‹ 18 fructidor: documents pour la plupart inéditsChapitre 11 sur 180 · INTRODUCTION. XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XVII

à quels sul)ter[uges sans dignité un représentant du peuple devait recourir pour se dérober à la vengeance et aux rancunes des vainqueurs.

Le Directoire n'avait pas attendu l'événement du coup d'Etat pour préparer la déportation outre-mer dont il comptait Irapper ses ennemis. Dès le mois de juillet (1797), sans mettre en avant le véritable motif, il avait fait armer à Rochefort deux bâtiments, la Vaillante pour le Sénégal, et la Bayomiaise pour la Guyane. Le 16 août, la décision définitive semble prise : c'est la Vaillante, d'un « échantillon moins fort, » qu'on choisit pour aller à Gayenne ; elle sera commandée par le lieutenant Jurien de la Gravière, qui en revient. Le 23 août, le commandant des armes à Rochefort est officiellement avisé de ces dispositions, sans que rien transpire encore sur le but réel de l'expédition. G'est seulement le 6 septembre, deux jours après le coup d'Etat, que le ministre de la marine annonce au commandant des armes que les individus condamnés à la déportation par la loi du 19 fructidor vont être conduits à Rochefort, pour être envoyés à Gayenne par la Vaillante ; il recommande le secret le plus profond, même à l'égard du capitaine.

Tandis que s'exécutaient à Rochefort ces préparatifs encore entourés de mystère, à Paris, le 8 septembre, à quatre heures du matin, le gouvernement faisait partir pour Rochefort, sous la conduite du général Dutertre et de cent cavaliers d'escorte, les hommes politiques qu'il avait pu arrêter et qu'il expédiait à Gayenne. Ils étaient seize, en comptant le domestique de l'un d'eux, qui n'avait pas voulu quitter son maître i. G'étaient Barbé-Marbois et Lafifon de Ladébat, ex-

Page 1