‹ 17941830Chapitre 9 sur 118 · COMMENCEMENT DE D1V1S10XS UA.VS LE COMITÉ · texte numérisé non relu

COMMENCEMENT DE D1V1S10XS UA.VS LE COMITÉ

Barrère comme un cire faille et pusillanime, ayant le talent de parler et d'écrire pour tous les partis ; Collot-d'Herbois comme un déclamateur; et Billaud-Yarcnnos comme un esprit médiocre, sombre et envieux. Ils les méprisent secrètement, dit-on, et paraissent les dédaigner tous trois. Et Ton devine sans doute qu'un pareil assemblage est un grand malheur ; car comment des hommes qui, mettant tous les jours leurs têlesen commun, ont besoin d'une union parfaite, pourront-ilsétre toujours unis s'ils n'ont pas les uns pour les autres une estime, un dévouement, une fraternité à toute épreuve?

Cest au plus capable, au plus philosophe, au plus dévoué à la cause du Peuple et de l'Humanité, c'est à Robespierre en un mot à faire tous les sacrifices personnels nécessaires à l'union ; et s'il était vrai que ses dédains excitassent la haine de Billaud, quelque blâmable que fût cette haine à nos yeux, nous blâmerions plus encore les dédains de Robespierre, parce que plus ses qualités lui donnent de puissance pour diriger les autres, plus cette puissance lui impose le devoir d'éviter tout ce qui peut nuire au pays en fournissant un aliment aux mauvaises passions de ses collègues.

Barrère, Billaud etCollot, qui se croient méprisés et dédaignés par Robespierre et ses deux amis, ne leur pardonnent pas ces dédains, et commencent à ne plus dissimuler la halïie qui les enflamme, et même à comploter la perte de leurs collègues devenus pour eux des ennemis, sans se laisser désarmer par l'idée qu'ils ne sont pas de taille à les remplacer et qu'ils perdront peut-être la Patrie en les renversant.

Ainsi, après tant de luttes terribles, après tant de périls et tant de victoires, quand le vaisseau de la Régénération échappe à tant de tempêtes et touche au por t, c'est peut-être l'amour-propre blessé par d'imprudents dédains, c'est peutêtre la jalousie et l'envie qu'excite une popularité méritée par la vertu qui va perdre la Révolution ! Pauvre Humanité !

Quoi qu'il en soit, Billaud, Collot et Barrère, complotant la ruine de Robespierre, de Coutjion et de Saint-Just, travaillent d'abord h flatter. à séduire, à gagner Carnot, Pruur t. iv. 3

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et Robert, afin d'être 6 contre 3. — Ils travaillent également à s'attacher le Comité de Sûreté générale.

Ce Comité de Sûreté générale, borné à la police, subordonné au Comité de Salut public, surveillé par lui et souvent contrôlé dans se&opérations, commence à se trouver humilié de sa dépendance... Quoi, dira-t-on, ce serait encore de la vanité, de l'orgueil, de la rébellion, de l'anarchie, qui ferait entrer ce Comité dans le complot?... — Oui, c'est'de l'orgueil, delà vanité, de petites et mauvaises passions personnelles, et non quelque différence d'opinion politique ; car ce sont les membres les plus cruels, dit M. Thiers, du Comité de Sûreté générale {Amar, Vadicr, Vouland, Jagot, Louis du Bas-Rhin ) qui sont les plus indisposés contre Robespierre, etc., de même que Billaud et Collot, même Barrère quelquefois, sont presque des uUrà-rèvolutionnaires.—\\y a plus, c'est parce que Robespierre, Saint-Just et Couthon, veulent moderer la violence et les excès du Comité de Sûreté générale que celui-ci s'irrite con(re eux.

« On se plaint beaucoup, dit M. Thiers, des arrestations (ordonnées par le Comité de Sûreté générale ) qui deviennent toujours plus nombreuses et qui sont souvent injustes, car elles portent sur une foule d'individus connus pour être d'excellents patriotes ; on se plaint des rapines ci des vexations des nombreux agents (de police) auxquels le Comité de Sûreté générale a délégué son inquisition. »

Alors ce Comité est bien coupable ! presque aussi coupable que s'il était agent de l'étranger pour perdre la Révolution ! Robespierre, Saint-Just et Couthon ^ont voulu comme c'était leur devoir,, remédier à ce mal immense : mais, n'osant ni faire abolir ce Comité, ni faire changer ses membres, ils ont imaginé d'établir, dans le sein du Comité de Salut public, un Bureau de police chargé d'inspecter le Comité de Sûreté générale, comme ils en avaient certainement le droit puisque ce Comité est placé sous leur autorité. Ce Bureau a d'abord été dirigé par Saint-Just, puis en son absence par Robespierre. C'est alors que Saint-Just, ou Robespierre, a fait élargir «comme il en avait le droit) beaucoup de patriotes arrêtés par

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