LIEGE
Ghindelair
8 vendémiaire an vi — 29 septembre 1797.
7 vendémiaire an vi — 28 septembre 179-.
Nicolas Bassenge i, commissaire du Directoire exécutif près r administration du département de VOurthe, au commissaire du Dii^ectoire près le canton de Liège.
Voilà, cher collègue, un cas certainement désagréa-
I. Jean-Nicolas Bassenge, né à Liège le 27 novembre 1758, membre du conseil municipal après la révolution liégeoise du 18 août 178J), exilé le
blc qui se présente : im iioiuinc Léonard Chindelair, honinic obscur, cordonnier de profession, a été arrêté hier sur Avroy.
Cet individu est porté sur la liste de nos prévenus d'émigration; il n'a jamais obtenu de radiation; il n'en a même pas demandé ; il est rentré tout bonnement chez lui, où il demeure depuis plus d'un an sans qu'on l'ait inquiété.
Cet être n'a pas cru devoir quitter [sortir] depuis la nouvelle loi; il ne l'a peut-être pas connue. Aujourd'hui on le dénonce, on l'arrête ; il est sur la liste ; la commission militaire est nommée ; elle jugera dans les vingt-quatre heures.
Quelles que soient les raisons d'exemption qui peuvent militer pour cet homme, il n'est pas rayé définitivement, et les articles i5 et i6 de la loi du 19 fructidor sont si précis, si positifs ! Pourquoi n'avons-nous pas, au lieu d'un être de cette espèce, un des chefs de file ?
Heureusement, ce Chindelair est un très mauvais sujet.... qui ne peut guère inspirer d'intérêt.
Op, cit., p. 127.
12 janvier i;;;9i, rentré en septembre 1791 après la bataille de Jemmapes, chef des patriotes qui votèrent, le 20 janvier 1793, la réunion du paj^s de Liège à la France, emprisonné à Paris, mis en liberté, revient à Liège après Fleurus (26 juin 1794); membre de l'administration centrale provisoire, procureur de la Commune, président de l'administration centrale ; enfin, à la suite de l'incorporation du pays de Liège (9 vendémiaire an vi — I" octobre 1795), commissaire du Directoire exécutif près l'administration du département de l'Ourthe. Plus tard, élu au Conseil des Cinq Cents (i" prairial an vi); éliminé du corps législatif le 0 germinal an x; bibliothécaire de la ville de Liège (i" nivôse an xiii); mort en fonctions le 16 juillet 1811. — J'emprunte ces renseignements, ainsi que les lettres de Bassenge, à une conférence de M. Ferdinand Gonne, qui a pour titre : Un type de révolutionnaire liégeois, Jean-Nicolas Bassenge. Cette étude, qui complète avantageusement des travaux antérieurs, a été faite sur pièces empruntées aux Archives provinciales. Elle fait partie des Conférences de la Société d'art et d'histoire du diocèse de Liège, 1^ série (Liège, Demirteau, éditeur, 1889).
Jarbeau
2j brumaire an vi — 17 novembre 1797.
27 brumaire an vi — 17 novembre 1797.
Le même, au ministre de la police générale.
Par ma lettre du 28 vendémiaire dernier (i4 octobre 1797), je VOUS rendais compte d'un jugement porté par la commission militaire qui condamnait à la déportation le nommé Jarbeau, perruquier.
Cet individu, porté sur la liste des émigrés de ce département, avait été arrêté l'année dernière, traduit au tribunal criminel, et là, acquitté et mis en liberté. Il avait cru que son acquittement valait radiation définitive, et ne s'était pas conformé à la loi du 19 fructidor, qui enjoint aux non rayés définitivement de sortir du territoire.
La commission militaire le condamna à la déportation, et son jugement fut exécuté.
Ce misérable a bientôt reparu, bravant ce jugement. Avant-hier, il s'est fait de nouveau arrêter et il vient d'être condamné à mort par la commission militaire.
Ces jugements contradictoires paraissent étranges, un surtout, celui du tribunal criminel qui l'avait acquitté. Il a subi son sort, citoyen ministre. Heureusement, c'est un scélérat connu pour ses crimes; au moment même où on vient de l'arrêter, il couvrait de coups son père, et se vantait d'être revenu pour le tuer....
Op. cit., p. 128-129.
jo * PÉLAGIE NORON
2° * Marguerite Jouy
4 nivôse an vi — 24 décembre 1797.
[Prévenues d'émigration ; la commission militaire de Liège, sur leurs réclamations, les déclara déchargées de l'accusation d'émigration et ordonna leur mise en liberté.
Le département des Forêts réclama contre le jugement pour excès de pouvoirs. Par arrêté du 6 fructidor an vi, le Directoire prononça que le jugement resterait sans exécution.]
Prons, prêtre
19 nivôse an vi — 8 janvier 1798.
27 nivôse an vi — 16 janvier 1798.
Le même au même.
Citoyen ministre, Le nommé Prons, ci-devant curé dans le département de TAube, émigré porté sur la liste de ce même département, et rentré dans celui des Forêts, y a été dernièrement arrêté. L'état-major de la 26^ division militaire, dans laquelle se trouve le département des Forêts, résidant à Liège, cet individu y a été amené et traduit à une commission militaire nommée en exécution de la loi du
19 fructidor dernier par le général. Le curé a été condamné par elle à la peine capitale, et il a subi son sort le 19 nivôse présent mois.
Un curé conduit au supplice était encore un spectacle bien nouveau pour un peuple chez lequel les prêtres étaient au-dessus de tout, n'étaient soumis à aucune loi, les bravaient en dominateurs superbes et ne pouvaient, eussent-ils même assassiné leur père, être atteints sans les plus longues, les plus absurdes formes par leur autorité (sic).
Le peuple sent vivement cette différence et se dit : Voilà enfin l'égalité ! Vive la République !
Op. cit., p. 126-127.