XXII INTRODUCTION
registre cartonné : ce registre est tombé entre les mains de M. Honoré Bonhomme, qui a édité ces treize lettres, à la suite de la correspondance de M"<^ Théophile de Fernig, aide de camp de Dumouriez (Didot, iS^S). Nous renvoyons les lecteurs à cette publication, qu'il ne nous appartenait, à aucun titre, de recommencer.
« Des seize qu'on mène à Sinnamary, il en survit deux î » Ainsi parle M. Taine i. La distraction de l'illustre écrivain est étrange. 11 est vrai : Murinais, Tronson du Goudray, Bourdon (de l'Oise), la Villeurnoy, Rovère, l'abbé Brotier, moururent sur le sol d'exil ; Aubry et le Tellier, au cours de leur évasion, eurent le même sort ; mais est-il permis d'oublier les survivants : Pichegru, qui vint mourir au Temple, en 1804 ; Ramel, assassiné à Toulouse, le i5 août i8i5 ; Willot, mort en 1828; Laffon de Ladébat, en 1829; Barthélémy et de la Rue, en i83o; d'Ossonville, en i833; Barbé-Marbois, en 1887 ? En somme, sur les seize proscrits, huit survécurent à la déportation, plusieurs furent octogénaires, et le dernier mourut à quatre-vingt-douze ans, trente-sept ans après son retour de Gayenne.
LES COMMMISSIONS MILITAIRES
J'arrive à la partie la plus nouvelle et la plus étendue de nos documents : ils serviront à constituer, pour la période
I. La Révolution, t. III, p. 596. ]Mème exagération pour les déportés de la Décade et de la Bayonnaisc : « La Guyane achève l'œuvre de la traversée : des cent quatre-vingt-treize apportés par la Décade, il en reste trenteneuf au bout de vingt-deux mois ; des cent vingt apportés par la Bayonnaisc, il en reste un. » Même page. L'examen des listes conservées au ministère de la marine conduit à des résultats assez différents. Sur les cent quatre-vingt-treize de la Décade, il y eut cent huit morts ; sur les cent dix-neuf de la Bayonnaisc, soixante-six; il survécut donc à Ja déportation quatre-vingt-cinq de la Décade et cinquante-trois de la Bayonnaisc. {La Terreur sous le Directoire, p. 435.)