‹ 18 fructidor: documents pour la plupart inéditsChapitre 115 sur 180 · LYON · texte numérisé non relu

LYON

BouTELiER, pj'être

23 prairial an vi — 11 juin 1798.

[Boutelier (Antoine) i, né le i3 juin i'j36, à Louhans, en Bresse, se rendit à dix-huit ans à Vienne (Dauphiné), pour entrer dans la congrégation des chanoines réguliers de Saint- Augustin.

Cette congrégation ajant été supprimée et réunie à l'ordre de Malte, il revint à Louhans, où il obtint une prébende de

I. L'abbé Guillon (Martyrs de la foi., t. II, p. 290) prétend qu'il faut écrire Boutilier,

familier i. Il refusa le serment, moins i)ar initiative personnelle que par respect pour ses supérieurs. 11 se déporta à Chambéry; mais il y resta peu, rentra en France et se cacha à Lyon, et, lorsque la persécution fut ralentie, les vicaires généraux de Lyon lui accordèrent des pouvoirs.

En 1798, il fut arrêté à Lyon, rue Vaubecour, par un commissaire de police; les soldats qui le conduisaient lui offrirent de s'évader; il s'y refusa. Après un séjour de plusieurs mois en prison, il comparut devant une commission militaire et fut condamné à mort.

Il subit sa peine le 11 juin 1798 2.]

LiGONDÈs, émigré

7 mes?idor an vi — 25 juin 1798.

[Amable-Frédéric de Ligondais ou Ligondès, chevalier de Malte, arrêté à Lyon, quinze jours après fructidor.]

19* division militaire Place de Lyon

Le sept messidor an vi de la République française, une et indivisible, à cinq heures un quart après midi, sur la communication qui m'a été faite du jugement de la commission militaire créée en vertu de la loi du 19 fructidor an cinq et présidée par le citoyen Langlois, chef de

1. On appelait ainsi en Franche-Comté des pi'êtres qui unissaient le ministère pastoral à Tacquittement de fondations obituaires ; ils formaient des collèges qu'on s.pj)e\d.it familiarités.

2. Cf. Notices par Mgr de Ghaffoy, qui ajoute : « Il fut condamné à être fusillé avec un jeune officier émigré qu'il eut le bonheur de ranaener à Dieu. » Mgr de Ghaffoy ne nomme pas cet officier.

L'abbé Guillon qui, en sa qualité de Lyonnais, a pu se procurer des renseignements plus précis, déclare que Boutilier fut condamné « en même

328 COMMISSIONS MILITxVIRES.

bataillon de la 26*^ demi-brigade d'infanterie de ligne, qui condamne à la peine de mort le nommé Amable-Frédéric Ligondès, ex-chevalier de Malthe (sic), émigré et rentré, natif de Montliiçon, département de l'Allier, et qui ordonne l'exécution du condamné dans les 24 heures, ^ j'ai donné de suite les ordres pour que la gendarmerie, l'infanterie et la cavalerie fussent rendues à six heures du soir, partie de la place de Roanne, et partie de la place dite des Terreaux. La troupe étant réunie, le condamné a été conduit par la gendarmerie, escorté d'un piquet de grenadiers, précédé et suivi de pelotons de cavalerie et d'infanterie, à la plaine des Brotteaux, lieu de l'exécution des jugements militaires, où il est arrivé à près de huit heures du soir.

Arrivé sur le terrain, les gendarmes ont bandé les yeux du condamné, un roulement s'est fait, pendant lequel, au signal de l'adjudant de place Laurent, douze grenadiers ont tirés (sic) sur le coupable et ont rempli le but du jugement.

Après vérification faite de la mort de l'exécuté, est arrivé un tombereau envoyé sur ma demande par l'administration municipale du canton de la Guillotière, sur lequel a été placé le cadavre dudit Amable-Frédéric

temps qiiiin jeune militaire, gentilhomme d'Auvergne, nommé Amable de Ligondezr de Rochefort, qui était effectivement revenu de Fémigration. La sentence fut prononcée le 23 prairial an vi (11 juin 1798). Boutilier, associé au sort du jeune officier, le réconcilia avec Dieu, le consola, l'exhorta à la mort avec la tendresse d'un père et la charité d'un ministre de Jésus-Christ. » Nous allons voir que Ligondès ne fut condamné et fusillé que le 23 juin.

I. D'après une notice inédite sur le général Pille, rédigée par feu M. le chanoine l'Eleu de la Simone, son parent, qui me l'a gracieusement communiquée, l'accusé aurait eu un défenseur: la commission aurait délibéré sur trois questions : i" l'identité de l'émigré; 2° l'orthographe de son nom; 3° le fait d'émigration. Sur la dernière question, 5 voix sur ;; se seraient prononcées pour l'affirmative.

Ligondès et conduit au champ du repos dudit canton, escorté par deux gendarmes, pour être enterré. Lyon, les jour et an que dessus.

Le commandant de la place en état de siège,

Signé : Gallon, adjudant général ^

Pour copie conforme :

Le chef de Vétat-major de la ig^ division militaire,

Signé : Bouchet.

Pour copie conforme :

Le secrétaire général,

Raustrier.

A. N. Fj 58:3.

Deux prêtres et deux émigrés

Juillet 1798.

« Deux prêtres et deux émigrés ont été jugés et condamnés par la commission militaire de Lyon ; ils ont été fusillés de suite. Douze autres individus dans le même cas vont paraître au même tribunal. »

Journal de Paris, 5 thermidor an vi — 23 juillet 1798.

I. M. Forneron (Histoire générale des émigrés, t. II, p. 326) dit : « Le jeune de Ligondais, âgé de vingt-six ans, est arrêté à Lyon quinze jours après fructidor; la formalité est simple. Le général Pille, président de la commission militaire, fait donner lecture de la loi et constater Tidentité, puis il livre Taccusé au peloton d'exécution, » Le général Pille n'était pas, on Ta vu, président de la commission: il avait eu seulement à la convoquer; quant au jugement, il est postérieur de neuf mois à Tarrestation. V. A. N. F'j 5434, d. 24700, une demande de la sœur du condamné, Clotilde de Ligondès, pour que, en vertu de Tarrèté des consuls du 28 vendémiaire an X, le nom de son frère soit éliminé de la liste des émigrés.

33o COMMISSIONS MILITAIRES.

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