‹ 17941830Chapitre 33 sur 118 · NOUVELLE COMPOSITION DES COMITÉS · texte numérisé non relu

NOUVELLE COMPOSITION DES COMITÉS

sur aucun des 26 chefs, aucune preuve écrite ; et sur chacun de ces 26 chefs, lus successivement, les Montagnards lui crient : Les pièces, les pièces! Et quand il répond qu'il n'en a pas, ils lui crient : « Tu es un calomniateur!... A un autre chef d'accusation! ... Les pièces!...

• Mais , dit Lecointrc à la Convention, n'avez-vous pas toujours considéré Billaud, Collot et Barrère, comme étant d'accord avec Robespierre? Par cela seul ne sont-ils pas les complices de sa tyrannie sur vous et sur la France? Ne sont-ils pas aussi coupables que lui envers vous et la Nation ? »

Oui, c'est évident : si Robespierre était un Tyran, le Comité a été son complice ; mais la Convention a été complice du Comité, et tout le parti populaire ou révolutionnaire, c'est-à-dire l'immense majorité de la France, a été complice de la Convention, du Comité et de Robespierre! Ou plutôt, la France, la Convention, le Comité, sont innocents!

Aussi, après une longue et violente discussion, la Convention déclare l'accusation fausse et calomnieuse, et par conséquent les Comiîés innocents. — Mais les Comités ne peuvent être innocents que parce que Robespierre n'était pas un Tyran! Robespierre est donc une victime de Billaud et consorts, du Comité, des Thermidoriens et de la Convention ! Tous ses ennemis sont donc des assassins aux yeux du Peuple et de l'Histoire! Et la paix est impossible entre les Jacobins amis de Robespierre et les Thermidoriens qui l'ont assassiné. Aussi chaque jour peut ramener la guerre.

§ 16. — Nouvelle composition des Comités.

Billaud et Collot donnent leur démission de membres du Comité, c'est-à-dire livrent leurs postes à l'ennemi, après avoir tué leur général; Barrère sort du Comité par la voie du sort ; Tallien se démet aussi ; et tous quatre sont remplacés par Delmas, Merlin de Douay, Cochon et Fourcroy. Le Comité de Salut public contient 9 membres nouveaux et seulement trois anciens, Carnot, Prieur et Robert.

Vudier, Vouland, Elie-Lacoste , Moïse-Bayle, sortent du

Comité de Sûreté générale, quitté déjà par David, Jagot et Lavicomterie. — Ces sept membres sont remplacés par Bourdon de l'Oise, Colombelle, Méaulle, Çlauzel, Mathieu, Mon-Mayau , Lesage-Senault.

Ainsi, tous ces jaloux, ces envieux, ces ambitieux qui ont tué Robespierre pour dominer seuls dans les Comités , les voilà chassés de ces Comités ! Les voilà déjà punis !

$ 17. — Explosion de la poudrière de Grenelle,

Tout Paris est soudainement épouvanté d'un effroyable bruit : c'est l'explosion de la poudrière de Grenelle, qui prive la République d'une immense quantité de poudre fabriquée ou préparée. Quelle en est la cause, quels en sont les auteurs? Le Peuple crie à la conspiration et accuse les Aristocrates ; ceux-ci et les Thermidoriens accusent les Jacobins ; et cette explosion augmente l'irritation des partis.— Un autre événement l'augmente bien plus encore.

§ 18. — Fausse tentative d'assassinat sur Tallien.

Le 24 fructidor (10 septembre), les amis de Talfien racontent que, la veille au soir, quand il rentrait chez lui, un inconnu, enveloppé d'une grande redingote, a tiré sur lui, à bout portant, un coup de pistolet qui Fa blessé à l'épaule. Mais personne n'ayant été témoin, il faut l'en croire sur parole. — Legendre et Merlin de Thionville s'élancent à la tribune, affirment que Tallien a été assassiné, fonttous leurs «(Torts pour exciter l'intérêt en sa faveur, et soutiennent que ce sont les Jacobins qui l'on fait assassiner et qu'eux seuls peuvent l'avoir fait parce que, quoiqu'il n'ait pas abandonné la cause de la Révolution, ils l'accusent d'avoir passé à l'ennemi, aux Aristocrates ou aux Modérés.

Il n'est ni prouvé ni probable qu'un Jacobin ait voulu l'assassiner parce que, quelque odieux que doive être Tallien aux patriotes, il n'est point un personnage assez puissant pour que sa mort soit utile.

Page 1