‹ 1793-1805Chapitre 94 sur 112 · L. Davout · texte numérisé non relu

L. Davout

Pourtant, la tendance de Bonaparte à concentrer de plus en plus la flottille sur un espace restreint s'affirmait chaque jour davantage.

A Davout (2).

19 février.

J'ai un assez grand plaisir de ce que vous me dites de la flottille batave. Je pense donc que la 1'' partie pourra bientôt venir vous joindre. 11 sera bien essentiel alors que vous organisiez les garnisons comme elles doivent l'être. Ainsi d'après ce que vous me dites, la 2* partie de la flottille batave pourra bientôt nous arriver aussi. L'amiral Yerhuell qui doit venir à Ostende avec la i^ partie de la flottille, ne doit y rester qu'un moment; il doit prendre la

(1) Archives nationales, carton AFi^, 1509, guerre, armées contre TAngleterre, expéditions de l'an vi, de Tan vm, de Tan xii. (t) Co)Tespondance de Napoléon.

seconde partie. Vous lui ferez connaître que sa flottille sera réunie dans un seul port et formera une aile de Farmée. Pendant qu'il sera à Ostende, il doit commander dans la rade et dans le port selon son rang d'ancienneté ; s'il est plus ancien que le général Magon, il commandera. Quand sa flottille sera réunie dans le port, il y commandera en chef. C'est à tous et à tos officiers à bien traiter les officiers bataves

L'ordre ayant été renouvelé (1) d'amener à Ostende la première partie de la flottille, l'amiral rendit compte que, prêt à partir depuis le 8 février, il avait eu d'autres causes de retard. Un vent du nord très violent avait causé des avaries et obligé la division à filer ses câbles et à se réfugier en rade de Rannekens. Il dura presque sans interruption du 21 février au 4 mars (2). Dès qu'il cessa, Verhuell exécuta sa première sortie avec 16 bateaux et 4 chaloupes.

L Davout» général de la. garde du Gouvernement, commandant en chef le camp de Bruges, au Premier Consul (3).

Aq quartier général à Ostende, le 15 rentâse an nu de la République (6 mars 1S04).

Mon général,

Depuis les derniers coups de Tent de nord-est, malgré la Tiolence desquels Tamirai Verhuell avait tenu avec la plus grande partie de la flottille bataTe sous ses ordres, sur les rades de Flessingue et de Rannekens, les emiemis avaient renforcé leur avisière de 2 vaisseaux et quelques frégates. Ils ont été ces jours derniers presque toujours en vue de Flessingue, et hier soir encore on leur

(1) Correspondance de Napoléon /•», 7545.

Au contre-amiral Verhuell,

Paris, 25 pluviôse an xii (15 février 1804).

Monsieur le contre-amiral Verhuell,

Vous partirez an premier temps favorable avec la première pirtie de votre flottille, et vous vous rendrez à Ostende. Là, tous mettrez la flottille sous les ordres d'un capitaine de vaisseau qui ait votre confiance, et vous retournerez à Flessingue pour organiser la seconde partie. Faites-moi connaître quand elle sera prête.

Les garnisons de la première partie de la flottille seront mises en règle à Ostende, et elle se chargera des vivres qu'on doit y mettre pour la traversée. On fera faire aussi l'arrimage, de la manière conforme à Tinstruction. En cas que le Ministre de la marine ne vous l'ait pas envoyée, j'en joins un exemplaire.

Je désirerais bien que la seconde partie pût ne pas tarder à partir.

BONAPARTB.

(î) Lettres de Verhuell, APiv, ItOl. (Archives nationales.)

(3) Archives nationales, carton AF", 1599, guerre, armées contre l'Angleterre, expéditions de Tan vi, de l'an vin, de l'an xii.

JLA CONCENTRATION DE LA FLOTTIH.E. 523

comptait 14 voiles de guerre; leurs cutters éclaireurs Tiennent mouiller sur la rade à petite portée de canon. C'est ce moment même que r amiral Verhuell choisit pour appareiller à Tentrée de la nuit, traTersant la ligne des croiseurs qui se portaient au sud pour couper sa route sur Ostende. Cette manœuvre audacieuse a complètement réussi : ce matin k la pointe du jour Tamiral Verbuell a rallié et fait entrer ses chaloupes et ses bateaux canonniers dans le port d'Ostende, à la vue de la croisière anglaise forcée de mouiller hors de la portée de nos nombreuses batteries : 2 bricks ont vainement poursuivi un bateau canonier qui était tombé sous le vent.

Ces mouvements sur la côte, mon Général, et souvent à quelque distance, à la vue et quelquefois sous le feu de Tennemi, excitent au plus haut degré l'ardeur de nos soldats : déjà presque tous les matelots et les marins bataves se louent beaucoup de leur hardiesse, de leur intelligence et de leur adresse ; le 21* de ligne, commandé par le colonel Dufour, a particulièrement mérité dans cette circonstance les plus honorables témoignages d^estime de la part de Tamiral Verhuell.

Si cet amiral avait eu un plus grand nombre de pilotes, il aurait pu amener toute la 1'^ partie de la flottille, et pour que son arrivée ne dépende pas des vents, je Tai déterminé à faire venir les ^8 bateaux canonniers qui restent dans la rade de Flessingue, de cette 1" partie, par Anvers, Gand, Bruges et Ostende. Je fais partir le général Dumas pour aller préparer les relais de chevaux nécessaires pour amener ces bâtiments, dans le cas où le vent ne permettrait pas de faire usage de la voile dans le canal. Les bateaux canonniers partiront de nuit de Flessingue, et Sidney Smith, qui commande la croisière, en ne les voyant plus le matin dans la rade, courra bien des bordées sur Ostende et vite sur les côtes d'Angleterre pour savoir ce qu'ils sont devenus ; et très certainement lorsque le gouvernement anglais apprendra par ses agents de la Belgique, que le port d'Ostende d*où on a fait partir depuis quelque temps les bâtiments armés en guerre et de transport qui s'y trouvaient pour Boulogne, se remplit de nouveau par les canaux de bateaux canonniers et de bâtiments de transport (les 108 que doit fournir la Hollande et dont 80 sont déjà à Flessingue, viendront par le même moyen), il pourra croire que cela cache de grands projets, et faire des mouvements de troupes en conséquence ; Tamiral Verhuell passant encore de nouveau en travers de ces croisières avec les chaloupes canonnières qui resteront, leur prouvera que ce n'est point par timidité que les autres bâtiments ont pris le chemin des canaux.

L*amiral Verhuell a obtenu du gouvernement batave 2,000 marins qui seront pris parmi les troupes de terre hollandaises ; sous 15 jours ces hommes, dont il espère tirer un très grand parti, seront à sa disposition à Flessingue.

Il y a maintenant dans ce port de quoi former la 2" partie de la flottille en bateaux canonniers et chaloupes canonnières, et il a la presque certitude qu'il aura sur la fin de mars de quoi composer la 3° partie.

L'amiral Verhuell retourne demain à Flessingue pour y chercher et conduire lui-même à Ostende le restant des chaloupes canonnières de la 1'^ partie de la flottille.

J'ai l'honneur d'être, mon Général, avec respect et dévouement sans bornés,

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