TENTATIVE* |T ASSASSINAT SUR ROBESPIERRE
• Mais, ajoute Couthon, la loi dont le règne épouvante nos ennemis a le glaive levé sur eux ; elle les frappera tous : le Genre humain a besoin de cet exemple , et le Ciel qu'ils outragent Ta ordonné. •
Puis , Barrère propose de décréter qu'on ne fera plus dt prisonniers anglais... Et ce décret est adopté au milieu d'unanimes applaudissements.
Robespierre monte ensuite à la tribune , et fait le tableau des conjurations organisées et payées par Pitt. Puis il exalte la sagesse et la vertu du Peuple , qui verse son sang pour féconder la liberté. Puis il invoque l'union , le concert et < l'énergie , contre les intrigants, les fripons, les contre-révolutionnaires hypocrites, les successeurs des Brissot, des Hébert et des Danton.
« En disant ces choses , j'aiguise peut-être contre moi des poignards, et c'est pour cela môme que je les dis. Vous persévérerez dans vos principes et dans votre marche triomphante ; vous étoufferez les crimes et vous sauverez la Patrie. »
« Achevez , citoyens , achevez vos sublimes destinées ! Vous nous avez placés à Vavant-garde pour soutenir le premier effort des ennemis de l'humanité ; nous méritons cet honneur, et nous vous tracerons de notre sang la route de l'immortalité. Puissiez -vous déployer constamment cette énergie inaltérable dont vous avez besoin pour étouffer tous les monstres de l'Univers, conjurés contre vous , et jouir ensuite en paix des bénédictions du Peuple et du fruit de vos vertus ! •
Et des applaudissements prolongés accompagnent enco: e Robespierre quand il descend de la tribune.
Le même jour 23 mai, une jeune fille, Cécile Renault , est arrêtée voulant entrer chez Robespierre avec un paquet dans lequel on trouve deux couteaux. Pressée de questions , elle refuse de répondre, déclare seulement qu'elle est royaliste, soutient qu'elle voulait voir comment était fait un tyran , et demande courageusement l'échafaud.
Le lendemain, à Choisy-sur-Scine, un moine (Saintanax) est arrêté disant :
« Il est malheureux que ces scélérats du Comité aient échappr ; mais j'espère que tôt ou tard ils seront atteints. -
Alors se répand partout le bruit qu'une bande d'assassins
est organiseé contre Robespierre et le Comité ; on accourt pour les garder et les défendre ; les Sections assemblées envoient des députations et des adresses ; elles disent que c'est la Providence qui vient de sauver Robespierre et Collotd'Herbois, et que c'est pour sauver la République qu'elle a sauvé ces deux hommes ; Tune d'elles offre une garde de 25 citoyens.
Le surlendemain , Robe'spierre et Collot-d'Herbois paraissent aux Jacobins : la foule est immense ;les Sections ne peuvent pas même entrer ; le Président les enibrasse fraternellement au nom de la Société ; les applaudissements et l'enthousiasme vont jusqu'au délire. Legendre dit que la main du crime s'est levée pour frapper la vertu , mais que le Dieu de la Nature a empêché que le forfait ne fût consommé. 11 demande une garde pour le Comité, et offre de s'enrôler le premier ; mais Cou thon, au nom du Comité, repousse toute espèce de garde, et soutient que les Despotes seuls en ont besoin . —Robespierre monte ensuite à la tribune , où les applaudissements l'empêchent longtemps d'ouvrir la bouche.
• Que les défenseurs de la Liberté, dit-il enfin, soient en butte aux poignards de la Tyrannie, il fallait s'y attendre. Je Pavais dit : Si nous battons lesennemis, si nous déjouons les Factions, nous serons assassinés... J'ai senti qu'il était plus facile de nous faire assassiner que de vaincre nos principes et de subjuguer nos armées... Je me suis dit que plus la vie des défenseurs du Peuple est incertaine et précaire , plus ils doivent se hâter de remplir leurs derniers jours d'actions utiles à la liberté. Moi, qui ne crois pas à la nécessité de vivre, niais seulement à la vertu et à la Providence , je me sens plus indépendant que jamais de la méchanceté des hommes ; les crimes des Tyrans et le fer des assassins m'ont rendu plus libre et plus redoutable pour tous les ennemis du Peuple ; mon âme est plus disposée que jamais à dévoiler les traîtres et à leur arracher le masque dont ils osent se couvrir. Français amis de Y Égalité , reposez-vous sur nous du soin d'employer le peu de vie que la Providence nous accorde à combattre les ennemis qui nous environnent ! •
Et d'inexprimables acclamations répondent longtemps à ce discours.
Mais ces tentatives d'assassinat et toutes ces ma ni festa t ion s