‹ 18 fructidor: documents pour la plupart inéditsChapitre 153 sur 180 · TOURS I · texte numérisé non relu

TOURS I

Cartau

10 pluviôse an vi — 29 janvier 1798.

({ Cartau, Jean-Baptiste, vingt-six ans, originaire de la paroisse de Saint- Saturnin, fut condamné à mort le 29 janvier pour être rentré en France après avoir émigré ; on le fusilla le lendemain sur la place de la Justice, aujourd'hui. place d'Aumont. »

M. Carré de Busserolle : Souvenirs de la Révolution dans le départemen d'Indre-et-Loire. Tours, 1864, p. 334-339.

Denais, prêtre.

8 ventôse an vi — 26 février 1798.

[Pierre Denais, né à Grenoux, le 21 août 1766, vicaire à la Trinité, de Laval; se retira en Angleterre avec ses deux frères, prêtres et insermentés comme lui. L'un, Mathurin, y mourut. Pierre et Jean revinrent à Laval en août 1797. Ils restèrent

I. M. le comte de la Ferté a fait compulser pour moi le Journal du département d' Indre-et-Loire, et consulter les archives municipales de Tours; je le prie d'en agréer mes remerciements. — Dom Piolin déclare que les jugements de la commission militaire de Tours sont, sauf pour les noms, d'une rédaction uniforme : la chose est fort probable ; mais, n'ayant trouvé dans les archives que le jugement du prêtre Hervieu, il ne nous a pas été possible d'en faire la comparaison avec les autres.

cachés ; pourtant, Pierre ayant été invité à aller voir une malade en danger de mort, il fut reconnu d'une maison voisine, tandis qu'il disait son bréviaire dans une allée du jardin. 11 fut arrêté aussitôt (14 février 1798), et, trois jours après, conduit à Tours. 11 refusa de se prêter à un projet d'évasion, et comparut le 26 février devant la commission militaire.

11 l'ut condamné à mort ce même jour et fusillé le lendemain, à dix heures du matin i.]

Glatier, prêtre.

3 germinal an vi — 23 mars 1798.

[Glatier, Jean-Joseph, né à Thor (Vaucluse), vicaire à Saint- Martin de Précigné (Sarthe). 11 n'est pas certain qu'il ait émigré, bien que l'attribution de sa cause à une commission militaire semble indiquer qu'il y ait été cité comme émigré rentré. 11 multipliait les cérémonies publiques, convoquait parfois des réunions de deux à trois mille personnes, risquait des processions, rassemblait des enfants de plusieurs paroisses pour les préparer à la première communion. Un soldat déserteur le trahit ; on arrêta Glatier dans une ferme, un dimanche, le 7 janvier 1798. 11 fut conduit à Sablé, puis à la Flèche, de là au Mans, où il resta deux mois en prison; enfin, il fut transféré à Tours. Il y comparut devant la commission militaire le 3 germinal an vi, et fut exécuté le lendemain. 11 avait certainement des liaisons avec les chouans : trois furent arrêtés en même temps que lui : nous en parlerons plus loin. Le Journal du département d' Indre-et-Loire (numéros du 5 et du 20 germinal an vi) l'accusa d'actes de barbarie invraisemblables ; nous regrettons de n'avoir pu retrouver le texte du jugement de la commission militaire, qui nous eût éclairés sans doute sur ces haineuses imputations ; mais, comment ne pas sup-

I. Cf. dom Piolin, VÉglise du Mans durant la Révolution^ t. III, p. 442-443. Son frère Jean mourut dans la maison où il avait reçu asile; faute de savoir où et comment l'enterrer, on déposa son cadavre dans la rue.

poser que si Glatier avait été sérieusement soupçonné de crimes, on ne l'eût pas traduit soit devant le conseil de guerre, soit devant le tribunal criminel, au lieu de le renvoj^^er comme émigré rentré devant la commission militaire ? Ce qui résulte surtout de ces articles de journal, c'est que Glatier étendait son action religieuse sur les deux départements de Maine-et- Loire et de la Sarthe; qu'il avait des pouvoirs de délégué épiscopal et qu'il avait sous sa direction quarante - deux paroisses que, suivant l'expression du temps, « il fanatisait. »]

Hervieu, prêtre

10 germinal an vi — 3o mars 1798.

[Pierre- Julien Hervieu, né à Domfront-en-Passais en 1^55, vicaire à Ollivet; insermenté, se déporta en Angleterre. En 1795, il repassa en France : le grand nombre des mariages qu'il bénit et des baptêmes qu'il fit témoigne de son activité. Il s'y joignait bien quelque témérité. Lui aussi, il fut trahi; sa cachette fut découverte, on l'arrêta le 10 mars 1798; on le conduisit à Laval.

Il y resta du 11 au 22 mars. On le mena ensuite, chargé de fers, à Sablé, à la Flèche.

Il arriva à Tours le 29 mars : dès le lendemain, il comparut devant la commission militaire, assisté d'un défenseur. Il était cinq heures du soir. Inscrit sur la liste des émigrés, il avait obtenu, paraît-il, depuis quinze jours sa radiation.

Après deux heures de délibération, la sentence fut rendue à neuf heures et demie du soir.

Le lendemain, à onze heures, il fut fusillé sur la place d'Aumont.

Voici le texte du jugement, tel que l'a donné dom Piolin, op. cit., t. III, 459-462, d'après un placard imprimé, conservé aux archives municipales de Tours.]

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