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NOUVELLE ARDEUR DÉMOCRATIQUE. 39Ô

pour ne la démocratiser que constitutionnellement; et le Centre , qui contient quelques Royalistes et une masse flottante qui désire une autre Constitution avec plus de centralisation. — Les Démocrates sont faibles aux Anciens : mais ce sont eux, au nombre de 250, qui vont diriger le Conseil des Cinq-Cents, en attendant que Sieyès ait levé le masque.

§ 43. — NouveUe ardeur démocratique.

Le Directoire excitait tant de mépris et de haine que tous les partis applaudissent au coup d'Étatdu 30 prairial, quoique le plus coupable des Directeurs soit conservé. — Les Royalistes, encouragés par ces divisions, par ces convulsions et par l'Étranger, essaient de reprendre l'influence comme après le 9 thermidor : mais c'est en vain qu'ils s'agitent en Vendée, en Bretagne, et qu'Hs s'insurgent dans la Haute - Garonne; ils ne peuvent que voler, piller, assassiner isolément un grand nombre de patriotes. — Le mouvement démocratique est plus décidé , sans doute à cause du danger de la Patrie. De tous côtés arrivent des adresses de félicitation pour la nouvelle Législature et des dénonciations contre l'ancien Directoire et contre Barras. Les 250 Députés démocrates des Cinq-Cents organisent aussitôt la Société des Amis de X Égalité et de la Liberté ou le Club du Manège, qui s'ouvre le 18 messidor, et qui rappelle le Club Breton et le Club des Jacobins; et tandis que ce Club , dans lequel accourent les Démocrates non Députés, s'efforce de ranimer l'enthousiasme démocratique, les Conseils s'occupent de brider le Despotisme ministériel et de garantir la liberté.

Le 9 messidor, le Directoire adresse le message suivant :

« Les brigands qui infestent l'intérieur ont reparu avec audace ; l'assassinat commis à Rastadt a été pour eux le signal de recommencer leurs brigandages et leurs meurtres ; organisés en bandes nombreuses , ils ravagent à force ouverte les départements du Midi et de POuest. Par eux les acquéreurs de biens nationaux sont égorgés , les voitures publiques et les contributions pillées, les voyageurs arrêtés, les hommes connus par leur attachement pour la Républi-

que assassinés au sein de leur famille , dans l'intérieur de leurs maisons ; et tous ces crimes se commettent au nom de l'autel et du trône. Dans plusieurs points, la guerre civile est près de se rallumer ; nos frontières sont menacées ; il faut lever des hommes , armer des bataillons , leur assurer la subsistance et les objets d'équipement. Le Directoire doit vous le dire , il doit le dire à la Nation : le corps politique est menacé d'uue dissolution totale , si on ne se hâte de retremper l'esprit public. Le premier de tous les moyens , c'est rènergie du Peuple français, c'est son dévouement à la cause de la liberté. A votre voix , la France reprendra sa première attitude , et la Coalition nouvelle sera vaincue. •

« 11 faut, dit aussitôt le Général Jourdan, que les Républicains se réunissent partout, que la jeunesse s'arme et vole aux combats , que les citoyens dont les propriétés sont menacées paient de leur bourse. La Commission (nommée à l'instant) propose : \* de mettre en activité toute la conscription ( près d'un million d'hommes) ; V de lever sur les riches un emprunt forcé et progressif de 100 millions. •

Puis la Représentation nationale adresse une proclamation aux Français pour leur demander de sauver la Patrie.

Voilà donc que, dans le péril amené par les fautes et les crimes des Thermidoriens et du Directoire, on demande encore au Peuple de verser son sang pour ceux qu'il a déjà dix fois sauvés, qui l'ont toujours payé par l'ingratitude, la calomnie, l'outrage, la proscription et l'esclavage. Pauvre Peuple! Il va courir encore aux frontières pour être encore calomnié et tyrannisé! — Cependant, on commence par prendre des mesures révolutionnaires : considérant les assassinats de l'intérieur comme un système adopté par les Royalistes, on décrète (22 messidor) la loi des otages, qui rend les parents d'Émigrés, les ci-devant nobles et les parents des chouans, des chauffeurs, etc. , personnellement et civilement responsables des assassinats, et qui les soumet à être enfermés comme otages et privés de leurs biens. C'est une nouvelle loi des suspects.— Puis, le 24, la Commission des Cinq- Cents propose de mettre en accusation les ex-Directeurs Rewbell, Merlin, Treilhard, La Réveillère, et les ex-Ministres Schérer et François de Neufchàteau, comme auteurs ou complices d'une conspiration, comme ayant déporté en Arabie Bonaparte et l'élite de l'armée, comme ayant violé la

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