DILAPIDATIONS , IMMORALITÉ
Voilà le système des Tallien, des Barras, etc. ! Ce sont eux qui donnent l'exemple du pillage et du mépris pour le soldat et pour le Peuple ! Quel renversement de toute justice !
« Ils seront frappés du haut de leurs chars somptueux , dit un autre rapporteur (2 fructidor), ces hommes dont la fortune colossale atteste les moyens infâmes qu'ils ont employés pour l'acquérir. -
Et néanmoins , pour couvrir le déficit qui résulte de ce pillage, on écrase le Peuple d'impôts, on rétablit la taxe sur le sel, et l'octroi de Paris; on impose les portes et fen'tres; on veut imposer les cheminées; et Ton établit la conscription ou Timpôt du sang qui pèse sur le pauvre.
« L'opinion publique, dit V Histoire parlementaire, était révoltée à la vue du spectacle que présentaient alors ceux qui pouvaient s'appeler la haute classe , c'est-à-dire les riches de cette époque : la plupart étaient des hommes qui avaient fait leur fortune en spéculant sur les biens nationaux , sur les assignats , sur les fournitures , par mille mauvais moyens que la Société réprouve en tout temps et que pratiquent seulement ceux qui n'ont ni probité ni honneur. Ces hommes apportèrent dans l'usage de leurs richesses le caractère même qui les leur avait fait acquérir. Ils furent sans moralité et sans pudeur, tellement sales, tellement grossiers , que le nom de la période où ils ont brillé a été sans pareil dans l'histoire moderne. Vorgie fut à l'ordre du jour parmi ces gens ; ils prirent de l'ancien régime tout ce qu'il avait eu de ridicule ou de corrompu , et ils y ajoutèrent ; ils remirent à la mode , outre le parler des anciens marquis , les bals , les mascarades , les jours gras , et jusqu'à la promenade de Longchamps. Les femmes , qui imitent toujours et qui exagèrent tout , les femmes furent sans pudeur comme eux ; elles se costumèrent comme les filles de Sparte ; elles allaient dans les salons à peine couvertes d'une seule robe de gaze ; mais elles n'osaient se montrer ainsi parées en plein jour et dans les lieux publics ; quelques-unes cependant le tentèrent . mais elles en furent chassées. -
Et c'est pour amener ces mœurs abominables que les Barras et les Tallien ont tué Robespierre , qui comme le Peuple voulait la morale et la décence !
. C'était des salons du Directoire que sortaient ces modes nouvelles qui faisaient rougir la France, et ce parler ridicule qui souillait notre belle langue. »
ninECTomi;. — 1798.