‹ 18 fructidor: documents pour la plupart inéditsChapitre 106 sur 180 · BRUXELLES · texte numérisé non relu

BRUXELLES

ScELUER, prêtre

25 prairial an vi — i3 juin 1798.

La commission militaire condamne, et l'on fusille comme émigré rentré un ex-croisier ^ originaire de Tournai, nommé Scellier.

Chotin, Histoire de Tournai^ p. 3^8 ; Journal manuscrit (VIsbeccjue, au i3 juin 1798, conservé à la bibliothèque communale de Tournai; Journal manuscrit du chanoine Nys, à la date du 20 juin 1798, conservé à la bibliothèque de la ville de Bruxelles.

Un prêtre (émigré français)

1" thermidor an vi — 19 juillet 1798.

Hier, l'après-midi, un prêtre, émigré français, con-

I. Chanoines réguliers de Tordre de Saint- Augustin, ajipelés Croisiers à cause de la croix qu'ils portent sur leur vêtement.

damné à mort par la commission militaire séante en cette ville, a été fusillé.

Moniteur du 6 thermidor an vi ; lettre de Bruxelles, datée du 2.

Un Emigré

2 nivôse an vu — 22 décembre 1798.

Le i^^' nivôse an vu, le tribunal criminel de Bruxelles renvoie à la commission militaire un détenu, inculpé de correspondance avec les émigrés, détenu que le général Leclerc aurait envoyé au tribunal.

Registre du Tribunal criminel, an vi (greffe du triJjunal de i"= instance de Bruxelles). — D''après le même registre, il s'agirait d'un sieur Van der Wallen (François-Joseph).

Le lendemain, 2 nivôse, un émigré est fusillé à Bruxelles, sur l'ordre de la commission militaire.

Journal du chanoine Nys, à sa date. — S'agit-il de Van der Wallen nommé ci-dessus, ou d'nn autre 1 ?

I. M. Paul Verhaegen, juge au tribunal de première instance de Bruxelles, auteur de diverses études d'une solide érudition sur la période révolutionnaire en Belgique (Les Séquestrations monacales en Belgique, en ij!)6 ; Essai sur la liberté de la presse en Belgique durant la domination française, 1792-1814, etc.), mil procuré les renseignements ci-dessus. — « Ces laits, m'écrit-il, ne sont mentionnés dans aucun des journaux du temps que j'ai pu vérilier, notamment dans le Rédacteur, le Compilateur ; ni dans la Chronique des événements arrivés d Bruxelles de lySo à i8i4, journal d'un contemporain édité par Galesloot (2 a'oL), ni dans la Chronique de l'époque par Goetviel, conservée à la bibliothèque royale, ni dans l'Histoire de Bruxelles, par Henné etWauters. » M. P. Verhaegen m'a l'ait profiter encore de ses notes sur diverses commissions militaires de France ; il me permettra de le remercier ici de ses bienveillants procédés.

CAEN Le Lodé

i8 brumaire an vu — 8 novembre i;98.

La commission militaire, établie à Caen, vient de condamner à mort le nommé le Lodé, du département de la Manche, convaincu d'émigration. Il a subi son jugement le i8 de ce mois (brumaire).

Le Rcpiiblicain du Nord, numéro du i"^' frimaire an vu; Paris, 27 brumaire >.

ANNEXES

Leclerc, dit LA Feuillade, ET Grimoult d'Esson 2

i3 prairial an vi — i" juin 1798.

Condamnation à mort, le i3 prairial, à Caen, d'un nommé Leclerc, dit la Feuillade, ex-lieutenant de chouans 3.

(Moniteur du 22 prairial an vi — 10 juin 1798.)

1. Les Archives nationales ne possèdent aucun document sur ce personnage. Il en est sans doute de même aux archives du Calvados, s'il m'est permis de le conclure du silence qu'a gardé ]NL l'archiviste sur la demande de renseignements que j'ai eu l'honneur de lui adresser.

2. Ces deux prévenus comparurent, non pas, comme émigrés, devant une commission militaire, mais devant le conseil de guerre, comme chouans. Je les cite ici pour mémoire, sans les faire entrer dans le cadre des commissions militaires.

3. « Jean Leclerc^, dit la Feuillade, ancien g<irde de chasse des Combray, très adroit et très influent, chargé de la correspondance avec le dehors. » (Rapport sur la situation du Calvados, 19 juillet. lirch. de la guerre. Cité par M. Léoii de la Sicotière, op. eit., t. II, p. 7;.)

COMMISSIONS MILITAIRES. 3oi

i6 vendémiaire an VI. — Arrêté du Directoire, pour mettre d'Esson en arrestation et apposer les scellés sur ses papiers.

2y vendémiaire an VI. — Procès-verbal d'arrestation d'Esson, à Esson, et de Leclerc, à Harcoart (Calvados).

3o vendémiaire. — Da général de hrig-ade Delariie, commandant de la subdivision à Caen, an ministre de la police générale. — « Citoyen ministre, nous avons cru indispensable, le commissaire du département et moi, de vous faire parvenir, en même temps que le nommé d'Esson, le nommé Leclerc dit la Feuillade, non moins dangereux que le premier.

«Il est bien intéressant, citoyen ministre, que ces deux individus ne reviennent pas dans leurs foyers ; leur retour serait d'autant plus dangereux qu'ils ont la confiance des habitants de leur canton qu'ils ont trompés par leurs suggestions perfides et fait fanatiser par les prêtres ; nous attendons avec impatience les mesures que vous nous avez annoncées pour purger le pays des scélérats qui l'infestent.

Salut et respect.

Delarue. »

[Interrogés, d'après la cote, les 7 frimaire, 5 nivôse et 12 nivôse an vi.]

Jz/ ventôse an VI. — Du ministre de la justice au ministre de la police générale.

« Le citoyen Chemery, capitaine rapporteur près le conseil de guerre de la 14^ division militaire, vient de m'adresser, mon cher collègue, l'extrait de deux procédures qu'il a instruites contre les nommés Desson et Jean Leclerc dit la Feuillade, actuellement détenus au Temple à Paris. Il en résulte que ces deux individus sont prévenus, entr'autres délits, de celui d'embauchage, et comme ce délit est de la compétence du conseil de guerre, conformément à la loi du 21 brumaire an V, je crois qu'il convient de les faire conduire à Caen, sous bonne et sûre garde, à l'eftét d'y être jugés. Je vous

invite en conséquence à prendre des mesures efficaces pour assurer le transfèrenient et à m'en donner avis.

« Salut et fraternité.

« Lambrechts. »

5 floréal an VI. — Partis pour le conseil de guerre du Calvados.

5 floréal an VI. — Renvoyés à Gaen devant le conseil de guerre.

10 floréal an VI. — Certificat du gardien de la maison d'arrêt de Caen, attestant qu'il a reçu ce jour les nommés Desson et Leclerc comme prévenus d'embauchage et de chouannage.

1 1 floréal. — Du général de brigade Delarue ; a reçu les pièces de la procédure, consistant en une liasse de lettres trouvées chez Grimoult d'Esson et sept autres pièces contenant des interrogatoires, audition des témoins, etc.

[Leclerc fut condamné à mort le i3 prairial et exécuté ; il n'est pas question de d'Esson.]

COLMAR BoGHELK, prêtre

6 thermidor an vi — 24 juillet 1798.

[Jean Bochelé, né à lUfurth, près d'Altkirch, était vicaire à Seppois-le-Bas. Il refusa le serment et se déporta en Suisse ; mais il repassait souvent la frontière pour se livrer à l'apostolat. Il s'éloigna de nouveau après fructidor : ce fut pour peu de temps; à la fin de l'année 1797 et pendant la première moitié de l'année 1798, il revint évangéliser Seppois et les paroisses voisines. En juillet, il put lire les affiches par les-

COMMISSIONS MILITAIRES. 3o3

quelles on promettait une prime de cent Irancs à quiconque le dénoncerait, lui, ou tel autre prêtre fidèle. Une nuit, il fut surpris, et quelques coups de sabre l'avertirent du sort qui l'attendait.

Dirigé sur Colmar, emprisonné et gardé à vue, un arrêté du département le déféra à la commission militaire. Il comparut le 24 juillet dans la matinée; à une heure et demie, il connut sa condamnation. Il l'accepta, dit-on, avec joie. Il voulut se rendre à pied au lieu du supplice; une cohue ignoble l'accablait d'outrages. Il subit la mort le 24 juillet, à cinq heures du soir. Il avait trente-huit ans i.]

Page 1