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CONSPIRATION DE GEORGES, PICHEGRU, MOREAU

payer quelquefois jusqu'à 15,000 francs pour une nuit,tram\ dit-on, et vendu par un ancien ami, qui reçoit 300,000 francs delà police, est arrêté dans son lit, à trois heures du matin, le 8 ventôse , rue Chabannais , sans pouvoir faire usage de ses pistolets et de son poignard placés à côté de lui.

Puis, la peine de mort est prononcée contre ceux qui recélerontGeorges ; son signalement est publié partout. Enfin, le 18 ventôse, vers sept heures du soir, vendu par quelqu'un, Georges est trouvé, par la police, vis-à-vis le Panthéon, au moment où il monte avec Léridan dans un cabriolet qui les emmène rapidement en descendant la rue Saint-Jacques ; et ce n'est qu'avec peine que quatre agents peuvent atteindre la voiture rue des Fossés-Monsieur-le-Prince, où deux d'entre eux arrêtent le cheval. A l'instant, Georges les tue tous deux de deux coups de pistolet, saute et s'enfuit, ainsi que Leridan : mais on crie, on l'arrête, sans qu'il puisse se servir de son poignard. Presque tous ses agents sont arrêtés.

Voilà donc Moreau, Pichegru, Georges, entre les mains de Bonaparte ! Pichegru ne veut rien répondre ; mais Georges avoue qu'il est venu pour tuer le Premier Consul, d'accord avec les Bourbons et le Cabinet Anglais, sans vouloir compromettre aucune autre personne. Le Général Lajolais a parlé, et a compromis Moreau. Quant à Moreau, il a d'abord tout nié en mentant évidemment, car il avouera qu'il a vu Pichegru ; puis il écrit à Bonaparte une lettre dans laquelle, sans rien avouer, et même en niant toujours, il demande grâce en quelque sorte, au lieu d'invoquer une éclatante discussion et seulement delà justice. Quelle faiblesse déshonorante dans un pareil homme! Quelle supériorité dans Bonaparte! Quel bonheur pour celui-ci ! car si Moreau, qui n'a pas approuvé l'attentat et qui ne mérite d'autre reproche que de n'avoir rien révélé, voulait avouer noblement la vérité, proclamer son opposition et attaquer le Despotisme qui en est la cause, qui peut dire pour qui se prononceraient le Peuple, l'Armée, et même les grands Corps de l'Etat? Aussi Bonaparte s'écrie-t-il à ce sujet : m J'ai une étoile! * Nous

verrons plus tard le procès, interrompu par une grande exécution, celle d'un Bourbon.

$ 40. — Exécution du duo d'Enghien.

Certain que les Bourbons veulent le faire assassiner, Bonaparte n'hésite pas à frapper Fun d'eux : mais lequel ? Louis XVM et le duc d'Angoulême sont à Varsovie; le comte d'Artois, le duc de Berry , le duc d'Orléans, le duc de Bourbon, le prince deCondé, sont à Londres; le duc d'Enghien, fils de Condé, est seul près des frontières, à 4 lieues de Strasbourg, à Ettenheim dans le grand-duché de Bade. C'est lui qui sera immolé.

« Ah, Ton m'attaque au corps, dit Bonaparte ! Eh bien, je rendrai guerre pour guerre ! ... La tête du coupable m'en fera justice ! »

Mais pourquoi donc alors blàme-t-il la Révolution d'avoir rendu guerre pour guerre aux Bourbons, à l'Émigration, à l'Aristocratie?

« J'ose penser, lui dit Cainbacérès, que la rigueur n'irait pas jusqu'à ce point... — Que dites-vous? répond vivement Bonaparte. Sachez que je ne veux point ménager ceux qui m'envoient des assassins!... Mais vous ( régicide ) , vous êtes devenu bien avare du sang des Bourbons ! »

L'apostrophe est juste : mais, puisqu'il invoque aujourd'hui l'exemple de la Convention, pourquoi donc appelle-t-il les votants des assassins, des parricides ? Pourquoi ne parie-t-il qu'avec horreur du 21 janvier ? Ce qu'il appelle crime dans les autres est-il donc vertu en lui ? Et la Convention vengeait et défendait la France, tandis qu'il venge et défend sa personne avant tout! La Convention a jugé solennellement pendant 3 mois, et il va faire tuer clandestinement, en une heure ! Mais ce sera un assassinat qui fera crier l'Europe... Mais il faudra violer un territoire étranger et le droit des gens ; on s'exposera à irriter tous les Sous crains, à leur fournir un prétexte de guerre et de coalition

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