‹ 17941830Chapitre 6 sur 118 · TENTATIVES D ASSASSINAT SUR ROBESPIERRE · texte numérisé non relu

TENTATIVES D ASSASSINAT SUR ROBESPIERRE

chissent de la misère du Peuple, etsur la déclaration d'autres savants (du célèbre Fourcroy, dit-on), qui, consultés parle tribunal, répondent que le condamné ne peut avoir un secret important pour le Genre humain. — Néanmoins, comme on accusera la Révolution de n'avoir tué Lavoisier que par vandalisme, nous rapporterons l'opinion de Brissot et de Marat sur lui en avril 1791, lorsqu'il aspirait à devenir un des nouveaux Administrateurs de la Trésorerie.

Brissot reprochait vivement à Condorcet d'avoir souffert que son nom fût accolé à ceux de Lavoisier et d'Hubert le banqueroutier. Toute la Presse scrutait la vie de ces hommes , les critiquait , les attaquait, les repoussait.

« Je vous dénonce, disait Marat, le coryphée des charlatans, le sieur Lavoisier, fils d'un grippe-sou , apprenti chimiste, élève de l'agioteur Necker, Fermier-général, régisseur des poudres et salpêtres , administrateur de la caisse d'escompte, secrétaire du Roi, menibre de l'Académie des sciences , intime de Vauvilliers , l'administrateur infidèle des subsistances et le plus grand intrigant du siècle. Croi riez-vous que ce petit monsieur, qui jouit de 150,000 livres de rente , et qui n'a d'autre titre à la reconnaissance publique que d'avoir transporté les poudres de l'Arsenal dans la Bastille, la nuit du 12 au U juillet, pour massacrer le Peuple , cabale comme un démon pour être élu Administrateur de Paris. Pour capter les suffrages, il donne des repas splendides , où assistent nombre de Députés. »

La fameuse Dubarry est également immolée en réparation des pillages et des immoralités de la cour de Louis XV.

§ 16. — Tentatives d'assassinat sur Robespierre.

Ladmiral, ancien domestique de plusieurs grands Seigneurs, et maintenant garçon de bureau à la Loterie nationale, âgé de 50 ans, prend la résolution d'assassiner Robespierre ou ColloUd'Herbois, qu'il regarde comme les membres les plus influents du Gouvernement. Le 22 mai, il se rend au Comité de Salut public ou plutôt dans la galerie qui conduit à la salle du Comité, et y passe toute la journée, attendant Robespierre pour le frapper : mais Robespierre ne se présente pas. Il entre alors dans la maison habitée par Collot-d'Herbois, dans laquelle ila pris lui-même un logement, et l'attend

sur l'escalier jusqu'à minuit. Quand Collot-d'Herbois rentre chez lui , l'assassin lui tire à bout portant un premier coup de pistolet qui ne part pas, puis un second qui rate encore, puis un troisième qui ne frappe que la muraille. Aussitôt accourt une patrouille qui, par hasard, passait devant la porte ; Ladmiral s'enfuit dans sa chambre, s'y barricade , et déclare qu'il va faire feu. 11 blesse en effet presque mortellement d'un coup de fusil le serrurier Geoffroy, qui ouvre la porte et ose entrer le premier : mais on l'arrête, et il déclare intrépidement qu'il a voulu tuer Robespierre ou Collotd'Herbois, que personne ne l'a conseillé, qu'il a cru rendre service à son pays, que son action n'est point un crime, et que son unique regret est de n'avoir pas réussi.

On conçoit l'agitation et l'irritation populaires ! Le lendemain, Barrer e raconte l'événement à la Convention, et attribue à Pitt ce nouvel assassinat.

« Les factions intérieures , dit-il, ne cessent de correspondre avec ce Gouvernement, marchand de coalitions, acheteur d'assassinats, qui poursuit la liberté comme sa plus grande ennemie. Tandis que nous mettons à Tordre du jour la justice et la vertu, les Tyrans coalisés mettent à Tordre du jour le crime et l'assassinat.... Partout vous trouverez le fatal génie de l'Anglais , dans nos marchés , dans nos achats, sur les mers, sur les continents, chez les Roitelets de l'Europe comme dans nos cités. C'est la même tête qui dirige les mains qui assassinent Basseville (agent français) à Rome , les marins français dans le port de Gènes , les Français fidèles en Corse ; c'est la même tête qui dirige le fer contre Lepelletier et Marat, la guillotine contre Chaslier ( à Lyon), et les armes à feu contre Collot-d'Herbois. »

11 lit ensuite plusieurs lettres, écrites de Londres et de Hollande, et interceptées.

« Nous craignons beaucoup , dit une de ces lettres , Vinfluence de Robespierre : plus le Gouvernement républicain sera concentré , plus il aura de force et plus il sera difficile de le renverser. •

Ce rapport excite le plus vif intérêt en faveur des Comités et surtout de Robespierre; et la Convention le couvre d'applaudissements. — Couthon demande qu'il soit imprimé dans toutes les langues, affiché partout sur les places et dans les camps ; et cette proposition est adoptée par acclamations.

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