‹ 1793-1805Chapitre 93 sur 112 · L. Davout · texte numérisé non relu

L. Davout

Soult, général de la garde du Gouvernement, commandant en chef le camp de Saint-Omer, au Ministre de la guerre

Au quartier général à Boulogne, le 29 TontAse an xu

(20 mars 1804).

J'ai rhonneur de tous rendre compte. Citoyen Ministre, que depuis hier au soir, il est entré dans le port de Boulogne 3 bateaux canonniers, 23 péniches, 40 transports et 6 bateaux de Terre-Neuye, en tout 72 bâtiments, Tenant d'Ostende, Dunkerque et Calais ; des détachements des 12<^, 21® et 25* régiments d'infanterie dépendant du camp de Bruges, qui étaient à bord de ces bâtiments, ont débarqué aujourd'hui pour rejoindre leurs corps respectifs.

J'ai l'honneur de tous saluer.

Soult.

(1) 70 Tenant d'Ostendele 17, 20 Tenant de Dunkerque le 20, 31 Tenant de Dunkerque le 7 mars, 49 Tenant de Dunkerque le 9 mars.

(2) Archives nationales, carton APiv, 1599, guerre, armées contre l'Angleterre, expéditions de l'an ti, de Tan tui, de l'an xu.

Rapport de ce qui s'est passé sur la côte et aux batteries de la gauche du chenal de Boulogne du 7 au 8 germinal an XII.

27 mars 1804.

Le 7, à H heures du matin, il est entré dans le port de Boulogne 2i bateaux de transport, Tenus de la droite ; il est aussi entré, à la même heure, 4 bateaux de 1" espèce et 10 de !• espèce. Tenus de Wimereux.

A minuit, il est entré dans le même port i bateau de i'^ espèce et 16 péniches Tenus de la droite.

Hier, entre 7 et 8 heures du soir, le feu prit à Tune des maisons de la droite du port, Tis-à-TÎs la station des canonniers ; on battit la générale au camp et, peu après, la retraite.

Hier, Ters les 5 h. J/2 du soir, 4 bourgeois furent arrêtés sur la ligne des batteries, près du Chàtillon, et conduits chez le commandant d'armes à Boulogne.

Dans la nuit dernière, Ters minuit, une péniche anglaise débarquait des hommes entre la batterie de Saint-Trieux et celle de Daune, lorsque la patrouille du poste de la i'* batterie, qui était à portée, fit un feu de mousqueterie qui les obligea à se rembarquer ; la batterie de Daune tira un coup de canon sur cette péniche, qui prit le large.

La croisière ennemie, forte de 42 bâtiments, est mouillée en aTant du port de Boulogne, à euTiron 2 lieues au large. 5 autres bâtiments sont aussi aperçus : 4 à la hauteur du Gris-Nez et 1 à l'ouest, à environ 5 lieues.

Batterie du Préfet, le 8 germinal an xii. -

Le Chef de bataillon commandant Vartillerie de la t^ division.

Caban.

Le général de cavalerie Margaron au général Soult, commandant en chef le camp de Saint-Omer.

Au quartier général à Calais, le 1 1 germinal an zii

(t avril 1804).

Mon Général,

J'ai l'honneur de tous prévenir que les 4 canonnières de la division consulaire et 1 péniche sont entrées ce soir, à 7 heures, dans le port.

L'une d'entre elles, ayant manqué d'eau, s'est échouée dans le chenal, en dedans du fort Rouge et parfaitement protégée par lui et par notre mortier de l'extrémité du musoir de l'Est.

2 frégates anglaises se sont présentées au moment de leur entrée dans le port et ont fait deux décharges sur elles ; les forts ont répondu avec succès, deux boulets tirés du fort Rouge les ont atteintes ; elles ont alors gagné le large ; la nuit est survenue ; demain au petit jour chacun sera à son poste. Je Tais donner ordre aux détachements des 21*, 25* et 85* régiments qui sont à bord de partir demain pour rejoindre leurs corps.

La division de Gravelines est enfin sortie à la môme marée : 4 des petits bâtiments qui la composent ont continué leur inarche par Boulogne et 16 autres sont entrés dam ce port ou sont échoués y faute (Peau pour entrer , sous la protection du fort Rouge : un seul est resté en face de la Dune Blanche et est gardé par un détachement de Tinfanterie et Tartillerie mobile.

ReccTez, Général, l'assurance de mon respect.

Margarox.

Soult, général de la garde du Gouwernement, commandant en chef le camp de Saint-Omer, au Ministre de la guerre.

An quartier général à Boulogne, 1« 13 germinal an xu

(3 avril 1804),

Tai Thonneur de vous rendre compte, Citoyen Ministre, que 4 chaloupes canonnières et 1 péniche de la division affectée au service du Premier Consul, venant de Dunkerque, sont entrées à Calais, malgré le feu de 2 frégates anglaises qui ont fait l'impossible pour arrêter leur navigation; 1 lougre anglais s'était approché pour reconnaître nos canonnières et les attaquer, mais elles lui ont donné chasse et Tout forcé à aller se mettre sous la protection des frégates.

22 bateaux de Blankenbergbe sont entrés ce matin dans le port de Boulogne ; ils viennent d'Ostende et de Gravelines.

J'ai Thonneur de vous saluer.

SOl'LT.

Seras, général de brigade^ au général en chef Davout

Au quartier général à Dunkerque, le 14 germinal an : de la République, une et indivisible (4 avril 1804).

Mon général,

Le général de division Durutte étant parti d'après votre autorisation pour Ypres m'a laissé, en son absence, le commandement de la division ; j'ai l'honneur, en conséquence, de vous rendre compte que le i 2 de ce mois il est parti à 3 heures après-midi, 4 canonnières et 1 péniche faisant partie de la division consulaire, pour se rendre à Calais où elles sont arrivées sans accident le même jour à 6 heures 7 minutes du soir, malgré qu'il y eût plusieurs bâtiments anglais qui croisassent entre Dunkerque et Calais ; 2 de ces bâtiments s'étant approchés de cette petite division au moment oii elle était près d'entrer à Calais, lui tirèrent 4 à 5 bordées, mais les forts leur ayant tiré dessus, les forcèrent à prendre le large.

Le même jour 12, la division de la flottille qui avait mouillé à Gravelines le il ventôse est partie pour se rendre aussi à Calais où elle est entrée le même jour; 2 bateaux de cette division échouèrent en sortant du chenal et rentrèrent à Gravelines étant avariés. Le bateau sur lequel était le commandant se trouvant un de ces deux échoués, il s'est rendu à Calais par terre. Une autre

dWision de la flottille partie d'Ostende le 12 courant, destinée pour Boulogne, mouilla dans la nuit du 12 au 13 dans la rade de Dunkerque et se proposait de continuer sa route le lendemain, mais le Tent ayant changé elle est entrée à Dunkerque le 13. — 1 brick anglais s'approcha d'elle et lui tira plusieurs coups de canon, mais le fort Risban lui ayant tiré dessus six coups de canon et lancé deux bombes, il prit le large ; au premier Tent fayorable cette division se propose de partir, elle sera escortée par l'artillerie légère.

Le cabannement (sic) du 83* régiment est presque achevé, il ne reste que les barraque9 des officiers du 2* bataillon à couvrir et elles le seront dès que la paille qui a manqué sera arrivée ; le commis des guerres m'a assuré qu'il en arriverait aujourd'hui.

Le 21® régiment a commencé à aplanir le terrain sur lequel il doit camper.

La marine a mis 2 péniches à la disposition de la division. Tune est affectée au 12* régiment et l'autre au 25«, ces deux régiments ont commencé hier à s'exercer à la rame.

Les troupes embarquées font tous les jours la manœuvre du canon h la marée haute et s'exercent aussi à la manœuvre des voiles.

11 n'y a rien de nouveau sur la côte ; malgré toutes les recherches et la surveillance que j'y fais exercer, je n'ai rien pu découvrir encore.

Agréez, je vous prie, mon cher Général, les assurances de mon dévouement respectueux.

Seras.

Ces nombreux passages paraissent avoir décidé les Anglais à augmenter lem*s moyens d'action dans ces parages.

Le général de cavalerie Margaron au général Soult, commandant le camp de SainUOmer.

Au quartier général à Calais, le 23 genxdnal an xii

(13 avril 1804).

Mon général.

Hier sur les deux heures, il est sorti du port des Dunes une flotte ennemie de 22 à 24 hàtiments dont 2 vaisseaux, 6 frégates, le reste corvettes et un grand nomhre de cutters ; elle s'est dirigée sur Boulogne ; à la nuit ils avaient tous décapé le Gris-Nez à Texception d'une frégate qui est restée devant la baie de Wissanl et qui y est encore en ce moment.

Entre H heures et minuit, 2 fusées ont été lancées dans les dunes de l'autre cAté du Gris-Nei ; on aura probablement fait des recherches jour en découvrir les auteurs. Le général Miguel vous en aura rendu compte.

J'ai fait prévenir tous les forts et batteries de redoubler de surveillance et de se maintenir à même de prévenir les intentions hostiles de l'ennemi : tous les détachements d'infanterie ont pris les armes et ont fait des patrouilles jusqu'au

jour. Le commandant de la batterie mobile de Wissant s'est tenu en alerte et prêt à marcher au premier besoin.

RcccTez, Général, l'assurance de mon respect.

Margarox.

Une partie de cette force vient bloquer Calais ; 3 frégates et 1 corvette mouillent à 2 lieues devant le port, à partir du 4 mai(l).

Alors se passa un épisode qui montre bien quel avantage pouvaient souvent donner le calme et l'emploi des avirons.

Malgré la surveillance des Anglais, le 6 mai, 4 bateaux canonniers et 15 péniches, montés par 100 hommes de la réserve et 180 soldats du 1*' italien, sortent de Calais en profitant d'un calme et d'un épais brouillard (2). A la ramCj cette division passe devant le mouillage de Tennemi, qui ne peut bouger (3), double le Gris-Nez et retrouve, en rade de Boulogne, la ligne d'embossage, qui est en présence de 15 voiles ennemies, réduites elles aussi à une immobilité complète.

Les lettres de Margaron et de Bruix (4) au sujet de cet incident font ressortir Fentrain qui animait les équipages et les soldats, pourtant tout à fait inexpérimentés dans l'emploi des rames, mais qui n ayant pas été malades^ comme il arrivait constamment quand on naviguait à la voile, avaient conservé tout leur moral.

L'hiver n'avait donné, on J'a vu, que des occasions tout à fait exceptionnelles d'employer la rame, si précieuse pour les flottilles.

Le rôle le plus brillant pendant toute cette période fut celui de la flottille batave.

Le 27 janvier, l'amiral Verhuell avait reçu l'ordre de partir de Flessingue pour Ostende avec la première division de sa flottille qu'il avait déclarée prête. Mais, outre le manque de pilotes et la faiblesse des garnisons (5), le port d'Ostende se trouvait à ce moment tellement encombré par les transports qu'on dut surseoir au départ des bâtiments de guerre.

(1) Lettre de Margaron, 5 mai. {Archives de la Guerre,)

(2) Lettre» de Margaron, 4 et 6 mai. {Archives de la Guet*re. — Côtes )

(3) Voir ei-dessous.

(4) T«eltre de Bruix, 7 mai. (Voir ci-dessous. )

(5) Correspondance de Verhuell. {Archives nationales, AF", 1201.)

L. Davout, général de la garde du Gouvernement, commandant en chef le camp de Bruges, au Premier Consul (i).

Au quartier général à Ostende, le 25 plnriftse an xii de la République (15 février 1804).

J'ai un compte non moins avantageux, mon Généraly à vous rendre de la flottille batave : elle est dans le plus bel état. Au 22 pluviôse, il y avait 30 chaloupes canonnières, 124 bateaux plats, et dans les premiers jours de ventôse on avait la presque certitude que le nombre des premières se monterait à 40 et celui des bateaux plats à 150. L'installation des armes et des écuries était faite à bord de presque tous ces bâtiments.

La 1*^ partie de cette flottille était en partance, mais on est obligé d'attendre le départ des bâtiments de transport qui se trouvent à Ostende : sans cela elle n'aurait pas de place. Il existait Ai bâtiments de transport, dont la moitié peut contenir de 16 à 20 chevaux chacun; l'autre moitié est seulement propre aux transports. L'installation des écuries sera Faite sous très peu de jours. L'amiral Yerhuell attendait encore de ces bâtiments sous peu de temps, ainsi que 170 bouches à feu, tant canons que caronades de t et de i8; il lui manquera près de 7 à 800 matelots pour l'armement de la 2* partie de la flottille ; il a proposé à son gouvernement de prendre des marins qui, étant dans les troupes bataves non destinées à l'expédition, s'offriraient pour ce service. Il m'a dit vous aToir écrit à ce sujet; s'il reçoit cette autorisation, il aura presque ce nombre dans les troupes bataves, qui se trouvent dans l'île de Walcheren.

Avec respect et dévouement sans bornes.

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