NANTES
* Maraïhier, Jacques, prêtre
i8 brumaire an vi — 8 novembre 1797.
Jugement de la commission militaire de Nantes qui condamne à la déportation Marathier (Jules), dominicain, émigré, né à Fougère (Vendée). — Il fut, en effet, déporté à File de Ré, où il arriva le 3o novembre 1797.
Registre des déportés à Vile de Ré, n° 3i (Archives de la marine).
Matthieu de Gruciiy, prêtre
7 frimaire an vi — 27 novembre 1797.
[Matthieu de Gruchy, originaire de Jersey et protestant, fait prisonnier pendant la guerre d'Amérique, fut amené au château, puis à l'hôpital d'Angers; sous l'influence des sœurs de Saint- Vincent de Paul qui l'y soignaient, il se convertit au cathohcisme, apprit l'état de menuisier, puis entra au séminaire de Luçon, où il fut ordonné prêtre par Mgr de Mercy. En 1792, il passa à Jersey, puis en Angleterre; en 1795, il; vint en Vendée avec M. Brumauld de Beauregard. Après deux années d'apostolat, il voulut retourner à Jersey; mais, à Nantes, au moment où il obtenait un passeport, il fut reconnu pour prêtre (23 novembre 1797). On l'arrêta, on l'emprisonna au Bouffay; le 26, il subit un premier interro-
COMMISSIONS MILITAIRES. 3'jS
gatoire ; le 27, il comparut devant la commission militaire : elle siégeait à l'église Saint-Miicent, 11 y fut éloquemment défendu par M. Giiinche. Condamné à mort, il fut fusillé le lendemain, 28 novembre, sur la place Viarme i.]
NICE François Grépel
22 vendémiaire an vi — i3 octobre 1797.
(( .... Ci-devant noble, a subi la peine de mort à Nice le 22 vendémiaire, pour infraction à la loi du 19 fructidor. »
Le Rapporteur, du î3 brumaire an vi, p. m ; de Paris, le 7 brumaire 2.
1. Mémoires de Mgr Brumauld de Beauregard, t. II, p. r46-i33; Vie de Matthieu de Gruchj, par le chanoine du Tressaj^, 1868. Il y a quelques différences de détail entre ces deux récits. Ainsi, d'après M. Brumauld de Beauregard, Gruchy aurait été détenu cà Saumur et non à Angers ; c'est le curé de Saumur qui Taurait converti et non les sœurs. Il prétend aussi que Gruchy n'aurait pas été défendu. Cependant, d'après M. du Tressay qui s'autorise du témoignage d'un compagnon de sa captivité, Gruchy aurait dit : « Je crains que mon avocat, M. Guinche, n'ait trop dit pour ma défense ; qu'il n'ait mortifié mes juges et qu'il ne se soit exposé à quelque mauvais retour de leur part. » Cf. encore la Revue de Bretagne et de Vendée^ i863, p. 3i et 123; l'abbé Guillon {op. cit.^ t. III, p. 241) le fait mourir un mois après le 9 thei'midor !