I. Aimé Guillon, les Martyrs de la foi, t. IV, p
l'arrivée d'Anselme l'avait forcé de partir. Il était à Bologne, quand la chute de Robespierre le détermina à revenir en France (fin août 1795). Il desservit la petite paroisse de Domne- Sène, près de Marseille. Étant revenu à Grasse pour y exercer le saint ministère, il fut dénoncé par les terroristes de Vallauris et de Grasse, arrêté près de Grasse vers la fin de novembre 1798, transféré à Toulon et exécuté le 14 février 1799 1.]
* Galamand (Joseph)
28 ventôse an vu — 18 mars 1799.
[Par les ordres de la municipalité, un commissaire de police était allé, à dix heures du soir, arrêter à bord de la frégate la Boudeuse, en rade, un nommé Callaman, pilote côtier de ce bâtiment, dénoncé à la municipalité de Toulon par celle de Saint-Ghamas, son pays natal. Le commissaire ordonnateur de la marine réclama le lendemain son élargissement et sa réintégration à bord, comme indispensable à la frégate qui allait mettre à la voile pour une mission spéciale. La municipalité invita le commandant des armes, l'ordonnateur de la marine, le commandant de la place et le général de brigade qui commandait le premier arrondissement du Var, à assister à sa délibération. Le commandant des armes réclama par écrit l'élargissement de Callaman, « vu l'impossibilité de se pourvoir, au moment, d'un autre pilote côtier. » Après le départ des oflîciers, la municipalité prit l'arrêté suivant :
« Le conseil, considérant que, quoique son intention pour le bien de la chose publique fût de laisser en détention le nommé Joseph Callaman, dénoncé par l'administration du port de [St-J Chamas comme émigré marquant et sanguinaire, elle voit son avis manifestement contrarié par les vigoureuses et pres-
I. Histoire de la Révolution française dans les Alpes-Maritimes par le chanoine E. Tisserand, p. 291-292, et Aimé Guillon, op. cit., t. IV, p. 610.
santés instances du commandant des armes, qui opine d'une manière bien prononcée pour l'élargissement de cet individu dangereux, et que sa demande à ce sujet est expressément et formellement appuyée sur l'utilité de cet homme et sur l'impossibilité de se procurer au moment un autre pilote côtier pour le remplacer sur la frégate la Boudeuse, qui, sans lui, ne pourrait remplir sa mission importante, a délibéré que dès l'instant que le vent deviendra favorable, il sera écrit au commandant de la place, pour donner des ordres pour faire prendre au fort Lamalgue le nommé Joseph Callaman, fils d'Antoine, et le conduire à bord de la frégate la Boudeuse i. »]
Galamand n'en fut pas moins traduit, le 28 ventôse an VII, devant la commission militaire. Mais celle-ci déclara dans son jugement qu'il avait été impossible à Galamand, par raison de santé, de se déporter et qu'il serait tenu de sortir du territoire français, conformément à l'article 1 5 de la loi du 19 fructidor.
1 3 prairial an VII — i^^ juin lygg. — L'administration du Var défère ce jugement, pour excès de pouvoirs, au ministre de la justice.
;; messidor an VII — 26 juin i ygg. — Le Directoire déclare le conflit et prononce que le jugement restera sans exécution, et que l'administration centrale prononcera, sauf l'approbation du Directoire exécutif, sur les exceptions proposées par le prévenu.