RAPPORT
Le Sous-Directeur des fbrtificaiions au Général en chef.
Boulogne, le t germinal an xii (23 mars li04).
On reprend aqjoardliai le travail des forts, quelques maçons sont employés à l'arrase-
ment des maçonneries intérieures
(t) Rapport de Dode.
Mais ces travaux sont souvent gênés par le mauvais temps. Le 5 avril (1), ils sont interrompus jusqu'au 9 et les maçonneries se trouvent endommagées (1). Le 18, nouveau coup de vent qui cause des avaries considérables. Jusqu'au 1®' mai, il est impossible de travailler. Même quand le temps paraît favorable, la mer déplace parfois les pierres de taille (2). Le 5 mai, les ouvriers sont encore forcés de renoncer au travail ; il en est de même le 19, jour où 20 pierres sont encore dérangées. Le 25 mai, « le moellonnage est emporté, 12 pierres sont déplacées à l'Heurt, 24 à la Crèche, dont 13 jetées en bas du fort. Jusqu'au 30, la mer détruit pièce à pièce presque tout le travail effectué ».
On voit combien, à ce moment, on est encore loin de pouvoir armer les forts.
Il convient maintenant de passer aux autres ports de réunion.
Voici comment Bonaparte s'exprimait, le 8 décembre, au sujet d'Etaples (3) :
// me 'parait enfin temps de penser à Étaples. Notre expédition est trop considérable, et nous ne pourrons jamais nous passer de ce port. Le capitaine du port pense que 300 bâtiments peuvent y tenir et en sortir aisément, i^aites-moi connaître s'il y a quelques bâtiments à faire, quelques précautions à prendre. Assurez-vous si f dans les points où mouilleront ces bâtiments, ils y seront en sûreté contre les attaques de t ennemi,
Bonaparte.
Ces nouveaux renseignements allaient faire complètement modifier les projets présentés par Sganzin au début de la guerre.
Bien qu'on ait signalé les défauts de la passe N, E., les marins avaient désigné sous le nom de « mouillage d'appareillage » les sables de la berge de droite, près de l'anse de Camiers, où l'on pouvait, en effet, échouer les bateaux sur un front d'un millier de mètres.
Cela avait bien l'avantage d'éviter de remonter très haut dans la rivière; mais, outre que les bâtiments devaient se
(1) Rapport de Dode.
(2) 3 mai. 7 pierres déplacées.
(3) Correspondance de Napoléon à Decrës, 7361.
trouver presque toujours à sec, ils étaient exposés aux tempêtes et aux entreprises de Fennemi.
Malgré Tavis formellement exprimé de Sganzin (1), cette solution fut cependant acceptée par Bonaparte.
Au confre-am/ra/ Decrès, ministre de /a marine et des colonies.
Paris, 26 frimaire an xii (18 décembre 1803).
Je TOUS renvoie votre correspondance. J'ai remarqué le rapport du 23 frimaire du capitaine Bompart. Il dit que 200 bâtiments peuvent rester mouillés à ÉtapleSf en dehors, pour le moment de la partance. Il parait que cette position est à Tabri des vents de Test, nord-est et sud-est. 11 parait qu'elle n'est pas à l'abri des vents de l'ouest ; mais, dans ce cas, la flottille qui serait mouillée pourrait rapidement remonter jusqu'à É tapies.
Si je ne me trompe pas dans cet aperçu, on peut donc considérer ce mouillage comme faisant parfaitement notre affaire : puisque Ton ne peut en partir qu'avec le vent d'ouest, on ne peut courir aucun danger dans ce mouillage, puisque ce vent est favorable pour remonter. Il me semble, du reste, quHl avait toujours été entendu qu^un grand nombre de bâtiments pouvaient facilement remonter dans la Canche. Le seul embarras était de les faire sortir dans une marée. Il serait donc convenable de faire planter là un plus grand nombre de pieux toujours en remontant.
Dès le 17 décembre, Tordre avait été donné de faire entrer àEtaplesune partie des bâtiments venant du Havre; mais, au 31 janvier, il n'y avait encore dans cet endroit que 12 bateaux et 1 péniche, le tout échoué en permanence, ou peu s'en faut, au fameux mouillage. Quand Bruix vint, le 14 février, visiter Etaples, il remarqua le danger de leur situs^tion et les inconvénients qu'un échouage prolongé ne pouvait manquer d'avoir pour toute une catégorie de b&timents.
Du 24 plaviôsu (14 février) (2).
Ainsi que je vous en avais prévenu par ma lettre du 22, je me suis rendu hier à Étaples afin d'y visiter la portion de flottille qui s*y trouve, ainsi que les établissements qu'on y prépare ; fat remarqué que ce point n'offrait pas de grands avantages pour la réunion et la conservation de nos bâtiments quij dans un coup de vent de sud-ouest, courraient risque de se perdre ; on y consommera une grande quantité de cordages pour amarres, puisque la tenue y est fort difficile, et je regarde comme très heureux, dans cette circonstance, que les vents d'ouest soient à peu près épuisés ; ils sont maintenant à l'est-nord-est
(1) Archives des ponts et chaussées.
(2) Archives de la Marine, BB»% 168. — De Bruix.
aTec apparence de continuation. Pour remplir néanmoins les ordres que j'aTais reçu de tous, Citoyen Ministre, pendant mon séjour au Ha\re, j'invite, par ce courrier, le préfet intérimaire du second arrondissement à envoyer encore à Étaples 3 bateaux de i'^' espèce, 2 de 2* espèce et 2 péniches. Il existe bien maintenant 19 bateaux de 2* espèce, mais deux sont d'ancienne construction, et comme ils ne sont pas susceptibles de supporter un éekouage autant que les nouveaux, j'ai l'intention de les faire venir à Boulogne, où ils seront beaucoup plus à l'abri.
J'engage également le préfet du Havre à expédier pour Étaples, par les premiers bateaux qui s'y rendront, 5 ou 6 canots à fond plat, qui furent faits il y a plusieurs années pour les bateaux canonniers dits Muskein, afin de rendre faciles les communications avec la terre.
J'ai l'honneur de vous rendre compte, Citoyen Ministre, que j'ai trouvé tout bien tenu à Étaples; on y dispose avec soin tous les établissements de la marine.
Le chef de l'état-major général de la flottille vous a informé hier de la perte d'une péniche ; nous n'avons reçu aucun détail sur ce malheureux événement.
Quoi qu'il en soit, le nombre de bâtiments stationnés à Etaples augmenta progressivement mais très lentement. Au 30 mars, il y a 4 prames, 27 bateaux et 2 péniches. Le coup de vent du 17 avril y rejette 41 bâtiments chassés de la rade de Boulogne (1), mais 16 d'entre eux sont forcés de rester en dehors de Lormet, un autre est jeté à la côte près de la batterie de la Petite-Garenne. Il semble que Feutrée dans la baie ait été possible pendant quatre heures, « de 3 à 7 heures », dit Marchand, à la vérité sans que son rapport permette d'en conclure que la barre ait été franchie pendant tout ce temps.
Au mois de juin, il n'y a encore à Etaples que 7 chaloupes canonnières et 36 bateaux canonniers.
A son voyage de janvier, Bonaparte fut mécontent (2) de Tétat des travaux d'Ambleteuse qui, visiblement, ne devaient pas être achevés pour le 5 février. Il limita donc le déblai à la moitié du bassin, c'est-à-dire aux huit premiers compartiments, et donna des ordres pour fournir aux travailleurs ce qui leur manquait.
NotB pour le Ministre de la marine,
Boulogne, 13 nivôte an xii (4 jan?ier 1804) (3). La note ci-jointe fera connaître au Ministre les demandes que fait le citoyen
(1) Lettres de Soult (toIt ei-dessous) et de Marchand (idem).
(S) Lettre de Sganzin. (Archives de l'École des ponts et chaussées.)
(3) Correspondance de Napoléon, 7150.
Sganzin pour pouvoir tniTailler ayec 3,000 ouvriers au port cTAmbleteuse et être en état de finir la première moitié /e 45 pluviôse. Le génie militaire fournira les brouettes et les outils. Mais j'ai appris avec étonnement que 300 brouettes, que le citoyen Sganzin avait demandées au génie militaire et que celui-ci avait accordées, n'ont pas encore été prises.
Quant aux ingénieurs, j'écris au Ministre de l'intérieur pour qu'il en envoie. Mais, en attendant, t7 faut que le citoyen Sganzin fixe son séjour à Amhleteuse, car ce port est le grand intérêt du moment, Boulogne parait bien marcher.
Les bois qu'il demande doivent être facilement fournis par Calais ; deux ou trois chasse-marées arriveront par là à Âmbleteuse.j
Boulogne doit avoir une grande quantité de ces bois. Je prie donc le Ministre de régler définitivement cette affaire, et qu'à compter au plus tard du 15 nivôse, il y ait 3,000 ouvriers employés aux travaux d'Ambleteuse.
Mais, jusqu'à la jBn de janvier, on ne dépassa pas le chiffre de 1000 à 1100 travailleurs ; on ne put trouver que 10 charpentiers dans les corps, encore ceux-ci désertèrent-ils après quelques jours (1). On ne pouvait travailler qu'à marée basse et, à partir du 14 janvier (2), on profite de la marée de nuit. Les plaintes de Sganzin au sujet de Findiscipline et de la mauvaise volonté des soldats sont journalières : tout est prétexte pour quitter le travail. Malgré la promesse de gratifications, au 22 janvier il manque encore 4 pieds dans les compartiments pour avoir 8 pieds d'eau aux B M de M E (3) les plus basses. Cela ferait conclure qu'on est arrivé à la cote -f 4">,85.
A ce moment de graves accidents viennent compromettre le travail.
Rapport du 7" pluviôse an XII (22 janvier 1805).
Les travaux du clayonnage du chenal supérieur et du chenal inférieur étant assez avancés le 28 nivôse (19 janvier 1804), et les pluies continuelles faisant croître d'une manière alarmante la retenue d'eau de la Slack, on a commencé dès le 28 au soir à leur donner un écoulement.
Les eaux du lac étaient, dans ce moment, supérieures d'environ 18 pouces à la vanne de Fécluse Vauban qui, elle-même, est élevée de 18 pouces au-dessus de la vanne de l'écluse neuve.
Le bâtardeau établi en amont de l'écluse Vauban était construit en terre
(1) Journal des travaux, (Archives de V École des ponts et chaussées). (î) Lettre da général Legrand. (Archives de la Guerre.) (3) Journal des travaux (6*,t8 — 1»,70 4- 1",34 =- 4»,85).
sablonneuse et donnait des inquiétudes sur sa solidité ; il fallait user des plus grandes précautions pour éiiter sa ruine, a6n de se rendre maître de Técoulement de cette première tranche de 18 pouces, supérieure aux Tannes de l'écluse.
D'après ces considérations, on a construit des auges en planches de différentes largeurs que Ton a placées dans la crête du bàtardeau et qui, au moyen d*un corroy de glaise qui les enieloppait, donnaient écoulement aux eaux sans fatiguer le bÀtardeau. Ces auges pouvaient d'ailleurs se fermer et ouvrir à Tolonté, au moyen de panneaux en planches et de glaises pour empêcher les*fiItrations.
On a commencé le 28 ayec 2 auges qui avaient une section d'environ 2 pieds carrés et qui, par leur position, vidaient sous une charge de 9 pouces ; on a rempli l'espace entre le bÀtardeau et la vanne de l'écluse Vauban, qu'on tenait fermée.
On avait eu soin de mettre des bottei de paille sous la chute de l'eau, qui tombait d'environ 1 2 pieds, et cette précaution a préservé le pied du b&tardeau. Dès le 29 au matin, l'eau passait par-dessus la vanne de l'écluse Vauban et tombait dans le canal inférieur, dont les vannes étaient fermées ; on a augmenté l'écoulement en plaçant 2 nouvelles auges et, dans la journée, le canal entre les deux écluses a été rempli et l'écoulement se faisait par-dessus les vannes.
Mais les eaux affluentes étaient bien plus considérables que l'écoulement qu'on leur avait procuré, la hauteur des eaux du lac augmentait sensiblement ; les pluies continuelles du 28 et du 29 occasionnèrent une crue si considérable que, dans la nuit du 29 au 30, elles surpassèrent le bàtardeau et occasionnèrent un éboulis dans sa partie supérieure sur environ les trois quarts de la longueur et sur 12 à 1*^ pouces de hauteur. Les auges en bois furent entraînées et devinrent inutiles ; la tranche des eaux du lac, supérieure à la vanne, prit un libre écoulement et se mit sensiblement de niveau jusqu'audevant des vannes de l'écluse qu'elle surmontait d'environ 15 pouces.
Cet écoulement a eu lieu dans le canal des chasses pendant la marée du 30, et son volume, à mer basse, n'était pas assez considérable pour empêcher la continuation du travail des terres, mais le courant soutint les eaux de la rigole du bassin assez haut pour incommoder les travailleurs dans les compartiments et, dès ce moment, la nécessité de se débarrasser de la tranche d'eau du lac, supérieure aux vannes, se fit sentir. En effet, en supposant que l'écoulement du moment fût égal au volume des affluents dans le lac, il était évident qu'à mesure qu'on creuserait dans les compartiments, on éprouverait plus de difficultés à se débarrasser des eaux, à cause du débouché de la rigole obstrué par le courant.
Dans la journée du 30 et dans la nuit du 30 nivôse au i®»' pluviôse, le mauvais temps a continué et les eaux se sont élevées d'environ 3 pouces dans le lac ; ainsi, loin qu'on pût espérer de fournir avec l'écoulement actuel (!*' pluviôse matin) l'abaissement de la tranche supérieure du lac, il est démontré que cette masse d'eau augmentera tant que ce mauvais temps continuera et qu'on ne se déterminera pas à ouvrir les vannes des écluses.
Un autre inconvénient, et qui est très grave pour l'avancement des travaux, résulte de la grande élévation des eaux dans le lac : c'est la suspension
absolue de la nayigation des 14 bateaux affectés au transport des approTisionnements de Marquise au dép^t de Slack. Cette navigation se faisant sur de petits bateaux plats ayant très peu de hauteur de bord et destinés à naviguer dans des canaux étroits, ne peut avoir lieu sans un danger imminent sur un lac d*une aussi grande étendue et sur lequel les vents d^ouest forcés qui régnent depuis très longtemps occasionnent de très fortes vagues.
Les ingénieurs ont fait ce qu'ils ont pu pour déterminer les bateliers à naviguer sur les bords du lac en faisant haler par des chevaux ; mais il parait que tous leurs efforts ont été inutiles ; car, malgré la présence de Tun d'eux à Marquise depuis le 29, les arrivages sont suspendus, et Ton manque absolument des matériaux nécessaires pour la construction des Tunages.
Les transports de Marquise à Ambleteuse ne peuvent se faire par voitures ; cette communication n'est point achevée : il y a des parties qui sont tellement impraticables qu'aucime voiture, même à vide, ne peut y passer.
Dans un tel état de choses, il est donc indispensable de faire baisse^ les eaux du lac de 3 à 4 pieds, afin de rétablir la navigation entre les digues de la Slack et se rendre maître des eaux au moyen des vannes des écluses, pour que, l'écoulement s'opérant à mer haute, il soit suspendu à volonté pendant la basse mer, afin de ne pas incommoder les travailleurs à la marée.
Mais on ne doit pas se dissimuler que cet écoulement, qui ne peut avoir lieu qu'en ouvrant entièrement les vannes, présente des inconvénients.
Les revêtements en tunages du canal des chasses ne sont pas assez avancés pour qu'ils puissent résister aux effets d'une chasse soutenue aussi violente que celle qui aura lieu, sous une charge de 12 à 13 pieds d'eau et qui, probablement, durera plusieurs jours ; si on laisse écouler les eaux par ce canal, ainsi imparfait, on doit s'attendre qu'à mer basse il y aura des avaries incalculables ; le pied des tunes sera attaqué, et il est impossible de prévoir le point où les affouillements et les dégâts s'arrêteront.
Cette considération sur des dangers qui ne sont que trop réels pour faire écouler les eaux par le canal des chasses, et qui sont prouvés par les effets qui ont eu lieu dernièrement à la suite de la rupture du poteau de la nouvelle écluse, et sous une bien moindre chasse d'eau, a déterminé les ingénieurs à examiner s'il ne vaudrait pas mieux procurer une autre direction à l'écoulement de ces eaux en les éloignant du pied des tunes.
Le canal que les chasses se sont ouvert, en dernier lieu, à l'époque de Tavarie de l'écluse, et qui a traversé le bassin comme étant la partie la plus profonde de la baie, indique dans ce moment la direction qu'il est convenable de donner à cet écoulement. Ce nouveau canal partagerait à peu près en deux également la partie supérieure du bassin, se raccorderait avec la rigole du bassin inférieur, qu'il faudrait élargir, et rentrerait dans la partie inférieure du chenal au delà de l'entrée du bassin.
11 résulte de cette disposition des avantages et quelques inconvénients; mais elle présente des difficultés d'exécution pour le barrage ; cependant, en balançant toutes ces chances, on est convaincu que les avantages l'emportent.
En effet, les seuls inconvénients sont : la destruction d'une partie des roulages, l'impossibilité vraisemblable de pouvoir travailler aux déblais des compartiments pendant la durée de l'écoulement, enfin les alluvions qui auront probablement lieu dans l'angle du bassin occupé par le 26*.
Les avantages sont : d'empêcher la destruction des ouvrages du canal des chasses ; la possibilité de les continuer, môme pendant Fécoulement des eaux ; la conservation du pied des tunes le long du canal ; enfin Tapprofondissement très Traiseroblable que les chasses occasionneront dans le bassin en le traversant.
D'après ces résultats prévus, il parait qu'il n'y a pas à balancer, et que l'écoulement des eaux doit avoir lieu par le nouveau canal qu'on vient d'indiquer.
11 reste à présent à déterminer les moyens d'opérer le barrage dans le canal des chasses et d'ouvrir le nouveau canal.
Le canal de Slack, terminé par deux écluses, offre un moyen bien simple pour avoir une intermittence d'écoulement dans le canal des chasses, quoique les eaux du lac soient plus élevées que les vannes ; il est évident qu'en tenant les Tannes de l'écluse de Yauban fermées, et ouvrant au commencement du jusant les vannes de l'écluse inférieure, toute la masse d'eau contenue dans le canal de la Slack, plus les eaux du lac qui s'épanchent par-dessus la vanne de Yauban, s'écouleront avec la mer par le canal des chasses sans le moindre danger pour les ouvrages. A mer basse, on fermera les vannes de l'écluse neuve et l'écoulement cessera dans le canal des chasses jusqu'à ce que les eaux du lac aient rempli de nouveau le canal de Slack, ce qui procurera le temps nécessaire pour fournir les tunes et les autres ouvrages pour le barrage dont tous les matériaux doivent être disposés à l'avance. On ouvrira simultanément la tune latérale du canal des chasses dans la direction du nouveau chenal, afin de procurer par ce nouveau chenal, qui aura été creusé à l'avance, l'écoulement des eaux de la tranche supérieure du lac ; l'opération d'assèchement intermittente se répétera jusqu'à ce qu'enfin l'entière construction du barrage soit terminée. On pourra alors ouvrir peu à peu les vannes et obtenir les grandes chasses, qui procureront enfin l'abaissement des eaux du lac et, par suite, les avantages qui doivent en résulter pour la continuation des travaux.