TMOMPHK ET INTRIGUES DES KO Y A LIST ES
san pauvre, sur le Peuple, que tombe cette banqueroute. Quellejustification encore pour Robespierre et sonsystème î
§ 5. — Réaction bourgeoise.
11 est facilede deviner combien les cris, les attaques ;et surtout les calomnies des Thermidoriens , des Girondins, des Royalistes, de tous leurs fontionnaires, de tous lesagioteurs, de la Bourgeoisie, de l'Aristocratie, et surtoutde leursJournaux contre les Jacobins et les ré volutionnaires, depuis le 9 thermidor, doivent avoir amasser de haine et d'irritation contre eux, et combien les émeutes et les insurrection s populaires ont enflamme les passions peureuses et vindicatives.
« La masse des citoyens , dit M. Thiers, qui sont opposes aux Jacobins , non par royalisme , mais par crainte d'une nouvelle Terreur, sont plus déchaînvs que jamais, et les poursuivent avec la dernière rigueur. On enfehmeou désarme tous les hommes qui ont servi chaudement la Révolution. On exerce à leur égard des actes aussi arbitraires qu'envers les anciens Suspects. Les prisons se remplissent, comme avant le 9 thermidor, mais de révolutionnaires : on en compte 20 a 25,000. *
Ainsi, c'est la Terreur des Bourgeois contre le Peuple qui combat la Coalition, au lieudelaTerreurdu Peuple contre l'Aristocratie et la Bourgeoisie qui favorisaient cette Coalition! C'est la Terreur contre ceux qui ont sauvé la Patrie, au lieu de la Terreur contre ceux qui la perdaient!
( 6. — Triomphe et intrigues des Royalistes.
Il n'est pas difficile de deviner aussi combien le désarmementet l'emprisonnement des patriotes, le supplice des Montagnards, le procès d'une fouled'autres, la réorganisation de la Garde nationale et la restitution des églises au Clergé, doivent donner de joie et d'espérance aux Royalistes ! Us ne feraient guère mieux s'ils étaient au pouvoir, tant les Thermidoriens conduisent bien les affaires dans l'intérêt de la contre-révolution !
« Aussi se flattent-ils (dit M. Thiers) que bientôt ils obligeront la
Révolution à se détruire elle-même , cl qu'on verra la République enfermer ou mettre à mort tous les hommes qui Vont fondée. Pour accélérer ce mouvement , ils intriguent dans les Sections , ils les excitent contre les révolutionnaires et les portent aux derniers excès. Une foule d'ÉMiGRÉs rentrent, ou avec de faux passeports , ou sous prétexte de demander leur radiation. Les Administrations locales , renouvelées depuis le 9 thermidor et remplies d'hommes faibles ou ennemis de la République , se prêtent à tous les mensonges officieux qu'on exige d'elles ; elles fournissent ainsi à une foule d'ennemis de leur pays le moyen d'y rentrer pour le déchirer. *
Eh bien, Robespierre et les Jacobins avaient-ils tort? Les Royalistes ne justifient-ils pas la Terreur, et ne prouvent-ils pas la nécessité de la loi des Suspects? Les Thermidoriens ont-ils faitlebien du pays ?Nous allons en voir bien d'autres.
fi 7. — Massacre des patriotes par les Royalistes.
« A Lyon et dans tout le Midi (continue M. Thiers), les agents Royalistes continuent à reparaître secrètement. Les compagnies de Jésus et du Soleil commettent de nouveaux massacres. Dix mille fusils destinés à l'armée des Alpes (qui s'en trouve privée) sont inutilement distribués à la Garde nationale de Lyon , qui , sans vouloir s'en servir, laisse égorger, le 15 prairial (13 juin) une foule de patriotes. La Saône et le Rhône roulent des cadavres. A Ntmes , à Avignon , à Tarascon,h Aix, à Marseille, les mêmes massacres ont lieu. Dans cette dernière ville , on se porte au fort Saint-Jean , et l'on y renouvelle les horreurs de Septembre contre les prisonniers patriotes. »
Et cependant les Prussiens ne sont pas en Champagne! Et Sieyès, Carnot, ne réclament pas contre les massacres! Etles Girondins, les hommes humains et généreux, ne crierontpas contre ces barbaries! Tous les Gouvernements qui succéderont ettous les partis (bourgeois et aristocrates) qui domineront, beaucoup d'historiens même, qui tous parleront du 2 Septembre pour flétrir le Peuple, ne parleront pas plus des Septembres Bourgeois et Royalistes que s'il n'y en avait jamais eu! Mais l'Histoire et la Postérité diront que l'Aristocratie et la Bourgeoisie se montrent plus cruelles et moins excusables que le Peuple ! On assassine dans les rues ! longtemps' même des femmes ! sous les yeux de Députés Girondins!
di:sok<;a\isation de l'armée. 239
Les Thermidoriens se contentent de reprendre les fusils à la Garde nationale de Lyon, qui ne s'en est servie que pour protéger le massacre, et de destitueras Autorités qui Vont toléré. Aussi voyez l'insolence des Royalistes!
$8. — Insolence des Royalistes envers la Convention. — Anarchie
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Undécret venant d'ordonner l'élargissement des patriotes arrêtés parerreur, les Sections, excitées par des Royalistes, se soulèvent, etenvoient à la Convention des pétitions menaçantes. Les Sections Lepelletier ou des Filles-Saint-Thomas et del'Odéon, demandent si Ton veut relever les révolutionnaires, et si c'est pour faire oublier la Terreur qu'on parledu Royalisme. — LesjournauxRoyalistes répandent mille bruits pour effrayer et irriter la masse des peureux, et vont jusqu'à dire que les Comités veulent rétablir contre les Royalistes le régime de la Terreur : c'est vraiment le règne de V anarchie .
« Les Thermidoriens et les contre-révolutionnaires se trompent (dit M. Thiers) quand ils appellent anarchie le régime antérieur au 9 thermidor : c'était une dictature épouvantable ; mais Vanarchie a commencé depuis que deux factions se combattent, sans que le Gouvernement soit assez fort pour les vaincre toutes deux. »»
Ainsi, c'est Vanarchie que les Thermidoriens ont amenée en renversant Robespierre ! c'est l'anarchie qu'amènent les Girondins, eux qui criaient sans cesse aux anarchistes, et qui promettaient sans cesse l'ordre et le règne des lois !
Morenu commande l'armée du Nord, Jourdan celle de Sambre-et-Meuse, Pichegru celle du Rhin.
« Mais les troupes (dit M. Thiers) sont dans une pénurie qui n'a fait que s'augmenter par le relâchement de tous les ressorts du Gouvernement et par la ruine des assignats. Jourdan n'a pas un équipage de pont pour passer le Rhin , ni un cheval pour traîner son artillerie et ses bagages. KUbrr, qui fait le siège de Mayence , n'a pas le quart da matériel nécessaire. Les soldats désertent tous à l'intérieur. Le Gouvernement ne sait ni Içs nourrir y ni occuper ou réchauffer leur ar-
cosvextiov — 1795.
* deur par de grandes opérations.... Il n'ose pa^ ramener par la force ceux qui désertent leurs drapeaux : on sait que tous les jeunes gens (riches) de la première réquisition , rentrés dans l'intérieur, ne sont ni recherchés ni ptmis ; à Paris même, ils sont dans la faveur des Comités dont ils forment la milice volontaire. Aussi , par suite des désertions , l'année a-t-elle perdu le quart de son effectif. — D'un autre coté, le Député ^u6ry (Royaliste caché), membre du Comité de Salut public , et chargé du personnel de l'armée , y opère une véritable réaction contre tous les officiers patriotes en faveur de ceux qui n'ont servi ni en 93 ni en 94 (Bonaparte est du nombre des Généraux et officiers expulsés comme complices de Robespierre). Si les Autrichiens n'étaient pas si démoralisés , ce serait pour eux le moment de se venger de leurs revers. »
Hé bien ! les Thermidoriens se montrent habiles et justes envers Farinée ! Que serait devenue la France si Robespierre et les Jacobins av aient fait comme eux! Et la Jeunesse dorée, si hostile et si cruelle envers le Peuple, n'a plus de courage quand il s'agit de défendre ses richesses contre l'étranger !
Luxembourg ne se rend que par famine le 24 juin ; mais Mayence tient toujours, faute de matériel pour l'attaquer.
Le même désordre paralyse également les armées des Alpes, d'Italie et des Pyrénées: elles ne font plus rien, par la faute du Gouvernement .— Mais nous allons voir les ennemis profiter des circonstances.
Ç 10. — Projet d'invasion du Prince de Condé.
Nous savons que Pitt et les royalistes veulent renouveler une attaque par la Bretagne et la Vendée, c'est-à-dire par rOuwJ.Nous savons aussi que le Prince de Condé est à Y Est, sur les bdrds du Rhin, entre Strasbourg et Baie, à la tête d'un corps d'émigrés (2,500 fantassins et 1 ,500 cavaliers.)
Les Royalistes, Pitt et la Coalition, décident que tous les Émigrés qui sont ailleurs se joindront à ce corps de 4,000 ; qu'on y réunira quelques régiments français; que l'Angleterre fournira les fonds nécessaires; et que le Prince de Condé , entrant en Franche-Comté, marchera sur Paris jparYEst,h la tête d'une armée d'Émigrés, tandis que le Comte d'Artois