voûte du magasin d'huile ; les pierres des autres voûtes ont été taillées et les cintres, sur lesquels on doit les établir, préparés. On a fait la démolition du parement ouest de la jetée.

Fort en cfiarpente.

On a élevé six poteaux.

Il est nécessaire de chercher à préciser quelles ressources devait donner le bassin, non seulement au point de vue de sa contenance, mais surtout au point de vue des faciUtés d'appa-

(l) Archives de la Guerre.

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