XVI INTRODUCTION
a besoin d'être traduit) de tous ceux « dont l'attachement à la république paraîtrait suspect ; » par l'autre, il leur demande « de fournir les renseignements qu'ils auraient par devers eux et qui pourraient servir de preuve à cette vérité, que le complot des conjurés royaux allait éclater au moment même où ils ont été frappés, le 1 8 fructidor. » Un dossier des Archives nationales, AFiii 44^ i58-i6o, a pour rubrique : Dossier de fructidor : Pièces justificatives de cette l'évolution. On y trouve, en effet, les rapports de la plupart des ministres. J'étais bien tenté de les publier : leur insignifiance m'a arrêté. Si le Directoire y eût rencontré les preuves qu'il cherchait, eût-il négligé de leur donner une éclatante publicité, comme il avait fait pour les pièces concernant Pichegru et la Villeurnoy ?
De tous ces rapports officiels, deux seulement pourraient mériter quelque attention : celui de Talleyrand et celui de Sotin. Cependant, Talleyrand, ministre des affaires étrangères, se borna à présenter un dossier de pièces, d'où il résultait qu'un certain nombre d'émigrés et de prêtres se disposaient à rentrer ; ce qui, chez la plupart, trahissait moins une conspiration générale que la lassitude de l'exil et le désir ardent de retrouver leurs foyers. Était-il dupe de ses documents, lorsque, dans ce dédaigneux rapport qui n'a pas dix lignes, il écrivait : « Cette marche générale et simultanée des émigrés prouve évidemment qu'ils venaient moins coopérer à la contre-révolution qu'en recueillir les fruits et se placer sans efforts dans un ordre de choses où se seraient à la fois satisfaits l'orgueil et les vengeances de ces implacables ennemis du gouvernement répubhcain. » Le rapport de Sotin est plus détaillé ; mais il a passé en partie dans celui que Bailleul rédigea quelques mois après pour le Conseil des Cinq- Cents, et qui n'est qu'une apologie violente et haineuse du i8 fructidor.
Deux lettres, l'une de Dupont de Nemours, l'autre de Rouget de Lisle, closent cette série : j'ai reproduit la seconde à cause du nom du signataire ; quant à la première, elle montre