SUPPLÉMENT DE CONSTITUTION DESPOTIQUE. Ï
excepté Carnot et Duchesne au Tribunal , n'ose s'opposer. Assurément, c'est un ambitieux habile et rusé, qui sait bien exploiter des troupeaux d'esclaves !
Pendant 3 mois, des registres sont ouverts partout pour recevoir les vœux du Peuple : le Tribu nat et le Corps législatif donnent l'exemple ; tous les fonctionnaires publics le suivent et le donnent à leur tour dans les Départements. — Puis le Sénat, dépouillant les registres, déclare qu'ils renferment 3,568,885 oui et 8,374 non, et proclame, le 14 tbermjdor an 10 (2 août 1802), Bonaparte Consul à vie par la volonté </w Peuple.
Répondant au Corps législatif, Bonaparte a déjà dit :
« Après le 18 brumaire, j'ai été appelé ( il s'est appelé) à la magistrature suprême dans des circonstances telles que le Peuple n'a pu peser, dans le calme de la réflexion, le mérite de son choix ( il n'a rien choisi). Ce choix a pu ne paraître que le produit indélibéré ( oui ) de ses alarmes... Aujourd'hui, l'expérience l'a éclairé (non , pas d«: discussion) sur la valeur de son ehoix... Qu'il manifeste sa volonté dans toute sa franchise et son indépendance : elle sera obéie. »
Mais, nousTavonsdit pour la première acceptation (p. 437) il n'y a ni franchise ni indépendance ; ce n'est qu'une opération dérisoire, délovaleet radicalement nulle.
Lafayetle a repoussé, comme Carnot, le Consulat à vie (T. 111, p. 1 50); il refuse aussi d'être sénateur ; et le Despotisme deviendra si lourd et si odieux que cette facile opposition de ces deux hommes suffira pour leur rendre de la popularité.