RÉSUMÉ
L'urgence et la nécessité d'abaisser les eaux du lac sont évidentes ; on ne peut obtenir cet abaissement que par l'ouverture des vannes des écluses et les grandes chasses.
Il est indispensable de procurer un nouveau canal aux chasses à travers le bassin.
La marche à suivre pour parvenir à ce résultat consiste :
4® A ouvrir le nouveau canal à travers la partie supérieure du bassin et le prolonger conformément au plan jusqu'à la digue latérale du canal des chasses, où il aura son embouchure supérieure. On emploiera pour l'exécution de ce travail tous ceux des ateliers des compartiments que les eaux gênent dans ce moment ; tous les ateliers de régaleurs et rigoleurs, en observant de placer ces derniers pour commencer la rigole dans les parties où il y a de l'eau et des vases ; tous les ateliers armés de pelles et qui étaient destinés aux travaux du chenal et du canal des chasses ; enfin il sera mis à cet ouvrage un assez grand nombre de travailleurs pour que ce travail soit fait en deux marées, et comme ce travail est facile et n'exige pas de roulages, on pourra en faire une de nuit ;
2® On approvisionnera en pieux, planches, terre, fascines, paille, saucissons et autres matériaux qui seront nécessaires pour la formation de ce barrage, qui se fera par marées de jour et qui doit aToir une solidité qui puisse résister è l'impulsion du courant, impulsion qu'on diminuera en le plaçant dans une position très oblique à la direction de ce courant ;
3*^ On fera lever les vannes de la nouvelle écluse à la mer haute dès ce soir, pour constater l'effet de Técoulement intermittent et en connaître exactement la durée ;
4*^ On profitera de cette occasion pour examiner s'il ne serait pas possible d'ajouter une hauteur additionnelle aux vannes de la nouvelle écluse, afin de se rendre ultérieurement maître des eaux du lac si, par des causes imprévues, elles parvenaient encore à la hauteur actuelle.
Ambleteuse, le !•' pluviôse an xii. J. Sganzin.
Rapport 8ur les travaux d'Ambleteuse au 10 pluviôse an XII
(31 janvier 1804).
Les déblais des huit compartiments du bassin sont affaissés à une profondeur moyenne telle, que dans les plus basses mortes eaux il monte au moins 6 pieds (I).
Les 2 pieds qui restent à creuser seront terminés avant la fin du mois; In rigole qui traverse le bassin et qui doit recevoir les eaux de l'écluse de chasse est creusée dans toute sa longueur sur une largeur réduite de 24 pieds.
Dès demain, au soir, le barrage du chenal auquel on travaille étant terminé, elle pourra recevoir les chasses de l'écluse, dont on peut disposer à volonté depuis qu'on est entièrement maître des eaux.
La pente de la rigole depuis son embouchure dans le canal des chasses, près de l'écluse, jusqu'au point de sa sortie dans le chenal, est de 3 pieds.
On espère abaisser le chenal au point de cette sortie d'environ 3 pieds.
On travaille à fortifier les ouvrages en tunes du chenal et les clayonnages des jetées.
La cunette de la partie antérieure du chenal a été creusée d'environ 3 pieds par l'effet des chasses qui ont eu lieu depuis le 2 pour l'écoulement de la tranche supérieure des eaux du lac.
Il y a dans ce moment 3,300 travailleurs occupés journellement, tant aux déblais qu'aux fascinages.
Les marées de nuit sont régulièrement organisées. 120 à 130 tombereaux son^ journellement occcupés aux déblais, mais les 64 voitures de réquisition pour le transport des fascines font très mal le service. On va y envoyer des garnisaires pour le réactiver.
On a des outils de toute espèce pour occuper, au l'^' jour, 4,000 travailleurs
militaires.
Général Bertrand.
(1) Ceci donne : 6,28
Cote du fond: -{- A,t%
Au milieu de février, le chiffre des travailleurs, qui avait été fort accru, tombe à 2,637 (1). La besogne est donc lente. De plus, les marées vont parfois inonder les ateliers et en chasser les ouvriers.
Le général de division Legrsmd au Généra/ en chef.
An quartier général d'Ambletsnae» le 6 germinal an xu
(tl mars 1804).
Citoyen Général,
Les reports des dernières marées ont encombré le chenal du poit au point que les eaux de la cunette et des rigoles n'ont point d'écoulement et refinent dans les compartiments, de telle sorte que si Ton nV remédie pas bientôt toi traTayx ne pourront pas se continuer ; le 22* régiment a cessé le travail des pieux.
Ci-joint le rapport du 5 au 6 courant.
Tai l'honneur de tous saluer.
Legrand.
L'interruption est cette fois de courte durée.
Legr&nd, général de division, au Général en chef (Soult).
Au quartier général d'Ambleteose, lo 9 germinal an xii
(30 mars 1804).
Citoyen général,
La chasse d'eau qu'on fit hier produisit le meilleur effet ; elle creusa le chenal, par suite les compartiments se desséchèrent presque. Tous les ateliers furent occupés et les travaux suitis avec beaucoup de zèle et d'activité.
Depuis la visite de M. Sganzin, qui eut lieu avant-hier, je m'aperçois que les ingénieurs sont plus près de leur besogne ; je l'engageai à venir nous voir au moins tous les deux jours, et je le crois indispensable.
Ci-joint le rapport du 8 au 9 courant.
J'ai l'honneur de vous saluer.
Legrand.
Cependant, au 23 avril, le même accident survint (2).
A la fin de msii, un résultat très sérieux est atteint.
D'après un plan établi à cette époque (3) , on aurait eu dans le chenal, en vive eau, de 6 mètres à 4™,60en VE et de 3",80 àl"»,70enME.
(1) Lettre du général Legrand, 23 avril. (Archives de la Guerre.)
(2) Lettre de Lafond, 14 février. (Archives de la Marine, BB>% 189.)
(3) Archives de la Guerre (côtes).
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Dans six compartiments du bassin, 4™,50 en V E et 1™,30 en M E.
Étant donné la faible capacité du port, il semble que la sortie en une seule marée «lit été possible pour le nombre restreint de bâtiments pouvant stationner à Amble teuse.
Le travail ne peut cependant être considéré comme terminé, car, au 20 juin, il y a encore 500 travailleurs (1) employés au pavage, au clayonnage, au talus nord, à la jetée sud. Pour le mois qui vient de s'écouler, on a encore dépensé 171,310 francs (2).
Les travaux de Wimereux, confiés au génie militaire, avaient été énergiquement poursuivis depuis le début de novembre, et il semblerait que ce port eût été assez bien pourvu du matériel dont Sganzin regrettait le manque à Ambleteuse (3). Au 9 février, en annonçant l'envoi d'un nouvel ordonnancement de 400,000 francs, le Premier Consul ajoutait : « Nous commençons à trouver que Wimereux nous coûte bien de Fargent. Avec l'argent qu'on a envoyé, cela doit passer un million (4) ». Malgré cela, le port ne devient praticable que le 12 mars, date où y entra le premier navire qui, du reste, ne faisait pas partie de la flottille.
Soult, général de la garde du Gouvernement^ commandant en chef
le camp de Saint-Omer.
Au quartier général à Boulogne» le 21 ventôse an xii
(12 mars 1804).
Je vous prie, mon cher Général, d'insérer à l'ordre du jour que Tinauguration du port de Wimereux a été faite aujourd'hui et d*y mentionner honorablement le corps du génie, les sapeurs et mineurs, ainsi que les régiments des 4* et 1'^ divisions qui y ont travaillé.
Amitié.
Soult.
(1) Lettre da général Legrand.
(2) Journal des travaux, (Archives de VicoU des ponts et chaussées^)
(3) Journal de Sganzin. (Archives de VÉcole des ponts et chaussées,)
(4) Correspondance de Napoléon inédite, (Archives de la Guerre.)
Lettre de Bruix (i).
Un corsaire de Calais, tirant 10 pieds d'eau, y est entré pour finir son armement ; j'avais aussi donné Tordre à 4 péniches de s'y rendre ; c'étaient les premiers bâtiments qui entraient dans ce- port ; aussi l'allégresse des soldats qui l'ont creusé et de la marine qui doit en tirer grand avantage a-t-elle été générale. J'ai fait sonder un quart d'heure après la pleine mer, et nous avons trouvé dans tout le chenal 17 à 18 pieds d'eau. Le bassin est beaucoup moins profond, mais on pourrait déjà y mettre une vingtaine de bâtiments. Ce port est extrêmement abrité, et d'une entrée facile puisque le courant ne s'y fait pas sentir.
Les premiers bâtiments de la flottille (canonnières ou bateaux canonniers) entrés à Wimereux furent ceux qui, au nombre de 14, y furent jetés par la tempête du 25 mars, après avoir dû abandonner la rade de Boulogne. Quelques jours plus tard, leur nombre était porté à 30 (2).
Mais il ne faut pas en conclure que le port était terminé car, au 24 mars (3), il y a encore 2,900 travailleurs employés à Wimereux, avec 17 voitures de réquisition ou du génie. Il y en a 3,000 au 30 mars. Au 5 avril, on a encore déblayé 3,500 toises cubes pendant la quinzaine précédente, placé le pont et travaillé à revêtir de madriers les ailes de Técluse. A partir de ce moment, on n^emploie guère plus de 1800 hommes ; il n'y en a plus que 1400 au 24 avril. Le 5 mai et le 25, le mauvais temps force à susprendre les travaux, mais ils sont repris et continuent avec à peu près le même nombre de soldats. D'après le plan ci-contre, au milieu de juin, le déblai serait achevé, sauf pour Farrière portion, où Ton a trouvé le roc. On aurait 15 pieds d'eau en V E et 9 en M. E. Ce serait donc le meilleur port de tous ceux choisis pour la réunion de la flottille, si sa capacité était plus grande et si, comme on le verra plus loin, la direction donnée au chenal n'ouvrait pas le port à la grosse houle du large, ce qui, lorsque de nombreux bâtiments seront stationnés à Wimereux, présentera de graves dangers.
Les travaux de défense des nouveaux ports avaient précédé
(1) 13 mars 1804. {Archives de la Marine, BB«», 168.)
(2) Voir ci- dessous.
(3) Rapports jouroaliers do Dode, soas-directeur des fortifications.
leur création, ce qui avait mis les ouvriers à l'abri des insultes de rennemi. Dès le milieu de décembre, de nombreux ouvrages couvraient Ëtaples, Wimereux et Ambleteuse.
Soult, général de la garde du Gouvernement, commandant en chef le camp de Saint^Omer, au Ministre de la guerre.
Au quartier général à Boulogne, le 2 ni?ôse an xii (24 décembre 1803).
J*ai été assez heureux, Citoyen Ministre, pour préTenir les intentions du GouTemement que, par yotre lettre du 28 frimaire dernier, tous me faites connaître, et j'ai Thonneur de tous rendre compte qu'une batterie de mortiers et une autre d'obusiers à longue portée sont établies et prêtes à faire feu à Tembouchure de Wimereux pour la défense de ce port.
Deux batteries de mortiers sont également établies à droite et à gauche du port d*Ambleteuse pour sa défense ; mais, faute de mortiers, ou n'a pu encore les armer.
J'ai aussi fait construire cinq nouvelles batteries, pour mortiers et pièces de 24, à Tembouchure de la Canche, pour la défense de la baie d'Étaples et du mouillage du Lormet ; mais je n'ai pu compléter l'armement de ces dernières batteries : 10 pièces de 2i et 4 mortiers manquent encore pour cet effet, et les demandes en ont été faites à Douai.
Ces dispositions d'armement ont toujours été exécutées sous la direction des généraux d'artillerie et concertées avec les officiers de marine, de sorte qu'elles remplissent parfaitement le but que le GouTernement s'était proposé, en ordonnant qu'une commission s'occupât de désigner les emplacements conyenables.
Auparavant d'avoir reçu vos ordres, j'avais ordonné que le plan de ces différents ports, et même celui de Boulogne, fussent levés pour vous être immédiatement adressés ; je presserai la continuation du travail, afin que le plus tôt possible vous puissiez le recevoir. J'ose espérer que vous en serez satisfait.
L'armement de Boulogne commence à devenir redoutable, mais les mortiers nous manquent pour le compléter. Je désire beaucoup. Citoyen Ministre, la prompte arrivée des mortiers que vous voulez bien nous annoncer, afin de les faire établir de suite dans les batteries qui, depuis longtemps, sont disposées pour les recevoir.
J'ai l'honneur de vous saluer.
SOLLT.
État^major général.
Au quartier général à Boulogne, le 2 nivôse an zii (U décembre 1803).
En exécution de Tordre du Ministre, en date du 28 frimaire dernier, les généraux Bertrand et Lariboisière, auxquels s'adjoindront les officiers de marine que l'amiral Bruix a désignés, formeront la commission qui doit déterminer les mouillages que les bâtiments de la flottille pourront prendre en
rade de Wimereux et d^Ambleteuse, et ils détermineront aussi sïl est convcnable, pour la défense des bâtiments mouillés en rade, d'augmenter l'armement des batteries actuellement existantes sur ces deux points.
Les généraux Bertrand et Lariboisière recevront des instructions en conséquence et rendront compte de leurs opérations.
Le général Bertrand fera lever le plan des ports et rades d^Ambleteuse et de Wimereux, ainsi que des batteries qui les protègent,' conformément à Tinstruction du Ministre ; il fera faire la même opération pour le port et la rade de Boulogne et m'adressera dans le plus bref délai, en double copie, le résultat de ce travail, afin que jej>uisse en adresser un exemplaire au Premier Consul, un exemplaire au Ministre et garder la minute.
Le commandant de la gendarmerie recevra ordre de fournir un détachement de 10 gendarmes commandés par un maréchal des logis, pour faire journellement patrouille dans la forêt de Boulogne à Teffet d'empêcher les •dégâts qui s'y commettent et arrêter les délinquants. Les généraux divisionnaires seront prévenus de cette mesure afin qu'ils la fassent connaître 21 leurs troupes par leur ordre particulier et réitèrent les défenses les plus expresses de faire aucune coupe sous aucun prétexte et même sous les peines les plus graves, hors de Tenceinte qui est déterminée et sous la direction des gardes forestiers qui sont chargés de les surveiller. Cette disposition sera communiquée à rinspecteur des forêts nationales.
Le colonel du 46® régiment d'infanterie de ligne sera autorisé à porter aux batailloDS de guerre, comme détaché du 3* bataillon, le citoyen Menassier, sergent-major, élève du Prytanée, qui jouira, en cette qualité, de sa solde et des autres attributions de son grade.
Le Général commandant en chef,
SOLXT.
Lorsqu'on décida à Etaples réchouement des bateaux près de la sortie du chenal, spus le nom de mouillage d'appareillage, la protection donnée par les batteries de terre parut insuffisante (1) et l'on proposa un fort sur le banc de la Terreaux-Chiens. Il ne paraît pas que ce travail ait été exécuté; l'extrême difficulté de la navigation dans la baie suffit à tenir l'ennemi à distance.
En sonmie, au milieu de juin, les trois ports d'Etaples, d'Ambleteuse et de Wimereux sont en état de recevoir des fractions importantes de la flottille entassée à Boulogne, où l'on n'a encore à peu près rien fait pour améliorer la sortie du port.
Mais, au sujet de la répartition à faire entre les différents
(1) Voir ci-dessus.
468 DEUXIEBfB PARTIE. — CHAPITRE IV.
ports, suivant l'espèce des navires, les avis diffèrent. L'ordre de faire passer à Etaples des canonnières, provoque de la part de Bruix de graves objections.
£. Bruix, conseiller d'État, amiral de la flottille nationale, k Son Excellence le Ministre de la marine et de^ colonies (I).
Boulogne, le 29 prairial «n xii (18 juin 1804). Monseigneur,
Je reçois \otre dépêche du 25 prairial par laquelle tous me préTenez que les diyisions de la flottille impériale ou autres, actuellement réunies au HaTre et prêtes à partir sous le commandement supérieur du capitaine de Taisseau Daugier, sont composées de 6 prames, 60 canonnières, 38 bateaux canonniers, 41 péniches, 12 transports ; total : 152 bâtiments.
Vous me prévenez aussi que Sa Majesté Impériale a ordonné que 36 bateaux canonniers et 18 canonnières entrassent dans le port d'Étaples, et que le reste se rendit à Boulogne sous le commandement du capitaine Daugier, et enfin, Monseigneur, tous m'invitez à tous faire connaître si le port d'Étaples est en état de recevoir ces bâtiments, en observant que ce qui détermine leur destination pour ce port, c'est que celui de Boulogne est déjà encombré et que la sortie sera plus prompte en raison de la division des bâtiments dans difiîérents ports.
Le port d'Etaples peut sans doute contenir, et au delà, les deux divisions que Sa Majesté Impériale a ordonné d'y faire entrer, indépendamment de celles qui s'y trouvent déjà ; mais puisque vous me permettez de dire mon avis, je pense qu''à raison du peu de profondeur des eaux dans cette baie, où souvent les bateaux de i** espèce restent amortis, il convient d'y en envoyer le moins possible et de ne destiner, au contraire, pour ce port que des divisions de bateaux canonniers et de péniches. Ainsi, pour arriver à une répartition qui remplit le but que Sa Majesté Impériale a indiqué, je proposerais de faire entrer à ÉLaples les 33 bateaux canonniers et 41 péniches qui doivent venir du Havre ; ces dernières, étant réunies à 4 qui se trouvent déjà dans ce premier port, y formeraient une division complète, et dans le cas où Ton penserait que les forces à réunir à Étaples devraient être plus considérables, on pourrait encore y faire passer de Boulogne une division de bateaux de seconde espèce.
Je proposerais encore, pour prévenir V encombrement du port de Boulogne^ d'envoyer à Ambleteuse la I'* division de bateaux de 2* espèce, commandée par le capitaine de frégate Billard, et à Wimereux la i '• division de bateaux de l'« espèce commandée par le capitaine de vaisseau Le Ray, en joignant à ces divisions un certain nombre de péniches. Ces deux derniers ports pouvant contenir un plus grand nombre de bâtiments que celui qui s'y trouverait, par la réunion de ces divisions avec celles qui y sont déjà, offriraient encore une ressource suffisante à ceux de nos bâtiments qui, étant embossés devant Bou-
(1) Archives de la Marine, BB", 188. — De Bruix.
logno, se trouTeraient forcés de chercher une relâche dans Tun ou Tautre de ces deux ports. Une autre considération très importmte qui me déterminerait à renforcer les portions de flottille qui s'y trouvent, c'est que je ne les trouve pas assez fortes dans l'état actuel pour former une ligne d'embossage capable de s'opposer avec sécurité aux entreprises de Tennemi lorsque les circonstances peuvent déterminer à leur faire prendre cette position.
Si Sa Majesté Impériale approuve que je détermine la réftartition des forces dans les quatre ports d*ÉtapleSy Boulogne, Wimereux et Ambleteusej dans le triple objet de n'encombrer aucun, de donner à chacun une force suffisante, et de rendre la sortie de la flottille plus prompte et plus simultanée, non seulement je puis vous assurer que nous ne serons nullement embarrassés de rece* voir ici les divisions annoncées sous le commandement du capitaine de vaisseau Daugier, mais encore de trouver de la place pour un plus grand nombre.
Au surplus. Monseigneur, ceci étant essentiellement de ma compétence et mon devoir étant de soumettre au jugement de TEmpereur toutes mes idées sur de telles questions, je vous prie de vouloir bien mettre sous les yeux de Sa Majesté Impériale Tensemble des observations contenues dans cette lettre. Vous penserez sans doute qu'il est indispensable que je sois promptement prévenu des idées que Sa Majesté aura prises à cet égard.
J'ai l'honneur de vous saluer respectueusement.
E. Bruix.
On verra que Tamiral n'obtint rien de ce qu'il demandait. Napoléon persista à faire passer à Etaples des bâtiments à grand tirant d'eau. Ils y vinrent, mais ils y restèrent échoués à peu près en permanence.